08 Déc

Les associés du maire de Gaillac (Tarn) déboutés de leur poursuite en diffamation contre un article de presse

Le tribunal a relaxé La Dépêche du Midi, son directeur de la publication et le journaliste auteur de l’article.

Le tribunal d’Albi (Photo : E. Cayre / MaxPPP)

Mardi 3 décembre, le journal La Dépêche du Midi, son directeur de la publication Jean-Nicolas Baylet et le journaliste Patrick Guerrier comparaissaient devant le tribunal correctionnel d’Albi après la plainte en diffamation déposée en décembre 2017 par les deux associés du maire de Gaillac, Patrice Gausserand, au sein de la société « le comptoir des bastides ».

Pierre-Yves Olivier et sa femme chinoise, Jing Liu épouse Olivier, pointaient du doigt un article de la DDM datant du 16 septembre 2017 et intitulé « Chine : les relations du maire de Gaillac posent question » (cliquez ici pour en prendre connaissance).

Un article anti-chinois pour la partie civile…

Tous les deux s’estimaient avoir été salis par cet article laissant planer le doute, selon eux, sur leur probité et sur le fait qu’ils auraient profité du mandat du maire de Gaillac pour leurs affaires.

« Ils ont été victimes d’un véritable plan média contre Patrice Gausserand mené par l’opposition municipale » a assuré Me Laurent Decaunes lors de sa plaidoirie soulignant par ailleurs l’utilisation de façon « répétée et excessive » dans ce papier du nom de ses clients mais aussi la nationalité de Madame Olivier. Une façon de laisser sous-entendre une position raciste et anti-chinoise du journaliste rédacteur de l’article.

Intérêts privés et publics

Ce dernier s’est contenté d’expliquer à la barre que son intention n’avait jamais été de cibler le couple d’investisseurs mais de poser des questions sur les pratiques d’un élu, en l’occurrence Patrice Gausserand, mélangeant ses intérêts privés avec son mandat public, soulignant que l’élu n’a jamais évoqué devant le conseil municipal ses nouvelles activités.

Patrice Guerrier a par ailleurs rappelé que son travail de journaliste ne semblait pas dénoué de sens puisque Patrice Gausserand et Pierre-Yves Olivier comparaîtront le 17 décembre prochain devant le tribunal d’Albi pour corruption et prise illégale d’intérêt dans le rachat de la Bodega à Gaillac.

Le tribunal a décidé de relaxer le quotidien et ses représentants.

Pas de compte-rendu

Une petite victoire pour le journal et sa rédaction tarnaise dont n’auront pas connaissance leurs lecteurs. Un journaliste de la rédaction était dans la salle afin de publier un compte-rendu.

Depuis l’audience, rien n’a pourtant été publié. Un lien avec la 3e édition du festival des lanternes à Gaillac dont La Dépêche du Midi est partenaire et s’occupe de la régie publicitaire ?

05 Déc

Nouvelle réorganisation à la tête de la rédaction de La Dépêche du Midi

Après le départ du rédacteur en chef Jean-Claude Soulery, c’est au tour du directeur de la rédaction José Biosca de faire valoir ses droits à la retraite.

Photo E. Cabanis / AFP

Une (nouvelle) page se tourne. En quelques mois, la tête de la rédaction de La Dépêche du Midi, habituellement très stable, aura connu deux départs importants.

14 années à la tête de la rédaction

Après le rédacteur en chef Jean-Claude Soulery, c’est au tour du directeur de la rédaction José Biosca de partir à la retraite. La Dépêche du Midi l’annonce dans un communiqué : le directeur de la rédaction « fait valoir ses droits à la retraite » à partir du 31 décembre 2019.

José Biosca était à la tête de la rédaction depuis 14 ans.

Son départ est compensé par la nomination de deux rédacteurs en chef adjoints : Eric Berger, ancien responsable départemental du journal dans le Tarn arrivé au siège en septembre 2018, et un nouveau dans le giron de La Dépêche, Nicolas Moscovici, passé notamment par LCI (où il est encore rédacteur en chef web) et le JDD.

Quid du poste de directeur de la rédaction ?

Les deux nouveaux rédacteurs en chef adjoints seront directement rattachés au rédacteur en chef Lionel Laparade, qui a succédé à Jean-Claude Soulery au printemps dernier.

Le communiqué de La Dépêche du Midi ne dit pas clairement si José Biosca sera lui-même remplacé à son poste de directeur de la rédaction. Où si le poste sera laissé vacant. Mais une petite phrase donne un indice rappelant que « Lionel Laparade est (…) rattaché à Jean-Nicolas Baylet, directeur général et directeur de la publication ».

Jean-Nicolas Baylet avait succédé à sa grand-mère comme directeur de la publication du journal.

FV (@fabvalery)

28 Nov

La croisade des journalistes de Midi Libre contre le pillage de leurs articles sur les réseaux sociaux

Le journal a donné comme consigne à ses journalistes et correspondants de chasser les copies d’écran ou PDF d’articles qui circulent sur le net.

Olivier Biscaye, directeur de la rédaction de Midi Libre (Photo : M. Clementz / MaxPPP)

« On ne peut plus laisser faire, explique Olivier Biscaye, directeur de la rédaction de Midi Libre à Montpellier. L’enjeu est trop important pour les entreprises de presse. J’ai donc donné la consigne à nos journalistes, aux chefs de service et à nos 750 correspondants de ne plus laisser passer sur les réseaux sociaux des captures d’articles, voire de pages entières du journal ».

#pqrmonamour

Et le patron de la rédaction de Midi Libre (groupe La Depêche du Midi) a lui-même retroussé ses manches. Depuis quelques jours, il interpelle directement élus ou acteurs économiques qui tweetent ou partagent sur facebook des captures d’écrans du journal, comme par exemple au sujet de la fête des lumières à Montpellier, avec l’une des adjointes au maire Philippe Saurel :

« C’est du pillage ! »

Ces élus, ces décideurs connaissent les contraintes économiques des entreprises ; ils et elles sont pour la plupart favorables à aider et soutenir la presse. Mais quand ils sont sur les réseaux sociaux, ils font l’inverse ! Et on a constaté que depuis quelques semaines cela avait pris de l’ampleur, donc on réagit (Olivier Biscaye)

La question de l’accès gratuit à l’information est un vaste débat, depuis des années en France. Le modèle économique que défend Midi Libre c’est celui de l’info payante.

Nos lecteurs sont prêts à payer pour de l’info de qualité, issue du travail rémunéré de journalistes professionnels, nous le savons. Mais quand nous consacrons deux pages à un événement, disponibles dans le journal papier payant ou sur le site pour nos abonnés et que cela se retrouve dès 8 heures du matin en PDF sur les réseaux sociaux, il s’agit ni plus ni moins que de pillage (Olivier Biscaye)

Le directeur de la rédaction de Midi Libre est rejoint en cela par de nombreux journalistes, notamment de la presse quotidienne en France.

Le début d’un mouvement dans la presse française ?

Des journalistes de La Montagne (groupe Centre France) interpellent régulièrement des internautes qui publient les articles in extenso plutôt que de partager le lien vers leur site, comme par exemple la directrice des rédactions du groupe, interpellant un syndicat d’éleveurs bovins :

Vous ne distribuez pas vos animaux gratuitement après les avoir élevés ? Pourquoi le faire avec nos articles ? »

On ne s’imagine pas sortir d’une boulangerie sans payer sa baguette ou sa chocolatine. L’info a également une valeur.

Monétisation des contenus

Les journaux, nationaux ou régionaux, ont subi de plein fouet l’arrivée de la presse en ligne. Comme le rappelle Olivier Biscaye, « longtemps notre modèle a été le tout gratuit en ligne. On a fait de l’audience, parfois beaucoup d’audience, mais sans rien monétiser ou presque… Aujourd’hui le modèle est devenu payant et il faut le faire respecter« .

Le comble c’est que, parfois, ceux qui partagent gratuitement sur les réseaux sociaux le travail des journalistes sont aussi les mêmes qui fustigent les ogres Google et Facebook qui s’assoient allègrement sur les droits d’auteurs !

Sans même sans rendre compte ?

FV @fabvalery

27 Nov

Clap de fin pour le bureau de France Inter et France Info à Toulouse

Annoncée en 2017 puis repoussée, la fermeture du bureau de Toulouse est cette fois officielle dans le cadre du plan de réduction des effectifs de Radio-France.

Photo : AFP

Souvenez-vous : juillet 2017, venu à Toulouse pour lancer le festival Radio-France, l’éphémère patron de la « maison ronde », Mathieu Gallet, avait annoncé la fermeture des bureaux de Toulouse, Lyon et Marseille. Des journalistes qui travaillent en région mais pour les antennes nationales de France Inter et France Info.

Annoncée en 2017, mise en oeuvre en 2020

A Toulouse, quatre journalistes étaient alors concernés. Il était même question, à l’époque, de leur proposer de rester en Occitanie en rejoignant l’autre chaîne de la maison, France Bleu, notamment en occupant des postes décentralisés que la radio avait l’intention d’ouvrir, à Castres ou encore Montauban. Et puis, après le départ en catastrophe de Mathieu Gallet, l’échéance annoncée de fermeture pour 2018 a été repoussée.

Le nouveau plan de réductions des effectifs de Radio-France, présenté la semaine dernière par la présidente Sybile Veil, prévoit 289 suppressions de postes sur les 4403 CDI que compte l’entreprise. 76 nouveaux postes, consacrés notamment au numérique, doivent en parallèle être créés.

Deux journalistes à Toulouse

Parmi les répercussions en région, la fermeture des antennes locales de FIP, notamment à Bordeaux, mais également la fin de deux bureaux régionaux d’information : celui de Marseille et celui de Toulouse.

A Toulouse, au gré des départs des uns et des autres, cela concerne encore deux journalistes.

La correspondance pour Inter et Info à Toulouse et dans les environs sera désormais confiée à la rédaction de France Bleu Occitanie. L’absence de France Bleu à Toulouse justifiait la présence d’un bureau de Radio-France. Mais depuis le retour de l’antenne locale en 2011, les reporters se retrouvaient parfois sur le même terrain.

Ce ne sera désormais plus le cas.

FV (@fabvalery)

 

26 Nov

« C’est moi c’est l’Italien » : le journaliste politique Patrick Noviello monte sur scène pour un one man show

Journaliste et rédacteur en chef adjoint à France 3 Occitanie, Patrick Noviello endosse un nouveau rôle : seul en scène, il évoque, avec humour, ses origines italiennes.

Patrick Noviello (Photo : R. Femia)

Dans la lumière (à la télé et sur le web sur France 3 Occitanie), on le connaît comme présentateur de l’émission hebdomadaire Dimanche en Politique, chroniqueur politique dans les journaux télés et sur le blog du même nom.

Dans l’ombre, professionnellement, il orchestre les journaux télé de la chaîne en tant que rédacteur en chef adjoint. Passé par Télé Toulouse et la rédaction nationale de France 3, enseignant en journalisme à l’Ecole de Journalisme de Toulouse (EJT), Patrick Noviello a désormais une nouvelle corde à un arc déjà bien fourni : le voilà qui monte sur scène pour interpréter le spectacle qu’il a lui même écrit.

J’ai toujours voulu faire ça. Depuis le club de théâtre du collège, je me suis toujours dit qu’un jour je ferai de la scène. C’est évidemment très différent du métier de journaliste que je continue d’exercer. Il n’y a pas de lien entre les deux, si ce n’est la transmission d’infos. Dans ce spectacle, on rit, on est ému, mais on apprend aussi des choses, sur l’histoire contemporaine de l’Italie, sur la politique, sur l’immigration »

Le metteur en scène et producteur, Rocco Femia, bien connu à Toulouse pour diriger la revue Radici (« Racines » en italien) à laquelle Patrick Noviello collabore, parle à propos de ce spectacle d’une « conférence théâtralisée ».

Mais n’imaginez pas un Patrick Noviello tristounet assis derrière un bureau sombre, lisant un texte soporifique sur fond de diapositives délavées ! Libéré des contraintes du journalisme, il a écrit un vrai one man show, usant de l’humour cinglant et toujours très efficace que ses collègues de travail et ses amis lui connaissent.

« C’est moi c’est l’Italien » (astucieusement sous-titré « de Reggiani à Salvini ») est un spectacle, vivant, qui vous embarque dans l’histoire de l’immigration et de la politique italienne à travers l’exemple de la famille de l’auteur-interprète.

Ce que j’ai voulu c’est restituer un vécu personnel, familial, toujours replacé dans le contexte historique de l’Italie. Mais c’est un spectacle grand public, qui tourne autour de citations, de films et de chansons populaires, que tout le monde connaît. Ce n’est pas réservé à ceux qui ont des origines italiennes. »

Accompagné par le pianiste Giovanni Canzanella, Patrick Noviello réalisera sa première sur scène ce samedi 30 novembre au Centre culturel Lalande à Toulouse. D’autres dates sont prévues.

Toutefois, le journaliste a une autre scène qui l’attend dans les mois qui viennent : celle des élections municipales, où il sera à la manœuvre des débats et des soirées électorales sur France 3 Occitanie.

Un autre monde. Quoique…

FV (@fabvalery)

 

15 Nov

Toulouse : le journaliste Guillaume Bernard, interpellé pendant une manif de Gilets jaunes, a été relaxé par la justice

Jugé pour rébellion ce vendredi, après avoir passé 27 heures en garde à vue le 12 octobre, le jeune journaliste de 26 ans a été relaxé des faits qui lui été reprochés.

Le journaliste Guillaume Bernard devant le palais de Justice (Photo : FV / FTV

Il est ressorti du palais de justice de Toulouse plus détendu que lorsqu’il y était rentré un peu plus tôt.

Guillaume Bernard, journaliste indépendant travaillant pour « Rapports de force », Ecomnews et Sans Transitions, a été blanchi par le tribunal de Toulouse, qui intervenait en formation de juge unique, des faits de rébellion qui lui étaient reprochés.

Je suis vraiment soulagé. C’est une période très dure à vivre qui s’achève. Merci à ceux qui m’ont soutenu. La profession de journaliste est attaquée, il faut se serrer les coudes (Guillaume Bernard)

27 heures de garde à vue

Le 12 octobre dernier, il avait été interpellé à Toulouse et avait passé 27 heures en garde à vue. Au départ, les enquêteurs lui reprochaient des jets de projectiles. Mais au fil de la garde à vue, il est apparu qu’il y avait eu sans doute erreur sur la personne.

Ce sont donc uniquement des faits de rébellion qui avaient été retenus contre lui, une faible « résistance » au moment de l’interpellation, « pour éviter de tomber » a-t-il expliqué au juge, un « réflexe par un acte de rébellion » a précisé son avocate Maître Claire Dujardin.

« On savait que Guillaume Bernard était journaliste mais on l’a maintenu en garde à vue, on a prolongé sa garde à vue alors qu’on savait qu’il n’était pas l’auteur des jets de projectiles » s’est insurgée son avocate.

De nombreux soutiens

Guillaume Bernard était soutenu par des nombreux confrères journalistes, des organisations syndicales, l’Association des Journalistes de Toulouse, le club de la presse d’Occitanie ou encore la Ligue des Droits de l’Homme.

Tout le monde s’est réjoui de sa relaxe. Le ministère public avait estimé que les faits de rébellion étaient constitué et avait réclamé un stage de citoyenneté à son encontre.

Ce procès a été l’occasion de revenir sur la difficulté pour les journalistes de travailler lors des exercices de maintien de l’ordre.

« Nous sommes face à un Etat de plus en plus répressif et il est de plus en plus difficile d’informer, a déclaré Dominique Pradalié, secrétaire générale du Syndicat national des journalistes (SNJ), qui avait fait le déplacement à Toulouse à cette occasion. La violence policière et judiciaire contre les journalistes est là pour les empêcher de témoigner, d’informer. Guillaume Bernard en est un nouvel exemple, un exemple de trop ».

Voilà donc le jeune journaliste toulousain (diplômé de l’école de journalisme de Sciences Po Paris) débarrassé de tout soupçon et accusations.

Des conséquences pour les petites rédactions

Mais ce procès était aussi l’occasion d’expliquer que ces procédures ne sont pas sans conséquences notamment pour les médias indépendants.

« Il y a un aspect moral, sur la liberté d’informer. Mais il y a des conséquences matérielles aussi pour des petits médias indépendants comme le notre, explique Stéphane Ortéga, de « Rapports de Force » l’un des employeurs de Guillaume Bernard. Quand Guillaume est en garde à vue, il ne peut pas écrire les articles qu’il devait faire. Quand nous allons le soutenir, nous ne sont pas en train de faire nos reportages. Et puis il y a tout le suivi judiciaire, qui nous prend du temps et des moyens, et pendant ce temps-là, nous n’informons pas ».

A Toulouse, depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, il y a un an, plusieurs journalistes ont été blessés, empêchés de travailler, repoussés par les forces de l’ordre ou des manifestants. Guillaume lui avait été arrêté, placé en garde à vue pendant plus d’une journée.

A chaque fois, la liberté d’informer et donc l’accès à l’information des citoyens reculent un peu plus.

FV @fabvalery

04 Nov

Télés locales : comment BFM TV va s’implanter en régions via… le réseau Vià

Les dirigeants de BFM TV en rêvent depuis des années. C’est finalement en prenant 50 % du réseau de télés locales Vià, né en Occitanie, qu’ils vont accélérer leur implantation en régions.

(Photo : LOIC VENANCE / AFP)

Il y avait déjà BFM Paris, la petite soeur locale de BFM TV dans la capitale. BFM Lyon également, lancée il y a quelques semaines dans la deuxième métropole française. Un lancement au cours duquel, Alain Weill, le patron du groupe NextRadioTV et de sa maison-mère, n’avait pas caché son ambition de créer plein de petites BFM sur le territoire.

C’est finalement à travers le réseau de chaînes locales privées Vià que BFM va arriver en région, le groupe Altice France prenant 50 % du capital de ce réseau, comme nous l’indique une source très proche du dossier, confirmant une info du JDD.

Le réseau Vià a démarré en Occitanie

La petite histoire de Vià prend racine en Occitanie. Le groupe local TV Sud, créé par Christophe Musset, qui comptait trois chaînes locales en ex-Languedoc-Roussillon (Nîmes, Montpellier et Perpignan), se positionne en 2015 pour reprendre la fréquence de Télé Toulouse (TLT) qui vient de mettre fin à ses activités. Le groupe de presse régionale La Dépêche du Midi est partenaire minoritaire.

Plusieurs candidats sont alors sur les rangs, dont BFM TV. Et puis surprise, le jour de l’audition des candidats au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), fin 2015, on apprend que BFM retire son offre et propose de prendre une participation minoritaire dans le capital de TV Sud Toulouse.

Une alliance et des tractations que nous avons à plusieurs reprises détaillées sur ce blog (cliquer ici).

TV Sud remporte donc la mise et créé rapidement un réseau de chaînes en Occitanie, avec le soutien financier du conseil régional à travers des contrats d’objectifs et de moyens (COM).

18 chaînes en Métropole et dans les Antilles

Aujourd’hui, Vià Occitanie diffuse le même programme, axé essentiellement sur l’info, à Toulouse, Nîmes, Montpellier et Perpignan, prenant ainsi quelques libertés avec le cahier des charges fixé par le CSA qui prévoit des décrochages locaux quotidiens.

Avec la reprise des chaînes ATV en Martinique, Guadeloupe et Guyane et l’affiliation de plusieurs chaînes locales en France, le réseau Vià, présidé par Christophe Musset, compte désormais 18 chaînes locales. C’est dans ce réseau de chaînes que BFM TV doit prendre une participation à hauteur de 50 %. L’annonce officielle pourrait avoir lieu en décembre.

La stratégie de BFM TV

Une télé locale dans chaque grande métropole, c’est le rêve d’Alain Weill et de BFM TV. Alors que la concurrence est riche au niveau national sur le segment des chaînes infos, le leader du marché entend s’appuyer sur les grandes villes pour poursuivre son développement.

Mais les fréquences disponibles sur la TNT de sont pas nombreuses. A Paris et à Lyon, BFM a pu s’installer. Dans les autres villes, la situation est plus compliquée.

En 2015, comme nous l’expliquions plus haut, BFM avait fait une tentative sur la fréquence rendue disponible par la disparition de TLT à Toulouse. L’annonce avait d’ailleurs suscité la bronca des producteurs audiovisuels d’Occitanie qui redoutaient l’arrivée d’une chaîne toute info sans place pour le documentaire notamment. Au final BFM TV s’est associée à TV Sud (donc à Vià) qui a mis en place… une chaîne d’info locale et régionale !

Au final, BFM change un peu de stratégie va prendre une part conséquente du réseau Vià mis en place par Christophe Musset et son partenaire financier Bruno Ledoux, ex-propriétaire de Libération, et actuellement actionnaire minoritaire de SFR Médias dont font partie Libé et… BFM TV. La boucle est bouclée.

La prise de participation de BFM TV dans le réseau Vià peut apparaître comme une fin en soi. Mais le réseau Vià ne gère actuellement des chaînes que sur trois métropoles (Paris, Toulouse et Montpellier)…

Le développement de BFM TV en région pourrait donc, plus tard, passer par des accords avec la presse quotidienne locale, présente dans le capital ou même opérateur de certaines chaînes locales dans d’autres métropoles.

FV (@fabvalery)

 

14 Oct

Jeunesse, histoire, photo, enquête : des livres de journalistes toulousains débarquent en librairie

Cet automne plusieurs journalistes toulousains publient des livres. Ma sélection.

Photo : J-M. Quinet / MaxPPP

Amélie Poisson et le premier tome d’une trilogie fantastique pour la jeunesse

Bien connue des téléspectateurs de la région, Amélie Poisson-Claret est journaliste, reporter, présentatrice à France 3 Occitanie à Toulouse. C’est sous d’autres traits, ceux d’auteure jeunesse, que les lecteurs vont la découvrir.

Le 18 octobre sort en effet en librairie son premier roman pour la jeunesse. « Eros Prat, le combat d’un ange » Livre 1 (Un autre regard Editions) est le premier tome d’une trilogie pour les enfants, à partir de 9 ans.

Eros est un jeune ange qui apprend sous la tutelle de son père, le grand Phidias, à rendre les « sans-ailes » amoureux. Il a pour mission de les aider à s’aimer…
Mais dans le Ciel, le pouvoir des archanges déchus s’accroit et une guerre céleste devient inévitable. Le combat est rude… Eros est chassé de son univers et projeté sur terre, au beau milieu d’une forêt. Privé de ses ailes, il a perdu son identité angélique. Eros est devenu visible aux yeux des « sans-ailes », avec l’apparence d’un garçon ordinaire. (site de l’éditeur)

Ces aventures voient donc naître, sous la plume de la journaliste, un nouveau héros fantastique, genre dont les pré-ados sont friands. Amélie Poisson, future J.K. Rowling ?

Mathieu Arnal et les Toulousains qui ont fait l’histoire

Journaliste épris d’histoire et de culture, rédacteur en chef adjoint de la revue Le Brigadier, collaborateur régulier de la revue Gibraltar et du site Actu Toulouse, Mathieu Arnal s’est penché sur le destin de « Ces Toulousains qui ont fait l’histoire ».

Son livre, qui porte donc ce titre, sort lui aussi en librairie le 18 octobre (Papillon Rouge Editeur)

Un passage en revue détaillé, une galerie de portraits, de ceux qui, au fil des siècles, se sont rendus célèbres par leurs combats, leurs exploits, leurs inventions, leur créativité… On y retrouve leur parcours, parfois oublié, leurs noms se limitant pour beaucoup d’entre nous à des places, des rues ou des avenues.

Clément Ader, Jean Jaurès, Georges Decaunes, Claude Nougaro ou Dominique Baudis sont parmi les plus connus.

Mais saviez-vous par exemple que le Toulousain Julien Léotard avait connu la gloire au mitan du XIXème siècle pour avoir inventé le trapèze volant ?

Ulrich Lebeuf et le chaos en photo

Le photo-reporter Ulrich Lebeuf (agence Myop, Libération, etc) est un visage familier de la couverture de l’actualité à Toulouse et dans la région. Il est aussi le directeur artistique du festival photo MAP, à Toulouse, devenu une référence dans ce domaine.

A mi-chemin entre art photographique et photoreportage, Ulrich Lebeuf publie en novembre prochain (mais l’ouvrage est déjà en pré-vente sur le site des éditions de Juillet) « Kháos ».

Il s’agit d’un regard particulier, personnel, sur les mouvements sociaux, l’insurrection, la révolte populaire. Entre noir et blanc, le gris est ici une couleur à part entière. Saisissant !

Et aussi, le projet sur les parcours de migrants de Philippe Gagnebet

Auteur de plusieurs livres, le journaliste toulousain Philippe Gagnebet a lancé un nouveau projet de bouquin. « Parcours majeurs » doit retracer le parcours de jeunes migrants mineurs d’Afrique vers l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine.

Un projet entre deux continents pour montrer le quotidien de ces jeunes migrants, leurs sacrifices, leurs difficultés une fois arrivés en France.

Le livre, en cours de réalisation, a donné lieu à une opération de crowdfunding pour financer les déplacements en Afrique et le suivi de ces jeunes. Il devrait être publié en 2020.

FV @fabvalery

13 Oct

Un journaliste en garde à vue à Toulouse, interpellé pendant la manif des Gilets jaunes

Le journaliste indépendant a été interpellé samedi 12 octobre à Toulouse et se voit reprocher des faits qu’il conteste. Il doit être libéré dans la soirée et sera convoqué ultérieurement devant la justice.

Les rapports ont été à nouveau tendus entre la presse et les forces de l’ordre samedi 12 octobre à Toulouse. Le photoreporter qui apparaît sur cette photo n’est pas le journaliste qui a été placé en garde à vue (Photo : GUILLAUME HORCAJUELO/ MAXPPP)

Selon nos informations, la garde à vue de Guillaume Bernard qui a été prolongée ce dimanche après-midi doit être levée dans la soirée, alors que le journaliste indépendant exerçant à Toulouse, a été interpellé par les forces de l’ordre samedi en milieu d’après-midi et vient de passer plus de 24 heures en garde à vue.

Il conteste les faits qui lui sont reprochés

Selon le parquet de Toulouse, le journaliste se voyait reprocher des jets de projectiles en direction des forces de l’ordre, lors du 48ème rassemblement des Gilets jaunes à Toulouse, une manifestation nationale qui a vite dégénéré samedi après-midi.

Il lui est également reproché de s’être rebellé au moment de son interpellation. Le jeune homme conteste les faits qui lui sont reprochés.

Un proche, contacté par nos soins, explique que le jeune journaliste de 25 ans est « pacifique » et qu’il est « impossible qu’il ait fait ce qu’on lui reproche ». Un témoin sur place indique d’ailleurs que son interpellation s’est faite en douceur. Sur une vidéo postée par le média qui l’emploie, Rapports de force, on le voit, menotté, se laisser conduire par les policiers sans résister :

Les proches expliquent qu’il a pu être confondu avec un participant à la manifestation. Sans contact depuis 24 heures avec le journaliste, la famille n’a pas de détails sur les raisons de son interpellation.

Garde à vue levée et convocation devant la justice

Alors qu’un rassemblement avait lieu dimanche en fin d’après-midi devant l’hôtel de police de Toulouse, à l’appel notamment de ses proches, pour demander sa libération immédiate, le parquet nous a indiqué que la garde à vue de Guillaume Bernard devrait être levée dans la soirée de dimanche.

Il sera poursuivi pour rébellion et convoqué ultérieurement devant la justice.

En revanche, le procureur de la République nous a indiqué que les poursuites pour jets de projectiles étaient abandonnées.

Pigiste pour plusieurs médias

Le journaliste exerce à Toulouse pour le site national Rapports de Force, spécialisé dans les mouvements sociaux, ainsi que pour le journal militant toulousain « A rebrousse poil », pour le site EcomNews, spécialisé dans l’actualité économique dans la moitié sud de la France et enfin pour le magazine Sans Transition.

Il fait partie des 26 personnes interpellées à Toulouse samedi (source : préfecture de la Haute-Garonne) dont 25 avaient été placées en garde à vue.

Les GAV de journalistes sont rares. Celle de Gaspard Glanz (Taranis News) à Paris en avril dernier lors d’une manif de Gilets jaunes avait suscité un débat sur le métier de journaliste : faut-il être forcément détenteur de la carte de presse ? Peut-on être journaliste et engagé ?

Toujours est-il que l’exercice du métier de journaliste est toujours difficile sur les manifestations, après 48 samedis de mobilisation. Ce samedi 12 octobre plusieurs journalistes et photographes se sont encore fait confisquer leur matériel de protection (casque, masque anti-gaz, etc) par les forces de l’ordre. D’autres ont été bousculés ou empêchés de travailler sur la voie publique.

FV @fabvalery

07 Oct

Allo @Place_Beauvau c’est pour un signalement : David Dufresne à Toulouse pour un débat sur les violences policières

Le journaliste, auteur de « Dernière sommation », est attendu le 23 octobre pour un débat dans la ville rose.

David Dufresne (Photo : France Info)

Pas de doute que son intervention à Toulouse suscitera beaucoup d’intérêt. Dans une ville où les manifestations de Gilets jaunes n’ont pas cessé depuis près d’un an, où plusieurs journalistes ont été blessés lors des manifestations, où des interventions musclées des forces de l’ordre sont régulièrement dénoncées, David Dufresne va trouver son public.

Une compilation méthodique

Le journaliste indépendant (ex-Libé, Médiapart et iTélé) et documentariste est devenu, depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, un ardant compilateur des violences policières, particulièrement sur Twitter avec sa marque de fabrique « Allo @Place_Beauvau, c’est pour un signalement », qui interpelle le compte officiel du Ministère de l’Intérieur.

Un premier roman inspiré de son travail de journaliste

Ce recensement et la lumière portée ainsi sur le travail des forces de l’ordre, a conduit le journaliste, auteur de plusieurs documentaires d’enquêtes fouillées et de plusieurs livres références, de publier un premier roman, « Dernière sommation » (éditions Grasset), très inspiré de la situation en France depuis un an.

C’est à l’invitation du café-associatif L’Itinéraire Bis à Toulouse que David Dufresne viendra débattre le mercredi 23 octobre à 20h30. Lanceur de balles de défense (LBD), nasses, usage des lacrymogènes, blessures irréversibles… Les sujets de discussion ne manquent pas.

FV (@fabvalery)

PS : le titre de ce post de blog est un emprunt « clin d’oeil » à la mécanique lancée sur Twitter par David Dufresne. Rien d’autre.

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