1915 s’achève. Une année terrible, douloureusement marquée par la mort de Pierre Mortreux et Jules Mortreux.
Ce 28 décembre 1915, Léon Mortreux adresse ses voeux à son oncle Fernand Bar.
Dans sa lettre, Léon pense fortement à ses deux frères, avec douleur mais sans abattement. Il préfère rappeler les actes héroîques, « les belles conduites » de Pierre et de Jules.
la gloire domine la douleur
Lettre de Léon Mortreux envoyée à Fernand Bar le 28 décembre 1915
Dans ses voeux adressés à son oncle, Léon Mortreux souligne sa détermination pour 1916
nul plus que moi ne désire que notre nom soit bientôt délivré de la souillure allemande.
Fontainebleau
Peloton Spécial Classe 1728 décembre 1915
Cher Oncle,
Rentrant de Paris, perm de 4 jours, je saute sur ce papier pour y griffonner les voeux les plus sincères de mon coeur, les souhaits les plus ardents que je formule pour la conservation de ta santé, le plus grand des biens terrestres.
Cette année restera grande et mémorable … elle emporte hélas mes deux frères mais elle vit de telles victoires, de tels faits d’héroïsme que malgré tout, la gloire domine la douleur.
C’est surtout à cette époque que l’on sait que « la Patrie n’est pas un vain mot pour moi ».
Qu’on n’aille pas parler de celui-ci ou celui-là est plus brave que tel autre du fait que l’on a une citation ou la Croix de Guerre. Il n’est pas un soldat digne ou non qui au cours d’un séjour, à un moment donné, accompli un acte qui méritait hautement.
Mes deux frères ont été doublement héroïques et par le sacrifice de leur vie et par leurs belles conduites au cours des périls encourus.
Saluons 1915 qui les emporte et nous jurons que les années à venir, si nous devons les vivre, ne feront que fortifier en nous leur souvenir.
Pour moi, j’espère cette fois suivre la Classe 17. Je suis content de mon séjour ici malgré les raisons que l’on a avancées pour moi. Peut-être même partirai-je au bout de 3 ou 4 mois d’instruction
Enfin cessons de raisonner sur les « peut-être » et pour l’instant sois persuadé que nul plus que moi ne désire que notre nom soit bientôt délivré de la souillure allemande.
Que Béthune demeure toujours un défi à la lâcheté ennemie.
Veux-tu en m’écrivant me donner des nouvelles de ma chère ville et reçois cher Oncle, toute ma reconnaissance et toute mon affection profonde.
Bonne année donc pour 1916 et tendres baisers.
Léon