02 Oct

Toulouse : à « Presse en scène », les journalistes travaillent… sur une scène de théâtre !

L’événement, le 8 octobre au Théâtre du Pavé, a l’ambition de faire monter des journalistes sur scène pour « écrire » en direct un journal sur le thème de l’égalité hommes-femmes.

Copyright : Théâtre du Pavé

On peut écrire un journal, l’imprimer sur du papier ou le publier sur internet. On peut aussi, et c’est ce que propose « Presse en scène », l’écrire en direct sur la scène d’un théâtre. Sans qu’il soit publié autrement que dans la tête des membres du public.

A l’initiative de la fondation Oïkos, cet événement va pousser quelques journalistes à monter sur la scène du théâtre du Pavé et à se produire, non pas en étant un acteur qui joue le rôle d’un journaliste, mais journaliste qui travaille face au public.

Le thème retenu pour cette première c’est l’égalité hommes-femmes.

Pour encadrer ces courageux journalistes prêts à affronter le public en direct, il y aura des « experts », spécialistes du sujet, mais également des comédiens, des vrais, ceux qui sont régulièrement sur scène pour raconter la vie des autres non pas seulement avec des mots mais aussi avec leur voix, leur chair, leurs membres, leur corps entier.

Expérience sans doute étrange, qui a en tout cas le mérite de casser les codes et mettre les journalistes directement face à leur public.

« Presse en scène »

Mardi 8 octobre 2019 à 20 heures

Théâtre du Pavé à Toulouse

Inscription sur le site internet dédié (cliquer ici)

01 Oct

Philippe Rey, le nouveau directeur de la rédaction de RTL, est un ancien de Radio Bas-Quercy et Télé Toulouse

Le journaliste originaire de Montauban, passé par la rédaction en chef de Télé Toulouse (ex-TLT), a été nommé ce mardi à la direction de la rédaction de la radio RTL.

Philippe Rey (Photo : RTL)

M6Group, maison-mère de la radio RTL, a annoncé ce mardi la nomination de Philippe Rey à la direction de la rédaction de la radio. Il succède à François Vignolle nommé il y a seulement 8 mois à ce poste.

La « Dream Team » de Bas-Quercy Radio

Philippe Rey a débuté dans les années 1980 à Bas-Quercy Radio, la radio libre de Montauban. Il faut croire que l’école de cette petite radio locale du Tarn-et-Garonne était bonne.

Dans l’équipe de l’époque, sur l’antenne de cette petite radio locale, il y avait Jean (dit « Jeannot ») Rességuié, maintenant spécialiste foot à BFM TV et RMC, Jean Abeilhou, spécialiste rugby à France Télévisions, Henry Stassinet, ancien journaliste sport à France Info et désormais directeur de France Bleu Périgords, Patrick Isson, correspondant de RTL à Toulouse et Jean-Wilfrid Forquès, correspondant de BFM TV et RMC à Toulouse et joker présentateur sur la chaîne d’info en continu.

Philippe est un ami d’enfance et on a débuté ensemble à Bas-Quercy. Je suis très fier et très heureux pour l’un de mes meilleurs amis qui le mérite vraiment » (Jean-Wilfrid Forques)

Rédacteur en chef à TLT

Passé par Radio France et RMC après sa formation en journalisme à l’IUT de Bordeaux (depuis renommé IJBA), Philippe Rey a ensuite rejoint Télé Toulouse en qualité de rédacteur en chef en 1995.

C’est là que Patrick Noviello (aujourd’hui rédacteur en chef adjoint à France 3 Occitanie) a travaillé avec lui, en tant que rédacteur en chef adjoint.

Philippe a sens de l’info incroyable. A ses côtés j’ai appris les fondamentaux de la rédaction en chef. Il a fait de TLT une télé locale de référence. Il sait diriger les équipes et inspire à la fois le respect et la confiance. Il est totalement légitime dans le rôle de patron d’une grande rédaction » (Patrick Noviello)

Après TLT, Philippe Rey a rejoint le groupe Canal + et la chaîne iTélé, devenue CNews. Directeur adjoint de la rédaction, il en est parti en 2014 pour RTL où il a été successivement rédacteur en chef journée puis directeur adjoint de la rédaction.

Il prend logiquement les commandes de la rédaction au moment où RTL et France Inter se tirent la bourre pour le titre de première radio de France.

FV (@fabvalery)

30 Août

Un média militant toulousain a-t-il été censuré par Facebook ?

C’est ce qu’affirme le CAMé (collectif auto média énervé) qui a vu, ainsi que d’autres groupes de la gauche radicale en France, son audience chuter sur Facebook après le G7 à Biarritz.

Copyright : J. Saget / AFP

Y a-t-il eu un concours de circonstances et de coïncidences pour qu’au moins 4 pages facebook de groupes de la gauche radicale en France soit « déréférencées » et voient leurs audiences brutalement chuter fin août ou bien sont-elles victimes d’une vaste opération de censure visant à faire disparaître leurs publications dans les nimbes du réseau social ?

Facebook ne répondra pas précisément sur le sujet, comme il n’a pas répondu à nos confrères de Médiapart qui ont révélé cette affaire le 29 août (cliquer ici, lien payant), se bornant à dire que seuls les administrateurs des pages auront droit, dans un délai inconnu, à une explication.

Parmi les pages concernées, celle du CAMé, le collectif auto média étudiants de Toulouse devenu récemment le collectif auto média énervé.

Dans un post, publié le 29 août… sur sa page facebook, le collectif explique que la chute de son audience sur facebook a débuté après le traitement du contre-sommet du G7.

Selon le collectif, c’est le partage d’un article concernant la découverte d’une policière « infiltrée » dans les mouvements contestataires au G7 qui aurait déclenché la censure.

A la suite de ce post, on a vu clairement que nos publications ne touchaient plus grand monde, explique Léon, membre du Camé. On se demande si Facebook n’a pas utilisé la nouvelle loi sur les fake news pour désindexer notre page et celles d’autres collectifs, alors que les infos que nous publions sont militantes, engagées mais toujours vérifiées.

La page du groupe toulousain compte 4 600 fans. Le collectif s’est constitué au moment du mouvement contre la loi travail en 2016 et couvre les mouvements sociaux, étudiants, environnementaux et sociétaux en général… ainsi que leur « répression » par les forces de l’ordre.

On s’est dit en 2016 qu’il fallait qu’on se réapproprie l’info. Nous étions au coeur de la lutte. Et ce que nous voyions alors dans les grands médias ne nous semblait pas pertinent (Léon)

Ensuite, le CAMé a fait son apparition sur les réseaux sociaux. « Contrairement à d’autres mouvement radicaux, explique Léon, nous avons décidé d’être présents sur Facebook, Twitter, Instagram, d’investir les réseaux sociaux justement parce que nous avions fait le constat que les médias radicaux, militants, y étaient absents ».

Alors que le groupe « Lille insurgée », lui aussi pénalisé sur facebook cette semaine, semblait retrouver son niveau d’audience normal ce vendredi, le groupe toulousain a posté une nouvelle publication. Un test. « Elle ne remonte toujours pas dans les fils des abonnés de la page », explique Léon.

Et ce vendredi, l’administrateur de la page du collectif toulousain attendait toujours des explications de Facebook France.

FV @fabvalery

22 Août

Nouveau matinalier, info trafic, foot : ce qui se prépare sur France Bleu Occitanie à la rentrée

L’ex-France Bleu Toulouse poursuit sa régionalisation et revoit une partie de son antenne à la rentrée. Voici quelques infos sur ce qui attend les auditeurs.

(Photo : Christophe ABRAMOWTZ)

La matinale, c’est un moment crucial pour une radio. Le carrefour le plus important pour capter l’audience. Le réseau France Bleu a décidé d’y amplifier l’info-service sur les déplacements du quotidien dans ce créneau 6h/9h principalement sur les radios installées dans les grandes métropoles. C’est le cas à Toulouse, où la radio de service public peine encore en terme d’audience.

Alban Forlot écarté de la présentation de la matinale

Cette nouvelle politique conduit la direction de France Bleu Occitanie à modifier le casting de sa matinale, dénommée « France Bleu Occitanie Matin », diffusée désormais en télé sur France 3 dans sa partie 7h/8h40.

Présentateur des matinales depuis 16 ans, à Nancy puis à Toulouse, Alban Forlot n’en sera plus le chef d’orchestre. Au cœur de l’été, début août, il l’a annoncé lui-même sur les réseaux sociaux, dans un message qui masque sans doute pas mal d’amertume.

Alban Forlot reste tout de même à l’antenne le matin. Il gérera donc l’info trafic toutes les 8 minutes pour aider les Toulousains à se déplacer dans les bouchons. Et se rendra aussi sur le terrain, en reportage.

C’est désormais Franz Massard, qui pilotera l’antenne durant les trois heures de la matinale en direct des studios toulousains. Dès le lundi 26 août.

Ancien de France Bleu Paris arrivé à Toulouse à l’été 2018, il avait d’ailleurs été accueilli sur les réseaux sociaux de la radio par… Alban Forlot qu’il va désormais remplacer le matin.

Du foot en plus, du rugby en moins ?

La radio suit les évolutions de l’ensemble du réseau France Bleu. Frédéric Jouve, ancien de RTL2, France Télévisions et RTL a rejoint le réseau en juin dernier avec pour mission de moderniser la grille de programmes et les choix musicaux, pour renforcer les audiences.

Aux côtés de Jean-Emmanuel Casalta, patron du réseau France Bleu depuis 2018, il va devoir impulser une nouvelle politique. Côté sports par exemple, à Toulouse, France Bleu ne compte pas abandonner le rugby, notamment les live des matchs du Stade Toulousain et du Castres Olympique en Top 14 mais va faire plus de place au football et à la couverture du Toulouse FC.

Selon nos informations, une émission quotidienne sur le foot devrait voir le jour à la place de l’hebdo du rugby, « Club XV », diffusée jusqu’à présent le lundi à 18 heures.

Contacté par nos soins, Pierre Galibert, le directeur de France Bleu Occitanie, ne souhaite pas pour l’instant confirmer toutes ces informations. « Tout n’est pas encore calé » nous dit-on à France Bleu… Une conférence de presse de présentation de la rentrée du réseau est prévue le 28 août.

FV (@fabvalery)

19 Août

Quand Thierry Ardisson vient débattre de télé publique (dont il veut « virer 6000 personnes ») à Toulouse

L’ex-présentateur de C8 participe à un débat vendredi 23 août. En juin dernier, l’animateur avait indiqué sur France Inter que s’il était ministre de la Culture et de la Communication il virerait « 6000 personnes » à France Télévisions.

Thierry Ardisson (Photo : F. Castel / MaxPPP)

On a hâte d’entendre son intervention. Thierry Ardisson, 70 ans, est invité à débattre sur le thème « Télé publique, télé du public » ce vendredi 23 août lors des journées de La France Insoumise qui se déroulent du 22 au 25 août au centre de congrès Pierre Baudis à Toulouse.

« Je virerais 6000 personnes »

L’animateur, viré de C8 par Bolloré, aura tout loisir d’y développer sa propre vision du service public. Sans doute peu éloignée de celle qu’il a développée le 25 juin dernier au micro de Léa Salamé sur France Inter (radio de service public).

A la question « vous seriez ministre de la communication et de la culture vous feriez quoi ? », Thierry Ardisson avait répondu :

D’abord je virerais 6000 personnes parce que c’est comme ça qu’on pourra rétablir les finances. Il y a 4 fois plus de gens sur France Télévisions que sur M6 ou sur TF1. On peut faire marcher une chaîne de télé avec beaucoup, beaucoup moins de gens ».

Pour être complet, l’animateur avait commencé sa réponse par un poncif : « Je ferai du service public un vrai service public, c’est à dire quelque chose qui apprend aux gens ». 

Voici l’extrait en vidéo :

Débat face… à Raquel Garrido, son ex-salariée !

On verra bien si, à Toulouse, Thierry Ardisson développe son argumentaire face à ses co-débatteurs : Alexis Corbière, député LFI, la députée (Liberté et Territoires, ex-LREM) et ex-productrice Frédérique Dumas et… Raquel Garrido, militante LFI, compagne d’Alexis Corbière et ancienne salariée de… Thierry Ardisson, qui l’avait recrutée comme chroniqueuse de feu son émission « Les Terriens du dimanche ». Voilà.

FV (@fabvalery)

 

08 Juil

Le correspondant de BFM TV à Toulouse Jean-Wilfrid Forquès « joker » à la présentation des éditions de la chaîne info

Après 10 ans comme correspondant de BFM TV et RMC à Toulouse, le journaliste va œuvrer comme présentateur cet été.

Jean-Wilfried Forquès

Depuis 10 ans, Jean-Wilfrid Forquès est le visage de BFM TV et la voix de RMC à Toulouse et dans la région : attentats de Toulouse, Montauban et Trèbes, inondations dans l’Aude, soirées électorales, reportages sur tous les sujets…

Une belle opportunité

A compter du 20 juillet, le Toulousain va présenter les éditions de la chaîne info à Paris. Il a été choisi comme « joker » présentateur. Il va dans un premier temps co-présenter la tranche 10h-14h avec Florence Duprat puis tiendra l’antenne, fin août, de 14 heures à 17 heures avec Sandra Gandoin

Quand on a l’opportunité de faire de la présentation sur la chaîne pour laquelle on travaille, il faut le tenter. A 54 ans, après 20 ans de Sud Radio et 10 ans de BFM sur le terrain, j’ai de l’expérience, cela doit servir. La difficulté et la nouveauté pour moi ce sera de s’adapter à l’immédiateté de l’info quand on fait du direct pendant plusieurs heures, d’acquérir les bons réflexes (Jean-Wilfrid Forquès)

Cette nouvelle expérience coïncide aussi avec l’arrivée de Marc-Olivier Fogiel à la tête de la chaîne. Jean-Wilfrid Forquès correspond à la fois à un visage connu des téléspectateurs de la chaîne et à une nouveauté en plateau, même si le journaliste a aussi présenté des éditions il y a quelques années à Télé Toulouse (TLT).

Après le traumatisme de novembre…

L’occasion aussi de se renouveler pour le journaliste de terrain qui avoue que les choses « ne sont plus les mêmes » depuis fin novembre 2018. Ce jour-là, poursuivi par des Gilets jaunes dans les rues de Toulouse, qui l’avaient identifié et insulté parce que journaliste à BFM, il n’avait échappé au lynchage que grâce à la réactivité de ses deux gardes du corps et à un commerçant qui l’avaient recueilli dans sa boutique (cliquer ici).

Le journaliste toulousain, qui a couvert de nombreux conflits pour Sud Radio (Kosovo, Irak, Afghanistan, etc), vit toujours avec ces images dans la tête : « Jamais je n’aurais pensé vivre cela à 800 mètres de chez moi ! ». A ce sujet, le parquet de Toulouse a d’ailleurs classé l’affaire, les enquêteurs ne parvenant pas à identifier les meneurs.

Sur les plateaux de BFM, Jean-Wilfrid Forquès va grossir les rangs des journalistes-présentateurs toulousains de la chaîne, aux cotés de Rachid M’Barki. 

FV @fabvalery

 

28 Juin

« Chouf Tolosa », le nouveau média de Toulouse, par les quartiers et pour les quartiers

Emanation d’une formation au journalisme pour les jeunes des « cités » initiée par le Tactikollectif, Chouf Tolosa est en ligne pour proposer un autre regard sur les quartiers populaires.

Le quartier du Mirail à Toulouse (Photo : R. Gabalda / AFP)

Un média des quartiers, par les quartiers, pour les quartiers. Près de 15 ans après le Bondy Blog, voici Chouf Tolosa. Un nouveau média qui vient de voir le jour à Toulouse (cliquer ici).

Sortir du « récit violent et anxiogène »

D’emblée, dans sa présentation, ce nouveau site internet annonce la couleur, écorchant au passage les « médias dominants » et leur regard sur les quartiers populaires :

Le constat de départ est que l’image des quartiers véhiculée par la presse dominante est encore aujourd’hui trop souvent la même : faite de clichés, de faits divers sensationnalistes et stigmatisants, véhiculant un récit violent et anxiogène, en décalage avec les réalités vécues par beaucoup d’habitantes et habitants. Face à ces regards biaisés, Chouf Tolosa entend redonner la parole à celles et ceux qui vivent dans les quartiers.

Bref, l’idée est de proposer de l’info sur les quartiers populaires de Toulouse à rebours des faits divers habituels voire des poncifs de la presse traditionnelle.

Né de l’atelier journalisme du Tactikollectif

Ce qui est à l’origine de ce nouveau site, c’est l’initiative lancée en 2017 par Tactikollectif et dont nous avions d’ailleurs parlé sur ce blog (cliquer ici) : un atelier de journalisme pour des jeunes issus de « banlieue » comme on dit généralement, des quartiers populaires de Toulouse pour être plus précis (qui bien que souvent situés en périphérie de la ville sont tout de même sur le territoire de la commune et non en « banlieue » comme cela peut être le cas en région parisienne).

Ces apprentis en journalisme, issus donc des quartiers toulousains, ont travaillé avec le journaliste indépendant Emmanuel Riondé (Médiapart, Médiacités) et, ensemble, ils ont fait le constat qu’il fallait passer à l’étape suivante : créer un journal en ligne, publier, faire des interviews, organiser des débats, aller à la rencontre des habitants, modifier l’image que l’on peut avoir des quartiers populaires…

Le pluralisme dans les quartiers aussi

On a souvent souligné sur ce blog l’importance du pluralisme de la presse dans la vie d’une démocratie et, plus localement, dans celle d’une région ou d’une ville.

Bienvenue donc à Chouf Tolosa (qui tire son nom du mot arabe « chouf », qui signifie regarde, voit ! et le nom de Toulouse en Occitan) dans le petit monde pas toujours tranquille des médias toulousains.

Souhaitons longue vie à ce nouveau média et surtout de réaliser son objectif d’offrir une information sur les quartiers populaires, différente, gratuite, libre et indépendante.

FV (@fabvalery)

26 Juin

En dix ans, 13 % de journalistes locaux en moins en Occitanie

Médiacités publie une enquête sur l’état de presse quotidienne régionale et locale en France où il apparaît une chute des effectifs. L’Occitanie est particulièrement concernée, notamment les départements de l’ex-Languedoc-Roussillon.

Le siège de Midi Libre à Saint-Jean-de-Védas près de Montpellier (Photo : MICHAEL ESDOURRUBAILH/ MaxPPP)

On dit d’une démocratie qu’elle est en bonne santé quand sa presse est diverse, pluraliste et vivace. La notre doit être un peu malade.

Dans une longue enquête fouillée publiée ce mardi 26 juin, le site d’investigation locale Médiacités (cliquez ici) fait l’état des lieux de la presse quotidienne en France. Et ce n’est pas brillant.

Médiacités a recensé notamment la baisse du nombre de cartes de presse entre 2009 et 2018 département par département. En moyenne, le nombre de journalistes locaux a baissé de 12,5 % en France en une dizaine d’année.

Cette baisse est encore plus sensible en Occitanie, d’après les chiffres recueillis par Médiacités : 13,12 % de baisse en moyenne dans les 13 départements de la région avec des records notamment dans les départements de l’ex-région Languedoc-Roussillon comme l’Hérault, l’Aude, les PO, etc, qui atteignent plus de 16 % de baisse du nombre de journalistes.

Le rachat des journaux du Midi (Midi Libre, L’Indépendant, etc) par La Dépêche du Midi, la fermeture d’agences, le recentrage de La Marseillaise qui a quitté certains départements, la crise générale de la presse écrite face au numérique sont autant de raisons à cette forte baisse.

L’enquête de Médiacités comprend également une carte interactive (cliquez ici) des fermetures d’agences locales ou départementales partout en France.

FV @fabvalery

24 Juin

Après les propos de Charline Vanhoenacker, Sud Radio réclame les excuses de Sibyle Veil, la patronne de Radio France

Le torchon brûle, comme on dit, entre l’animatrice-journaliste-humoriste de France Inter et le patron de Sud Radio Didier Maïsto qui a peu apprécié les propos récents de la Belge.

Charline Vanhoenacker (Photo : J. Saget / AFP)

Rien ne va plus entre Radio-France et Sud Radio. Tout est parti d’une interview de Charline Vanhoenacker dans Le Parisien dimanche. L’animatrice-journaliste belge, aux commandes de l’émission « Par Jupiter !  » sur France Inter (avec ses complices Alex Vizorek et Guillaume Meurice), distribue avec son style bien à elle des mandales à une bonne partie du Paysage Audiovisuel Français (PAF).

Au détour d’une phrase concernant la place de Marine Le Pen et de l’extrême-droite dans les médias en France, elle égratigne Sud Radio.

Je suis toujours hallucinée qu’on déroule le tapis rouge à l’extrême droite. En Wallonie, elle n’est jamais sur les plateaux et, aux européennes, elle a fait moins de 5 %. En France, Marine Le Pen est partout et a gagné le scrutin… Les médias sont responsables de la banalisation de ses idées. Surtout ceux comme Sud Radio dont les théories d’Alain Soral sont le fonds de commerce (In Le Parisien, 23 juin 2019)

Des propos qui ont scandalisé Didier Maïsto, pdg de Sud Radio et de Fiducial Médias, sa maison-mère. Immédiatement, dès dimanche, il a lancé sur les réseaux sociaux, notamment Twitter, une opération de contre-attaque vis à vis non seulement de l’animatrice mais aussi de France Inter et Radio France.

Ce lundi, Didier Maïsto nous indiquait attendre toujours des excuses publiques de la part de la présidente de Radio France :

Je suis sincèrement scandalisé et mes équipes aussi. Nous avons toujours été impeccables sur le sujet. J’attends toujours les excuses de Sibyle Veil. A mon avis je peux attendre longtemps (Didier Maïsto, au blog Médias d’Ici)

Une vieille chronique de Sophia Aram sur les « gros cons »

Dans la foulée, Didier Maïsto a créé sur Twitter le hashtag #NousSommesTousDesGrosCons qui se réfère, non pas aux propos récents de Charline Vanhoenacker, mais à ceux, beaucoup plus anciens d’une autre chroniqueuse de France Inter, Sophia Aram, qui avait, en 2011, écrit une chronique sur le sujet après une émission de Robert Ménard sur Sud Radio au cours de laquelle des propos antisémites avaient été tenus.

 

Une chronique datant de près de 8 ans, alors que Sud Radio n’appartenait pas encore à Fiducial Médias. Quant à Robert Ménard, le maire de Béziers, il n’est plus animateur sur Sud Radio depuis belle lurette.

Le cas Etienne Chouard

Si Charline Vanhoenacker a évoqué Alain Soral à propos de Sud Radio, ce n’est sans doute pas parce que l’idéologue de l’extrême-droite et des complotistes y aurait micro ouvert (ce qui n’est pas le cas) mais parce que la radio invite régulièrement des proches de Soral. Voire plus.

Sud Radio est allée jusqu’à recruter Etienne Chouard comme animateur régulier en mars dernier. Ce professeur d’économie gestion de Marseille, proches des Gilets jaunes, est très contesté. Didier Maïsto a défendu bec et ongles l’homme et sa liberté de penser et de s’exprimer. Mais patatras…

Lors d’une interview début juin sur le site Le Média, Etienne Chouard a souligné qu’il ne pouvait pas s’exprimer sur l’existence ou non des chambres à gaz, n’ayant « jamais rien lu » sur le sujet. Il avait ensuite reconnu sur son blog qu’il avait été « maladroit » mais sans pour autant s’excuser. Reconnaissant seulement qu’il devrait…

…refuser de s’exprimer sur ces sujets, qui servent surtout aux puissants du moment à museler leurs opposants politiques ».

Malgré le soutien qu’il lui avait toujours apporté, Didier Maïsto a été contraint, le 20 juin dernier, de suspendre Etienne Chouard, soupçonné de « confusionnisme », de l’antenne de Sud Radio.

Une aubaine pour « la radio du peuple » ?

Aujourd’hui, Sud Radio version Didier Maïsto a donc pris le parti de donner la parole à ceux que, selon lui, on ne voit pas ou que l’on entend peu sur les grands médias. Au risque de dérapages plus ou moins contrôlés.

Lui même intervient souvent à l’antenne et lors de longs Facebook Live pour exprimer une parole qu’il qualifie de « vraie » et de « libre ». Durant la campagne présidentielle de 2017, dans une longue interview à la web-télé d’extrême droite TVLibertés, il avait comparé le candidat Macron à Mussolini. 

Malgré une audience toujours faible, le positionnement de la radio, qui s’est ouvertement placée comme la radio des Gilets jaunes au plus fort du mouvement, fait réagir : Sud Radio, à défaut d’être très écoutée, fait beaucoup parler d’elle. Elle est devenue selon son pdg « la radio du peuple » contre les élites.

Alors quand l’une des animatrices les plus en vue de la radio leader en France égratine Sud Radio, l’occasion est belle pour le patron de la chaîne, certes de défendre son entreprise, mais aussi d’entretenir une sorte de « bruit médiatique » qui fait parler de la radio. Celle qui, selon lui, serait libre quand le service public dans son ensemble (télé et radio) serait muselé par l’Etat.

Toujours le peuple contre les élites médiatiques.

FV (@fabvalery)

23 Mai

La grande offensive de Médiacités pour gagner de nouveaux lecteurs et des abonnés

Gagner des lecteurs et les inciter à s’abonner, c’est primordial pour le site d’investigation locale. Qui se donne les moyens de faire grandir son lectorat et casse les codes en matière de communication.

La rédaction de Médiacités (Photo : Joseph Melin)

C’est un mini flyer comme on en trouve régulièrement dans notre boîte aux lettres. De ces pubs auto-imprimées qui vantent les mérites d’un marabout, souvent d’origine africaine, capable de ramener l’être aimé ou de régler les problèmes d’argent.

« Retour de l’être corrompu »

Là, docteur Mamadou est devenu « docteur Médiacités » et le flyer vante les mérites du site d’investigation locale, qui travaille sur Toulouse, Lille, Nantes et Lyon.

Reprenant les codes de ces annonces de marabouts, Médiacités propose plutôt des enquêtes sur « toutes les dérives des pouvoirs locaux. Détournement de fonds publics, retour de l’être corrompu, malchance aux abus de biens sociaux, etc ».

C’est une initiative de notre nouveau responsable communication et marketing, explique Jacques Trentesaux, directeur de la rédaction de Médiacités. Il faut bien reconnaître que c’est un poil moins sérieux que nos communications habituelles. Mais il y a un vrai potentiel viral ».

Marketing et mobilisation des lecteurs

Ces dernières semaines, Médiacités s’est renforcé. L’équipe de permanents, constituée de journalistes (les enquêteurs dans les villes étant principalement des pigistes), s’est donc notamment ouverte à un responsable communication et marketing à plein temps.

« Nous sommes dans une course contre la montre mais on voit que depuis le début 2019 les choses s’accélèrent, poursuit Jacques Trentesaux. Nous avons 2500 abonnés, nous en gagnons en solde net environ 140 chaque mois contre 70 ou 80 en 2018. Surtout, le taux de réabonnement est très bon, supérieur à 80 % pour les abonnés annuels ». 

Un rythme plus lent que prévu

Fondé à Lille fin 2016, présent depuis à Toulouse, Lyon et Nantes, Médiacités publie chaque semaine des enquêtes, révélant des scandales, des turpitudes d’élus, des faits qui sans ces articles pourraient rester cachés.

Partenaire de Médiapart, Médiacités, après deux ans d’existence, peine cependant à recruter de nouveaux abonnés. A la création du journal en ligne, les porteurs du projet espéraient capter 3000 abonnés par ville. On en est loin. Or le temps presse, pour que l’entreprise puisse assurer sa pérennité. D’où la mise en place d’une nouvelle stratégie, résolument offensive.

Mobiliser les lecteurs

L’autre nouvelle tête au sein de l’équipe, c’est un « responsable de la mobilisation des lecteurs ». Un titre encore peu répandu dans la presse française. Pierre Leibovici, cofondateur de L’Imprévu.fr, a accepté de relever le défi.

Mon rôle à Médiacités consiste à utiliser toutes les techniques pour faire collaborer les lecteurs avec les journalistes. Ce n’est pas simple quand on fait de l’investigation parce que les journalistes n’ont pas dans leur ADN ce type de collaboration mais à Médiacités tout le monde est prêt à changer sa culture. Il faut en France que le journalisme soit moins hors-sol, que le lecteur soit inclus davantage dans le processus journalistique (Pierre Leibovici)

La rédaction, sous son impulsion, a donc prévu de travailler autour d’une méthode en trois points :

  • développer des enquêtes collaboratives en demandant aux lecteurs ce qu’ils ont envie de savoir et de lire
  • faire appel à l’expertise des lecteurs, qu’ils soient associatifs, riverains d’un site, scientifiques, etc.
  • organiser régulièrement des rencontres entre lecteurs et journalistes pour échanger sur des idées d’enquêtes et de reportages.

L’engagement des lecteurs, leur participation à nos enquêtes, c’est un levier pour élargir la base du lectorat. Et quand la promesse éditoriale sera plus forte, que les articles et les enquêtes seront plus concernant, plus impliquant pour le public, on espère que cela motivera davantage de lecteurs à s’abonner (Pierre Leibovici).

Dans cet objectif, Médiacités a aussi ouvert un nouvel espace sur son site, La Fabrique, qui permet de montrer et d’expliquer les coulisses du journal, le travail des journalistes. Plus de transparence et d’ouverture pour amener les lecteurs à s’approprier les enquêtes et à franchir le cap de l’abonnement.

FV (@fabvalery)

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