11 Déc

France 3 retransmettra la matinale de France Bleu Occitanie à partir du 7 janvier

A compter du lundi 7 janvier, l’émission matinale de 7 heures à 9 heures de France Bleu Occitanie sera visible chaque matin sur France 3 Midi-Pyrénées.

(Photo : Christophe ABRAMOWITZ)

La matinale radio de France Bleu Occitanie devient (aussi) une émission de télé ! Lundi 7 janvier 2019, à 7 heures, France 3 Midi-Pyrénées retransmettra à la télé, pour la première fois, l’émission matinale de la radio publique. La date de lancement est désormais officielle, à Toulouse, mais aussi à Nice, les deux villes ayant été choisie pour expérimenter ces retransmissions.

Courant premier semestre 2018, les lieux choisis pour cette expérimentation étaient Paris Île de France et Aix-en-Provence. Mais finalement, courant juillet, ce sont Nice et Toulouse qui ont été désignés pour mener ces opérations communes.

Depuis la rentrée de septembre, les équipes techniques ont donc travaillé ensemble à Toulouse pour que cette émission de radio puisse également diffusée quotidiennement à la télé, du lundi au vendredi, dès le 7 janvier.

C’est France Bleu qui conserve la main sur le contenu éditorial de sa matinale. Des images seront fournies quotidiennement par France 3 pour illustrer certains reportages.

FV (@fabvalery)

 

24 Nov

Gilets jaunes : l’équipe de BFM TV échappe à une tentative de lynchage à Toulouse

Des manifestants ont dérapé ce samedi vers 16 heures place du Capitole. Les correspondants de BFM TV ont échappé à une tentative de lynchage. D’autres journalistes ont été conspués. A Béziers, des journalistes de Midi Libre ont été molestés.

C’est une marche de plus dans l’escalade anti-médias de certains manifestants du mouvement des « gilets jaunes ».

Ce samedi, l’équipe des journalistes correspondants de BFM TV à Toulouse a échappé à une véritable tentative de lynchage.

« BFM collabo »

Vers 16 heures, alors qu’un millier de manifestants se trouvaient place du Capitole, environ 200 personnes s’en sont pris verbalement à des équipes de télévision, particulièrement aux deux journalistes de BFM TV, Jean-Wilfried Forquès et Maxime Sounillac.

Le micro du correspondant ne portait pas les couleurs de la chaîne info. Les journalistes étaient aussi accompagnés de deux agents de sécurité mais cela n’a pas empêché un petit groupe de tenter de s’en prendre physiquement aux journalistes.

« BFM collabo », « dégage » se sont mis à crier les manifestants comme on le voit sur cette vidéo, publiée sur la page facebook des Gilets jaunes à Toulouse :

Il faut noter que plusieurs policiers présents alors à cet endroit ne sont pas intervenus pour protéger les journalistes.

Pris en chasse par des manifestants

« Ce qui s’est passé ensuite était une véritable tentative de lynchage » racontent plusieurs témoins.

La tension est montée brisquement d’un cran et les agents de sécurité sont intervenus pour faire sortir les deux journalistes de la place du Capitole. C’est alors, dans une rue adjacente, qu’une cinquantaine de manifestants ont « coursé » le correspondant de la chaîne à Toulouse. Un sprint pour sauver sa peau.

Le journaliste, séparé de son caméraman, a trouvé refuge dans une boutique dont la gérante a fermé les grilles. Il a ensuite fallu attendre pendant de longues minutes l’intervention des CRS qui ont chargé pour dégager les accès à la boutique et permettre au journaliste d’être évacué.

Le caméraman et le correspondant n’ont pas été blessés. « Jamais je n’ai senti autant de haine contre les journalistes » a témoigné Jean-Wilfried Forquès auprès de France 3. Journaliste aguerri, ayant couvert plusieurs conflits dans le monde quand il travaillait pour Sud Radio, il est le correspondant à Toulouse de BFM TV et RMC depuis dix ans.

A la suite de ce nouvel incident grave, des messages hostiles à la presse fleurissent sur facebook comme celui-ci :

BFM TV s’est fait dégager de la place du capitole «Toulouse» par le peuple 
#BFMTVCOLABO

Après cet incident grave, les journalistes et la direction de BFM ont porté plainte.

Une plainte de l’équipe de CNews

Les journalistes correspondants de CNews (groupe Canal +) à Toulouse ont eux aussi essuyé des quolibets, des insultes et des jets de projectiles de la part de manifestants. Ils sont allés déposer plainte au commissariat de Toulouse.

Après une semaine de manifestations, les épisodes de ce type se multiplient, notamment en Occitanie.

Des incidents à Béziers, à Agde…

A Béziers, samedi, des journalistes de Midi Libre ont également été insultés, molestés et même frappés pour certains.

« Malgré l’intervention du chef d’agence, qui a tenté de dialoguer avec ces manifestants reprochant « aux médias d’être vendus à Macron », explique la société des journalistes de Midi Libre (SOJOMIL) dans un communiqué, l’un de nos confrères a reçu des coups, de nombreuses insultes ont été proférées, et la poignée de la porte a été cassée lorsque certains ont essayé d’entrer en force dans les locaux. 

La SOJOMIL rappelle que les journalistes de Midi Libre travaillent en toute indépendance pour informer au quotidien leurs lecteurs du mouvement des gilets jaunes, depuis le départ, comme ils le font dans tous les domaines de l’actualité locale, régionale et nationale. A ce titre, toute pression verbale ou agression physique envers les journalistes de Midi Libre est inacceptable et sera systématiquement signalée aux autorités ».

D’autres journalistes, d’autres médias ont été aussi pris à parti par exemple à Agde dans des conditions extrêmement difficiles.

Stop !

On aura beau répéter, comme nous le faisons régulièrement sur ce blog, que s’en prendre physiquement aux journalistes est à la fois intolérable et contre-productif pour les manifestants, cela ne semble pas servir à grand chose.

On se contentera donc, modestement, d’apporter notre soutien à nos confrères de BFM TV à Toulouse et de Midi Libre à Béziers ainsi qu’à tous les journalistes qui tentent de faire leur travail sur un terrain qui devient de plus en plus hostile.

FV (@fabvalery)

13 Sep

Sébastien Dupuis (ex-Canal +) quitte Vià Occitanie

L’ancien commentateur de foot sur Canal avait rejoint les équipes de Vià Occitanie il y a un an en tant que directeur des sports. Il quitte la chaîne et nous explique pourquoi.

Sébastien Dupuis

Chacun sait que mener de front vie professionnelle et vie familiale est parfois un combat. Les journalistes n’y échappent pas. Arrivé à l’été 2017 dans les équipes de Vià Occitanie (ex-TV Sud), prenant le poste de directeur des sports, le journaliste toulousain Sébastien Dupuis, bien connu des téléspectateurs pour avoir commenté pendant des années les matchs de Ligue 1 sur Canal + (particulièrement ceux du TFC) quitte la chaîne régionale après seulement un an de collaboration.

« J’ai décidé de recentrer ma vie professionnelle autour de ma famille, précise Sébastien Dupuis. Moi je ne sais pas faire les choses à moitié. Ce poste de directeur des sports était passionnant, mais j’étais submergé de travail et je n’ai pas voulu sacrifier ma famille. J’ai été en revanche ravi de contribuer à la mise en place du projet Vià Occitanie ».

Le journaliste et Vià Occitanie se sont séparés à l’amiable. « Nous gardons d’excellentes relations, indique Jean Brun, directeur de l’antenne, et il n’est d’ailleurs pas impossible que Sébastien revienne de temps en temps pour des événements sports, particulièrement sur le réseau Vià » (NDLR : réseau d’une vingtaine de chaînes locales privées en France, qui vont adopter petit à petit l’identité Vià et des programmes en commun).

« C’est effectivement une possibilité, confirme Sébastien Dupuis, mais il y en a d’autres ».

Selon nos informations, il est fort probable que l’on retrouve rapidement le journaliste sportif aux commentaires de certains matchs de foot sur une antenne nationale.

Pour le moment le poste de directeur des sports de Vià Occitanie reste vacant. C’est toujours Judith Soula (ex-Canal +, Sud Radio, L’Equipe TV, France TV) qui est la rédactrice en chef des sports de la chaîne.

FV (@fabvalery)

03 Juil

Exclusif : 22 télés locales rejoignent le réseau Vià, créé en Occitanie

INFO LE BLOG MEDIAS d’ICI – Le réseau d’une vingtaine de chaînes de télé locales sera officiellement lancé mercredi 4 juillet. On vous en dévoile les contours et les objectifs.

Dans quelques mois, une vingtaine de chaînes de télé locales réparties dans toute la France seront diffusées depuis la commune de Gallargues-le-Montueux dans le Gard où est installé le siège de Médias du Sud, maison-mère de Vià Occitanie, et d’où sont déjà diffusées les chaînes de Nîmes, Montpellier, Perpignan et Toulouse.

Mercredi 4 juillet, la création du réseau national Vià sera en effet officialisé. Aux quatre chaînes d’Occitanie, à Vià Grand Paris et aux 3 chaînes antillaises ATV reprises récemment par Médias du Sud vont donc s’ajouter 14 chaînes locales privées déjà existantes sur le territoire français.

Une intégration par étapes

L’objectif est de mutualiser les écrans publicitaires et pour cela, il faudra donc passer par une diffusion par le réseau, depuis Gallargues. En s’alliant, les chaînes locales (dont l’équilibre financier est souvent instable et qui vivent souvent grâce à l’argent public issu des subventions ou des contrats d’objectifs et de moyens (COM) signés avec des collectivités locales ou territoriales) espèrent toucher le marché publicitaire national et voir augmenter leurs rentrées publicitaires.

« En s’agrégeant, nous nous permettons de toucher ensemble à des annonceurs nationaux, alors qu’isolés nous ne pourrions pas », explique Sabine Torrès, directrice générale du réseau Vià.

Vià Normandie, Vià Wéo Lille, etc

Les chaînes vont donc intégrer le réseau en modifiant leur nom. « La Chaîne Normande » va devenir Vià Normandie. A Lille, Wéo passera par une étape intermédiaire, Vià Wéo Lille, avant de devenir progressivement Vià Lille, etc.

Elles vont toutes adopter l’habillage d’antenne du réseau, déjà présent sur Vià Occitanie et Vià Grand Paris, et le même site internet. En revanche, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a veillé à ce que chaque chaîne dans le réseau garde son indépendance éditoriale et son tour de table concernant le capital. 

Objectif 1 % d’audience nationale

Les chaînes locales ainsi agrégées devraient pouvoir intégrer la mesure d’audience Médiamat. Avec 32 millions d’habitants couverts, le nouveau réseau vise 1 % d’audience (en juin 2018, BFM a atteint 2,3 %, C News 0,6 %). En 2020, l’objectif sera de couvrir 40 millions d’habitants couverts et une présence dans les 10 plus grosses métropoles.

Le réseau devrait pour cela proposer rapidement des programmes nationaux : un « jeu des territoires » à 18 heures sur toutes les chaînes et une tranche 22h/minuit qui pourrait être axée sur l’info. S’ajouteront également du sport, des captations de spectacles, etc.

Christophe Musset prend la présidence du réseau Vià

C’est Christophe Musset, le fondateur de Médias du Sud et des télés TV Sud (devenus Vià Occitanie), qui prend la présidence de cet ensemble, de ce nouveau réseau national, dont il est à l’origine. Pour cela, il vient de quitter le poste de PDG de Médias du Sud (actionnaire majoritaire de Vià Occitanie) et c’est Sabine Torrès (ex-Dijonscope et jusqu’à présent directrice générale de Médias du Sud) qui le remplace tout en assurant la direction générale du réseau Vià.

Allié à BFM sur la version toulousaine de Vià Occitanie, qui a succédé à TLT, Christophe Musset a surtout trouvé appui dans ce projet sur le richissime Bruno Ledoux, qui a investi dans le projet et dont l’influence, permet d’ouvrir des portes et de déclencher des opérations qui ne se seraient peut-être pas réalisées sans sa présence discrète mais importante.

FV @fabvalery

20 Juin

Des élus régionaux réclament la fusion de France 3 Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon

Dans un document qui sera mis au vote vendredi 22 juin en assemblée plénière, des élus de la majorité fixent des conditions à la conclusion d’un contrat d’objectifs et de moyens entre le Conseil régional d’Occitanie et France 3. Parmi ces conditions : la disparition du découpage actuel entre les antennes de Toulouse et Montpellier jugé « obsolète ». 

(Photo : Eric Piermont / AFP)

C’est une phrase qui peut s’apparenter à une petite bombe politique dans le landerneau médiatique d’Occitanie, extraite d’un texte qui doit être mis aux voix vendredi 22 juin lors de l’assemblée plénière à Montpellier. Des élus des groupes de la majorité « Nouveau Monde » et « socialiste, républicain et citoyen » y dézinguent l’organisation actuelle de France 3 dans la région avec cette exigence :

Effacement rapide du découpage aujourd’hui obsolète de l’Occitanie entre ses deux anciennes régions qui l’ont constituée après leur fusion il y a près de trois ans de cela

Cette phrase, pour parler clair, est une manière de réclamer la fusion des antennes qui constituent actuellement France 3 Occitanie : France 3 Midi-Pyrénées, basée à Toulouse, et France 3 Languedoc-Roussillon, à Montpellier. Si les deux antennes travaillent régulièrement sur des contenus communs, les téléspectateurs bénéficient actuellement de deux journaux régionaux différents, chaque jour, à 12 heures et 19 heures.

Des conditions à la signature d’un COM

Cette petite phrase est extraite d’un document que nous nous sommes procuré : un projet « d’amendement au rapport sur la politique d’information et de communication du Conseil régional » où il est question des discussions en cours pour aboutir, avant la fin 2018, à la conclusion d’un contrat d’objectifs et de moyens (COM) entre France 3 et la région Occitanie.

Ces élus (rappelons-le issus de la majorité de Carole Delga), s’inspirant des récentes déclarations de la ministre de la Culture sur les nouveaux objectifs pour l’audiovisuel public en France, fixent un certain nombre de conditions à la signature d’un tel contrat. Dans le désordre :

  • « le maintien du financement à haut-niveau de l’antenne de France 3 Occitanie par sa tutelle nationale, la Région n’ayant pas vocation à venir pallier les éventuelles réductions de budget de France Télévisions.
  • une augmentation très significative à court ou moyen terme du temps d’antenne de France 3 Occitanie.
  • une offre télévisuelle amplifiée, renouvelée et de qualité à même de démultiplier la retransmission de créations originales, de débats pluralistes ou d’événements (…)
  • garantie du maintien des éditions locales (…)
  • augmentation substantielle du temps d’antenne consacré à à l’expression vivante et contemporaine des langues occitane et catalane (…)
  • synergie entre les divers médias régionaux (…)
  • strict respect de l’indépendance éditoriale de France 3 Occitanie
  • coût raisonnable pour le budget de la collectivité régionale ».

Et puis donc, cet « effacement rapide du découpage aujourd’hui obsolète de l’Occitanie entre ses deux anciennes régions qui l’ont constituée après leur fusion il y a près de trois ans de cela ». 

Une bombe sociale ?

Depuis plusieurs mois, des discussions ont été entamées entre France 3 et la Région pour aboutir à un contrat d’objectifs et de moyens qui permettrait surtout de financer de nouveaux programmes. Pour autant, France Télévisions fixe dans ce cas des limites, des champs où les élus ne peuvent intervenir : la ligne éditoriale et l’organisation de l’entreprise.

La volonté de ces élus de voir disparaître rapidement les deux entités Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon pourrait donc être un casus belli dans les discussions. C’est aussi une bombe sociale : supprimer les journaux séparés entre Toulouse et Montpellier, les fusionner en un seul, aurait sans aucun doute des conséquences sur l’emploi, chez les journalistes mais aussi les personnels techniques et administratifs, pour éviter les doublons. Dans un contexte d’annonce imminente de baisse du budget de l’audiovisuel public par le gouvernement et de probables suppressions de postes dans les différentes entreprises, ce sujet est extrêmement sensible.

D’ailleurs dans le syndicat CGT de France 3 a déjà réagi parlant de « conditions inacceptables », « incompatibles avec les intérêts de France Télévisions ». 

« Faire région »

Pour les élus :

L’objectif affiché d’un tel contrat est de permettre à la Région, à l’instar de certaines de ses homologues, de soutenir le développement qualitatif et quantitatif de l’offre télévisuelle régionale en Occitanie, publique et privée, tout en contribuant à « faire région » en rapprochant ses habitant/es autour du sentiment d’appartenance à un territoire fondé sur un projet humain commun.« 

Dans la région voisine de Nouvelle Aquitaine, un COM a été rapidement signé entre France 3 et le Conseil régional, présidé par le socialiste Alain Rousset. Il y est question de financer des nouveaux programmes, notamment pour la future chaîne numérique NoA. Mais pas de demander à la chaîne de se réorganiser entre Bordeaux, Poitiers et Limoges, pas d’être une sorte de « co-gestionnaire » de l’entreprise.

Une tentation pas si nouvelle

L’indépendance des médias, que ce soit par rapport à leur ligne éditoriale ou leur organisation interne, est un combat quotidien. Souvent, les élus ont la tentation, en aidant au financement de programmes télé, en contractualisant avec des chaînes de télé locale, ou en achetant généreusement des espaces publicitaires dans la presse écrite ou sur les sites internet, de se mêler des contenus, d’être, d’une certaine manière « payés en retour ».

Une tentation qui n’est pas nouvelle, pas propre non plus à Toulouse et à notre région. D’autant que les médias ont souvent besoin de diversifier leur rentrée financière et que l’argent public est une solution : pendant des années, la chaîne locale toulousaine TLT a été maintenue à flot par l’argent de la ville de Toulouse ; pour faire vivre ses antennes à Montpellier, Nîmes, Perpignan et maintenant Toulouse, Via Occitanie (ex-TV Sud) a signé des COM avec la région ; régulièrement la Région achète massivement des espaces publicitaires au groupe La Dépêche du Midi (comme par exemple pour la finale du Top 14 entre Montpellier et Castres), etc.

FV (@fabvalery)

Mise à jour : après publication de cet article, les 4 élus de la France Insoumise au Conseil régional ont indiqué qu’ils s’opposeraient à ce texte lors de l’assemblée plénière du 22 juin : « nous nous opposerons à l’amendement déposé par l’ensemble des élu.e.s PS, EELV et PCF qui conditionne la signature d’un Contrat d’Objectifs et de Moyens avec les éditions locales de France 3 à la fusion des antennes Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Cette injonction à ré-organiser les antennes de France 3 locales est une dangereuse remise en cause de l’indépendance des médias. Son application serait au demeurant menaçante pour l’avenir de l’emploi dans ces rédactions ».

11 Juin

Audiovisuel public : l’union de la presse en région, présidée par Jean-Michel Baylet, s’emporte contre la ministre de la Culture

L’UPREG n’a pas du tout apprécié que Françoise Nyssen estime que la proximité est « délaissée par les médias privés » et pousse l’audiovisuel public a créer un « média quotidien régional ».

Jean-Michel Baylet (Photo : Ph. Uste / MaxPPP)

Pas contente, mais alors pas contente du tout, l’union de la presse en région (UPREG), qui regroupe la presse quotidienne régionale et départementale et qui est présidée depuis janvier dernier par l’ex-ministre et toujours pdg du groupe La Dépêche du Midi Jean-Michel Baylet.

Dans un communiqué, l’UPREG s’insurge des propos tenus par Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, lors de la présentation lundi 4 juin des nouvelles orientations pour l’audiovisuel public. La ministre a plaidé pour la création d’un média quotidien régional, en écho avec la presse quotidienne régionale (PQR), en rapprochant France 3 en région de France Bleu.

Colère de l’UPREG qui dans un communiqué fustige ce projet à grands coups de règlements de comptes avec les journalistes de l’audiovisuel public en région, qui apprécieront notamment cette phrase, contestant un pseudo abandon des territoires locaux par la presse privée :

L’utilisation massive par l’audiovisuel public local des informations publiées dans les colonnes de nos journaux en est la preuve

Ce que l’UPREG et son président Jean-Michel Baylet n’ont pas apprécié c’est la sortie de la ministre qui avait estimé que la proximité était « délaissée par les médias privés ». Une phrase sinon maladroite au moins mal comprise, la ministre visant plus probablement les médias audiovisuels privés, pas forcément la presse écrite.

D’où la colère de l’UPREG :

Au passage, ce sont donc les rédactions locales et régionales de France 3 et de France Bleu qui « prennent » ! Cette réaction est aussi l’illustration des rapports difficiles, dans certaines régions, entre l’audiovisuel public et la PQR, notamment depuis que France 3 puis France Bleu ont renforcé leur présence sur les supports numériques. Une certaine idée du pluralisme, ou plutôt, du monopole, à l’ancienne.

Bien-sûr, la presse quotidienne régionale est une source d’informations pour les autres médias, parmi bien d’autres sources. Mais l’inverse est aussi vrai.

L’intention, affichée par la ministre, de renforcer les moyens des médias audiovisuels publics sur le numérique risque donc de donner des boutons à l’UPREG.

FV (@fabvalery)

 

06 Juin

Lettre ouverte à la députée Sandrine Mörch qui a (sans doute) oublié qu’elle est toujours salariée de France Télévisions

La députée LREM de la Haute-Garonne fait partie de ces parlementaires qui ont produit un rapport accablant sur France Télévisions. Problème : journaliste, Sandrine Mörch est salariée de France Télévisions, son contrat étant uniquement suspendu pendant son mandat de députée.

Sandrine Mörch (Photo : J. Demarthon / AFP)

Madame la députée de la Haute-Garonne, chère collègue,

Oui j’écris « chère collègue » car je n’ai pas oublié que vous avez été ces dernières années journaliste à la rédaction de France 3 à Toulouse et donc salariée de France Télévisions. Votre nom apparaît d’ailleurs toujours dans les effectifs de la chaîne, la loi prévoyant que votre contrat de travail n’est que suspendu pendant vos 5 années de mandat. La loi est protectrice : si vous deviez être battue aux élections en 2022 ou ne pas vous représenter, vous pourriez reprendre votre poste à France 3, retrouver votre bureau et refaire des reportages.

Je n’ai pas vraiment été surpris de lire les conclusions du rapport mené par un groupe de parlementaires emmené par votre collègue LREM Frédérique Dumas, sur le « modèle social » de France Télévisions. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage, c’est de bonne guerre. D’autant qu’on trouvera toujours dans la population, y compris parmi les journalistes des autres médias, des gens pour penser (et même dire) qu’à France Télé on est tous des fainéants, trop payés et souvent en grève ! Un groupe de députés dont vous faites partie, ce qui, là, est beaucoup plus surprenant. Stupéfiant, même !

En résumé, pour vous et vos collègues, France Télévisions est mal gérée, la masse salariale est trop importante, les journalistes ne travaillent pas assez, etc. Je renvoie ceux que ça intéresse à la lecture de la presse qui n’a pas manqué de publier de nombreux articles sur ce rapport.

Je n’aurai pas l’outrecuidance, madame la députée, chère collègue, de rappeler que vous n’avez pas, il y a quelques années, ménagé vos efforts pour obtenir un CDI à France Télévisions, au prix d’une augmentation sensible de la masse salariale de l’entreprise. Je ne dirai pas non plus que personne ici dans la rédaction ne vous a jamais entendu vous plaindre du volume de jours de congés ou de RTT qui vous était attribué.

Non, la critique du service public audiovisuel n’est pas interdite, elle est même plutôt utile et nécessaire. L’argent public doit être bien employé. Le téléspectateur-internaute est aussi un contribuable.

Et oui, cet audiovisuel public, dont France Télévisions, a besoin de se réformer, chacun le sait.

Ce qui me surprend, en revanche, c’est que vous participiez à cet hallali. Loin de moi l’idée de vous donner la moindre leçon ou de vous dire ce que vous devez penser ou voter, j’ai pour cela trop de respect pour la fonction qui est désormais la vôtre.

Laissez-moi simplement vous dire la surprise, la peine, voire la colère, qui habitent depuis quelques heures vos anciens collègues, journalistes, techniciens, administratifs, que vous croisiez tous les jours (moins les RTT) dans les couloirs de France 3 Toulouse, avec lesquels vous partagiez un café ou un repas à la cantine, qui partaient avec vous en reportage. Ils ne comprennent pas comment une collègue peut faire partie de ceux qui tirent à boulets rouges sur l’entreprise dans laquelle elle était encore présente il y a un an. Je vous le redis : ils sont peinés, surpris, parfois en colère.
Trahis, sans doute…

Il faut les comprendre : ils auraient sans doute apprécié, par respect pour leur travail, que vous vous teniez politiquement éloignée d’un dossier qui concerne votre employeur. Ils découvrent avec effroi que vous faites partie du tout petit groupe d’auteurs de ce rapport. Pas 50, pas 20, pas 10 députés : l’une des 7 concernés.

Ceci dit, veuillez agréer, Madame la députée, chère collègue, l’expression de mes sentiments distingués.

Fabrice Valéry
Journaliste à France 3

19 Mar

Le réseau Vià reprend trois télés locales aux Antilles et en Guyane

Vià (dont fait partie Vià Occitanie) fait partie d’un pool de repreneurs pour les trois chaînes ATV en Martinique, Guadeloupe et Guyane.

Le réseau de télévisions locales Vià (ViaGrandParis, Vià Occitanie) va s’enrichir de trois nouvelles chaînes… à des milliers de kilomètres de la métropole. Le groupe Bruno Ledoux Holding Media-Médias du Sud s’est associé à la société Smart Consulting pour reprendre la société Média H Antilles-Guyane qui édite les trois chaînes locales ATV aux Antilles. Le feu vert a été donné par le tribunal de commerce mixte de Fort-de-France.

Les chaînes ATV sont parmi les plus anciennes télés locales privées en France. Mais elles connaissent régulièrement des difficultés financières.

Christophe Musset (patron de Médias du Sud et président du réseau Vià) et Gilles Camouilly (représentant Smart Consulting et ancien directeur général des antennes et des programmes de France Ô) doivent remettre avant le 2 avril un plan de continuation pour les chaînes ATV.

Après validation, ces chaînes seront donc intégrées au réseau Vià qui prévoit toujours l’affiliation d’une vingtaine de chaînes locales existantes en métropole d’ici la fin 2018.

Le but de cette « fédération » des chaînes privées locales est donc de constituer un réseau sur le principe « unis, on est plus fort ». Plus fort pour vendre des espaces publicitaires, plus fort pour monétiser les vidéos sur le net, etc.

Vià Occitanie a été lancée en septembre dernier, grâce à la reprise du créneau de Télé Toulouse, sur le principe d’une chaîne régionale d’info tout en images. Elle bénéficie du concours financier important du conseil régional d’Occitanie.

FV (@fabvalery)

10 Oct

France 3 Occitanie maintient finalement ses éditions locales jusqu’à nouvel ordre

La direction régionale de France 3 a indiqué dans un courrier notamment adressé aux parlementaires de la région que la réflexion sur l’avenir des éditions locales (Quercy-Rouergue, Pays Catalan, Tarn et Pays Gardois) était repoussée de plusieurs mois.

(Photo : Eric Piermont / AFP)

(Photo : Eric Piermont / AFP)

Les éditions locales de Rodez, Albi, Nîmes et Perpignan continueront leur diffusion après le 1er janvier 2018. Le directeur régional de France 3 Occitanie, Carlos Bélinchon, vient d’en informer des élus, notamment les parlementaires, dans un courrier daté du 6 octobre.

Une réflexion avait été engagée pour une nouvelle exposition des informations locales, notamment en raison des problèmes de réception de ces éditions (journaux de 7 minutes diffusés à 19h17 après le journal régional du lundi au vendredi) : avec la multiplication des box et des antennes satellites, seul environ un téléspectateur sur deux est aujourd’hui en capacité de voir ces éditions.

Cette réflexion devait conduire à la fermeture des éditions locales en janvier prochain avec maintien sur places des équipes et des implantations. Les reportages auraient alors été exposés dans les éditions régionales.

Mais « devant l’émotion suscitée par cette démarche, écrit le directeur régional, France 3 Occitanie a décidé d’y sursoir. Les éditions locales d’Occitanie sont donc maintenues ». 

La réflexion sur l’avenir des éditions locales reprendra dans quelques mois, indique la direction de France 3.

FV (@fabvalery)

26 Sep

Pourquoi (et comment) TV Sud devient Vià Occitanie jeudi

Le groupe Médias du Sud profite du lancement jeudi de sa diffusion à Toulouse pour changer de nom. Mais pas seulement. La grille des quatre antennes (Nîmes, Montpellier, Perpignan et Toulouse) se régionalise en attendant la création du réseau Vià national.

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Grand chambardement en vue pour TV Sud. A compter de ce jeudi 28 septembre à 19 heures, la chaîne connue des téléspectateurs de l’ex-Languedoc-Roussillon sous cette identité change de nom et devient Vià Occitanie. Ce sera en revanche une découverte totale pour les Toulousains, car ce changement de nom coïncide avec le lancement de l’antenne toulousaine (qui avait été reporté avant l’été).

TV Sud, associée à BFM TV, a décroché en 2016 auprès du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) la fréquence locale de Toulouse laissée libre par la disparition de TLT en juillet 2015. D’emblée, le groupe Médias du Sud (propriétaire de TV Sud) s’est lancé dans le projet d’une télé à fort accent régional et non plus d’une télé locale version ancien modèle comme l’ont connu les Toulousains pendant des années avec Télé Toulouse.

La fréquence hertzienne toulousaine permet en effet au groupe de boucler un maillage régional en touchant la capitale d’Occitanie pile au moment où Carole Delga, présidente PS de la Région, appelle de ses vœux « un média régional qui redonne du lien pour faire connaître les initiatives et les talents sur tout le territoire »  estimant publiquement que « France 3 ne remplit pas ce rôle actuellement ».

Une future chaîne nationale

Surtout, Christophe Musset, le patron de Médias du Sud, s’est associé avec un homme qui lui a ouvert beaucoup de portes et (un peu) son volumineux porte-monnaie : Bruno Ledoux croit en un nouvel avenir pour les télés locales françaises, souvent déficitaires, parfois confidentielles. Cet avenir passe par une fédération, un réseau des télés locales privées (bien que souvent financées à près de 50 % par de l’argent public, comme c’est le cas pour TV Sud). Ce sera Vià. Avec une grosse ambition.

Il s’agit là, véritablement, de la construction d’une nouvelle grande chaîne de télévision nationale par agrégation de l’ensemble des chaînes locales de France » (Bruno Ledoux)

Bruno Ledoux est le maître d’oeuvre de ce réseau dont les têtes de pont sont Vià Grand Paris (ex-Télif), qui démarre également ce 29 septembre en région parisienne et Vià Occitanie. Les premiers maillons d’un réseau national que Christophe Musset et Bruno Ledoux espèrent voir s’étoffer dès 2018 avec « la quasi totalité des chaînes locales existantes ». 

Objectifs : mutualiser les programmes, les modes de diffusion, les écrans publicitaires, les partenariats, monétiser les contenus sur le numérique et travailler au niveau national sur des logiques régionales.

Jeudi, les téléspectateurs d’Occitanie découvriront une nouvelle chaîne avec une grille de programmes commune aux quatre antennes (avec décrochage « local » le soir entre 18h30 et 19h30). Vià Occitanie (sous-titrée « la chaîne avec un accent ») se positionne sur quatre créneaux : les initiatives, le sport (avec le recrutement d’un ancien de Canal +, le Toulousain Sébastien Dupuis), l’économie et la culture. Une « chaîne régionale d’info en continu » annoncent ses dirigeants, intégrant ainsi les documentaires et programmes dans la case de l’info.

La chaîne sera diffusée sur le canal 30 sur les box et sur le canal 31 de la TNT à Toulouse (ouverture prévue des émetteurs sans doute dans la journée du 29 septembre).

Au CSA, qui ne dit mot consent ?

Du côté de la Tour Mirabeau, siège du Conseil supérieur de l’audiovisuel, le gendarme des médias télé et radio, le silence sur ce projet est… assourdissant mais plein de sens. Pas de réactions du président Olivier Schrameck, même lors de son passage à Toulouse courant septembre, ou de la conseillère en charge des dossiers des télés locales, Nathalie Sonnac.

Le CSA accompagne cette importante mutation en silence : il autorise les chaînes à émettre, en désignant les opérateurs, et en validant des projets de télés « locales »… qui se transforment aussitôt en média régional voire en réseau national. Le projet de Christophe Musset en Occitanie, d’une chaîne régionale diffusée dans quatre villes, ou même celui du réseau Vià, peuvent apparaître comme un « détournement » des objectifs locaux des chaînes fixés et autorisés par le CSA.

Mais il y a des éléments auxquels le CSA ne peut s’opposer. Juridiquement d’abord, chaque entité dans le réseau Vià conservant sa structure juridique indépendante. Economiquement ensuite : comment reprocher à ces télés locales de chercher à s’associer pour se renforcer économiquement quand on sait que depuis 30 ans, les télés locales sont soit en déficit, soit sous perfusion d’argent public, soit les deux ? 

Finalement, Christophe Musset et Bruno Ledoux, s’ils parviennent à créer ce réseau national, auront plutôt bien joué le coup : imposant leur concept, sans froisser totalement les membres du CSA. Qui n’auront pas été à la manœuvre mais ne s’y seront pas opposés.

La parole, maintenant, est au téléspectateur. A lui de se faire un avis sur les programmes proposés.

FV (@fabvalery)