07 Juil

Télé locale à Toulouse : le CSA reporte la date limite de dépôt des candidatures

Enième épisode dans le dossier de la succession de TLT, disparue des écrans en juillet dernier à Toulouse. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé de reporter la date limite pour déposer un dossier de candidature à la reprise de la fréquence TNT locale à Toulouse.

mirefbx

La date limite était initialement fixée au 13 juillet mais le CSA a décidé de la reporter au 25 août prochain à 17h. Officiellement, on explique au CSA que c’est à la demande de certains « éditeurs » de programmes télé qui pourraient faire acte de candidature que ce délai a été rallongé. La constitution d’un dossier de candidature est une longue marche, technique et précise, et le CSA reconnaît que le délai était un peu court.

Un report de 6 semaines qui laisse donc davantage de temps aux futurs candidats pour préparer leur dossier, voire à de nouveaux candidats la possibilité de sortir du bois. Et aux collectivités locales d’organiser leur éventuelle participation ou aide à cette future chaîne locale.

A Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc (LR), refroidi par l’expérience TLT, a encore affirmé début juillet ne pas être favorable à une prise de participation ou même à un contrat d’objectifs et de moyens (COM) avec la future chaîne. Mais des membres de son entourage poussent à infléchir cette position sur le credo « si on paye, on a le droit de voir » !

Quant à la région, où la présidente Carole Delga (PS) appelle de ses vœux une télé plus régionale que locale, on ne communique pas officiellement sur la manière dont le Conseil régional pourrait s’adosser financièrement au futur projet mais, selon certaines sources, un COM serait le scénario le plus envisageable.

Ce report aura aussi peut-être des conséquences sur la date éventuelle de retour à l’antenne d’une télé locale à Toulouse. Le choix du futur exploitant devait se faire avant Noël pour une mise à l’antenne dans les premiers mois de 2017. Ce report devrait retarder l’arrivée de la chaîne au mieux au cœur de printemps 2017.

Plusieurs candidats se sont déjà fait connaître : TV Sud, déjà présent à Nîmes, Montpellier et Perpignan veut installer une télé locale à Toulouse pour créer un réseau régional à l’échelle de la nouvelle Occitanie et TVPI, installée à Bayonne, souhaite se développer dans le sud de la France et monter à Toulouse une télé tournée vers les jeunes. Un troisième projet local serait dans les startings-blocks. Réponse fin août.

FV (@fabvalery)

31 Mai

La CSA lance l’appel d’offres pour une télé locale à Toulouse

Info France 3 Midi-Pyrénées – Selon nos informations, les sages du CSA (Conseil supérieur de l’Audiovisuel), réunis en collège mi-mai, ont acté le principe du lancement d’un appel d’offres pour une télévision locale à Toulouse, pour réattribuer la fréquence hertzienne numérique de TLT, disparue des écrans en juillet 2015. L’appel d’offres était encore en rédaction ces derniers jours et sera publié de manière imminente par le CSA.

TELEVISION LOCALE LA CHAINE TLM

Le calendrier devrait être le suivant : publication de l’appel d’offres en juin, liste des candidats à la rentrée, audition des candidats à l’automne et décision du CSA à la fin de l’année 2016. La télé locale pourrait commencer à émettre à Toulouse en janvier ou février 2017.

La mairie de Toulouse voulait attendre

Ce calendrier et la décision du CSA ne vont pas vraiment dans le sens de la mairie de Toulouse. Jean-Luc Moudenc et son équipe souhaitaient prendre du temps, notamment pour réfléchir à un nouveau modèle économique de télévision locale : TLT était l’une des plus anciennes télés locales de France mais elle fut aussi un gouffre financier pour les collectivités locales notamment la mairie de Toulouse. La défaillance les uns après les autres des actionnaires privés avait même conduit CTV (la société d’économie mixte gestionnaire de la participation de Toulouse dans TLT) à devenir actionnaire principal de la chaîne. Si l’on y ajoute les participations du Conseil Régional (1,5 millions d’euros sur 3 ans via un contrat d’objectifs et de moyens), la télé locale n’avait plus grand chose de privée, fonctionnant surtout avec de l’argent public. 

Échaudée par cette expérience malheureuse, la mairie de Toulouse a fait savoir qu’elle ne voulait pas participer au tour de table du futur projet, ni en tant qu’actionnaire, ni même en tant que partenaire via un contrat d’objectifs et de moyens (COM). Tout au plus Jean-Luc Moudenc était-il prêt à faire acheter des espaces publicitaires par la ville et la métropole pour soutenir la nouvelle chaîne.

Mais la décision du CSA et l’entrée dans la danse du Conseil régional pourraient l’inciter à changer de chanson.

Télé locale ou télé régionale ?

Christophe Musset, patron de Médias du Sud qui possède les chaînes locales TV Sud à Montpellier, Nîmes et Perpignan, a été le premier à déclarer son intérêt pour la reprise de la fréquence de TLT. Son projet consisterait à fédérer ses différentes chaînes, diminuant les coûts, en partageant les grilles de programmes et en créant ainsi un réseau à l’échelle… d’une télé régionale ! Il emploie même depuis plusieurs mois un journaliste pigiste pour couvrir l’actualité toulousaine et montrer aux élus son intérêt pour la capitale régionale.

Un intérêt qui, très récemment, a dépassé les murs du Capitole et atteint ceux du Conseil régional. Juste après son élection en décembre dernier, entre le nom de la région, les assises du rail, le plan Marshall pour le BTP et la gestion d’une majorité complexe et d’une opposition remuante, la nouvelle présidente PS de la Région Carole Delga avait d’autres chats à fouetter. Mais, sous la pression de certains élus de sa majorité, le dossier est remonté sur le dessus de la pile. Carole Delga veut « un média régional qui redonne du lien pour faire connaître les initiatives et les talents sur tout le territoire » et estime publiquement que « France 3 ne remplit pas ce rôle actuellement ».

La candidature TV Sud et la perspective d’y trouver une télé régionale intéresse désormais beaucoup l’hôtel de région. Prise de participation ? COM ? Comment l’aide financière de la région pourrait-elle se matérialiser ? Il est encore trop tôt pour le savoir.

Cette perspective pourrait faire bouger les lignes à la mairie. Dans l’entourage de Jean-Luc Moudenc, on se méfie d’un projet inféodé au Conseil régional. Quitte à avoir une télé privée à Toulouse, autant qu’elle parle de Toulouse plutôt que de la région, se dit-on au Capitole. Le principe de la non-participation financière de la ville et de la métropole au projet pourrait donc être sacrifié. On pèse davantage sur les orientations lorsque l’on met de l’argent sur la table !

Une route encore longue… dans un dossier très politique

Le lancement de l’appel d’offres n’est donc qu’un premier pas vers le retour d’une chaîne locale à Toulouse. Les négociations seront longues. Même au sein de la majorité de Carole Delga à la région, certains, en l’occurrence les écologistes, souhaitent un rapprochement entre France 3 et le futur opérateur.

Outre TV Sud, TVPI a aussi fait connaître son intérêt. La publication de l’appel d’offres aura l’avantage de faire sortir tous les concurrents du bois. Et de comparer : projet contre projet et surtout modèle économique contre modèle économique.

Car l’enjeu est surtout là. Les collectivités locales ont eu leur part de responsabilités dans la disparition de TLT. Il est donc primordial de mettre en place et de soutenir une entreprise viable. A l’heure où la consommation de médias se fait de plus en plus en « picorant » des contenus sur les réseaux sociaux via leur smartphone ou leur tablette, les contribuables, qui ne sont plus des téléspectateurs captifs assis dans leur canapé devant la télé, auraient sans doute du mal à comprendre que des millions d’euros d’argent public soient de nouveau engloutis dans un projet de télé à la sauce 1990 !

FV (@fabvalery)