19 Sep

VIDEO – « Benalla par-ci, Benalla par là », l’étonnante chanson de Sud Radio

L’ex-radio toulousaine a mis en ligne une chanson sur l’affaire Benalla, où l’on voit notamment l’animateur André Bercoff et (c’est plus étonnant) le rédacteur en chef de la radio désormais parisienne Christophe Bordet.

Décidément, Sud Radio surprend (NDA : ceci est une litote !). La radio, installée en région parisienne depuis un an après son départ de Toulouse, vient de sortir… son premier « tube » sous le nom de groupe « Les vraies voix » (du nom de son émission de fin d’après-midi) ! Une vidéo a été publiée sur les réseaux sociaux de la radio mardi, à la veille de l’audition d’Alexandre Benalla devant la commission d’enquête du Sénat.

Il s’agit en fait d’une sorte de « queue leu leu » sur l’air de « Quand il faut y aller, on est toujours là », qui fustige l’affaire Benalla.

A la baguette, hilare, le polémiste et animateur de la radio André Bercoff et, déchaîné, le rédacteur en chef de la station Christophe Bordet.

A chacun de se faire son avis :

FV (@fabvalery)

18 Sep

Voici les chiffres des ventes des journaux papier dans notre région (spoiler : la chute se poursuit)

L’alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM) vient de révéler les chiffres de diffusion de la presse quotidienne et hebdomadaire. En Occitanie, la tendance n’est pas une surprise : presque tous les titres sont à la baisse.

Les médias de presse écrite ont pris, ces dernières années, l’habitude de communiquer sur les chiffres globaux de leur diffusion (papier + internet) : avec l’avènement de la consommation d’infos sur internet, notamment sur smartphone, ces chiffres sont souvent gigantesques, impressionnants. Ils ont surtout le mérite d’être l’arbre qui cache la déforestation : la chute continuelle et inexorable de la diffusion de la presse sur papier.

Or, c’est toujours grâce au papier que les entreprises de presse (nationales, régionales, départementales, voire locales) gagnent encore un peu d’argent. Le net rapporte peu. Les chiffres de diffusion payée sont également très importants car ils permettent d’établir une grille tarifaire pour les achats d’espaces publicitaires.

En publiant les chiffres 2017/2018 (de juillet à juin), l’ACPM indique qu’en France la presse écrite représente 3,5 milliards d’exemplaires par an (pour 642 titres) soit « près de 10 millions d’exemplaires par jour ». Impressionnant ! Mais quand on regarde titre par titre, la spirale est négative.

La Dépêche du Midi, premier titre dans la région, mais…

Avec 135 477 exemplaires par jour, La Dépêche du Midi conserve sa place de leader de la presse régionale en Occitanie. Mais ce chiffre est en baisse sur un an de -3,43 %. En comparaison, en 2014, la diffusion du journal atteignait 155 000 exemplaires/jour. 20 000 lecteurs quotidiens se sont envolés en 4 ans. Et la chute semble continuer : en juin 2018, la diffusion France payée n’était que de 131 000 exemplaires pour La Dépêche.

Le journal se classe à la 11ème place nationale, loin derrière le leader incontesté de la presse quotidienne régionale, Ouest-France, et ses 659 681 exemplaires, ce qui n’empêche pas le titre de procéder à des suppressions de postes et même à de brutales fermetures d’agences locales.

Midi-Libre sous la barre des 100 000 exemplaires

Midi-Libre, qui appartient désormais à La Dépêche du Midi arrive en 13ème position de ce classement. Surtout, le journal montpelliérain voit sa diffusion quotidienne passer sous la barre symbolique des 100 000 exemplaires à 98 960 contre 101 423 l’année précédente (- 4,72 %).

Les autres titres du groupe La Dépêche du Midi sont également en baisse :

  • L’Indépendant est à 43 888 exemplaires/jour (- 3,40 %)
  • Centre Presse Aveyron à 16 017 (-2,64 %)
  • La Nouvelle République des Pyrénées  à 9 551 (-3,53 %)

Et la presse hebdomadaire ?

Le premier hebdomadaire local en Occitanie en terme de diffusion payée et le Tarn Libre qui diffuse à 10 408 exemplaires mais en baisse de – 5,54 % sur un an.

Le Journal d’Ici Tarn et Lauragais, lui, progresse légèrement de 1,01 % à 6 669 ventes par semaine. Dans l’Aveyron, Le Villefranchois (groupe La Dépêche) est à 6 389 (- 3,14 %), le Journal de Millau à 5 609 (-0,39 % sur un an) et le Bulletin d’Espalion à 4 968 (-2,20 %). La Semaine des Pyrénées, à Tarbes, affiche 4 076 et un légère progression sur un an de + 1,70 % de sa diffusion payée. Toujours dans les Hautes-Pyrénées, L’Essor Bigourdan de Lourdes vent 1 436 exemplaires par semaine (- 1,37 %).

FV (@fabvalery)

13 Sep

Sébastien Dupuis (ex-Canal +) quitte Vià Occitanie

L’ancien commentateur de foot sur Canal avait rejoint les équipes de Vià Occitanie il y a un an en tant que directeur des sports. Il quitte la chaîne et nous explique pourquoi.

Sébastien Dupuis

Chacun sait que mener de front vie professionnelle et vie familiale est parfois un combat. Les journalistes n’y échappent pas. Arrivé à l’été 2017 dans les équipes de Vià Occitanie (ex-TV Sud), prenant le poste de directeur des sports, le journaliste toulousain Sébastien Dupuis, bien connu des téléspectateurs pour avoir commenté pendant des années les matchs de Ligue 1 sur Canal + (particulièrement ceux du TFC) quitte la chaîne régionale après seulement un an de collaboration.

« J’ai décidé de recentrer ma vie professionnelle autour de ma famille, précise Sébastien Dupuis. Moi je ne sais pas faire les choses à moitié. Ce poste de directeur des sports était passionnant, mais j’étais submergé de travail et je n’ai pas voulu sacrifier ma famille. J’ai été en revanche ravi de contribuer à la mise en place du projet Vià Occitanie ».

Le journaliste et Vià Occitanie se sont séparés à l’amiable. « Nous gardons d’excellentes relations, indique Jean Brun, directeur de l’antenne, et il n’est d’ailleurs pas impossible que Sébastien revienne de temps en temps pour des événements sports, particulièrement sur le réseau Vià » (NDLR : réseau d’une vingtaine de chaînes locales privées en France, qui vont adopter petit à petit l’identité Vià et des programmes en commun).

« C’est effectivement une possibilité, confirme Sébastien Dupuis, mais il y en a d’autres ».

Selon nos informations, il est fort probable que l’on retrouve rapidement le journaliste sportif aux commentaires de certains matchs de foot sur une antenne nationale.

Pour le moment le poste de directeur des sports de Vià Occitanie reste vacant. C’est toujours Judith Soula (ex-Canal +, Sud Radio, L’Equipe TV, France TV) qui est la rédactrice en chef des sports de la chaîne.

FV (@fabvalery)

27 Août

Sud Radio ne produit plus en interne une partie de ses journaux d’information, confiés à A2PRL

Depuis ce 27 août, la radio, qui a quitté Toulouse pour la région parisienne, ne produit qu’une partie de ses journaux : un contrat a été signé avec l’agence A2PRL, installée à… Toulouse.

Les studios de Sud Radio à Paris.

Pour les auditeurs de Sud Radio, l’opération doit être blanche : il y a toujours à l’antenne de la radio (ex-radio du Grand Sud) des journaux ou des flashs à l’heure ou à la demie, mais ces bulletins d’infos ne sont plus forcément produits par la rédaction.

Des journaux produits par l’agence toulousaine A2PRL

En effet, selon les informations de ce blog, Sud Radio (qui appartient à Fiducial Médias, filiale de Fiducial) a contracté avec l’agence A2PRL (ex-AFP Audio, groupe Médiameeting) pour la production d’une partie des journaux de l’antenne : A2PRL fournit donc à Sud Radio des journaux de 5 minutes à 6h30, 7h30, 12 heures et 18 heures. Sud Radio reprend aussi les flashs infos préparés toute la journée par A2PRL. Pour le moment, la radio conserve en interne quelques journaux « maison » notamment dans la matinale (à 6 heures, 7 heures et 8 heures).

Cette externalisation des journaux de Sud Radio est un nouveau pas dans la transformation de Sud Radio opérée par Fiducial Médias depuis plusieurs années. De quoi donner de sévères migraines aux anciens journalistes de Sud Radio : la radio, du temps de sa splendeur à Toulouse, comptait une vaste rédaction avec un directeur de la rédac, des correspondants, des envoyés spéciaux à l’étranger… Et produisait la totalité de son information. 

Mais c’était un autre temps.

Quelle ligne éditoriale ?

A l’été 2017, Sud Radio a transféré sa rédaction et son antenne de Toulouse à Paris. Avec à la clé, pas mal de licenciements notamment de journalistes qui n’ont pas accepté les conditions de ce transfert.

Désormais, les journalistes qui travaillent encore à la rédaction n’auront donc plus une grande partie des journaux à assurer. « Comment peut-on avoir une ligne éditoriale quand journaux et flashs sont assurés par un prestataire extérieur ? s’interroge un ancien de la rédaction. Et puis quand un journaliste de Sud Radio aura une info à 17h30, à qui devra-t-il la donner pour qu’elle passe dans le journal de 18 heures : à sa rédaction ou à A2PRL ? ».

Logique économique

En tout cas, après avoir externalisé les sports et notamment le rugby, Fiducial Médias semble vouloir pousser plus loin, notamment pour des raisons économiques, l’externalisation d’une partie de l’antenne de Sud Radio.

Ironie de l’histoire, Sud Radio externalise ses journaux un an après son départ de Toulouse en les confiant à une agence basée… à Toulouse, qui emploie certains anciens journalistes de Sud Radio et est même dirigée par un ancien directeur d’antenne de la radio.

FV (@fabvalery)

13 Juil

Un Toulousain condamné pour avoir menacé une journaliste

Un homme de 24 ans a été condamné vendredi à Toulouse à 70 heures de travaux d’intérêt général pour avoir proféré des menaces à l’encontre d’une journaliste de France 3 en mai dernier.

Le Palais de Justice de Toulouse (Photo : France 3)

Tout est parti d’un simple article publié le 20 mai 2018 sur le site internet de France 3 Occitanie : un article qui indique que, 2 ans après les faits, un Toulousain sera jugé en octobre 2018 pour avoir proféré sur facebook des insultes homophobes et des menaces de mort à l’encontre du médecin, auteur et chroniqueur toulousain Baptiste Beaulieu. Fait important : dans cet article, le nom du mis en cause n’est pas cité et rien ne permet de l’identifier.

Pourtant dans les deux jours qui vont suivre la publication de cet article, l’homme va tenter par tous les moyens (messages sur facebook, téléphone) d’entrer en contact avec la journaliste en se montrant rapidement insultant et menaçant. Les messages vont alors devenir de plus en plus violents et l’homme va même se présenter dans les locaux de France 3 à Toulouse, se montrant à nouveau menaçant et insultant, à tel point que la journaliste a été contrainte de porter plainte.

L’homme a été placé en garde à vue, déferré puis placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec la journaliste et de s’approcher des locaux de France 3, avant d’être donc convoqué devant le tribunal correctionnel de Toulouse ce vendredi. A la barre, il a eu du mal à justifier son attitude, expliquant, en s’excusant, qu’il avait été poussé par des « proches » sur facebook qui s’étaient moqué de lui après la parution de l’article. Il avait, selon lui, d’abord tenté d’entrer en contact avec la journaliste, puis avoue avoir été emporté par son tempérament, reconnaissant n’avoir pris conscience de ses actes qu’au moment de sa garde à vue.

Le procureur de la République a fustigé une attitude « inadmissible au nom des libertés fondamentales ». « Vous dévoyez la liberté d’expression » a-t-il ajouté avant de réclamer une peine de prison avec sursis pour les menaces contre la journaliste.

L’avocat du prévenu a précisé que son client « s’est senti visé par cet article où il n’est pourtant pas cité ». « Il a un problème de communication » a-t-il ajouté au sujet de son utilisation des réseaux sociaux. L’avocat a indiqué que son client, dont le casier judiciaire était vierge, était prêt à effectuer une peine de travaux d’intérêt général (TIG) y compris… dans une association luttant contre l’homophobie !

Le juge l’a condamné à 70 heures de TIG à effectuer dans une collectivité ou une association. En cas de non-exécution de la peine, il risque 3 mois de prison.

Le condamné a maintenant de nouveau rendez-vous avec la justice, en octobre prochain, cette fois pour répondre des menaces de mort et des insultes homophobes à l’encontre de Baptiste Beaulieu.

FV (@fabvalery)

 

03 Juil

Exclusif : 22 télés locales rejoignent le réseau Vià, créé en Occitanie

INFO LE BLOG MEDIAS d’ICI – Le réseau d’une vingtaine de chaînes de télé locales sera officiellement lancé mercredi 4 juillet. On vous en dévoile les contours et les objectifs.

Dans quelques mois, une vingtaine de chaînes de télé locales réparties dans toute la France seront diffusées depuis la commune de Gallargues-le-Montueux dans le Gard où est installé le siège de Médias du Sud, maison-mère de Vià Occitanie, et d’où sont déjà diffusées les chaînes de Nîmes, Montpellier, Perpignan et Toulouse.

Mercredi 4 juillet, la création du réseau national Vià sera en effet officialisé. Aux quatre chaînes d’Occitanie, à Vià Grand Paris et aux 3 chaînes antillaises ATV reprises récemment par Médias du Sud vont donc s’ajouter 14 chaînes locales privées déjà existantes sur le territoire français.

Une intégration par étapes

L’objectif est de mutualiser les écrans publicitaires et pour cela, il faudra donc passer par une diffusion par le réseau, depuis Gallargues. En s’alliant, les chaînes locales (dont l’équilibre financier est souvent instable et qui vivent souvent grâce à l’argent public issu des subventions ou des contrats d’objectifs et de moyens (COM) signés avec des collectivités locales ou territoriales) espèrent toucher le marché publicitaire national et voir augmenter leurs rentrées publicitaires.

« En s’agrégeant, nous nous permettons de toucher ensemble à des annonceurs nationaux, alors qu’isolés nous ne pourrions pas », explique Sabine Torrès, directrice générale du réseau Vià.

Vià Normandie, Vià Wéo Lille, etc

Les chaînes vont donc intégrer le réseau en modifiant leur nom. « La Chaîne Normande » va devenir Vià Normandie. A Lille, Wéo passera par une étape intermédiaire, Vià Wéo Lille, avant de devenir progressivement Vià Lille, etc.

Elles vont toutes adopter l’habillage d’antenne du réseau, déjà présent sur Vià Occitanie et Vià Grand Paris, et le même site internet. En revanche, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a veillé à ce que chaque chaîne dans le réseau garde son indépendance éditoriale et son tour de table concernant le capital. 

Objectif 1 % d’audience nationale

Les chaînes locales ainsi agrégées devraient pouvoir intégrer la mesure d’audience Médiamat. Avec 32 millions d’habitants couverts, le nouveau réseau vise 1 % d’audience (en juin 2018, BFM a atteint 2,3 %, C News 0,6 %). En 2020, l’objectif sera de couvrir 40 millions d’habitants couverts et une présence dans les 10 plus grosses métropoles.

Le réseau devrait pour cela proposer rapidement des programmes nationaux : un « jeu des territoires » à 18 heures sur toutes les chaînes et une tranche 22h/minuit qui pourrait être axée sur l’info. S’ajouteront également du sport, des captations de spectacles, etc.

Christophe Musset prend la présidence du réseau Vià

C’est Christophe Musset, le fondateur de Médias du Sud et des télés TV Sud (devenus Vià Occitanie), qui prend la présidence de cet ensemble, de ce nouveau réseau national, dont il est à l’origine. Pour cela, il vient de quitter le poste de PDG de Médias du Sud (actionnaire majoritaire de Vià Occitanie) et c’est Sabine Torrès (ex-Dijonscope et jusqu’à présent directrice générale de Médias du Sud) qui le remplace tout en assurant la direction générale du réseau Vià.

Allié à BFM sur la version toulousaine de Vià Occitanie, qui a succédé à TLT, Christophe Musset a surtout trouvé appui dans ce projet sur le richissime Bruno Ledoux, qui a investi dans le projet et dont l’influence, permet d’ouvrir des portes et de déclencher des opérations qui ne se seraient peut-être pas réalisées sans sa présence discrète mais importante.

FV @fabvalery

02 Juil

Julien Corbière nouveau rédacteur en chef de France Bleu Occitanie à Toulouse

L’actuel rédacteur en chef de France Bleu Saint-Etienne Loire prendra ses nouvelles fonctions fin août.

Julien Corbière (Photo : Christophe ABRAMOWITZ / Radio France)

Il succède à Jean-Marc Perez, rédacteur en chef de France Bleu Toulouse (devenue France Bleu Occitanie) durant 7 ans : Julien Corbière a été nommé rédacteur en chef à Toulouse. Il occupe actuellement le même poste à France Bleu à Saint-Etienne.

Julien Corbière va arriver à Toulouse dans un contexte particulier : la transformation de France Bleu qui se régionalise (dans les limites de l’ex-région Midi-Pyrénées, trois autres radios existant déjà à Perpignan, Montpellier et Nîmes) et doit se réorganiser pour couvrir une vaste zone, la nouvelle antenne s’accompagnant d’ouvertures de fréquences dans certaines départements et de changement sur la bande FM à Toulouse (France Bleu quitte le 90,5 Mhz, récupéré par 100 % Radio qui s’installe à Toulouse, et bouge sur le 91,8 Mhz).

Ces changements s’accompagnent évidemment de modifications de la ligne éditoriale de France Bleu Occitanie, passée d’une radio locale toulousaine à une radio régionale. Et puis reste le dossier du rapprochement souhaité par le gouvernement entre France 3 et France Bleu.

Bref, le nouveau patron de la rédaction de France Bleu ne va pas manquer de travail !

FV (@fabvalery)

20 Juin

Des élus régionaux réclament la fusion de France 3 Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon

Dans un document qui sera mis au vote vendredi 22 juin en assemblée plénière, des élus de la majorité fixent des conditions à la conclusion d’un contrat d’objectifs et de moyens entre le Conseil régional d’Occitanie et France 3. Parmi ces conditions : la disparition du découpage actuel entre les antennes de Toulouse et Montpellier jugé « obsolète ». 

(Photo : Eric Piermont / AFP)

C’est une phrase qui peut s’apparenter à une petite bombe politique dans le landerneau médiatique d’Occitanie, extraite d’un texte qui doit être mis aux voix vendredi 22 juin lors de l’assemblée plénière à Montpellier. Des élus des groupes de la majorité « Nouveau Monde » et « socialiste, républicain et citoyen » y dézinguent l’organisation actuelle de France 3 dans la région avec cette exigence :

Effacement rapide du découpage aujourd’hui obsolète de l’Occitanie entre ses deux anciennes régions qui l’ont constituée après leur fusion il y a près de trois ans de cela

Cette phrase, pour parler clair, est une manière de réclamer la fusion des antennes qui constituent actuellement France 3 Occitanie : France 3 Midi-Pyrénées, basée à Toulouse, et France 3 Languedoc-Roussillon, à Montpellier. Si les deux antennes travaillent régulièrement sur des contenus communs, les téléspectateurs bénéficient actuellement de deux journaux régionaux différents, chaque jour, à 12 heures et 19 heures.

Des conditions à la signature d’un COM

Cette petite phrase est extraite d’un document que nous nous sommes procuré : un projet « d’amendement au rapport sur la politique d’information et de communication du Conseil régional » où il est question des discussions en cours pour aboutir, avant la fin 2018, à la conclusion d’un contrat d’objectifs et de moyens (COM) entre France 3 et la région Occitanie.

Ces élus (rappelons-le issus de la majorité de Carole Delga), s’inspirant des récentes déclarations de la ministre de la Culture sur les nouveaux objectifs pour l’audiovisuel public en France, fixent un certain nombre de conditions à la signature d’un tel contrat. Dans le désordre :

  • « le maintien du financement à haut-niveau de l’antenne de France 3 Occitanie par sa tutelle nationale, la Région n’ayant pas vocation à venir pallier les éventuelles réductions de budget de France Télévisions.
  • une augmentation très significative à court ou moyen terme du temps d’antenne de France 3 Occitanie.
  • une offre télévisuelle amplifiée, renouvelée et de qualité à même de démultiplier la retransmission de créations originales, de débats pluralistes ou d’événements (…)
  • garantie du maintien des éditions locales (…)
  • augmentation substantielle du temps d’antenne consacré à à l’expression vivante et contemporaine des langues occitane et catalane (…)
  • synergie entre les divers médias régionaux (…)
  • strict respect de l’indépendance éditoriale de France 3 Occitanie
  • coût raisonnable pour le budget de la collectivité régionale ».

Et puis donc, cet « effacement rapide du découpage aujourd’hui obsolète de l’Occitanie entre ses deux anciennes régions qui l’ont constituée après leur fusion il y a près de trois ans de cela ». 

Une bombe sociale ?

Depuis plusieurs mois, des discussions ont été entamées entre France 3 et la Région pour aboutir à un contrat d’objectifs et de moyens qui permettrait surtout de financer de nouveaux programmes. Pour autant, France Télévisions fixe dans ce cas des limites, des champs où les élus ne peuvent intervenir : la ligne éditoriale et l’organisation de l’entreprise.

La volonté de ces élus de voir disparaître rapidement les deux entités Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon pourrait donc être un casus belli dans les discussions. C’est aussi une bombe sociale : supprimer les journaux séparés entre Toulouse et Montpellier, les fusionner en un seul, aurait sans aucun doute des conséquences sur l’emploi, chez les journalistes mais aussi les personnels techniques et administratifs, pour éviter les doublons. Dans un contexte d’annonce imminente de baisse du budget de l’audiovisuel public par le gouvernement et de probables suppressions de postes dans les différentes entreprises, ce sujet est extrêmement sensible.

D’ailleurs dans le syndicat CGT de France 3 a déjà réagi parlant de « conditions inacceptables », « incompatibles avec les intérêts de France Télévisions ». 

« Faire région »

Pour les élus :

L’objectif affiché d’un tel contrat est de permettre à la Région, à l’instar de certaines de ses homologues, de soutenir le développement qualitatif et quantitatif de l’offre télévisuelle régionale en Occitanie, publique et privée, tout en contribuant à « faire région » en rapprochant ses habitant/es autour du sentiment d’appartenance à un territoire fondé sur un projet humain commun.« 

Dans la région voisine de Nouvelle Aquitaine, un COM a été rapidement signé entre France 3 et le Conseil régional, présidé par le socialiste Alain Rousset. Il y est question de financer des nouveaux programmes, notamment pour la future chaîne numérique NoA. Mais pas de demander à la chaîne de se réorganiser entre Bordeaux, Poitiers et Limoges, pas d’être une sorte de « co-gestionnaire » de l’entreprise.

Une tentation pas si nouvelle

L’indépendance des médias, que ce soit par rapport à leur ligne éditoriale ou leur organisation interne, est un combat quotidien. Souvent, les élus ont la tentation, en aidant au financement de programmes télé, en contractualisant avec des chaînes de télé locale, ou en achetant généreusement des espaces publicitaires dans la presse écrite ou sur les sites internet, de se mêler des contenus, d’être, d’une certaine manière « payés en retour ».

Une tentation qui n’est pas nouvelle, pas propre non plus à Toulouse et à notre région. D’autant que les médias ont souvent besoin de diversifier leur rentrée financière et que l’argent public est une solution : pendant des années, la chaîne locale toulousaine TLT a été maintenue à flot par l’argent de la ville de Toulouse ; pour faire vivre ses antennes à Montpellier, Nîmes, Perpignan et maintenant Toulouse, Via Occitanie (ex-TV Sud) a signé des COM avec la région ; régulièrement la Région achète massivement des espaces publicitaires au groupe La Dépêche du Midi (comme par exemple pour la finale du Top 14 entre Montpellier et Castres), etc.

FV (@fabvalery)

Mise à jour : après publication de cet article, les 4 élus de la France Insoumise au Conseil régional ont indiqué qu’ils s’opposeraient à ce texte lors de l’assemblée plénière du 22 juin : « nous nous opposerons à l’amendement déposé par l’ensemble des élu.e.s PS, EELV et PCF qui conditionne la signature d’un Contrat d’Objectifs et de Moyens avec les éditions locales de France 3 à la fusion des antennes Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Cette injonction à ré-organiser les antennes de France 3 locales est une dangereuse remise en cause de l’indépendance des médias. Son application serait au demeurant menaçante pour l’avenir de l’emploi dans ces rédactions ».

15 Juin

La radio 100 % émettra à Toulouse à partir du 3 juillet

La radio régionale indépendante née dans le Tarn débarque à Toulouse le 3 juillet sur le 90.5 Mhz.

Les studios de 100 % (Facebook)

Attendue à Toulouse depuis que le Conseil supérieur de l’audiovisuel lui a attribué une séquence, la radio régionale 100 % émettra dans la ville rose à partir du mardi 3 juillet, a indiqué au blog Médias d’ici, le patron de la radio Olivier Fabre (qui est aussi le maire de Mazamet dans le Tarn).

La radio s’installe dans des locaux du boulevard de l’Embouchure avec 7 personnes (3 journalistes, 2 animateurs et 2 commerciaux) dont la moitié a été recrutée pour l’occasion et émettra sur le 90.5, une fréquence jusque là attribuée à France Bleu Occitanie qui « déménage » sur la bande FM.

« Les studios toulousains seront notre deuxième plus importante implantation après le siège à Mazamet », explique Olivier Fabre. L’ouverture de l’antenne toulousaine est un événement attendu depuis des années par la radio. Née dans le Tarn, 100 % Radio sera désormais présente dans 12 départements (outre Toulouse, elle ouvre aussi son antenne à Cahors), de la Montagne noire au Béarn, des côtes catalanes au Lot et Garonne.

A Toulouse, 100 % Radio prévoit des programmes locaux et des journaux régionaux. « L’info est très importante pour nous, explique Olivier Fabre, et les auditeurs toulousains vont découvrir de vrais journaux régionaux avec de l’enquête, des infos exclusives et pas des petits flashs d’une minute où l’on lit les 5 infos rabâchées partout ». Avec aussi un mix musical des années 80 aux tubes actuels.

Reste la difficulté d’une implantation sur un marché radiophonique saturé à Toulouse avec toutes les grandes radios généralistes, les antennes des réseaux musicaux nationaux et des radios locales indépendantes déjà positionnées sur l’info et la musique. « On est convaincus qu’il y a de la place à Toulouse pour une radio adulte, locale, régionale indépendante, répond Olivier Fabre. Les Toulousains sortent souvent de leur ville et ont déjà eu l’occasion de nous entendre. On estime qu’un Toulousain sur 3 connaît déjà notre marque ». 

100 % Radio fait travailler une quarantaine de personnes, dont une trentaine à temps plein.

FV (@fabvalery)

11 Juin

Audiovisuel public : l’union de la presse en région, présidée par Jean-Michel Baylet, s’emporte contre la ministre de la Culture

L’UPREG n’a pas du tout apprécié que Françoise Nyssen estime que la proximité est « délaissée par les médias privés » et pousse l’audiovisuel public a créer un « média quotidien régional ».

Jean-Michel Baylet (Photo : Ph. Uste / MaxPPP)

Pas contente, mais alors pas contente du tout, l’union de la presse en région (UPREG), qui regroupe la presse quotidienne régionale et départementale et qui est présidée depuis janvier dernier par l’ex-ministre et toujours pdg du groupe La Dépêche du Midi Jean-Michel Baylet.

Dans un communiqué, l’UPREG s’insurge des propos tenus par Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, lors de la présentation lundi 4 juin des nouvelles orientations pour l’audiovisuel public. La ministre a plaidé pour la création d’un média quotidien régional, en écho avec la presse quotidienne régionale (PQR), en rapprochant France 3 en région de France Bleu.

Colère de l’UPREG qui dans un communiqué fustige ce projet à grands coups de règlements de comptes avec les journalistes de l’audiovisuel public en région, qui apprécieront notamment cette phrase, contestant un pseudo abandon des territoires locaux par la presse privée :

L’utilisation massive par l’audiovisuel public local des informations publiées dans les colonnes de nos journaux en est la preuve

Ce que l’UPREG et son président Jean-Michel Baylet n’ont pas apprécié c’est la sortie de la ministre qui avait estimé que la proximité était « délaissée par les médias privés ». Une phrase sinon maladroite au moins mal comprise, la ministre visant plus probablement les médias audiovisuels privés, pas forcément la presse écrite.

D’où la colère de l’UPREG :

Au passage, ce sont donc les rédactions locales et régionales de France 3 et de France Bleu qui « prennent » ! Cette réaction est aussi l’illustration des rapports difficiles, dans certaines régions, entre l’audiovisuel public et la PQR, notamment depuis que France 3 puis France Bleu ont renforcé leur présence sur les supports numériques. Une certaine idée du pluralisme, ou plutôt, du monopole, à l’ancienne.

Bien-sûr, la presse quotidienne régionale est une source d’informations pour les autres médias, parmi bien d’autres sources. Mais l’inverse est aussi vrai.

L’intention, affichée par la ministre, de renforcer les moyens des médias audiovisuels publics sur le numérique risque donc de donner des boutons à l’UPREG.

FV (@fabvalery)

 

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