08 Déc

Les associés du maire de Gaillac (Tarn) déboutés de leur poursuite en diffamation contre un article de presse

Le tribunal a relaxé La Dépêche du Midi, son directeur de la publication et le journaliste auteur de l’article.

Le tribunal d’Albi (Photo : E. Cayre / MaxPPP)

Mardi 3 décembre, le journal La Dépêche du Midi, son directeur de la publication Jean-Nicolas Baylet et le journaliste Patrick Guerrier comparaissaient devant le tribunal correctionnel d’Albi après la plainte en diffamation déposée en décembre 2017 par les deux associés du maire de Gaillac, Patrice Gausserand, au sein de la société « le comptoir des bastides ».

Pierre-Yves Olivier et sa femme chinoise, Jing Liu épouse Olivier, pointaient du doigt un article de la DDM datant du 16 septembre 2017 et intitulé « Chine : les relations du maire de Gaillac posent question » (cliquez ici pour en prendre connaissance).

Un article anti-chinois pour la partie civile…

Tous les deux s’estimaient avoir été salis par cet article laissant planer le doute, selon eux, sur leur probité et sur le fait qu’ils auraient profité du mandat du maire de Gaillac pour leurs affaires.

« Ils ont été victimes d’un véritable plan média contre Patrice Gausserand mené par l’opposition municipale » a assuré Me Laurent Decaunes lors de sa plaidoirie soulignant par ailleurs l’utilisation de façon « répétée et excessive » dans ce papier du nom de ses clients mais aussi la nationalité de Madame Olivier. Une façon de laisser sous-entendre une position raciste et anti-chinoise du journaliste rédacteur de l’article.

Intérêts privés et publics

Ce dernier s’est contenté d’expliquer à la barre que son intention n’avait jamais été de cibler le couple d’investisseurs mais de poser des questions sur les pratiques d’un élu, en l’occurrence Patrice Gausserand, mélangeant ses intérêts privés avec son mandat public, soulignant que l’élu n’a jamais évoqué devant le conseil municipal ses nouvelles activités.

Patrice Guerrier a par ailleurs rappelé que son travail de journaliste ne semblait pas dénoué de sens puisque Patrice Gausserand et Pierre-Yves Olivier comparaîtront le 17 décembre prochain devant le tribunal d’Albi pour corruption et prise illégale d’intérêt dans le rachat de la Bodega à Gaillac.

Le tribunal a décidé de relaxer le quotidien et ses représentants.

Pas de compte-rendu

Une petite victoire pour le journal et sa rédaction tarnaise dont n’auront pas connaissance leurs lecteurs. Un journaliste de la rédaction était dans la salle afin de publier un compte-rendu.

Depuis l’audience, rien n’a pourtant été publié. Un lien avec la 3e édition du festival des lanternes à Gaillac dont La Dépêche du Midi est partenaire et s’occupe de la régie publicitaire ?

05 Déc

Nouvelle réorganisation à la tête de la rédaction de La Dépêche du Midi

Après le départ du rédacteur en chef Jean-Claude Soulery, c’est au tour du directeur de la rédaction José Biosca de faire valoir ses droits à la retraite.

Photo E. Cabanis / AFP

Une (nouvelle) page se tourne. En quelques mois, la tête de la rédaction de La Dépêche du Midi, habituellement très stable, aura connu deux départs importants.

14 années à la tête de la rédaction

Après le rédacteur en chef Jean-Claude Soulery, c’est au tour du directeur de la rédaction José Biosca de partir à la retraite. La Dépêche du Midi l’annonce dans un communiqué : le directeur de la rédaction « fait valoir ses droits à la retraite » à partir du 31 décembre 2019.

José Biosca était à la tête de la rédaction depuis 14 ans.

Son départ est compensé par la nomination de deux rédacteurs en chef adjoints : Eric Berger, ancien responsable départemental du journal dans le Tarn arrivé au siège en septembre 2018, et un nouveau dans le giron de La Dépêche, Nicolas Moscovici, passé notamment par LCI (où il est encore rédacteur en chef web) et le JDD.

Quid du poste de directeur de la rédaction ?

Les deux nouveaux rédacteurs en chef adjoints seront directement rattachés au rédacteur en chef Lionel Laparade, qui a succédé à Jean-Claude Soulery au printemps dernier.

Le communiqué de La Dépêche du Midi ne dit pas clairement si José Biosca sera lui-même remplacé à son poste de directeur de la rédaction. Où si le poste sera laissé vacant. Mais une petite phrase donne un indice rappelant que « Lionel Laparade est (…) rattaché à Jean-Nicolas Baylet, directeur général et directeur de la publication ».

Jean-Nicolas Baylet avait succédé à sa grand-mère comme directeur de la publication du journal.

FV (@fabvalery)

28 Nov

La croisade des journalistes de Midi Libre contre le pillage de leurs articles sur les réseaux sociaux

Le journal a donné comme consigne à ses journalistes et correspondants de chasser les copies d’écran ou PDF d’articles qui circulent sur le net.

Olivier Biscaye, directeur de la rédaction de Midi Libre (Photo : M. Clementz / MaxPPP)

« On ne peut plus laisser faire, explique Olivier Biscaye, directeur de la rédaction de Midi Libre à Montpellier. L’enjeu est trop important pour les entreprises de presse. J’ai donc donné la consigne à nos journalistes, aux chefs de service et à nos 750 correspondants de ne plus laisser passer sur les réseaux sociaux des captures d’articles, voire de pages entières du journal ».

#pqrmonamour

Et le patron de la rédaction de Midi Libre (groupe La Depêche du Midi) a lui-même retroussé ses manches. Depuis quelques jours, il interpelle directement élus ou acteurs économiques qui tweetent ou partagent sur facebook des captures d’écrans du journal, comme par exemple au sujet de la fête des lumières à Montpellier, avec l’une des adjointes au maire Philippe Saurel :

« C’est du pillage ! »

Ces élus, ces décideurs connaissent les contraintes économiques des entreprises ; ils et elles sont pour la plupart favorables à aider et soutenir la presse. Mais quand ils sont sur les réseaux sociaux, ils font l’inverse ! Et on a constaté que depuis quelques semaines cela avait pris de l’ampleur, donc on réagit (Olivier Biscaye)

La question de l’accès gratuit à l’information est un vaste débat, depuis des années en France. Le modèle économique que défend Midi Libre c’est celui de l’info payante.

Nos lecteurs sont prêts à payer pour de l’info de qualité, issue du travail rémunéré de journalistes professionnels, nous le savons. Mais quand nous consacrons deux pages à un événement, disponibles dans le journal papier payant ou sur le site pour nos abonnés et que cela se retrouve dès 8 heures du matin en PDF sur les réseaux sociaux, il s’agit ni plus ni moins que de pillage (Olivier Biscaye)

Le directeur de la rédaction de Midi Libre est rejoint en cela par de nombreux journalistes, notamment de la presse quotidienne en France.

Le début d’un mouvement dans la presse française ?

Des journalistes de La Montagne (groupe Centre France) interpellent régulièrement des internautes qui publient les articles in extenso plutôt que de partager le lien vers leur site, comme par exemple la directrice des rédactions du groupe, interpellant un syndicat d’éleveurs bovins :

Vous ne distribuez pas vos animaux gratuitement après les avoir élevés ? Pourquoi le faire avec nos articles ? »

On ne s’imagine pas sortir d’une boulangerie sans payer sa baguette ou sa chocolatine. L’info a également une valeur.

Monétisation des contenus

Les journaux, nationaux ou régionaux, ont subi de plein fouet l’arrivée de la presse en ligne. Comme le rappelle Olivier Biscaye, « longtemps notre modèle a été le tout gratuit en ligne. On a fait de l’audience, parfois beaucoup d’audience, mais sans rien monétiser ou presque… Aujourd’hui le modèle est devenu payant et il faut le faire respecter« .

Le comble c’est que, parfois, ceux qui partagent gratuitement sur les réseaux sociaux le travail des journalistes sont aussi les mêmes qui fustigent les ogres Google et Facebook qui s’assoient allègrement sur les droits d’auteurs !

Sans même sans rendre compte ?

FV @fabvalery

02 Oct

Toulouse : à « Presse en scène », les journalistes travaillent… sur une scène de théâtre !

L’événement, le 8 octobre au Théâtre du Pavé, a l’ambition de faire monter des journalistes sur scène pour « écrire » en direct un journal sur le thème de l’égalité hommes-femmes.

Copyright : Théâtre du Pavé

On peut écrire un journal, l’imprimer sur du papier ou le publier sur internet. On peut aussi, et c’est ce que propose « Presse en scène », l’écrire en direct sur la scène d’un théâtre. Sans qu’il soit publié autrement que dans la tête des membres du public.

A l’initiative de la fondation Oïkos, cet événement va pousser quelques journalistes à monter sur la scène du théâtre du Pavé et à se produire, non pas en étant un acteur qui joue le rôle d’un journaliste, mais journaliste qui travaille face au public.

Le thème retenu pour cette première c’est l’égalité hommes-femmes.

Pour encadrer ces courageux journalistes prêts à affronter le public en direct, il y aura des « experts », spécialistes du sujet, mais également des comédiens, des vrais, ceux qui sont régulièrement sur scène pour raconter la vie des autres non pas seulement avec des mots mais aussi avec leur voix, leur chair, leurs membres, leur corps entier.

Expérience sans doute étrange, qui a en tout cas le mérite de casser les codes et mettre les journalistes directement face à leur public.

« Presse en scène »

Mardi 8 octobre 2019 à 20 heures

Théâtre du Pavé à Toulouse

Inscription sur le site internet dédié (cliquer ici)

26 Juin

En dix ans, 13 % de journalistes locaux en moins en Occitanie

Médiacités publie une enquête sur l’état de presse quotidienne régionale et locale en France où il apparaît une chute des effectifs. L’Occitanie est particulièrement concernée, notamment les départements de l’ex-Languedoc-Roussillon.

Le siège de Midi Libre à Saint-Jean-de-Védas près de Montpellier (Photo : MICHAEL ESDOURRUBAILH/ MaxPPP)

On dit d’une démocratie qu’elle est en bonne santé quand sa presse est diverse, pluraliste et vivace. La notre doit être un peu malade.

Dans une longue enquête fouillée publiée ce mardi 26 juin, le site d’investigation locale Médiacités (cliquez ici) fait l’état des lieux de la presse quotidienne en France. Et ce n’est pas brillant.

Médiacités a recensé notamment la baisse du nombre de cartes de presse entre 2009 et 2018 département par département. En moyenne, le nombre de journalistes locaux a baissé de 12,5 % en France en une dizaine d’année.

Cette baisse est encore plus sensible en Occitanie, d’après les chiffres recueillis par Médiacités : 13,12 % de baisse en moyenne dans les 13 départements de la région avec des records notamment dans les départements de l’ex-région Languedoc-Roussillon comme l’Hérault, l’Aude, les PO, etc, qui atteignent plus de 16 % de baisse du nombre de journalistes.

Le rachat des journaux du Midi (Midi Libre, L’Indépendant, etc) par La Dépêche du Midi, la fermeture d’agences, le recentrage de La Marseillaise qui a quitté certains départements, la crise générale de la presse écrite face au numérique sont autant de raisons à cette forte baisse.

L’enquête de Médiacités comprend également une carte interactive (cliquez ici) des fermetures d’agences locales ou départementales partout en France.

FV @fabvalery

04 Mar

Lionel Laparade, nouveau rédacteur en chef de La Dépêche du Midi

Il succède à Jean-Claude Soulery, qui a fait valoir ses droits à la retraite mais demeure éditorialiste du journal.

Lionel Laparade

Officiellement, depuis la fin de l’année 2018, La Dépêche du Midi n’avait plus de rédacteur en chef. C’est désormais terminé : Lionel Laparade a été nommé rédacteur en chef du journal si l’on en croit le tweet du directeur de la rédaction, José Biosca.

Lionel Laparade prend la succession de Jean-Claude Soulery, rédacteur en chef du journal qui vient de prendre sa retraite mais conserve tout de même un rôle d’éditorialiste à La Dépêche.

Lionel Laparade était jusqu’à présent rédacteur en chef adjoint et responsable notamment du desk numérique du journal.

FV (@fabvalery)

25 Fév

A Toulouse, une soirée de soutien au journal L’Humanité

Alors que le journal est en grande difficulté financière, une soirée de soutien est organisée à Toulouse mercredi 27 février, dans la ville où son fondateur, Jean Jaurès, a été conseiller municipal et adjoint au maire.

Photo : MaxPPP

Après Paris, Toulouse est la deuxième ville à accueillir un mouvement de soutien au journal L’Humanité. Elle se déroule ce mercredi 27 février de 18 heures à minuit, au Forum de la Renaissance dans le quartier Basso-Cambo.

Son fondateur Jean Jaurès a été élu de Toulouse

Toulouse a un lien particulier avec le journal car son fondateur, Jean Jaurès, a été plusieurs années élu au conseil municipal de la ville (entre deux mandats de député du Tarn) où il s’occupait notamment des questions d’éducation.

Il s’agira d’une soirée à la fois de débats mais aussi festive : de nombreuses personnalités de gauche ont répondu favorablement à cet appel dont Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie, Georges Méric, président PS de la Haute-Garonne, Pierre Cohen, ancien maire (ex-PS, désormais à Génération-s) de Toulouse et beaucoup d’élus régionaux ou locaux (Claude Raynal, Régis Godec, Nadia Pellefigue, Christian Picquet, Serge Regourd, Myriam Martin, Pierre Lacaze, etc) ou des personnalités comme Salah Amokrane, ex-leader des Motivés et proche de Benoît Hamon… Le patron de la fédé départementale du PS, Sébastien Vincini y apportera aussi, en tant que secrétaire national, le soutien des militants et dirigeants socialistes.

Des artistes ont également apporté leur soutien comme le groupe toulousain Les Grandes Bouches ou le cinéaste Robert Guédiguian, président de la cinémathèque de Toulouse.

Soutiens aussi dans le Tarn

Dans le département voisin du Tarn, là où Jaurès a été député, le soutien s’organise aussi avec notamment des collectes pour aider le personnel du journal. 

En redressement judiciaire

Le journal est en grande difficulté financière. En cessation de paiement, il a été placé en redressement judiciaire le 7 février dernier avec une période d’observation de 6 mois. Un nouveau rendez-vous est prévu devant le tribunal de commerce de Bobigny le 27 mars.

Proche du Parti Communiste, le journal créé en 1904 souffre de l’effondrement de ses ventes. Malgré les fortes aides du ministère de la culture, versées chaque année à L’Huma, son modèle économique est d’une très grande fragilité.

Sa survie passe par la mobilisation de ceux qui sont attachés au pluralisme de la presse en France mais aussi à une réorganisation interne.

FV (@fabvalery)

 

10 Oct

Editée à Toulouse, la revue Radici sort un numéro spécial « migrants » avec des signatures prestigieuses dont Roberto Saviano

La revue dirigée par le Toulousain Rocco Femia s’est mobilisée face à la situation politique en Italie.

Roberto Saviano (Photo : MaxPPP)

Lien avec la communauté italienne en France, la revue Radici, éditée à Toulouse, ne pouvait rester insensible à la situation politique en Italie avec notamment les prises de position cinglantes du ministre de l’Intérieur Matteo Salvini sur la politique d’immigration.

Le directeur de Radici, Rocco Femia a donc fait appel à de nombreuses signatures, en France et en Italie, pour mener à bien le projet de faire de l’édition automnale de ce bimestriel un numéro spécial sur les migrants, « car le moment est à l’engagement ».

Radici s’appuie sur le soutien de titres de la presse italienne  (L’Espresso, Il Fatto Quotidiano, Micromega, Famiglia Cristiana, Globalist) et sur des signatures prestigieuses dont celle du journaliste et écrivain Roberto Saviano. L’auteur de « Gomora », spécialiste de la mafia, et devenu pour une partie des Italiens le symbole de la résistance au ministre de l’Intérieur Matteo Salvini.

Aux côtés d’auteurs et journalistes, en Italie et en France, il signe donc un texte dans ce numéro spécial de 84 pages de Radici.

La revue bilingue est disponible en kiosques, en librairie ou sur abonnement.

FV (@fabvalery)

05 Oct

Une centaine de dessins de Charb exposés à Toulouse

La revue toulousaine « Noir & Blanc », née après l’attentat contre Charlie Hebdo, organise pendant 5 semaines une expo d’une centaine de dessins du directeur de Charlie, tombé sous les balles des terroristes.

Charb photographié en 2012 (Photo : AFP)

« Ce n’est pas difficile de trouver des dessins de Charb toujours d’actualité : il en a produit des milliers et beaucoup sont encore vraiment en lien avec notre époque » explique David Fauré, le créateur de la revue « Noir & Blanc », à l’origine de l’exposition d’une centaine de dessins de Charb à Toulouse (du 6 octobre au 10 novembre 2018).

Une exposition de reproductions de dessins d’actualité qui se tient dans 17 lieux de Toulouse : disquaires, cinés, bars, restos, coiffeurs et même à la médiathèque José Cabanis. En collaboration avec Clutch et Campus FM.

Trois semaines avant l’attentat, David Fauré, passionné par le dessin de presse, avait écrit à la rédaction de Charlie Hebdo pour lui apporté son soutien, alors que le journal traversait une crise financière. Bouleversé par l’attentat, le Toulousain a voulu rendre hommage aux dessinateurs tombés sous les balles. Le 1er avril 2015, 3 mois après l’attentat, il a donc lancé le premier numéro de « Noir & Blanc, le journal sans couleurs et sans a priori ».

« Chaque mois, j’invite un nouveau dessinateur pour la une et un portfolio, explique-t-il. Nous en sommes au 39ème numéro, distribué à chaque fois entre 400 et 500 exemplaires, auxquels s’ajoutent les nombreuses expositions dans la ville ».

Celle-ci est une nouvelle occasion de (re) découvrir le travail sans concession de Charb. Tout le programme est à découvrir sur la page facebook de « Noir & Blanc ». 

FV (@fabvalery)

18 Sep

Voici les chiffres des ventes des journaux papier dans notre région (spoiler : la chute se poursuit)

L’alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM) vient de révéler les chiffres de diffusion de la presse quotidienne et hebdomadaire. En Occitanie, la tendance n’est pas une surprise : presque tous les titres sont à la baisse.

Les médias de presse écrite ont pris, ces dernières années, l’habitude de communiquer sur les chiffres globaux de leur diffusion (papier + internet) : avec l’avènement de la consommation d’infos sur internet, notamment sur smartphone, ces chiffres sont souvent gigantesques, impressionnants. Ils ont surtout le mérite d’être l’arbre qui cache la déforestation : la chute continuelle et inexorable de la diffusion de la presse sur papier.

Or, c’est toujours grâce au papier que les entreprises de presse (nationales, régionales, départementales, voire locales) gagnent encore un peu d’argent. Le net rapporte peu. Les chiffres de diffusion payée sont également très importants car ils permettent d’établir une grille tarifaire pour les achats d’espaces publicitaires.

En publiant les chiffres 2017/2018 (de juillet à juin), l’ACPM indique qu’en France la presse écrite représente 3,5 milliards d’exemplaires par an (pour 642 titres) soit « près de 10 millions d’exemplaires par jour ». Impressionnant ! Mais quand on regarde titre par titre, la spirale est négative.

La Dépêche du Midi, premier titre dans la région, mais…

Avec 135 477 exemplaires par jour, La Dépêche du Midi conserve sa place de leader de la presse régionale en Occitanie. Mais ce chiffre est en baisse sur un an de -3,43 %. En comparaison, en 2014, la diffusion du journal atteignait 155 000 exemplaires/jour. 20 000 lecteurs quotidiens se sont envolés en 4 ans. Et la chute semble continuer : en juin 2018, la diffusion France payée n’était que de 131 000 exemplaires pour La Dépêche.

Le journal se classe à la 11ème place nationale, loin derrière le leader incontesté de la presse quotidienne régionale, Ouest-France, et ses 659 681 exemplaires, ce qui n’empêche pas le titre de procéder à des suppressions de postes et même à de brutales fermetures d’agences locales.

Midi-Libre sous la barre des 100 000 exemplaires

Midi-Libre, qui appartient désormais à La Dépêche du Midi arrive en 13ème position de ce classement. Surtout, le journal montpelliérain voit sa diffusion quotidienne passer sous la barre symbolique des 100 000 exemplaires à 98 960 contre 101 423 l’année précédente (- 4,72 %).

Les autres titres du groupe La Dépêche du Midi sont également en baisse :

  • L’Indépendant est à 43 888 exemplaires/jour (- 3,40 %)
  • Centre Presse Aveyron à 16 017 (-2,64 %)
  • La Nouvelle République des Pyrénées  à 9 551 (-3,53 %)

Et la presse hebdomadaire ?

Le premier hebdomadaire local en Occitanie en terme de diffusion payée et le Tarn Libre qui diffuse à 10 408 exemplaires mais en baisse de – 5,54 % sur un an.

Le Journal d’Ici Tarn et Lauragais, lui, progresse légèrement de 1,01 % à 6 669 ventes par semaine. Dans l’Aveyron, Le Villefranchois (groupe La Dépêche) est à 6 389 (- 3,14 %), le Journal de Millau à 5 609 (-0,39 % sur un an) et le Bulletin d’Espalion à 4 968 (-2,20 %). La Semaine des Pyrénées, à Tarbes, affiche 4 076 et un légère progression sur un an de + 1,70 % de sa diffusion payée. Toujours dans les Hautes-Pyrénées, L’Essor Bigourdan de Lourdes vent 1 436 exemplaires par semaine (- 1,37 %).

FV (@fabvalery)