12 Déc

A France Bleu Occitanie, un personnel « plutôt inquiet »

Journalistes, animateurs et personnels administratifs de la radio France Bleu ex-Toulouse rebaptisée Occitanie ce mardi s’inquiètent de l’absence de moyens face à ce projet de régionalisation.

Photo :  Radio France

Photo : Radio France

« Le personnel est plutôt inquiet ». Après le point de vue du directeur de la station Pierre Galibert lundi, le blog « Médias d’ici » a demandé son sentiment à une représentante du personnel, en l’occurence Magalie Lacombe, journaliste à France Bleu Occitanie et représentante SNJ (syndicat national des journalistes). Et elle ne cache pas l’inquiétude du personnel. 

Il faut dire que depuis le mois de février et l‘attribution des nouvelles fréquences dans les départements de l’ex-région Midi-Pyrénées, le personnel n’a eu des infos sur la transformation de la radio qu’au compte-gouttes.

2 reporters par jour pour huit départements

« La régionalisation de la radio est un projet qui est dans les cartons depuis longtemps, explique Magalie Lacombe. Il est même inscrit dans le COM (Contrat d’objectifs et de moyens) entre la tutelle et Radio France. Il s’agit de mailler le territoire de l’ex-région Midi-Pyrénées, de combler une zone blanche. Le problème c’est que ça arrive aujourd’hui dans un contexte très différent, avec la question des moyens alloués au service public audiovisuel ».

« On est conscients de la situation économique, continue la représentante du personnel, mais on est devenu la radio la plus vaste du réseau France Bleu et la moins dotée ! »

Le personnel réclame donc des moyens pour travailler dans de bonnes conditions. Actuellement, les 7 journalistes de la rédaction se répartissent sur toutes les fonctions : matinales, présentation des journaux, sport, week-end, etc. Seuls deux journalistes par jour sont programmés en reportage. C’était déjà un peu juste pour couvrir la métropole toulousaine. Demain (à échéance de l’été 2018), ce sera impossible de suivre l’actualité de huit départements.

« On risque de multiplier les interviews par téléphone, le desk et les reportages à distance, s’inquiète Magalie Lacombe. Vérifier l’info à distance c’est possible, mais le vrai reportage, il doit se faire sur le terrain ».

Une seule voiture de reportage

Le personnel attend donc des moyens humains supplémentaires, chez les journalistes, mais aussi les animateurs qui vont devoir assurer l’antenne depuis Toulouse sans relais locaux dans les autres départements. Sur ce sujet, le directeur de la radio, Pierre Galibert, nous répondait lundi que « ce dossier est entre les mains des ressources humaines du siège ». 

Mais il y a aussi la question des moyens techniques ou opérationnels. Ainsi, France Bleu ne compte… qu’une seule voiture de reportage. Pour couvrir des actualités à Pamiers, Auch ou Albi, ça va devenir compliqué !

« Il est indispensable de trouver des moyens pour travailler, conclut Magalie Lacombe. Le personnel, dont la moitié a participé au lancement de France Bleu Toulouse il y a 7 ans, sait que ce nouveau défi peut être stimulant. On aime ce que l’on fait. Il n’y a donc pas d’opposition franche. Mais c’est quand même inquiétant et même frustrant de savoir que l’on pourrait, en trouvant des ressources, faire notre travail convenablement ».

FV (@fabvalery)

11 Déc

Pourquoi la radio France Bleu Toulouse devient France Bleu Occitanie

Mardi 12 décembre, France Bleu Toulouse change de nom et étend progressivement sa couverture aux départements de l’ex-région Midi-Pyrénées.

(Photo : Christophe ABRAMOWTZ)

(Photo : Christophe ABRAMOWTZ)

Il faut tout changer : le logo, les jingles mais aussi (surtout) la ligne éditoriale. France Bleu Toulouse, l’une des dernières nées des radios locales de Radio France, va devenir une radio régionale.

Le projet était dans les cartons depuis plusieurs mois, notamment après l’attribution à Radio France de fréquences dans plusieurs départements de la région par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), comme nous vous l’avions indiqué sur ce blog à l’époque.

Le feu vert a été donné par la publication dans le Journal officiel de la délibération du CSA dimanche 10 décembre et salué par le directeur de France Bleu Toulouse, Pierre Galibert, qui a annoncé ce changement de nom sur les réseaux sociaux.

France Bleu Toulouse (oh pardon, Occitanie !) va donc en fait étendre sa couverture très progressivement. Cette semaine des émetteurs seront ouverts dans le sud de la Haute-Garonne, puis l’Ariège et le Gers. Il faudra ensuite travailler sur les autres départements concernés : Tarn, Tarn-et-Garonne, Aveyron, etc.

“Cette semaine nous ouvrons à Saint-Gaudens, puis Pamiers et Auch, précise Pierre Galibert. Le reste de l’extension sera terminée on l’espère au premier semestre 2018”.

Défi non-négligeable : France Bleu va émettre dans des départements ruraux où les auditeurs sont habitués à un paysage radiophonique sans antenne du service public. Cette absence historique a permis le développement de réseaux locaux privés comme 100 % Radio ou Radio Totem, qui ont un public fidèle. Pour ne pas faire de mécontents, le CSA vient d’ailleurs d’accorder à 100% Radio la fréquence 90.5 MHz à Toulouse, jusqu’alors utilisée à… France Bleu Toulouse (qui va donc déménager de fréquence en plus de son changement de nom).

Côté organisation, France-Bleu ne pourra pas couvrir l’actualité dans une vaste région avec les seuls huit journalistes (dont un rédacteur en chef) qu’elle compte actuellement sur l’agglomération toulousaine. En comparaison, France Bleu Provence compte 12 journalistes, France Bleu Nord 11 (pour deux départements à couvrir).

Mais la tendance n’est pas, ces temps-ci, aux embauches dans le service public audiovisuel ! Il faudra donc trouver des solutions pour installer des journalistes dans certains départements : en début d’année, la solution envisagée par Mathieu Gallet, le président de Radio France, était… la fermeture du bureau de France Inter et France Info à Toulouse ! Ainsi, cela libèrerait des postes, disponibles pour venir renforcer les équipes de France Bleu. Radio France envisageait notamment des ouvertures de postes à Montauban, Castres et Pamiers ! “Sur le sujet du déploiement de postes dans les départements, répond Pierre Galibert, le dossier est entre les mains des ressources humaines du siège”.

France Bleu Toulouse se pare donc mardi de son nouveau nom, Occitanie, alors qu’elle ne couvrira que la partie ouest de la région, correspondant à l’ancienne Midi-Pyrénées : France Bleu Hérault à Montpellier, France Bleu Gard à Nîmes et France Bleu Perpignan ne sont pas concernées par cette “régionalisation”.

Certains à Radio France voient cette transformation d’un mauvais oeil, la culture maison étant davantage la radio locale voire départementale. Pour certains personnels, cette régionalisation est un premier pas vers un rapprochement avec France 3. Il faut dire qu’Emmanuel Macron et le gouvernement ne cachent pas leur souhait de voir davantage de synergies entre les entreprises de l’audiovisuel public.

FV (@fabvalery)

07 Déc

100 % et Radio FG obtiennent des fréquences à Toulouse

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a distribué ce jeudi des fréquences disponibles dans la région toulousaine. La fréquence techno Radio FG et la radio d’origine tarnaise 100 % obtiennent chacune une fréquence à Toulouse.

Copyright : Radio 100 %

Copyright : Radio 100 %

Le CSA a distribué ce jeudi 7 novembre les fréquences radios disponibles dans les départements du ressort de Toulouse (ex-Midi-Pyrénées). Sur le bassin toulousain, plusieurs fréquences étaient disponibles.

Radio FG, une station nationale basée sur la musique électronique et techno, occupera la fréquence 101,4 MHz, ancienne fréquence de Sud Radio, l’ex-radio du grand sud qui a quitté Toulouse l’été dernier pour la région parisienne et qui émettra désormais sur le 101,8 MHz à Toulouse. Radio FG est née dans les années 80 à Paris comme radio communautaire gay. Elle s’est ensuite développée en France autour de la musique techno.

L’autre grande gagnante de cette redistribution est la radio régionale 100 % qui obtient le 90,5 MHz sur Toulouse. Le réseau régional émet déjà sur la quasi-totalité de la région Occitanie, plus le Lot-et-Garonne. Toutefois, la radio n’avait pas de fréquence sur l’agglomération toulousaine. C’est désormais chose faite et la radio privée sera en concurrence directe avec Toulouse FM ou la radio publique France Bleu Toulouse… La bande FM est déjà chargée sur Toulouse. D’ailleurs, 100 % récupère à Toulouse la fréquence qui était jusqu’à présent occupée par… France Bleu Toulouse !

Le CSA a attribué également des fréquences dans les autres départements. La liste est consultable sur ce lien du CSA.

FV (@fabvalery)

15 Sep

Le président du CSA, Olivier Schrameck, favorable au rapprochement entre France Télévisions et Radio France

En visite à Toulouse, Olivier Schrameck, le patron du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, a dit se réjouir du projet de rapprochement entre les entreprises de l’audiovisuel public. Une idée issue du… programme présidentiel d’Emmanuel Macron.

Olivier Schrameck dans les studios de France Bleu Toulouse (Photo : Alban Forlot)

Olivier Schrameck dans les studios de France Bleu Toulouse (Photo : Alban Forlot)

Interrogé ce vendredi matin sur l’antenne de France Bleu Toulouse, Olivier Schrameck, qui a effectué une tournée de deux jours à Toulouse, a répondu à la question du rapprochement entre France Télévisions et Radio France.

Je crois profondément que l’avenir de l’audiovisuel va vers ce que l’on appelle parfois le pluri-média (…) Et pour trouver un bon équilibre économique et culturel, il faut pouvoir jouer de l’ensemble de la gamme des moyens d’information. (…) Effectivement, je me réjouis que ce thème puisse être prochainement à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale et du Sénat »

Olivier Schrameck a aussi lié la question du rapprochement des sociétés de l’audiovisuel public aux contraintes budgétaires imposées par l’Etat, leur actionnaire, citant notamment l’exemple de FranceInfo, site d’info et chaîne de télé communs aux entreprises publiques.

Voici l’intégralité de l’interview d’Olivier Schrameck, par Stéphanie Mora :

C’est un point passé presque inaperçu pendant la campagne présidentielle : Emmanuel Macron souhaitait une grande réforme de l’audiovisuel public, avec un rapprochement voire une fusion entre les entreprises publiques dont Radio France et France Télévisions. Depuis son élection, ce sujet n’est pas (encore) revenu sur la table.

On ne sait pas encore quelle forme pourrait prendre ce rapprochement mais il pourrait avoir des déclinaisons en région. Radio France est par exemple en pleine réorganisation en Occitanie. Absente de la plupart des départements de l’ex-région Midi-Pyrénées, France Bleu va voir s’étendre ses émissions avec 12 nouveaux émetteurs accordés par le CSA à France Bleu Toulouse, faisant ainsi de la radio locale-départementale une antenne régionale.

Parallèlement, Mathieu Gallet, le président de Radio France, a annoncé récemment la fermeture du bureau de France Info et France Inter à Toulouse et les correspondants de ces radios nationales pourraient se voir proposer des postes dans la région pour travailler… pour France Bleu !

Autant d’annonces, qui poussent certains journalistes ou techniques de la radio en Occitanie à penser qu’il s’agit de l’amorce d’un rapprochement… entre France Bleu et France 3.

L’Occitanie, un futur laboratoire pour l’audiovisuel public ?

FV (@fabvalery)

13 Sep

La tournée des popotes toulousaines du président du CSA Olivier Schrameck

Discret, peu médiatique, le président du Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA) Olivier Schrameck est à Toulouse les 14 et 15 septembre pour rencontrer notamment Jean-Luc Moudenc et Carole Delga.

Olivier Schrameck (Photo : Christophe Morin / MaxPPP)

Olivier Schrameck (Photo : Christophe Morin / MaxPPP)

 

Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) est en visite « officiellement » pendant deux jours à Toulouse jeudi 14 et vendredi 15 septembre. Le patron de l’instance de régulation et de contrôle des chaînes de télé et des radios se rend peu sur le terrain. Il arrive à Toulouse 15 jours avant le lancement des émissions de Vià Occitanie, nouveau nom de TV Sud. C’est le CSA qui lui a accordé fin 2016 la fréquence locale de Toulouse, laissée libre par la disparition de TLT en juillet 2015.

A Toulouse, Olivier Schrameck va surtout faire la tournée des popotes politiques : il aura un entretien le jeudi matin avec Carole Delga, la présidente PS du Conseil régional d’Occitanie, et le vendredi matin avec Jean-Luc Moudenc le maire LR et président de la Métropole de Toulouse.

Le poids des élus sur les médias

Les dossiers audiovisuels sont (toujours) très politiques. Localement comme nationalement, les élus aiment croire qu’ils peuvent avoir la mainmise ou pour le moins une influence sur les médias. La télé particulièrement. Ce média fascine ou repousse. Concernant TV Sud (pardon, Vià Occitanie), échaudé par l’expérience de TLT dont la métropole était devenu le principal pourvoyeur de fonds, Jean-Luc Moudenc n’a pas souhaité entrer dans le capital voire signer un Contrat d’objectifs et de moyens. La ville de Toulouse sera donc spectatrice mais pourrait tout de même, selon nos informations, « sponsoriser » certaines émissions de la nouvelle chaîne ou acheter des espaces publicitaires.

Il faut dire que le projet est à l’opposé de ce qu’était TLT. Les dirigeants de Médias du Sud vont lancer le 28 septembre une chaîne régionale, avec une grille commune aux antennes actuelles de Montpellier, Nîmes et Perpignan et à la nouvelle de Toulouse. Vià Occitanie conservera des décrochages locaux mais sera avant tout une chaîne aux contours proches de celle de la nouvelle région Occitanie. D’ailleurs, peu après son élection, Carole Delga appelait de ses vœux une chaîne régionale de plein exercice qui parle du nouveau territoire à ses habitants. Le conseil régional, déjà partenaire de Médias du Sud en ex-Languedoc-Roussillon a accordé 1,5 million d’euros sur trois ans à la chaîne au titre de son arrivée à Toulouse. 

L’énigme du CTA

Olivier Schrameck rencontrera aussi les membres du comité territorial de l’audiovisuel (CTA). Cette instance est inconnue du grand public. Il s’agit pourtant de la représentation locale du CSA en région. Ils sont au nombre de 12 et ont un vrai pouvoir : « ils assurent, comme l’indique le CSA sur son site, l’instruction des demandes d’autorisation pour la diffusion des services de radio par voie hertzienne terrestre et l’observation de l’exécution des obligations qu’elles contiennent. Ils peuvent, à la demande de l’assemblée plénière du Conseil, participer à l’instruction des demandes d’autorisation concernant des services de télévision locale et participer à l’observation de l’exécution des obligations contenues dans les autorisations ».

Celui de Toulouse a une particularité : il compte parmi ses membres un élu du conseil régional et président de la commission culture et audiovisuel de la Région. Serge Regourd est un spécialiste de l’audiovisuel, certes, mais, comme nous le faisions remarquer sur ce blog en 2016, qui a fait le choix d’entrer en politique. Il a donc une double casquette surprenante. En septembre 2016, le CSA nous indiquait que l’intéressé se mettrait « en retrait » du CTA quand les dossiers télés seraient discutés. Serge Regourd nous avait répondu qu’on surestimait son pouvoir et qu’il n’était alors question d’aucun retrait.

Une « tempête dans un verre d’eau » concluait-il. Il faut bien reconnaître que face à l’océan des problèmes des Français (emploi, santé, éducation, urgence climatique, etc), le dossier de l’audiovisuel ne pèse pas plus qu’une goutte. Même pas un verre.

FV (@fabvalery)

30 Août

Le journaliste et romancier Jean-Pierre Alaux devient éditorialiste sur Radio Totem

Il y fera un édito chaque matin à 7h15 à partir du 4 septembre.

Jean-Pierre Alaux

Jean-Pierre Alaux

Dans le mercato médiatique de l’été, il n’y a pas que le transfert de Patrick Cohen de France Inter à Europe 1 ! Jean-Pierre Alaux, journaliste et romancier, qui animait jusqu’à juin dernier la matinale de Radio Présence à Toulouse vient d’annoncer son « transfert » vers Radio Totem où il fera chaque matin un éditorial intitulé « C’est juste mon avis ».

Jean-Pierre Alaux débutera lundi 4 septembre sur l’antenne de la radio à 7h15 pour ce billet quotidien. « En quittant le micro de Radio Présence en juin dernier, écrit-il sur sa page facebook, je croyais en avoir terminé avec la radio. Mais le virus est tenace et, parmi les propositions qui m’ont été faites, je viens d’accepter de devenir, dès lundi prochain, éditorialiste sur le réseau Totem »

Journaliste, romancier, Jean-Pierre Alaux a déjà officié notamment sur Sud Radio ou encore feue Télé Toulouse. Il est aussi le co-auteur de la série de romans policiers « Le Sang de la Vigne », adapté à la télévision avec succès pour France 3 avec notamment Pierre Arditi.

Radio Totem est l’une des radios privées phares du centre et sud-ouest de la France. Basée dans l’Aveyron, elle compte 35 fréquences dans le massif central et une grande partie de l’est de la région Occitanie.

FV (@fabvalery)

28 Août

Pendant l’été, Sud Radio a quitté Toulouse : une dizaine de licenciements

C’est terminé. Sud Radio, historiquement basée à Toulouse, a définitivement quitté ses locaux de Labège. Désormais la radio est entièrement réalisée depuis Paris.

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« Toulouse, berceau historique de Sud Radio ». Ces mots ont été prononcés à l’antenne le 26 juillet dernier, à l’issue du dernier flash info de 19 heures présenté depuis les locaux de Labège, près de Toulouse. Ce jour-là, une page de plus de 30 ans d’histoire de Sud Radio a été tournée.

Désormais, Sud Radio est une radio… parisienne. Ce « déménagement », nous vous l’avions révélé sur ce blog il y a un an. Fiducial Médias, propriétaire de Sud Radio et filiale de Fiducial, a depuis mené tambour battant le transfert de ses activités dans la capitale. Le personnel à Toulouse s’est vu proposer des mutations, la plupart du temps sans valorisation salariale. Beaucoup ont décliné ces offres : des premiers licenciements avaient eu lieu en janvier dernier, les autres ont suivi cet été. Ne restent plus, selon nos informations que trois délégués du personnel qui, après accord de l’administration, seront licenciés en septembre. Une dizaine d’emplois supprimés à Toulouse.

Désormais, une seule journaliste assurera à Toulouse la « correspondance » pour Sud Radio.

Malgré cette situation difficile, une partie de l’équipe licenciée a voulu marquer l’événement en publiant courant août une photo (voir ci-dessous) sur les réseaux sociaux pour marquer, avec le sourire, son « transfert » de Sud Radio à… Pôle Emploi !

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Sollicité à plusieurs reprises depuis l’annonce de ce transfert, la direction de Sud Radio n’a jamais souhaité nous répondre. En avril dernier, le PDG de Fiducial Médias, Didier Maïsto, s’était longuement exprimé sur TV Libertés, la web-TV dirigée par l’ex-Front National Martial Bild et chantre de la « réinformation » chère à l’extrême-droite. Il y parlait en ces termes de Sud Radio : « Quand nous l’avons reprise, il n’y avait pas de programmes, il a fallu payer les dettes, restructurer techniquement la radio, repenser l’éditorial ». Depuis Sud Radio a notamment recruté l’ex-député Henri Guaino comme chroniqueur et confié à Valérie Expert une émission matinale sur… les médias.

Ce lundi 28 août, Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse, était l’invité de la matinale… de Sud Radio. Mais le sujet portait sur les rythmes scolaires. Le sort des salariés de la radio et son déménagement autoritaire n’ont donc pas été évoqués à l’antenne.

Didier Maïsto qualifiait la radio historique du Grand Sud, dans son interview sur TV Libertés, de « radio nationale et généraliste installée au sud… de Paris ».

C’est désormais vraiment le cas.

FV (@fabvalery)

13 Juil

France Inter va fermer son bureau à Toulouse

L’annonce a été faite lundi 10 juillet par le PDG de Radio-France, Mathieu Gallet, en visite à Toulouse. Quatre journalistes sont concernés.

Photo : AFP

Photo : AFP

Mathieu Gallet, le patron de Radio-France, n’a pas fait le voyage pour rien. Lundi, il était à Toulouse officiellement pour le concert inaugural du festival Radio France Occitanie Montpellier de Pibrac. Le concert s’appelait « voyage en polyphonie ». Mais quelques instants plus tôt, rencontrant les personnels de Radio-France à Toulouse et affublé, Mathieu Gallet et ses principaux lieutenants, dont Laurent Guimier, le nouveau directeur des antennes et des contenus, ont parlé d’une seule voix. Et le message était limpide.

Mathieu Gallet a annoncé la fermeture prochaine des bureaux de France Inter-France Info à Toulouse, Lyon et Marseille. Il s’agit des trois derniers bureaux de correspondants des chaînes nationales en région. Une radio locale de Radio France doit ouvrir prochainement à Lyon, où pourrait être intégrés les journalistes déjà présents.

A Toulouse, 4 journalistes assurent, pour l’ensemble de l’ex-région Midi-Pyrénées (et souvent au-delà), la correspondance pour les chaînes nationales. Un bureau créé en 1997, au moment de l’installation de la radio le Mouv’ à Toulouse.

Alors que vont devenir ces quatre journalistes ? Mathieu Gallet a simplement indiqué, selon nos informations, que des postes leur seront proposés. Sans préciser lesquels, ni même à quelle échéance.

Cette fermeture est en fait une nouvelle étape dans la stratégie de Radio-France. Après avoir recréer une antenne locale, France Bleu Toulouse, en 2011, le groupe public veut désormais la transformer en radio « régionale ». Comme nous l’indiquions sur ce blog en février dernier, Radio France a obtenu des fréquences dans 12 villes de l’ex-région Midi-Pyrénées (à Albi, Rodez, Montauban, etc) et compte, rapidement (échéance 2018 ?) modifier son organisation et sa grille.

Les 4 journalistes de France Inter devrait donc se voir proposer des postes dans le cadre de cette réorganisation. Mathieu Gallet, lundi à Toulouse, aurait, selon nos informations, annoncé la création de trois RER (rédacteur en résidence) à Montauban, Castres et… Pamiers !

Quant au personnel de France Bleu Toulouse, il attend toujours des précisions sur les contours de cette réorganisation. Des questions ont été posées au PDG, sans toujours trouver de réponses. Quid par exemple d’un éventuel rapprochement avec France 3 ? Il faut dire que dans le programme électoral d’Emmanuel Macron figurait le projet de création d’un grand audiovisuel public regroupant France Télévisions, Radio-France, l’INA, France Médias Monde, etc.

FV (@fabvalery)

26 Juin

La radio musicale publique FIP pourrait ouvrir un décrochage local à Toulouse et Montpellier

Un mouvement de grève devrait toucher la radio publique mardi contre le projet d’évolution des stations locales : les postes seraient réduits à Bordeaux, Nantes et Strasbourg au profit d’un « agenda local » à Toulouse, Montpellier et Marseille.

Anne Sérode, directrice de Fip (Photo : AFP)

Anne Sérode, directrice de Fip (Photo : AFP)

Les salariés de FIP sont appelés à faire grève mardi contre un projet d’évolution des stations locales de la radio publique, qui fait craindre aux syndicats leur disparition progressive, ce que conteste la direction.

Ce projet, présenté la semaine dernière en comité central d’entreprise, prévoit de réduire la voilure et les effectifs dans les trois antennes locales de Bordeaux, Nantes et Strasbourg, qui diffusent des informations de proximité (culturelles et associatives notamment) chaque jour entre 7 heures et 19 heures, et de créer de nouveaux décrochages locaux dans des villes supplémentaires, sous la forme d' »agendas culturels ».

Dans un communiqué publié lundi, les syndicats CFDT, CFTC, CGT, FO, SNJ, SUD et Unsa ont dénoncé un plan « inacceptable en l’état », et dont le « seul élément clair est l’abandon du service public de proximité (…) au profit d’une radio qui deviendrait progressivement uniquement nationale ».

Ils demandent « le maintien des antennes locales » et de leurs effectifs, et indiquent avoir déposé un préavis de grève pour toute la journée de mardi.

De son côté, la directrice de Fip Anne Sérode (qui va être remplacée en juillet par Bérénice Ravache) a réaffirmé à l’AFP qu’aucune fermeture de stations locales n’était prévue et a défendu ce projet.

Il n’y a pas de fermeture, nous voulons élargir la présence locale dans davantage de villes, donc ouvrir des postes à Toulouse, Montpellier
et Marseille pour créer des agendas locaux et diminuer le nombre de postes à Bordeaux, Nantes et Strasbourg pour pouvoir permettre ce mouvement »

Créée en 1971, FIP, plus petit réseau du groupe Radio France, est une radio à dominante musicale, diffusée en FM dans une dizaine d’agglomérations, mais également sur internet et par satellite.

FV (avec AFP)

21 Juin

Licencié par Radio-France, le Toulousain Joël Collado gagne aux prud’hommes

Le prévisionniste à la voix si reconnaissable avait été remercié fin 2015 après 21 ans de services sur les antennes de Radio-France. Les prud’hommes viennent de requalifier son contrat en CDI et de déclarer son licenciement « sans cause réelle et sérieuse ».

Joel Collado (Photo : Th. Bordas / MaxPPP)

Joel Collado (Photo : Th. Bordas / MaxPPP)

Joël Collado, remercié fin 2015 après avoir présenté durant 21 ans les bulletins météo sur France Inter et France Info, a obtenu la requalification en CDI de son contrat avec Radio France et le versement d’environ 36.000 euros, a-t-on appris mercredi.

Le prévisionniste de Météo France, âgé de 68 ans, avait présenté le 27 décembre 2015 son dernier bulletin sur les antennes du groupe public, après avoir indiqué sur France 3 Midi Pyrénées qu’il avait été remercié « pour des raisons mystérieuses ».

Ses employeurs, Météo France et Radio France, avaient invoqué à l’époque la volonté du groupe radiophonique de faire « évoluer le format » de la météo en faisant appel à une voix féminine, et à une prévisionniste installée en région parisienne, alors que Joël Collado présentait ses bulletins depuis Toulouse.

Saisi par l’ex-présentateur, qui avait signé en tout 215 contrats de travail avec le groupe public de radio depuis janvier 1995, le conseil des prud’hommes de Paris a requalifié cette relation de travail « en contrat à durée indéterminée » et considéré qu’il avait fait l’objet d’un « licenciement sans cause réelle et sérieuse », selon le jugement prononcé fin avril, et dont l’AFP s’est procuré une copie.

Les prud’hommes ont condamné Radio France à lui verser en tout environ 36.000 euros, notamment sous la forme d’une indemnité de licenciement conventionnelle, d’une indemnité de licenciement sans cause réelle et sérieuse, de dommages et intérêts pour préjudice moral, et de frais de procédure. Joël Collado, qui était resté salarié de Météo France, demandait plus de 100.000 euros au total.

« M. Collado a été renvoyé de façon cavalière, du jour au lendemain », et même s’il n’a pas obtenu toutes les sommes qu’il réclamait, « il était important pour lui d’obtenir satisfaction, justice a été rendue », a déclaré à l’AFP son avocat, Maître Gilles-William Goldnadel. Son client n’a pas l’intention d’interjeter appel du jugement, a-t-il précisé.
Interrogé par l’AFP, Radio France n’a pas fait de commentaires dans l’immédiat.

(AFP)