14 Mar

L’appel d’une enseignante de Seine saint Denis contre les contrôles au faciès lors des sorties scolaires

Elise Boscherel professeure au lycée Louise Michel d’Epinay sur Seine estime que ses élèves ont été victimes de contrôle au faciès en sa présence. Avec cette tribune lancée sur les réseaux sociaux elle décrit une certaine urgence à dénoncer des situations humiliantes et en appelle à toute la communauté éducative. Il faut selon elle donner aux élèves les moyens de comprendre et d’analyser ces situations, des élèves étonnés de voir leur histoire relayée par la presse.

 elise bosherelMercredi 1er mars 2017, en revenant d’un séjour scolaire à Bruxelles, trois de mes élèves se sont faits contrôler par des policiers à deux points différents de la gare du Nord.

L’un d’eux s’est fait attraper par le bras, fouiller, tutoyer, un autre a dû ouvrir sa valise devant le reste de la classe.

Un troisième s’est fait contrôler en sortant tout juste du train, sur le quai. Ce sont donc trois garçons sur les cinq présents qui ont dû se soumettre à un contrôle d’identité.

Pourtant, à 20h00, en pleine heure de pointe, nous n’étions évidemment pas les seuls à circuler dans la gare.

Ces contrôles sont sans nul doute liés à leur apparence physique : Ilyas est d’origine marocaine, Mamadou d’origine malienne et Zakaria d’origine comorienne.

Ce sont de jeunes garçons qui vivent à Épinay-sur-Seine en Seine-Saint-Denis. Ils représentent donc à eux seuls ce que l’on nomme communément « les jeunes de cité ».

Quelles autres raisons pouvaient justifier ces vérifications ?

La réalité que vivent certains de mes élèves est bien différente de la mienne qui suis une professeure blanche, jamais contrôlée, jamais jugée, jamais discriminée en raison de la couleur de ma peau.

La violence n’est pas que policière. C’est la violence d’une société toute entière qui porte un regard beaucoup trop accusateur sur eux.

Ces sorties scolaires me font prendre conscience à quel point leur quotidien est épuisant et stressant.

Avant même d’ouvrir la bouche, ils semblent être toujours présumés coupables; aux yeux des policiers, de certains personnels de la stressant la SNCF.

Ce n’est pas la première fois qu’en tant qu’enseignante, je dois faire face à un contrôle d’identité ou à des comportements mal intentionnés de la part d’adultes dans les gares, dans le métro, dans le train, dans les musées.

« Liberté, égalité, fraternité » leur apprend-on. Pas pour eux.

Ces élèves que j’apprécie tant, ces « jeunes à casquettes » que je vois encore comme des enfants sont trop souvent maltraités, humiliés, malmenés par notre République.

Mon devoir est de les protéger et de leur permettre de sortir de l’école en toute quiétude.

Je ne supporte plus les regards malveillants qu’ils subissent, ces sommations à devoir se justifier sur chacun de leurs déplacements.

Ce sont de véritables assignations à résidence physique, symbolique d’une partie de notre jeunesse, celle des banlieues, celle de nos quartiers populaires.

La société leur envoie continuellement le même message : restez chez vous ou ça se passera mal.

On nous demande d’organiser des sorties avec nos élèves, de leur faire découvrir
des musées, de leur permettre d’accéder aux savoirs différemment.

Mais celles-ci sont toujours préparées avec une double appréhension : celle liée aux comportements de nos élèves eux-mêmes (faire le moins de bruit possible, être attentifs; ils doivent surtout ne pas se faire remarquer) et celle liée aux réactions extérieures.

Dans de telles conditions, comment envisager sereinement ce type de projet?

Elles entraînent malheureusement trop souvent des humiliations supplémentaires.

Il est donc temps de dénoncer ces discriminations à chaque fois que nous y sommes confrontés. Ces contrôles ne doivent pas devenir une banalité.

C’est la raison pour laquelle j’en appelle à tous les personnels d’éducation de porter plainte auprès d’un commissariat étranger à l’affaire ou du procureur de la République, de l’IGPN et, en tout état de cause, auprès du Défenseur des Droits, à chaque fois que nos élèves sont discriminés dans le cadre de sorties scolaires.

Je demande également à ce que soit organisée chaque année, dans les établissements scolaires, une journée de lutte contre le racisme et à ce que des associations de lutte contre les contrôles au faciès interviennent dans les classes.

Nos élèves doivent pouvoir porter plainte, ils doivent pouvoir se défendre.

La violence n’est pas que policière. C’est la violence d’une société toute entière qui porte un regard beaucoup trop accusateur sur eux.

Cette jeunesse ne demande pourtant qu’à être respectée et considérée.

Parce que l’école est leur dernière protection, je vous propose de relayer cet appel !

Elise Boscherel

14 Fév

Le Bondy blog refuse de couvrir le déplacement de François Hollande à Aubervilliers

Propos recueillis par Yannick le gall et Yves Dewulf

C’était un déplacement prévu de longue date. Un top départ du sujet des banlieues dans la campagne présidentielle pour parler d’emploi. Mais le calendrier en retard sur l’actualité l’était aussi sur les réalités.

Le rendez vous manqué entre les banlieues et ce quinquennat ne se rattrapera pas, malgré les déplacements officiels. La Seine Saint Denis en compte en moyenne un par mois. La rentabilité médiatique au kilomètre de ce département en fait pour les politiques de tous bords une vitrine récurrente. Mais les habitants et collectifs locaux commencent à réagir. Parmi eux le Bondy Blog, média citoyen crée après les révoltes de 2005 assume sa position. Ne plus se déplacer pour ce type de déplacement est un choix éditorial, un message assumé pour résister à ce qui est vécu comme une certaine forme d’instrumentalisation.

lire l’article du Bondy blog

 

 

13 Fév

Tribune : Les mots d’un ancien flic à sa fille

Ma fille cette police là ce n’est plus la police de papa

Laetitia Nonone invitée du 19/20 sur France 3 Paris Ile de France le 8 Février 2017

Laetitia Nonone invitée du 19/20 sur France 3 Paris Ile de France le 8 Février 2017

Cette tribune a été rédigée par Laëtitia NONONE, habitante de Villepinte, fondatrice de l’association Zonzon 93, membre de la coordination nationale Pas Sans Nous. Son père a exercé ses fonctions pendant 23 ans avant de retourner son arme contre lui. Une famille de Villepinte qui témoigne du malaise de plus en profond entre police et population.

Quand je suis rentré dans la police en 1973, j’ai laissé mon île, la Martinique, pour offrir un avenir meilleur à ma famille. Si je suis rentré dans la police, c’était pour aider les gens, les secourir… Ma fille, si tu savais le nombre de personnes que j’ai pu aider pendant ma carrière… Je l’ai quittée en 1996, trop brutalement, mais bon…

Qu’ils se posent la question eux… Pourquoi ils sont rentrés dans la police ? Aujourd’hui, on ne devient plus policier par vocation.

Comment des collègues ont pu agir comme ça ??!!

Ils dégradent notre métier, notre fonction.

Dis leur que je suis un homme noir qui a donné sa vie à la police.

Je suis triste ma fille car si les policiers ne font plus leur travail correctement, tu n’es plus en sécurité, et surtout là où tu vis. J’ai peur pour vous, et surtout pour tes frères…

Tout le monde ne peut pas être policier, ce métier demande de la rigueur, de l’endurance, de la patience, du contrôle de soi, de la capacité intellectuelle et mentale. Si tu veux faire respecter les lois, apprends-les et respecte-les.

Il y a un gros travail à faire en interne sur les formations, la gestion du stress et le recrutement. Les ministres se succèdent mais ne se préoccupent que des résultats.

Si tu es invitée sur un plateau, porte ma voix. Dis-leur que je suis un homme noir français qui a donné sa vie à la police. Les syndicalistes capables de banaliser les insultes racistes doivent être écartés de leurs fonctions. Quand ils sont capables de minimiser le terme de « bamboula » il serait convenable qu’ils démissionnent, ce n’est pas leur rôle de dire ce qui est bien ou non. Je suis sûr qu’il y a des collègues qui se révoltent en interne mais cela vous n’allez pas l’entendre car nos voix sont portées par des syndicalistes bouffés par la politique et leurs intérêts personnels…

Ne laisse pas la vie te rendre dépressive… Apporte mon soutien à tes amis et aux familles de victimes, dis-leur qu’il en existe des policiers qui sont contre ces violences, des policiers intègres et dis-leur de se battre, encore et encore, pour plus de justice. Ma fille, si vous ne vous réconciliez pas, vous vivrez comme des animaux en cage, vous vous boufferez l’un après l’autre et la haine naîtra dans le cœur de vos enfants…

Battez-vous pour vivre en étant respecté, ne lâchez-rien.

09 Fév

Quand la banlieue s’indigne

Le Président de la République s’est rendu mardi à l'hôpital Robert-Ballanger d'Aulnay-sous-Bois, au chevet de Théo. / Présidence de la République - L. Blevennec

Le Président de la République s’est rendu mardi à l’hôpital Robert-Ballanger d’Aulnay-sous-Bois, au chevet de Théo. / Présidence de la République – L. Blevennec

Les raisons de la colère

L’interpellation de Théodore, 22 ans habitant du quartier de la Rose des vents à Aulnay sous Bois va faire  émerger soudainement la question des banlieues dans la campagne électorale. Une question jusqu’ici silencieuse. Aucune proposition, aucun positionnement clairs n’ont encore été exprimés. Et une nouvelle fois la crispation des rapports police-citoyens dans les quartiers populaires fait l’effet d’une étincelle. Pour beaucoup d’acteurs de terrain les feux qui s’allument de part et d’autre de la Seine Saint Denis sont l’expression d’un malaise qui grandit depuis de nombreuses années. Aucune mesure concrète n’a été prise pour tenter d’améliorer la situation. Lutte contre les contrôles au faciès, retour à une police de proximité, interventions de fonctionnaires dans les établissements scolaires… les propositions sur place sont nombreuses et plusieurs associations ont tenté de les relayer mais sans succès.  De nombreux militants de terrain craignent que l’indignation, le sentiment d’exclusion soient trop forts pour être contenus. Cette affaire intervient 11 ans après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré morts dans un transformateur électrique lors d’une course poursuite avec la police à Clichy sous Bois. Les policiers de l’époque ont été mis hors de cause 10 ans plus tard. Une décision vécue comme le symbole collectif d’une justice à deux vitesses.

Aujourd’hui l’appel de Théodore vivement encouragé par le Président de la République en personne, a été relativement entendu. Un appel à faire confiance à la justice. Mais la colère c’est dans sa nature, peine à faire confiance. L’heure n’est-elle donc pas venue de s’attaquer aux raisons de cette colère ?

Les priorités : justice et dignité.

« Chaque fois on pense avoir atteint le maximum, on pense qu’il y aura justice, et rien…silence radio » déplore Nassim Lachelache porte parole du collectif Stop le contrôle au faciès. Une désillusion renforcée par une promesse non tenue: celle de l’engagement numéro 30.1 du candidat François Hollande. Il s’agissait d’obliger les agents de police à remettre un récépissé après chaque contrôle d’identité pour limiter les abus. La proposition, pourtant soutenue par plusieurs bords politiques y compris au sein du Parti socialiste, n’a jamais abouti. « En France l’institution policière ne se remet jamais en question » affirme Amal Bentounsi  fondatrice d’Urgence notre police assassine. Selon elle il faut lutter contre la banalisation de la violence des contrôles de police. Ce qui est arrivé à Théo est arrivé à d’autres avant lui, ajoute Nassim Lamelache « Cette fois on a des vidéos, et les journalistes commencent à relayer autre chose que la version policière mais ça n’a pas toujours été le cas. Il faut occuper le terrain, mobiliser les jeunes à refuser ces pratiques abusives au quotidien. Nos priorités ce sont la justice et la dignité »

Sur le viol présumé de Théo Amal Bentounssi pose une question : « Sommes nous en guerre? »  Elle précise : « Pour nous ces actes relèvent de la torture et dans nos représentations cela renvoie à ce qui se faisait lors des interrogatoires à Barbès pendant la guerre d’Algérie. » Sur le terrain nombre de militants veulent dénoncer un rapport dominant/dominés dans les banlieues populaires, où les familles aux origines africaines ou maghrébines devenues françaises depuis plusieurs générations sont toujours perçues comme étrangères. L’analyse post -coloniale des rapports sociaux convainc de plus en plus d’acteurs locaux de cette génération que l’opinion surnomme encore non sans une certaine condescendance, « les grands frères ». Des trentenaires ou quarantenaires qui ne veulent plus être une matière à traiter pour les journalistes, les sociologues, ou les politiques. La demande d’égalité est très forte en Seine Saint Denis et précisément dans les quartiers de la politique de la ville. Une égalité de traitement, et de considération de la part de l’ensemble du corps social et politique. La violence d’une brigade de police à l’égard d’un jeune homme dans un quartier populaire soulève et concentre toutes ces questions, non sans risque d’amalgame et de confusion.

« On avait envie de croire en la justice, on avait envie de croire en l honnêteté des politiques mais nous nous sentons trahis » explique Laetitia Nonone présidente de l’association Zonzon 93. Basée à Villepinte elle travaille au quotidien avec des jeunes de 12 à 18 ans et depuis 3 jours les appels de parents inquiets se multiplient. « Les jeunes, même les plus calmes et les plus rangés ont des envies de révolte. Bien évidemment on condamne les violences, et les dégradations. On sait en plus que ça se retournera contre nous. Mais permettez nous d’être en colère, à un moment cette colère, il faut qu’elle sorte et là, elle explose. »

01 Avr

SOUS LA CAPUCHE un film de Mathieu Caillaud et Alexandra MARIE

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Collage Street art rue Clavel Paris

Voir le film

Sous la capuche est un film qui commence mal. Les premières secondes attisent la peur du cliché ultime: le jeune de banlieue.

Visage masqué par son couvre chef le premier interlocuteur débite une quantité d’énormités caricaturales, quelques secondes plus tard, le vrai discours commence. A travers trois portraits d habitants de Clichy sous Bois et Villepinte nous proposons notre regard sur les quartiers dits « populaires ». Des habitants qui relèvent la tête et sont attachés à leurs villes , témoins à la fois des changements de leurs cadres de vie et de l inertie des esprits sur de nombreuses questions de société. Rapports entre police et citoyens, immigration, discrimination…Est-il possible de trouver sa place quand on vit dans un quartier souvent stigmatisé et qu’on a des origines étrangères? Nadia, Laetitia et Igor sont des exeptions qui confirment la règle. Nous les remercions pour ce film, et la confiance dont ils continuent à faire preuve à l ‘égard de notre travail.

27 Mai

Quand la poésie tombe du ciel

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Crédit : Olivier Comte

Détours poétiques aux sommets des villes

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Crédit: Olivier Comte

« Suspendre le temps, et surgir ! » C’est peut être là une des plus belles définitions de la poésie. Les Regardeurs apparaîtront sans prévenir en haut des immeubles d’Aubervilliers les 28 et 29 mai. Une « veille étymologique » où les poètes dans leur ascension vertigineuse et littéraire invitent à regarder en direction du ciel. Les mots vus d’en bas « ça s’appelle la littérature à la jumelle » explique Olivier Comte membre du collectif Souffleurs commando poétique.

 

A AUBERVILLIERS (93) – jeudi 28 et vendredi 29 mai 2015
sur les toits des tours Rechossière
En veille continue : de 8h00 à 20h00
Tours Rechossière : 5 rue Rechossière à Aubervilliers (93)
Métro : ligne 7 – Aubervilliers – Pantin Quatre Chemins
puis bus 150 ou 170, arrêt Mairie d’Aubervilliers
Des chaises restées vides à Paris
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Crédit : Olivier Comte

 La préfecture de police de Paris a interdit les apparitions qui devaient avoir lieu du 20 au 24 mai dans le 19e arrondissement quartier de Flandres. Le projet selon les autorités présenterait des risques de trouble à  l’ordre public. Les chaises positionnées au sommet des immeubles n’ont donc pas été occupées comme prévu par les membres du collectif qui ont tout de même organisé des « levées de poésie » depuis le pied des tours. Les artistes rappellent que des conditions de sécurité très strictes sont réunies pour mettre en place ce dispositif. La Fédération Nationale des arts de la rue condamne « une attaque inadmissible contre la liberté d’expression et de création dans l’espace public. »

 

« On peut tomber dans l’altitude, comme dans la profondeur »

Hölderlin

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Crédit : Olivier Comte

Rêv’elles : révélateur de vocations

 

 

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L’initiative part d’un constat très simple: les jeunes femmes issues de quartiers populaires se freinent souvent dans leur projets professionnels. Prendre confiance, mieux se connaître, développer des arguments : les ateliers animés par des coaches de l’association se déroulent sur quatre jour à l’issue desquels les participantes trouvent souvent leur voie après une orientation difficile.

Regardez le reportage d’Alexandra MARIE et  Mathieu CAILLAUD

Plus d’infos

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02 Avr

S’autoriser à avoir de l’ambition

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Le Lycée Alfred Nobel de Clichy sous Bois a été jugé parmi les meilleurs de France en terme d’accompagnement de ses élèves.

Dans cet établissement, soutien scolaire, échanges internationaux et projets associatifs nourrissent l’envie de réussite. Selon un indicateur de l’Education Nationale cet établissement offre des chances significatives de progression jusqu’à l’obtention du BAC.

Pourtant nombre de jeunes ont le sentiment de vivre dans un environnement enclavé. Clichy sous bois, à 15 km de Paris, est à 3h de la place de la Nation en transports en communs. Cet éloignement crée aussi des barrières mentales que l’équipe éducative cherche à renverser.

« Lutter contre l’autocensure des élèves et leur permettre de s’autoriser à avoir de l’ambition c’est notre objectif » explique le proviseur adjoint Damien Pallard.

Regardez le reportage d’Alexandra MARIE et Mathieu CAILLAUD

05 Fév

Ibrahim Maalouf et Oxmo Puccino au pays des merveilles

La Maîtrise de Radio France, Le conservatoire de Paris et les musiciens d'Ibrahim Maalouf accompagnent le duo sur la scène de la Philharmonie 2 du 5 au 8 Février

La Maîtrise de Radio France, le conservatoire de Paris et les musiciens d’Ibrahim Maalouf accompagnent le duo pour 4 concerts exceptionnels.

 

C’est une œuvre musicale d’un nouveau genre. Le genre « inclassable » d’après Oxmo Puccino. Sous sa plume, les personnages d’Alice au pays des merveilles reprennent vie dans un univers qui s’amuse de la frontière entre fiction et réalité. « Un nouveau surréalisme » mis en musique par Ibrahim Maalouf, comme par enchantement.

Bienvenue au pays d’Alice : le reportage de Mathieu Caillaud et Alexandra Marie 

L’interview intégrale d’Ibrahim et Oxmo : 

 

Voir le concert en live le 7 Février sur Culturebox

http://culturebox.francetvinfo.fr/live/musique/jazz-blues/au-pays-dalice-dibrahim-maalouf-et-oxmo-puccino-210955

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02 Fév

Quels défis pour les quartiers populaires?

 Reçus à la Prefecture de Seine Saint Denis une vingtaine de représentants associatifs du département ont fixé leurs priorités.

Salon d'honneur de la Prefecture de Seine Saint Denis.  3 réunions de ce type sont prévues dans le département.

Salon d’honneur de la Prefecture de Seine Saint Denis. 3 réunions de ce type sont prévues dans le département.

Didier Leschi, préfet délégué à l’égalité des chances de Seine Saint Denis a souligné la nécessité de comprendre et de répondre à certains discours qu’il a qualifié d inquiétants concernant la laïcité et la religion. « Il faut combattre les idéologies de mort » a t il affirmé. « Il faut réfléchir à des solutions et notamment revoir les politiques publiques de rénovation urbaine en y associant davantage les habitants. »

La loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, adoptée en février 2014,  prévoit la mise en place de conseils citoyens. Des instances consultatives dites de co-construction avec les habitants et les différents acteurs locaux doivent être mis en place dans 1300 quartiers de la politique de la ville. Faire remonter les idées du terrain, une démarche que salue le secteur associatif. Mais sur place nombre de militants ont le sentiment d’avoir déjà été consulté sans prise en compte effective de leurs analyses.

Quels sont leurs diagnostics et leurs propositions? 

Nadia Remadna membre de la brigade des mères :

« Il faut travailler avec les mamans, c’est le cœur de la société. »

A Sevran les mères de familles se sont organisées dans plusieurs quartiers pour créer des solidarités et accompagner collectivement la jeunesse.

 » Les jeunes de nos quartiers ont le respect de la mère, alors on est sur le terrain, on occupe les lieux de nos enfants. Mais parfois on ne sait plus comment les protéger, on a peur du pire. Oui des enfants partent en Syrie il ne faut plus avoir peur des mots, il faut arrêter de prendre des gants. On tente de répondre à l’urgence, ce qui s est passé est grave et les jeunes le perçoivent mais souvent dans les quartiers difficiles ils ont déjà été confrontés à la violence, à la mort. Tous les jours, ils sont face au danger. Alors il ne faut pas les victimiser, sinon on n’avance pas, mais il faut travailler avec les mamans c est le coeur de la société, il faut que l’Etat nous fasse confiance. »

Mohamed Mechmache porte-parole d’Ac le Feu Co-president de la coordination nationale Pas sans nous :      

 « Créer des maisons des parents à l’interieur des établissements scolaires, favoriser les échanges et la justice sociale. »

« On a entendu pas mal de débats, on a vu certains affirmer : « je ne suis pas Charlie » ou encore refuser de respecter la minute de silence. Ça nous interpelle tous. Mais la question à se poser c est pourquoi certains jeunes Français n’ont pas le sentiment d’appartenir à la République? Il faut créer des espaces de dialogue. Les institutions sont en difficulté, il faut mettre en place un accompagnement éducatif pour répondre à ces questionnements. Nous avons déjà proposé d’encourager les échanges, notamment entre les parents et les équipes éducatives par le biais de maisons des parents à l’interieur des établissements scolaires. Aujourd’hui on présente certains jeunes comme s’ ils tournaient le dos à la République mais pour eux c’est la République qui leur tourne le dos. »

 Najet Bensaïd coordinatrice d’I.D.E.E.S. Sevran

« Comme en 2005, il faut prendre acte et travailler avec tous les partenaires » 

« Il faut faire un travail d’ éducation à la citoyenneté et à l’histoire de France. Il s’agit de trouver des outils pédagogiques pour comprendre, d’organiser des débats en interne dans nos associations mais aussi avec les institutions exterieures. Etat, municipalités, représentants religieux, il faut coordonner toutes les bonnes volontés. Comme en 2005 (ndlr: date du déclenchement des révoltes sociales) il faut prendre acte et travailler avec tous les partenaires. A Sevran, les assistantes sociales ont pris contact avec nous, nous travaillons également avec l’Association Française des Victimes du Terrorisme. Nous sommes en train d’organiser plusieurs rencontres entre ces différents acteurs. »

Sihame Assbague porte-parole du Collectif Stop le contrôle au faciès :

« Il faut combattre toutes les discriminations » 

« Dans notre pays certaines zones subissent une ségrégation sociale, économique et territoriale. Il faut bien garder cela en tête lorsqu’on demande aux jeunes de réfléchir. Aujourd’hui si on doit ré-expliquer les concepts de liberté, d’égalité, de fraternité, c’est parce qu’ ils existent mais ne sont pas les mêmes pour tous. De même pour la laïcité, si elle s’appliquait de la même façon pour tout le monde, il y aurait moins d’incompréhension. Nous en sommes au même point qu’après les révoltes de 2005. On fonce droit dans le mur. Il faut résoudre notamment la question des contrôles au faciès. Chaque révolte est partie d’un problème avec la police, et on ne peut pas demander aux jeunes de croire dans le pacte républicain s’ils font l’objet de contrôles en fonction de leur apparence. »

 

 

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