15 Juin

La radio 100 % émettra à Toulouse à partir du 3 juillet

La radio régionale indépendante née dans le Tarn débarque à Toulouse le 3 juillet sur le 90.5 Mhz.

Les studios de 100 % (Facebook)

Attendue à Toulouse depuis que le Conseil supérieur de l’audiovisuel lui a attribué une séquence, la radio régionale 100 % émettra dans la ville rose à partir du mardi 3 juillet, a indiqué au blog Médias d’ici, le patron de la radio Olivier Fabre (qui est aussi le maire de Mazamet dans le Tarn).

La radio s’installe dans des locaux du boulevard de l’Embouchure avec 7 personnes (3 journalistes, 2 animateurs et 2 commerciaux) dont la moitié a été recrutée pour l’occasion et émettra sur le 90.5, une fréquence jusque là attribuée à France Bleu Occitanie qui « déménage » sur la bande FM.

« Les studios toulousains seront notre deuxième plus importante implantation après le siège à Mazamet », explique Olivier Fabre. L’ouverture de l’antenne toulousaine est un événement attendu depuis des années par la radio. Née dans le Tarn, 100 % Radio sera désormais présente dans 12 départements (outre Toulouse, elle ouvre aussi son antenne à Cahors), de la Montagne noire au Béarn, des côtes catalanes au Lot et Garonne.

A Toulouse, 100 % Radio prévoit des programmes locaux et des journaux régionaux. « L’info est très importante pour nous, explique Olivier Fabre, et les auditeurs toulousains vont découvrir de vrais journaux régionaux avec de l’enquête, des infos exclusives et pas des petits flashs d’une minute où l’on lit les 5 infos rabâchées partout ». Avec aussi un mix musical des années 80 aux tubes actuels.

Reste la difficulté d’une implantation sur un marché radiophonique saturé à Toulouse avec toutes les grandes radios généralistes, les antennes des réseaux musicaux nationaux et des radios locales indépendantes déjà positionnées sur l’info et la musique. « On est convaincus qu’il y a de la place à Toulouse pour une radio adulte, locale, régionale indépendante, répond Olivier Fabre. Les Toulousains sortent souvent de leur ville et ont déjà eu l’occasion de nous entendre. On estime qu’un Toulousain sur 3 connaît déjà notre marque ». 

100 % Radio fait travailler une quarantaine de personnes, dont une trentaine à temps plein.

FV (@fabvalery)

11 Juin

Audiovisuel public : l’union de la presse en région, présidée par Jean-Michel Baylet, s’emporte contre la ministre de la Culture

L’UPREG n’a pas du tout apprécié que Françoise Nyssen estime que la proximité est « délaissée par les médias privés » et pousse l’audiovisuel public a créer un « média quotidien régional ».

Jean-Michel Baylet (Photo : Ph. Uste / MaxPPP)

Pas contente, mais alors pas contente du tout, l’union de la presse en région (UPREG), qui regroupe la presse quotidienne régionale et départementale et qui est présidée depuis janvier dernier par l’ex-ministre et toujours pdg du groupe La Dépêche du Midi Jean-Michel Baylet.

Dans un communiqué, l’UPREG s’insurge des propos tenus par Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, lors de la présentation lundi 4 juin des nouvelles orientations pour l’audiovisuel public. La ministre a plaidé pour la création d’un média quotidien régional, en écho avec la presse quotidienne régionale (PQR), en rapprochant France 3 en région de France Bleu.

Colère de l’UPREG qui dans un communiqué fustige ce projet à grands coups de règlements de comptes avec les journalistes de l’audiovisuel public en région, qui apprécieront notamment cette phrase, contestant un pseudo abandon des territoires locaux par la presse privée :

L’utilisation massive par l’audiovisuel public local des informations publiées dans les colonnes de nos journaux en est la preuve

Ce que l’UPREG et son président Jean-Michel Baylet n’ont pas apprécié c’est la sortie de la ministre qui avait estimé que la proximité était « délaissée par les médias privés ». Une phrase sinon maladroite au moins mal comprise, la ministre visant plus probablement les médias audiovisuels privés, pas forcément la presse écrite.

D’où la colère de l’UPREG :

Au passage, ce sont donc les rédactions locales et régionales de France 3 et de France Bleu qui « prennent » ! Cette réaction est aussi l’illustration des rapports difficiles, dans certaines régions, entre l’audiovisuel public et la PQR, notamment depuis que France 3 puis France Bleu ont renforcé leur présence sur les supports numériques. Une certaine idée du pluralisme, ou plutôt, du monopole, à l’ancienne.

Bien-sûr, la presse quotidienne régionale est une source d’informations pour les autres médias, parmi bien d’autres sources. Mais l’inverse est aussi vrai.

L’intention, affichée par la ministre, de renforcer les moyens des médias audiovisuels publics sur le numérique risque donc de donner des boutons à l’UPREG.

FV (@fabvalery)

 

28 Mar

Sud Radio stoppe la chronique d’Henri Guaino, qui dénonce « une police de la pensée »

La chronique quotidienne de l’ancienne plume de Nicolas Sarkozy s’arrête. Selon Henri Guaino, la radio met fin à leur collaboration parce qu’il aurait pris la défense de l’ancien président mis en examen… sur BFM TV.

Henri Guaino (Photo : MaxPPP)

L’hommage rendu au lieutenant-colonel Beltrame lors de « Libre comme Guaino », le lundi 26 mars sera la dernière chronique d’Henri Guaino sur Sud Radio.

Dans un texte, que nous nous sommes procuré, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy explique que la station a mis fin à sa chronique quotidienne à l’antenne, lui reprochant d’avoir pris la défense de l’ancien président de la République sur le plateau de BFM TV.

J’arrête aujourd’hui ma chronique quotidienne sur Sud Radio à la demande du directeur général de cette antenne. N’ayant aucun engagement ni aucune obligation l’un envers l’autre, cette décision ne me pose en elle-même aucun problème de principe. Ce qui me pose un problème c’est la raison de ce choix. Sud Radio ayant, avec mon consentement, abondamment utilisé mon nom, mon image et ma réputation dans sa communication, je ne saurais rester muet sur la nature du désaccord car celui-ci mérite à mes yeux d’être mis sur la place publique.

Henri Guaino explique dans ce texte ce que semble lui reprocher la direction de Sud Radio et évoque une « police de la pensée » qu’il y aurait dans les médias :

Il paraît que je n’aurais pas dû prendre la défense de Nicolas Sarkozy dans l’émission présentée par Apolline de Malherbe sur BFM TV le dimanche 25 Mars de 12 heures à 13 heures. Aucun engagement d’exclusivité ne me liait à Sud Radio. La question est donc de fond : Y a-t-il dans certains médias une police de la pensée qui me priverait du droit, de critiquer la manière dont on traite un ancien président de la République et de me poser des questions sur le fonctionnement de la justice et les dangers d’une dérive qui risquerait demain de conduire au procès judiciaire de la politique de la France et de la raison d’État ? Que dire d’une radio qui considère qu’un éditorialiste, présenté par ailleurs comme totalement libre, au point d’intituler ( ironie de l’histoire ) sa chronique matinale «libre comme Guaino », n’a pas le droit de prendre la défense de Nicolas Sarkozy, même sur un autre média.? Pourquoi? Quels intérêts, quelles rancoeurs contre l’ancien Président, quelles arrières pensées inspirent cette attitude?

Dimanche 25 avril, Henri Guaino était en effet l’invité de BFM TV où il est longuement revenu sur la mise en examen de Nicolas Sarkozy dans le dossier du financement lybien supposé de sa campagne électorale de 2007. Il avait notamment évoqué sa « gène » face à ce qu’il a qualifié de « spectacle judiciaire«  dans cette affaire.

Henri Guaino stoppe donc sa chronique radio quotidienne mais a choisi d’en rendre publiques les raisons. Et redit qu’il n’aurait pas changé un mot de ses propos sur BFM TV, avant de conclure par cette phrase :

Reconnaissons qu’en France, à l’heure actuelle, il est bien difficile de demeurer un esprit libre.

Selon nos informations, Didier Maïsto, le patron de Fiducial Médias, propriétaire de Sud Radio, a envoyé un message au personnel de la radio pour répondre, d’une certaine manière, à Henri Guaino. Selon lui :

Henri Guaino s’était engagé à ne plus faire de politique partisane (…) Or, il est allé sur un media, de sa propre initiative et sans nous avertir, s’exprimer dans une émission politique, seul invité, sans contradicteur, se présentant néanmoins comme « éditorialiste Sud Radio ». Je ne peux cautionner ce mélange des genres car il faut toujours savoir qui parle et d’où il parle. Homme politique ? Éditorialiste ? Moitié moitié ? Henri Guaino n’a de fait toujours pas tranché, contrairement à ce qu’il nous avait assuré ».

Le recrutement d’Henri Guaino sur l’antenne de Sud Radio avait fait grand bruit à l’été 2017. Il fait partie de ces personnalités politiques qui ont choisi de franchir le Rubicon et de passer derrière le micro ou la caméra, comme avant lui l’ancienne ministre Roselyne Bachelot ou plus récemment la proche de Jean-Luc Mélenchon Raquel Garrido.

Sud Radio appartient à Fiducial Medias, filiale du groupe Fiducial. Installée à Toulouse durant des décennies, la radio a été déménagée par le groupe à Paris durant l’été 2017. Une mutation qui a conduit au licenciement d’une grande partie des personnels et journalistes historiques de la radio.

Sud Radio tente de grignoter des auditeurs notamment à sa grande rivale RMC, au prix d’un « recrutement » de grands noms : Natacha Polony, André Bercoff, Yolaine de La Bigne, Mickaël Darmon, Patrick Roger, Valérie Expert, Brigitte Lahaye, etc. Et jusqu’à cette semaine, donc, Henri Guaino. Mais l’audience de Sud Radio reste encore très faible.

En 2017, juste avant le premier tour de l’élection présidentielle, le président de Fiducial Médias et patron de Sud Radio, Didier Maïsto, avait évoqué la stratégie du groupe sur TV Libertés, une web télé proche de l’extrême-droite, comparant au passage Emmanuel Macron à… Benito Mussolini !

FV (@fabvalery)

13 Fév

Pour la Saint-Valentin, des lettres d’amour lues à la radio pendant 24 heures à Toulouse

Mercredi 14 février, à partir de 9 heures, la Cave Poésie à Toulouse se transforme exceptionnellement en studio radio pour diffuser pendant 24 heures, à l’occasion de la Saint-Valentin, des lectures de lettre d’amour de personnalités ou d’anonymes.

(Photo : MaxPPP)

(Photo : MaxPPP)

Il y a les ruées chez les fleuristes, les restaurants qui n’installent que des tables à deux places, les bijoutiers qui font briller leurs plus belles bagues et puis il y a la Saint-Valentin version, plus poétique : épistolaire.

A Toulouse, pendant 24 heures, la Cave Poésie se mue en studio radio : à partir de 9 heures ce mercredi 14 février, comédiens et comédiennes (et autres) vont lire des lettres d’amours de romanciers et romancières, de femmes et hommes célèbres et d’anonymes. Et pourquoi pas la votre d’ailleurs ?

L’opération se nomme « Love Me Tender » est sera à écouter sur plusieurs radios toulousaines : Campus FM Toulouse (94 Mhz), Radio Fil de l’Eau (106.6 Mhz), Radio Mon Païs (90.1 Mhz), Canal Sud Radio (92.2 Mhz).

La Cave Poésie précise que les micros seront ouverts et tout lecteur, amoureux, sera le bienvenu pour apporter sa voix à cette longue lecture pleine d’amour.

A la Cave Poésie-René Gouzenne, 71 rue du Taur à Toulouse du 14 février 9 heures au 15 février 9 heures.

FV (@fabvalery)

29 Jan

Deux lauréats d’Occitanie aux grands prix de la radio

La radio originaire du Tarn 100 % et un jeune chroniqueur de 15 ans de Radio Nîmes ont été récompensés lors du salon de la radio à Paris.

Radio 100 a reçu le grand prix de la radio multi-regions

Radio 100 a reçu le grand prix de la radio multi-regions

La radio 100 % originaire de Mazamet dans le Tarn et qui étend peu à peu son influence dans la région a été couronnée par le grand prix de la radio multi-régions lors du salon de la radio qui s’est tenu le week-end dernier à Paris.

Ça tombe plutôt bien pour 100 % qui s’apprête à s’installer sur la bande FM à Toulouse, où les habitudes d’écoutes des auditeurs sont actuellement en mouvement comme le montre notre palmarès des radios les plus écoutées sur la métropole toulousaine.

Autre lauréat d’Occitanie, un jeune animateur de 15 ans : Axel Perrier remporte le prix du jeune talent d’animateur radio 2018. Axel a débuté sur une webradio quand il avait… 10 ans ! Il est actuellement chroniqueur et animateur sur Radio Nîmes.

Bravo aux deux lauréats !

FV (@fabvalery)

 

28 Jan

Ça bouge au palmarès des radios les plus écoutées à Toulouse !

Médiamétrie a livré sa dernière étude des habitudes des auditeurs à Toulouse. France Inter est toujours la radio préférées des Toulousains mais son audience chute. Parmi les radios locales et les musicales la hiérarchie est bouleversée. Voici le classement.

(Photo : MaxPPP)

(Photo : MaxPPP)

La livraison des audiences des radios dans les grandes villes est un moment toujours très attendu par les équipes qui fabriquent des programmes en région. En ce mois de janvier, Médiamétrie a livré les résultats, ville par ville, de son étude sur le comportement des auditeurs dans la période septembre-décembre 2017.

Concernant Toulouse, cette étude montre d’importantes différences entre la version 2017 et la précédente portant elle aussi sur la période septembre-décembre, en 2016. Il y a donc les radios qui gagnent des auditeurs dans la métropole toulousaine et (forcément) celles qui en perdent.

Au rang des gagnants 2017, on trouve RMC, Nostalgie, Le Mouv, RFM, RTL2 et Toulouse FM. En revanche, les radios qui perdent le plus d’audience à Toulouse en un an sont : RTL, Fun Radio, France Inter, Virgin, Rires et Chansons et Europe 1.

La bataille des généralistes se resserre

France Inter continue de dominer le paysage radiophonique toulousain mais avec une chute d’audience de 2,5 points en audience cumulée la radio publique voit RMC se rapprocher à grands pas. La station de Jean-Jacques Bourdin et des Grandes Gueules gagne en effet 4 points d’audience en un an à Toulouse et se retrouve désormais à deux points de France Inter avec 14,2 % contre 16,3 %.

France Info reste stable à 10 points d’audience cumulée sur Toulouse mais ce n’est pas le cas des autres généralistes. La plus grosse gamelle est pour RTL qui voit s’envoler près de la moitié de son audience passant de 9,7 à 5,2 % et dégringolant du 5ème au 10ème rang des radios les plus écoutées à Toulouse. Europe 1, de son côté, confirme son érosion nationale et perd un point d’audience cumulée ce qui la fait sortir du Top 10 des radios à Toulouse glissant de 3 places au 13ème rang.

Changement de hiérarchie chez les musicales

Côté radio musicales, NRJ reste la première radio à Toulouse mais avec une audience cumulée en baisse de 0,3 % sur un an à 9,7 points, voit RTL2 désormais sur ses talons : la station gagne 1,6 point en un an et passe au 5ème rang des radios à Toulouse, toutes catégories.

C’est ensuite que la hiérarchie est bousculée : Nostalgie avec un gain de 3,3 % bondit de la 16ème à la 6ème place toutes catégories et à la 3ème des musicales. RFM gagne également 5 places et Chérie FM une. Ce changement d’habitudes des auditeurs a pour effet d’éjecter Virgin Radio et Fun Radio du Top 10 à Toulouse.

Radio locales : Toulouse FM entre dans le Top 10

Autre belle performance, celle de Toulouse FM : la station locale gagne 1,5 point d’audience cumulée en un an (à 5,8 %) et passe du 17ème rang des radios écoutées à Toulouse au 9ème !

De son côté France Bleu Occitanie (ex-France Bleu Toulouse rebaptisée en décembre dernier) peine toujours à faire son trou à 2,8 % d’audience (stable par rapport à 2016) et n’est que la 20ème radio à Toulouse. La radio traverse une crise avec sa régionalisation sans moyens supplémentaires et devra en outre bientôt changer de fréquence à Toulouse ! aux dépens de… la radio 100 %, originaire du Tarn qui débarque bientôt à Toulouse sur le créneau difficile des radios locales et régionales.

L’érosion inexorable de Sud Radio

L’ex-« Radio du Grand sud », partie désormais de Toulouse et installée à Paris par le groupe Fiducial, voit chaque année son audience toulousaine fondre. Désormais, Sud Radio ne touche plus en cumulé que 1,2 % du public toulousain (-0,1 %) bien loin de sa concurrente RMC dont elle semble vouloir pourtant copier le modèle.

Et voici le classement général à Toulouse !

Voici donc le classement des radios les plus écoutées sur Toulouse en audience cumulée, c’est à dire, précise Médiamétrie, « l’ensemble des personnes ayant écouté au moins une fois la radio dans la tranche horaire ou la journée, exprimé sous la forme de pourcentage de la population ». (Nous avons ajouter entre parenthèses le nombre de places gagnées ou perdues dans ce classement entre la période septembre-décembre 2016 et septembre-décembre 2017) :

  1. France Inter (=)
  2. RMC (=)
  3. France Info (=)
  4. NRJ (-1)
  5. RTL 2 (+1)
  6. Nostalgie (+10)
  7. RFM (+5)
  8. Chérie FM (+1)
  9. Toulouse FM (+8)
  10. RTL (-5)
  11. SkyRock (+2)
  12. Virgin Radio (-5)
  13. Europe 1 (-3)
  14. France Culture (+1)
  15. Fun Radio (-7)
  16. Rire et Chansons (-5)
  17. FIP (-3)
  18. Radio Classique (=)
  19. Le Mouv (+4)
  20. France Bleu Occitanie (=)
  21. Swigg ex Ado FM (-2)
  22. France Musique (-1)
  23. Sud Radio (-1)

Nous n’avons retenu ici que les 23 radios qui réalisent au moins 1 % en audience cumulée.

FV (@fabvalery)

26 Jan

Sans moyens supplémentaires, le personnel de France Bleu Occitanie (ex-Toulouse) menace de revenir à son ancien périmètre

Les personnels de la radio, ex-France Bleu Toulouse, dénonce le manque de moyens attachés à l’élargissement de leur territoire de travail. Ils viennent d’envoyer une lettre ouverte à Mathieu Gallet, président de Radio-France, menaçant de revenir à des contenus, infos et programmes, strictement haut-garonnais dès le 5 mars.

France Bleu

La régionalisation de France Bleu passe mal ! Comme nous l’avons déjà expliqué sur ce blog, la « marche forcée » pour transformer France Bleu Toulouse en France Bleu Occitanie, sans moyens supplémentaires, provoque la colère et l’inquiétude du personnel à Toulouse.

Au point que les journalistes, animateurs et personnels techniques et administratifs viennent d’adresser une lettre ouverte (à lire dans son intégralité ci-dessous) à Mathieu Gallet, le patron de Radio France, pour lui demander des moyens supplémentaires. Sans moyens, le personnel menace de repasser à des contenus, que ce soit pour l’info ou pour les programmes, uniquement haut-garonnais et toulousain, comme c’était le cas avant le changement de nom et d’ambition éditoriale, mi-décembre.

En fait, la régionalisation de France Bleu Toulouse s’opère progressivement sur…. une demi-région ! Car si le nouveau nom est bien France Bleu Occitanie, la radio n’ambitionne que de couvrir les départements de l’ex-région Midi-Pyrénées, sans marcher sur les plate-bandes de ses petites soeurs de l’ex-Languedoc Roussillon qui émettent à Montpellier, Nîmes et Perpignan.

Le personnel toulousain donne donc un ultimatum à la direction de France Bleu et de Radio France : le 5 mars, date de retour des vacances d’hiver. A cette date, France Bleu Occitanie ne pourrait donc n’avoir qu’un nom régional mais des infos et programmes très toulousains.

FV (@fabvalery)
                                     Voici la lettre ouverte du personnel de France Bleu Occitanie :

« Monsieur le Président,

Le 12 décembre dernier, France Bleu Toulouse est officiellement devenue France Bleu Occitanie, station régionale à l’ambition inédite dans le réseau France Bleu avec une couverture de 7 départements, équivalent à une zone 4 fois plus vaste que la région Île de France (comme le décrit le projet de maillage présenté en comité d’établissement le 19 septembre 2017).

Près de deux mois plus tard : nous, personnels de France Bleu Occitanie, avons effectivement changé d’échelle. Nous nous adressons à des auditeurs de plus en plus nombreux (en Haute-Garonne, dans le Gers, l’Ariège, le Lot et le Tarn – sans compter l’émetteur d’Agen en Lot-et-Garonne dans la région voisine, qui diffuse nos programmes depuis quelques années déjà – en attendant d’émettre très prochainement dans le sud du Tarn, le Tarn-et-Garonne et l’Aveyron) avec des moyens qui sont restés strictement identiques.

Mêmes effectifs :

  • 7 animateurs à qui l’on demande notamment de dégager du temps de travail (y compris au détriment d’éléments d’antenne et de tâches faisant partie de l’ADN de France Bleu) pour enrichir leurs carnets d’adresses et leurs contenus via la presse régionale (leur source quasi exclusive) ; charge à chacun ensuite, quel que soit son planning, de partager ses « trouvailles » avec les autres pour relayer des brèves régionales dans tous les programmes ;
  • 7 journalistes qui doivent considérablement élargir leur zone géographique d’intérêts (dans le cadre de la chronique éco quotidienne, dans le suivi plus ou moins lointain des faits divers ou encore dans la revue de presse/web chaque matin) sans autre moyen, eux non plus, que la consultation de toujours plus d’éditions de la presse régionale. « 7 journalistes », seulement en théorie, puisque le poste de journaliste sportif est vacant depuis le 1er août 2017, sans que l’on comprenne pourquoi, remplacé par un CDD bon gré mal gré tant la pénurie de journalistes sportifs sur le planning devient aiguë ;
  • 7 techniciens qui vont devoir travailler davantage de week-ends, chaque mois, sans compter des mobilisations techniques supplémentaires pour des extérieurs également la semaine afin d’assurer les émissions destinées à mieux faire connaître France Bleu sur ses nouveaux territoires.

En n’oubliant pas l’unique régisseur qui a désormais la charge de se déplacer dans 7 fois plus de départements pour installer les matériels de promotion qui accompagnent toutes ces émissions, les deux chargées de gestion qui voient progressivement alourdie leur charge de travail ou encore les deux seules chargées d’accueil toulousaines, qui doivent en permanence s’auto-remplacer, à qui l’on demande de subtilement jongler entre les fidèles auditeurs « à conserver » et les nouveaux à « recruter » (pour les infos trafic ou météo notamment).

Tout cela avec des moyens matériels identiques également : nous ne disposons, par exemple, toujours que d’une seule voiture par service et aucune nouvelle dotation ne nous a même été promise.

Sans projet éditorial clairement défini ni postes, ni moyens supplémentaires (PARL, RER, véhicules …), nous ne pourrons pas continuer à fournir le contenu nécessaire à un projet aussi ambitieux à la seule force de notre bonne volonté.

Si rien ne change, nous nous verrons obligés de revenir à un contenu strictement haut-garonnais, dès la rentrée des vacances d’hiver, le 5 mars, en Occitanie.

Monsieur le Président, un projet comme celui de France Bleu Occitanie, défini comme une priorité par Radio France dans le dernier contrat d’objectifs et de moyens signé avec l’Etat coûte forcément cher. Mais, si nous sommes tous prêts à l’accompagner avec enthousiasme, aucun d’entre nous n’en paiera seul le prix !

Rémi Bonin (régisseur),
Pierre Bouillin (technicien),
Stéphane Crochet (technicien),
Bénédicte Dupont (journaliste),
Cécile Finet (technicienne),
Alban Forlot (PARL),
Vincent Jacob (technicien),
Magalie Lacombe (journaliste),
Franck Langlois (PARL),
Blandine Laporte (chargée d’accueil),
Monique Lassave (chargée de gestion),
Olivier Lebrun (journaliste),
Sylvain Lecas (PARL),
Patrice Lecomte (technicien),
Vanessa Marguet (journaliste),
Stéphanie Mora (journaliste),
Brigitte Palchine (PARL),
Pierre-Alain Pedebernade (technicien),
Pascale Pellegrin (chargée de gestion),
Matthieu Soldano (PARL),
Pierre Viaud (journaliste),
Pascal Wijsbroek (PARL) 
Copie à
Laurent Guimier, Directeur des Antennes et des Contenus
Eric Revel, Directeur de France Bleu
Pierre Galibert, Directeur de France Bleu Occitanie
Jean-Marc Perez, Rédacteur en chef de France Bleu Occitanie
Elsa Rey, Responsable des programmes de France Bleu Occitanie
Philippe Jurado, Responsable technique de France Bleu Occitanie »

04 Jan

Un Toulousain lance une webradio qui diffuse les tubes de 1968

Renato Campi, ancien de Sud Radio, a lancé en ligne ce 4 janvier, la webradio 1968radio qui diffuse les hits de l’année 68. Une belle occasion de célébrer les 50 ans d’une année riche en événements.

Photo : AFP

Photo : AFP

« Je suis né en 1968 et pour mes 50 ans (NDLR : ce 4 janvier), j’ai eu l’idée de lancer cette webradio, explique Renato Campi, un ancien de Sud Radio à Toulouse où il a travaillé pendant 18 ans comme réalisateur d’émissions.

Le projet vient donc de se concrétiser ce jour avec le lancement de 1968Radio en ligne. « Le principe c’est : qu’est-ce qu’on entendait à la radio en 1968 ? précise Renato Campi. Il y a donc principalement des titres connus sortis cette année-là mais aussi des morceaux des années 67 ou 69 pour enrichir l’offre musicale ».

C’est donc l’occasion de réentendre les Beatles, Robert Charlebois, Jimmy Hendrix, Serge Gainsbourg ou Johnny Halliday. Une programmation « dans l’esprit de 1968 ».

Depuis Léguevin, près de Toulouse, où il vit et travaille, Renato Campi a aussi complété la webradio avec à chaque heure une petite pastille d’une trentaine de secondes sur le principe « un titre, une histoire » du journaliste René Girma (qui, en 1968, était sur Radio Andorre). Il y a aussi des extraits sonores de l’actualité de l’époque et elle est riche : les événements de mai 1968 mais aussi les jeux olympiques de Grenoble, le festival de Cannes interrompu, etc.

La webradio est gratuite et ceux qui y participent sont tous bénévoles. Elle peut être écoutée sur son site internet ou via la page facebook.

FV (@fabvalery)

12 Déc

A France Bleu Occitanie, un personnel « plutôt inquiet »

Journalistes, animateurs et personnels administratifs de la radio France Bleu ex-Toulouse rebaptisée Occitanie ce mardi s’inquiètent de l’absence de moyens face à ce projet de régionalisation.

Photo :  Radio France

Photo : Radio France

« Le personnel est plutôt inquiet ». Après le point de vue du directeur de la station Pierre Galibert lundi, le blog « Médias d’ici » a demandé son sentiment à une représentante du personnel, en l’occurence Magalie Lacombe, journaliste à France Bleu Occitanie et représentante SNJ (syndicat national des journalistes). Et elle ne cache pas l’inquiétude du personnel. 

Il faut dire que depuis le mois de février et l‘attribution des nouvelles fréquences dans les départements de l’ex-région Midi-Pyrénées, le personnel n’a eu des infos sur la transformation de la radio qu’au compte-gouttes.

2 reporters par jour pour huit départements

« La régionalisation de la radio est un projet qui est dans les cartons depuis longtemps, explique Magalie Lacombe. Il est même inscrit dans le COM (Contrat d’objectifs et de moyens) entre la tutelle et Radio France. Il s’agit de mailler le territoire de l’ex-région Midi-Pyrénées, de combler une zone blanche. Le problème c’est que ça arrive aujourd’hui dans un contexte très différent, avec la question des moyens alloués au service public audiovisuel ».

« On est conscients de la situation économique, continue la représentante du personnel, mais on est devenu la radio la plus vaste du réseau France Bleu et la moins dotée ! »

Le personnel réclame donc des moyens pour travailler dans de bonnes conditions. Actuellement, les 7 journalistes de la rédaction se répartissent sur toutes les fonctions : matinales, présentation des journaux, sport, week-end, etc. Seuls deux journalistes par jour sont programmés en reportage. C’était déjà un peu juste pour couvrir la métropole toulousaine. Demain (à échéance de l’été 2018), ce sera impossible de suivre l’actualité de huit départements.

« On risque de multiplier les interviews par téléphone, le desk et les reportages à distance, s’inquiète Magalie Lacombe. Vérifier l’info à distance c’est possible, mais le vrai reportage, il doit se faire sur le terrain ».

Une seule voiture de reportage

Le personnel attend donc des moyens humains supplémentaires, chez les journalistes, mais aussi les animateurs qui vont devoir assurer l’antenne depuis Toulouse sans relais locaux dans les autres départements. Sur ce sujet, le directeur de la radio, Pierre Galibert, nous répondait lundi que « ce dossier est entre les mains des ressources humaines du siège ». 

Mais il y a aussi la question des moyens techniques ou opérationnels. Ainsi, France Bleu ne compte… qu’une seule voiture de reportage. Pour couvrir des actualités à Pamiers, Auch ou Albi, ça va devenir compliqué !

« Il est indispensable de trouver des moyens pour travailler, conclut Magalie Lacombe. Le personnel, dont la moitié a participé au lancement de France Bleu Toulouse il y a 7 ans, sait que ce nouveau défi peut être stimulant. On aime ce que l’on fait. Il n’y a donc pas d’opposition franche. Mais c’est quand même inquiétant et même frustrant de savoir que l’on pourrait, en trouvant des ressources, faire notre travail convenablement ».

FV (@fabvalery)

11 Déc

Pourquoi la radio France Bleu Toulouse devient France Bleu Occitanie

Mardi 12 décembre, France Bleu Toulouse change de nom et étend progressivement sa couverture aux départements de l’ex-région Midi-Pyrénées.

(Photo : Christophe ABRAMOWTZ)

(Photo : Christophe ABRAMOWTZ)

Il faut tout changer : le logo, les jingles mais aussi (surtout) la ligne éditoriale. France Bleu Toulouse, l’une des dernières nées des radios locales de Radio France, va devenir une radio régionale.

Le projet était dans les cartons depuis plusieurs mois, notamment après l’attribution à Radio France de fréquences dans plusieurs départements de la région par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), comme nous vous l’avions indiqué sur ce blog à l’époque.

Le feu vert a été donné par la publication dans le Journal officiel de la délibération du CSA dimanche 10 décembre et salué par le directeur de France Bleu Toulouse, Pierre Galibert, qui a annoncé ce changement de nom sur les réseaux sociaux.

France Bleu Toulouse (oh pardon, Occitanie !) va donc en fait étendre sa couverture très progressivement. Cette semaine des émetteurs seront ouverts dans le sud de la Haute-Garonne, puis l’Ariège et le Gers. Il faudra ensuite travailler sur les autres départements concernés : Tarn, Tarn-et-Garonne, Aveyron, etc.

“Cette semaine nous ouvrons à Saint-Gaudens, puis Pamiers et Auch, précise Pierre Galibert. Le reste de l’extension sera terminée on l’espère au premier semestre 2018”.

Défi non-négligeable : France Bleu va émettre dans des départements ruraux où les auditeurs sont habitués à un paysage radiophonique sans antenne du service public. Cette absence historique a permis le développement de réseaux locaux privés comme 100 % Radio ou Radio Totem, qui ont un public fidèle. Pour ne pas faire de mécontents, le CSA vient d’ailleurs d’accorder à 100% Radio la fréquence 90.5 MHz à Toulouse, jusqu’alors utilisée à… France Bleu Toulouse (qui va donc déménager de fréquence en plus de son changement de nom).

Côté organisation, France-Bleu ne pourra pas couvrir l’actualité dans une vaste région avec les seuls huit journalistes (dont un rédacteur en chef) qu’elle compte actuellement sur l’agglomération toulousaine. En comparaison, France Bleu Provence compte 12 journalistes, France Bleu Nord 11 (pour deux départements à couvrir).

Mais la tendance n’est pas, ces temps-ci, aux embauches dans le service public audiovisuel ! Il faudra donc trouver des solutions pour installer des journalistes dans certains départements : en début d’année, la solution envisagée par Mathieu Gallet, le président de Radio France, était… la fermeture du bureau de France Inter et France Info à Toulouse ! Ainsi, cela libèrerait des postes, disponibles pour venir renforcer les équipes de France Bleu. Radio France envisageait notamment des ouvertures de postes à Montauban, Castres et Pamiers ! “Sur le sujet du déploiement de postes dans les départements, répond Pierre Galibert, le dossier est entre les mains des ressources humaines du siège”.

France Bleu Toulouse se pare donc mardi de son nouveau nom, Occitanie, alors qu’elle ne couvrira que la partie ouest de la région, correspondant à l’ancienne Midi-Pyrénées : France Bleu Hérault à Montpellier, France Bleu Gard à Nîmes et France Bleu Perpignan ne sont pas concernées par cette “régionalisation”.

Certains à Radio France voient cette transformation d’un mauvais oeil, la culture maison étant davantage la radio locale voire départementale. Pour certains personnels, cette régionalisation est un premier pas vers un rapprochement avec France 3. Il faut dire qu’Emmanuel Macron et le gouvernement ne cachent pas leur souhait de voir davantage de synergies entre les entreprises de l’audiovisuel public.

FV (@fabvalery)