20 Déc

Journalisme : 2019, annus horribilis

Violences, précarité, dérapages, course à l’audience. L’année qui s’achève n’a pas été la plus brillante pour le métier de journaliste.

Photo : Christophe Petit Tesson / MaxPPP

Mon métier, celui que j’exerce depuis presque 30 ans déjà, celui que j’ai toujours voulu faire, depuis tout petit, sans même savoir à l’époque en quoi il consistait, ce métier-là et ce qui l’entoure se sont particulièrement dégradés. Et 2019 a bien fait son oeuvre.

L’année qui s’achève aura été compliquée pour ce métier que j’adore (toujours). Elle me pousse à quelques réflexions que des collègues ne partageront pas (ou pas toutes) mais que je veux ici argumenter.

Avant toute chose, comme je l’ai toujours fait sur ce blog, la défense du métier de journaliste n’est pas, pour moi, un réflexe corporatiste. La liberté de la presse, le pluralisme, l’exercice libre et entier de ce métier sont des piliers essentiels dans une démocratie. Les barrières à l’exercice du métier mais aussi les simulacres de journalisme (j’y reviendrai plus loin) sont des obstacles à un accès libre à une information vérifiée et recoupée pour chaque citoyen qui le souhaite.

Insultes, coups, interpellations, jugements…

L’année aura été marquée par une forte augmentation de la violence envers les journalistes en France. Certes, dès la fin 2018 et les premières manifs de Gilets jaunes, on a vu des journalistes pris à partie, insultés, menacés physiquement par des manifestants inconscients. A Toulouse, le souvenir de ces images hante encore la profession.

Mais au fil des samedis, on ne compte plus les journalistes blessés par des jets de projectiles, par des armes des forces de l’ordre, ceux au matériel de protection (un casque, un masque pour respirer, etc) confisqué avant les manifs, ceux, enfin et c’est le plus grave, interpellés, placés en garde à vue, jugés. Et même lorsque le journaliste interpellé a été arrêté par erreur, confondu avec un manifestant violent, la police ne reconnaît pas son erreur et il faut aller jusque devant un juge pour que l’innocence du reporter soit reconnue, comme ce fut le cas en novembre pour un jeune confrère toulousain.

La peur au ventre

Chaque jour, une douleur persistante à la cheville droite me rappelle le 12 janvier dernier. J’ai été blessé ce jour-là lors d’une manifestation place du Capitole, par une grenade de désencerclement. Un éclat a fait exploser le verre de mes lunettes, protégeant miraculeusement mon oeil d’une blessure.

Au fil des samedis, les cas de journalistes blessés ou violentés se comptent par dizaines. Le journaliste David Dufresne les compulse méthodiquement.

Je suis retourné sur le terrain des manifs deux mois plus tard. Les choses avaient changé.

J’y ai croisé des confrères aguerris ayant « la peur au ventre ». Plus méfiants, moins « au contact ». Depuis septembre je ne suis pas retourné sur les manifs de Gilets jaunes. Ce que je pouvais apporter comme éléments d’information durant les nombreux samedis de couverture du mouvement à ses débuts ne me semble plus possible aujourd’hui sans risque pour ma propre intégrité physique. Je ne cherche pas la bagarre. Je veux juste pouvoir informer sans danger.

Sans jouer les vieux briscards, on a tous, journalistes, couvert des manifestations qui dégénèrent. Dans le brouillard des lacrymos, on se protégeait, et face à un groupe de policiers ou CRS chargeant les manifestants, quand on était un peu trop près, il suffisait de s’identifier en criant « presse, presse, je suis journaliste » et la vague passait.

Aujourd’hui, la mention « presse » sur le casque, le brassard bien visible, une caméra, un appareil photo ou un smartphone équipé pro ne vous protègent plus. 

Régulièrement, lors des mouvements sociaux, les journalistes sont délibérément pris pour cible par les forces de l’ordre.

La vague, désormais, vous risquez de vous la prendre en pleine gueule. Non, merci.

Une dégradation généralisée

Comment en est-on arrivé là ? Chacun aura sa propre opinion sur le sujet.

En couvrant un rassemblement illégal, vous y participez. Vous savez donc les risques que vous prenez» m’a dit un policier après ma blessure.

Suffisamment stupéfiant pour me laisser sans voix.

L’un des points essentiels pour comprendre la dégradation des relations police-journaliste, c’est que la presse française (dans son ensemble et malgré quelques exceptions notables) a fait le taff sur les pratiques policières et sur la montée des violences. Au fil des mois, nous avons écrit, documenté, expliqué, interrogé. On nous reprocherait donc d’avoir fait notre travail ? On paye cher cette liberté.

Mais il y a d’autres points. Qu’il ne faut pas négliger.

Peut-on être témoin et acteur en même temps ? Je fais partie de ceux qui pensent qu’on ne peut pas être journaliste sur le terrain, témoin de ce qui se passe (être les yeux et les oreilles du lecteur ou du téléspectateur avide d’infos) et en même temps prendre position publiquement, notamment en direction des forces de l’ordre… C’est une question d’impartialité. Ce qui nous permet d’écrire ou de dire librement tout ce que l’on voit ou constate.

Malheureusement, des journalistes, parfois très expérimentés, ne se comportent pas sur le terrain avec le recul nécessaire. Donner du sérum physiologique à une maman prise dans les lacrymos avec ses enfants alors qu’elle faisait des courses en centre-ville, ce n’est pas prendre position. Mais invectiver les policiers lors d’une interpellation (même virile) ce n’est pas faire son boulot correctement. Nous sommes là pour dire et montrer, pas pour nous interposer. En faisant cela, certains journalistes choisissent leur camp. Ce n’est pas, à mon sens, celui de l’info.

Ensuite, je suis pour que le journaliste demeure un métier ouvert. Pour que les journalistes ne soient pas tous issus du même milieu social, de la même formation, du même moule. Mais quand on voit, comme on a pu le constater à Toulouse, un jeune manifestant au premier rang des manifs pendant des semaines, aux côtés des plus radicaux, surgir un samedi avec un casque portant la mention « presse » et s’autoproclamer journaliste sur les réseaux sociaux, voire comme quasi-porte parole de la profession face à la police, cela pose question sur l’encadrement de notre métier.

Le « tous journalistes » fait progresser la précarité des professionnels

Enfin, dernier point sur ce sujet, les mouvements sociaux, notamment cette année, ont été un terrain fertile pour l’expérimentation grandeur nature du métier de journaliste par de jeunes apprentis. Certains s’en sortent très honorablement, avec un vrai regard « circulaire » sur les événements, un recul nécessaire… Mais d’autres malheureusement, pour la photo qui choque ou la vidéo aux 50 retweets, vont prendre des risques inconsidérés, méconnaissant ou ignorant les règles de base du métier. Ils sont souvent aux premières loges, certes, mais souvent aussi ceux qui s’exposent le plus, pour une montée d’adrénaline et quelques heures de gloire sur Twitter.

Pour un live sur Facebook ou quelques photos, ils bouleversent (involontairement) le travail de professionnels qui pour certains (c’est notamment vrai pour les photographes de presse) sont des précaires, dont le niveau de vie est lié à la vente du produit de leur travail. Ceux-là subissent de plein fouet le « Tous Journalistes » qui se généralise : « Coco, tes photos sont pas très spectaculaires, je préfère acheter celles que j’ai vu chez un twittos ! ». Ils sont les premières victimes de cette surenchère.

Et quand on sait que l’attribution de la carte de presse est notamment liée à la proportion des revenus issus du journalisme, la boucle est bouclée et la précarité grandit. Ce n’est pas, non plus, un signe de bonne santé pour la profession et pour notre société.

Course effrénée à l’audience

Autre fait marquant de la dégradation du métier de journaliste, la culture de l’audience, notamment sur le numérique. Du quantitatif pur.

Il y a 30 ans on se moquait d’une chaîne de télé, tout juste privatisée, dont les dirigeants affichaient les audiences de la veille dans les ascenseurs, histoire de mettre un peu la pression sur le personnel.

Aujourd’hui, tous les médias, ou presque, ne cessent de communiquer sur leurs audiences web. On ne montre que la face visible de la lune. La presse écrite, frappée de plein fouet depuis des années par la numérisation de l’info, ne communique plus sur les maigres ventes de sa version print. Aujourd’hui c’est le site internet ou rien.

A coups de dizaines de millions de visites par mois, chacun montre ses muscles. C’est la glorification d’une audience qui, par nature, est volatile, peu fidèle et qui picore de l’info un peu partout.  Du quantitatif au détriment du qualitatif.

Si l’augmentation de l’audience numérique est le seul objectif, c’est l’éditorial qui trinque. Ne nous méprenons pas : il est important de savoir que les articles publiés sont lus, partagés, que les vidéos sont visionnées… Personnellement, j’assume ma dépendance à Chartbeat, l’outil de suivi en direct de l’audience numérique !

Mais la dérive, cette année, s’est amplifiée dans certaines rédactions : entre deux papiers à écrire, beaucoup choisissent celui dont on sait qu’il va marcher. Répondre à la demande immédiate du lecteur, plutôt que lui proposer une offre qui peut aussi le séduire.

Bilan : des chiffres qui gonflent mais de plus en plus de titres « putaclics » et de nombreux faits divers…

«Les deux mamelles du journalisme moderne sont l’information et le démenti » disait Pierre Lazareff, mort en 1972 et qui n’a pas connu les excès de l’info sur le web.

Aux mépris des règles du métier, on cumule l’audience d’un article écrit à la va-vite avec celle d’un papier du lendemain qui dit exactement l’inverse.

A ce sujet, 2019 est à marquer d’une pierre noire : l’affaire Dupont de Ligonnès a donné un sacré coup derrière la tête au métier de journaliste. D’autres l’ont bien détaillé, je n’y reviendrai pas.

Heureusement, ces derniers mois, plusieurs médias ont travaillé à une autre manière de traiter l’info : publier moins mais mieux, redonner la parole, enquêter, y compris localement, éviter le journalisme moutonnier qui recopie ce que le concurrent a déjà publié sans y ajouter la moindre plus-value. Mais c’est un labeur long et pénible. Un combat.

D’autant que dans le flot d’infos qui se déverse toute la journée sur nos smartphones et tous nos écrans, la vraie info, le bon travail de vérification, sont souvent noyés, disparaissant sous la marée d’infos sans importance.

Sur internet, via les réseaux sociaux, il n’y a pas de hiérarchie de l’info. Alors tout semble avoir la même valeur : une vidéo d’un hippopotame qui glisse dans une mare au Kenya comme une longue enquête sur l’islamisme ou un témoignage poignant sur le cancer. Devinez celui qui fera le plus d’audience ?

Déontologie et cadre législatif

Dans ce malstrom informatif, la tentation est forte d’encadrer davantage le métier de journaliste. Sous couvert de lutter contre le poids des plateformes type Facebook ou Twitter, notamment en période électorale, le gouvernement promulgue une loi anti-infox ; un secrétaire d’Etat appelle à la création d’un conseil de l’ordre des journalistes ; un sénateur de Montpellier tente de faire voter des amendements interdisant de photographier ou de filmer un policier sur la voie publique, etc.

Sous la pression, la profession a donc créé en cette fin 2019 un Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation. Ne jugeons pas avant de l’avoir vu à l’oeuvre. Mais nous sommes nombreux à penser que le métier de journaliste a déjà suffisamment de garde-fous : la Charte de déontologie de Munich (1971), les chartes diverses adoptées dans les entreprises de presse et puis il y a aussi la conscience individuelle de chaque journaliste confrontée quotidiennement à l’exercice collectif de ce métier, à la « ligne éditoriale » de son média.

Des raisons d’espérer

Non décidément, 2019 est bien annus horribilis pour l’exercice de ce métier. Volontairement, je ne suis pas exhaustif. D’autres faits durant l’année, notamment, j’insiste, la précarisation du métier, mériteraient d’être détaillés ici. Le sociologue des médias Jean-Marie Charron parle d’un « vent mauvais » pour les journalistes. C’est un cyclone dont on ne verrait pas la fin…

Mais il existe aussi des raisons d’espérer au premier rang desquels la place, de plus en plus importante, du journalisme d’investigation. Aux côtés du Canard Enchaîné ou de Médiapart, les initiatives comme Médiacités dans les grandes villes, le collectif WeReport, le média à but non lucratif Disclose, remettent l’enquête au coeur des bases professionnelles.

Tout aussi honorable, il faut signaler le travail précis de nombreux journalistes dans des médias généralistes plus traditionnelles pour révéler des infos, sortir des enquêtes, bousculer les habitudes… Ils doivent faire la fierté de leur rédaction. Signalons enfin, la volonté de certains médias de s’ouvrir aux signalements des citoyens, d’enquêter grâce à des lanceurs d’alertes locaux….

Enfin, et ce n’est pas négligeable, il faut croiser le regard des étudiants en journalisme. Il faut y lire leur motivation à exercer ce métier-passion, leur détermination à le faire dans les règles, à se nourrir de l’expérience de confrères pour tracer leur propre chemin. A ne pas se laisser séduire par un journalisme facile, par un exercice dévoyé de ce métier. Cela redonne de l’espoir.

Ciao 2019, on ne te regrettera pas. Vivement 2020.

Et bonnes fêtes à tous les lecteurs de ce blog.

FV (@fabvalery)

11 Déc

Les « reporters en colère » se manifestent à Toulouse

Ce collectif qui dénonce les pratiques policières vis-à-vis de la presse pendant les manifestations a déployé une banderole durant la manif contre la réforme des retraites mardi 10 décembre.

H. Murail (@HMurail / Twtter)

A Toulouse, des journalistes, des photographes ont, ces derniers mois, depuis le début des manifs de Gilets jaunes, étaient visés, blessés, violentés, voire placés en garde à vue par les forces de l’ordre.

Comme à Paris, un collectif se dresse « contre la répression ».

Mardi 10 décembre, lors de la manifestation contre la réforme des retraites dans Toulouse, ils sont quelques uns à avoir déployé une banderole « Reporters en colère » face aux forces de l’ordre.

Visages masqués

Et comme à Paris, certains des reporters qui ont choisi de faire connaître leur inquiétude ont choisi de dissimuler leur visage, comme on le voit sur la vidéo ci-dessus. Une pratique qu’il faut bien qualifiée de contradictoire avec la volonté affichée de travailler librement.

De plus, participaient à ce rassemblement à Toulouse, des « reporters » très engagés ces derniers mois dans la mouvement des Gilets jaunes dans la ville rose, voire des manifestants qui se sont ensuite, au fil des mois, improvisés ou auto-proclamés journalistes.

Conditions de travail difficiles

Ceci étant dit, de plus en plus de journalistes couvrant les manifestations sociales se plaignent du traitement de la presse par les forces de l’ordre. Les conditions de travail dans ce contexte sont ainsi rendues extrêmement difficiles : saisie de matériel de protection ou d’enregistrement vidéo, quand les journalistes ne sont pas directement visés, par exemple par des tirs de LBD.

Le tout à un moment où le Sénat, sous l’impulsion du sénateur de l’Hérault Jean-Pierre Grand, a adopté un amendement permettant de condamner toute personne filmant ou photographiant les forces de l’ordre sans leur autorisation. Un texte qui va à l’encontre de la liberté de la presse dénoncent les organisations professionnelles et des juristes.

FV (@fabvalery)

08 Déc

Les associés du maire de Gaillac (Tarn) déboutés de leur poursuite en diffamation contre un article de presse

Le tribunal a relaxé La Dépêche du Midi, son directeur de la publication et le journaliste auteur de l’article.

Le tribunal d’Albi (Photo : E. Cayre / MaxPPP)

Mardi 3 décembre, le journal La Dépêche du Midi, son directeur de la publication Jean-Nicolas Baylet et le journaliste Patrick Guerrier comparaissaient devant le tribunal correctionnel d’Albi après la plainte en diffamation déposée en décembre 2017 par les deux associés du maire de Gaillac, Patrice Gausserand, au sein de la société « le comptoir des bastides ».

Pierre-Yves Olivier et sa femme chinoise, Jing Liu épouse Olivier, pointaient du doigt un article de la DDM datant du 16 septembre 2017 et intitulé « Chine : les relations du maire de Gaillac posent question » (cliquez ici pour en prendre connaissance).

Un article anti-chinois pour la partie civile…

Tous les deux s’estimaient avoir été salis par cet article laissant planer le doute, selon eux, sur leur probité et sur le fait qu’ils auraient profité du mandat du maire de Gaillac pour leurs affaires.

« Ils ont été victimes d’un véritable plan média contre Patrice Gausserand mené par l’opposition municipale » a assuré Me Laurent Decaunes lors de sa plaidoirie soulignant par ailleurs l’utilisation de façon « répétée et excessive » dans ce papier du nom de ses clients mais aussi la nationalité de Madame Olivier. Une façon de laisser sous-entendre une position raciste et anti-chinoise du journaliste rédacteur de l’article.

Intérêts privés et publics

Ce dernier s’est contenté d’expliquer à la barre que son intention n’avait jamais été de cibler le couple d’investisseurs mais de poser des questions sur les pratiques d’un élu, en l’occurrence Patrice Gausserand, mélangeant ses intérêts privés avec son mandat public, soulignant que l’élu n’a jamais évoqué devant le conseil municipal ses nouvelles activités.

Patrice Guerrier a par ailleurs rappelé que son travail de journaliste ne semblait pas dénoué de sens puisque Patrice Gausserand et Pierre-Yves Olivier comparaîtront le 17 décembre prochain devant le tribunal d’Albi pour corruption et prise illégale d’intérêt dans le rachat de la Bodega à Gaillac.

Le tribunal a décidé de relaxer le quotidien et ses représentants.

Pas de compte-rendu

Une petite victoire pour le journal et sa rédaction tarnaise dont n’auront pas connaissance leurs lecteurs. Un journaliste de la rédaction était dans la salle afin de publier un compte-rendu.

Depuis l’audience, rien n’a pourtant été publié. Un lien avec la 3e édition du festival des lanternes à Gaillac dont La Dépêche du Midi est partenaire et s’occupe de la régie publicitaire ?

05 Déc

Nouvelle réorganisation à la tête de la rédaction de La Dépêche du Midi

Après le départ du rédacteur en chef Jean-Claude Soulery, c’est au tour du directeur de la rédaction José Biosca de faire valoir ses droits à la retraite.

Photo E. Cabanis / AFP

Une (nouvelle) page se tourne. En quelques mois, la tête de la rédaction de La Dépêche du Midi, habituellement très stable, aura connu deux départs importants.

14 années à la tête de la rédaction

Après le rédacteur en chef Jean-Claude Soulery, c’est au tour du directeur de la rédaction José Biosca de partir à la retraite. La Dépêche du Midi l’annonce dans un communiqué : le directeur de la rédaction « fait valoir ses droits à la retraite » à partir du 31 décembre 2019.

José Biosca était à la tête de la rédaction depuis 14 ans.

Son départ est compensé par la nomination de deux rédacteurs en chef adjoints : Eric Berger, ancien responsable départemental du journal dans le Tarn arrivé au siège en septembre 2018, et un nouveau dans le giron de La Dépêche, Nicolas Moscovici, passé notamment par LCI (où il est encore rédacteur en chef web) et le JDD.

Quid du poste de directeur de la rédaction ?

Les deux nouveaux rédacteurs en chef adjoints seront directement rattachés au rédacteur en chef Lionel Laparade, qui a succédé à Jean-Claude Soulery au printemps dernier.

Le communiqué de La Dépêche du Midi ne dit pas clairement si José Biosca sera lui-même remplacé à son poste de directeur de la rédaction. Où si le poste sera laissé vacant. Mais une petite phrase donne un indice rappelant que « Lionel Laparade est (…) rattaché à Jean-Nicolas Baylet, directeur général et directeur de la publication ».

Jean-Nicolas Baylet avait succédé à sa grand-mère comme directeur de la publication du journal.

FV (@fabvalery)

28 Nov

La croisade des journalistes de Midi Libre contre le pillage de leurs articles sur les réseaux sociaux

Le journal a donné comme consigne à ses journalistes et correspondants de chasser les copies d’écran ou PDF d’articles qui circulent sur le net.

Olivier Biscaye, directeur de la rédaction de Midi Libre (Photo : M. Clementz / MaxPPP)

« On ne peut plus laisser faire, explique Olivier Biscaye, directeur de la rédaction de Midi Libre à Montpellier. L’enjeu est trop important pour les entreprises de presse. J’ai donc donné la consigne à nos journalistes, aux chefs de service et à nos 750 correspondants de ne plus laisser passer sur les réseaux sociaux des captures d’articles, voire de pages entières du journal ».

#pqrmonamour

Et le patron de la rédaction de Midi Libre (groupe La Depêche du Midi) a lui-même retroussé ses manches. Depuis quelques jours, il interpelle directement élus ou acteurs économiques qui tweetent ou partagent sur facebook des captures d’écrans du journal, comme par exemple au sujet de la fête des lumières à Montpellier, avec l’une des adjointes au maire Philippe Saurel :

« C’est du pillage ! »

Ces élus, ces décideurs connaissent les contraintes économiques des entreprises ; ils et elles sont pour la plupart favorables à aider et soutenir la presse. Mais quand ils sont sur les réseaux sociaux, ils font l’inverse ! Et on a constaté que depuis quelques semaines cela avait pris de l’ampleur, donc on réagit (Olivier Biscaye)

La question de l’accès gratuit à l’information est un vaste débat, depuis des années en France. Le modèle économique que défend Midi Libre c’est celui de l’info payante.

Nos lecteurs sont prêts à payer pour de l’info de qualité, issue du travail rémunéré de journalistes professionnels, nous le savons. Mais quand nous consacrons deux pages à un événement, disponibles dans le journal papier payant ou sur le site pour nos abonnés et que cela se retrouve dès 8 heures du matin en PDF sur les réseaux sociaux, il s’agit ni plus ni moins que de pillage (Olivier Biscaye)

Le directeur de la rédaction de Midi Libre est rejoint en cela par de nombreux journalistes, notamment de la presse quotidienne en France.

Le début d’un mouvement dans la presse française ?

Des journalistes de La Montagne (groupe Centre France) interpellent régulièrement des internautes qui publient les articles in extenso plutôt que de partager le lien vers leur site, comme par exemple la directrice des rédactions du groupe, interpellant un syndicat d’éleveurs bovins :

Vous ne distribuez pas vos animaux gratuitement après les avoir élevés ? Pourquoi le faire avec nos articles ? »

On ne s’imagine pas sortir d’une boulangerie sans payer sa baguette ou sa chocolatine. L’info a également une valeur.

Monétisation des contenus

Les journaux, nationaux ou régionaux, ont subi de plein fouet l’arrivée de la presse en ligne. Comme le rappelle Olivier Biscaye, « longtemps notre modèle a été le tout gratuit en ligne. On a fait de l’audience, parfois beaucoup d’audience, mais sans rien monétiser ou presque… Aujourd’hui le modèle est devenu payant et il faut le faire respecter« .

Le comble c’est que, parfois, ceux qui partagent gratuitement sur les réseaux sociaux le travail des journalistes sont aussi les mêmes qui fustigent les ogres Google et Facebook qui s’assoient allègrement sur les droits d’auteurs !

Sans même sans rendre compte ?

FV @fabvalery

27 Nov

Clap de fin pour le bureau de France Inter et France Info à Toulouse

Annoncée en 2017 puis repoussée, la fermeture du bureau de Toulouse est cette fois officielle dans le cadre du plan de réduction des effectifs de Radio-France.

Photo : AFP

Souvenez-vous : juillet 2017, venu à Toulouse pour lancer le festival Radio-France, l’éphémère patron de la « maison ronde », Mathieu Gallet, avait annoncé la fermeture des bureaux de Toulouse, Lyon et Marseille. Des journalistes qui travaillent en région mais pour les antennes nationales de France Inter et France Info.

Annoncée en 2017, mise en oeuvre en 2020

A Toulouse, quatre journalistes étaient alors concernés. Il était même question, à l’époque, de leur proposer de rester en Occitanie en rejoignant l’autre chaîne de la maison, France Bleu, notamment en occupant des postes décentralisés que la radio avait l’intention d’ouvrir, à Castres ou encore Montauban. Et puis, après le départ en catastrophe de Mathieu Gallet, l’échéance annoncée de fermeture pour 2018 a été repoussée.

Le nouveau plan de réductions des effectifs de Radio-France, présenté la semaine dernière par la présidente Sybile Veil, prévoit 289 suppressions de postes sur les 4403 CDI que compte l’entreprise. 76 nouveaux postes, consacrés notamment au numérique, doivent en parallèle être créés.

Deux journalistes à Toulouse

Parmi les répercussions en région, la fermeture des antennes locales de FIP, notamment à Bordeaux, mais également la fin de deux bureaux régionaux d’information : celui de Marseille et celui de Toulouse.

A Toulouse, au gré des départs des uns et des autres, cela concerne encore deux journalistes.

La correspondance pour Inter et Info à Toulouse et dans les environs sera désormais confiée à la rédaction de France Bleu Occitanie. L’absence de France Bleu à Toulouse justifiait la présence d’un bureau de Radio-France. Mais depuis le retour de l’antenne locale en 2011, les reporters se retrouvaient parfois sur le même terrain.

Ce ne sera désormais plus le cas.

FV (@fabvalery)

 

26 Nov

« C’est moi c’est l’Italien » : le journaliste politique Patrick Noviello monte sur scène pour un one man show

Journaliste et rédacteur en chef adjoint à France 3 Occitanie, Patrick Noviello endosse un nouveau rôle : seul en scène, il évoque, avec humour, ses origines italiennes.

Patrick Noviello (Photo : R. Femia)

Dans la lumière (à la télé et sur le web sur France 3 Occitanie), on le connaît comme présentateur de l’émission hebdomadaire Dimanche en Politique, chroniqueur politique dans les journaux télés et sur le blog du même nom.

Dans l’ombre, professionnellement, il orchestre les journaux télé de la chaîne en tant que rédacteur en chef adjoint. Passé par Télé Toulouse et la rédaction nationale de France 3, enseignant en journalisme à l’Ecole de Journalisme de Toulouse (EJT), Patrick Noviello a désormais une nouvelle corde à un arc déjà bien fourni : le voilà qui monte sur scène pour interpréter le spectacle qu’il a lui même écrit.

J’ai toujours voulu faire ça. Depuis le club de théâtre du collège, je me suis toujours dit qu’un jour je ferai de la scène. C’est évidemment très différent du métier de journaliste que je continue d’exercer. Il n’y a pas de lien entre les deux, si ce n’est la transmission d’infos. Dans ce spectacle, on rit, on est ému, mais on apprend aussi des choses, sur l’histoire contemporaine de l’Italie, sur la politique, sur l’immigration »

Le metteur en scène et producteur, Rocco Femia, bien connu à Toulouse pour diriger la revue Radici (« Racines » en italien) à laquelle Patrick Noviello collabore, parle à propos de ce spectacle d’une « conférence théâtralisée ».

Mais n’imaginez pas un Patrick Noviello tristounet assis derrière un bureau sombre, lisant un texte soporifique sur fond de diapositives délavées ! Libéré des contraintes du journalisme, il a écrit un vrai one man show, usant de l’humour cinglant et toujours très efficace que ses collègues de travail et ses amis lui connaissent.

« C’est moi c’est l’Italien » (astucieusement sous-titré « de Reggiani à Salvini ») est un spectacle, vivant, qui vous embarque dans l’histoire de l’immigration et de la politique italienne à travers l’exemple de la famille de l’auteur-interprète.

Ce que j’ai voulu c’est restituer un vécu personnel, familial, toujours replacé dans le contexte historique de l’Italie. Mais c’est un spectacle grand public, qui tourne autour de citations, de films et de chansons populaires, que tout le monde connaît. Ce n’est pas réservé à ceux qui ont des origines italiennes. »

Accompagné par le pianiste Giovanni Canzanella, Patrick Noviello réalisera sa première sur scène ce samedi 30 novembre au Centre culturel Lalande à Toulouse. D’autres dates sont prévues.

Toutefois, le journaliste a une autre scène qui l’attend dans les mois qui viennent : celle des élections municipales, où il sera à la manœuvre des débats et des soirées électorales sur France 3 Occitanie.

Un autre monde. Quoique…

FV (@fabvalery)

 

15 Nov

Toulouse : le journaliste Guillaume Bernard, interpellé pendant une manif de Gilets jaunes, a été relaxé par la justice

Jugé pour rébellion ce vendredi, après avoir passé 27 heures en garde à vue le 12 octobre, le jeune journaliste de 26 ans a été relaxé des faits qui lui été reprochés.

Le journaliste Guillaume Bernard devant le palais de Justice (Photo : FV / FTV

Il est ressorti du palais de justice de Toulouse plus détendu que lorsqu’il y était rentré un peu plus tôt.

Guillaume Bernard, journaliste indépendant travaillant pour « Rapports de force », Ecomnews et Sans Transitions, a été blanchi par le tribunal de Toulouse, qui intervenait en formation de juge unique, des faits de rébellion qui lui étaient reprochés.

Je suis vraiment soulagé. C’est une période très dure à vivre qui s’achève. Merci à ceux qui m’ont soutenu. La profession de journaliste est attaquée, il faut se serrer les coudes (Guillaume Bernard)

27 heures de garde à vue

Le 12 octobre dernier, il avait été interpellé à Toulouse et avait passé 27 heures en garde à vue. Au départ, les enquêteurs lui reprochaient des jets de projectiles. Mais au fil de la garde à vue, il est apparu qu’il y avait eu sans doute erreur sur la personne.

Ce sont donc uniquement des faits de rébellion qui avaient été retenus contre lui, une faible « résistance » au moment de l’interpellation, « pour éviter de tomber » a-t-il expliqué au juge, un « réflexe par un acte de rébellion » a précisé son avocate Maître Claire Dujardin.

« On savait que Guillaume Bernard était journaliste mais on l’a maintenu en garde à vue, on a prolongé sa garde à vue alors qu’on savait qu’il n’était pas l’auteur des jets de projectiles » s’est insurgée son avocate.

De nombreux soutiens

Guillaume Bernard était soutenu par des nombreux confrères journalistes, des organisations syndicales, l’Association des Journalistes de Toulouse, le club de la presse d’Occitanie ou encore la Ligue des Droits de l’Homme.

Tout le monde s’est réjoui de sa relaxe. Le ministère public avait estimé que les faits de rébellion étaient constitué et avait réclamé un stage de citoyenneté à son encontre.

Ce procès a été l’occasion de revenir sur la difficulté pour les journalistes de travailler lors des exercices de maintien de l’ordre.

« Nous sommes face à un Etat de plus en plus répressif et il est de plus en plus difficile d’informer, a déclaré Dominique Pradalié, secrétaire générale du Syndicat national des journalistes (SNJ), qui avait fait le déplacement à Toulouse à cette occasion. La violence policière et judiciaire contre les journalistes est là pour les empêcher de témoigner, d’informer. Guillaume Bernard en est un nouvel exemple, un exemple de trop ».

Voilà donc le jeune journaliste toulousain (diplômé de l’école de journalisme de Sciences Po Paris) débarrassé de tout soupçon et accusations.

Des conséquences pour les petites rédactions

Mais ce procès était aussi l’occasion d’expliquer que ces procédures ne sont pas sans conséquences notamment pour les médias indépendants.

« Il y a un aspect moral, sur la liberté d’informer. Mais il y a des conséquences matérielles aussi pour des petits médias indépendants comme le notre, explique Stéphane Ortéga, de « Rapports de Force » l’un des employeurs de Guillaume Bernard. Quand Guillaume est en garde à vue, il ne peut pas écrire les articles qu’il devait faire. Quand nous allons le soutenir, nous ne sont pas en train de faire nos reportages. Et puis il y a tout le suivi judiciaire, qui nous prend du temps et des moyens, et pendant ce temps-là, nous n’informons pas ».

A Toulouse, depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, il y a un an, plusieurs journalistes ont été blessés, empêchés de travailler, repoussés par les forces de l’ordre ou des manifestants. Guillaume lui avait été arrêté, placé en garde à vue pendant plus d’une journée.

A chaque fois, la liberté d’informer et donc l’accès à l’information des citoyens reculent un peu plus.

FV @fabvalery

04 Nov

Télés locales : comment BFM TV va s’implanter en régions via… le réseau Vià

Les dirigeants de BFM TV en rêvent depuis des années. C’est finalement en prenant 50 % du réseau de télés locales Vià, né en Occitanie, qu’ils vont accélérer leur implantation en régions.

(Photo : LOIC VENANCE / AFP)

Il y avait déjà BFM Paris, la petite soeur locale de BFM TV dans la capitale. BFM Lyon également, lancée il y a quelques semaines dans la deuxième métropole française. Un lancement au cours duquel, Alain Weill, le patron du groupe NextRadioTV et de sa maison-mère, n’avait pas caché son ambition de créer plein de petites BFM sur le territoire.

C’est finalement à travers le réseau de chaînes locales privées Vià que BFM va arriver en région, le groupe Altice France prenant 50 % du capital de ce réseau, comme nous l’indique une source très proche du dossier, confirmant une info du JDD.

Le réseau Vià a démarré en Occitanie

La petite histoire de Vià prend racine en Occitanie. Le groupe local TV Sud, créé par Christophe Musset, qui comptait trois chaînes locales en ex-Languedoc-Roussillon (Nîmes, Montpellier et Perpignan), se positionne en 2015 pour reprendre la fréquence de Télé Toulouse (TLT) qui vient de mettre fin à ses activités. Le groupe de presse régionale La Dépêche du Midi est partenaire minoritaire.

Plusieurs candidats sont alors sur les rangs, dont BFM TV. Et puis surprise, le jour de l’audition des candidats au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), fin 2015, on apprend que BFM retire son offre et propose de prendre une participation minoritaire dans le capital de TV Sud Toulouse.

Une alliance et des tractations que nous avons à plusieurs reprises détaillées sur ce blog (cliquer ici).

TV Sud remporte donc la mise et créé rapidement un réseau de chaînes en Occitanie, avec le soutien financier du conseil régional à travers des contrats d’objectifs et de moyens (COM).

18 chaînes en Métropole et dans les Antilles

Aujourd’hui, Vià Occitanie diffuse le même programme, axé essentiellement sur l’info, à Toulouse, Nîmes, Montpellier et Perpignan, prenant ainsi quelques libertés avec le cahier des charges fixé par le CSA qui prévoit des décrochages locaux quotidiens.

Avec la reprise des chaînes ATV en Martinique, Guadeloupe et Guyane et l’affiliation de plusieurs chaînes locales en France, le réseau Vià, présidé par Christophe Musset, compte désormais 18 chaînes locales. C’est dans ce réseau de chaînes que BFM TV doit prendre une participation à hauteur de 50 %. L’annonce officielle pourrait avoir lieu en décembre.

La stratégie de BFM TV

Une télé locale dans chaque grande métropole, c’est le rêve d’Alain Weill et de BFM TV. Alors que la concurrence est riche au niveau national sur le segment des chaînes infos, le leader du marché entend s’appuyer sur les grandes villes pour poursuivre son développement.

Mais les fréquences disponibles sur la TNT de sont pas nombreuses. A Paris et à Lyon, BFM a pu s’installer. Dans les autres villes, la situation est plus compliquée.

En 2015, comme nous l’expliquions plus haut, BFM avait fait une tentative sur la fréquence rendue disponible par la disparition de TLT à Toulouse. L’annonce avait d’ailleurs suscité la bronca des producteurs audiovisuels d’Occitanie qui redoutaient l’arrivée d’une chaîne toute info sans place pour le documentaire notamment. Au final BFM TV s’est associée à TV Sud (donc à Vià) qui a mis en place… une chaîne d’info locale et régionale !

Au final, BFM change un peu de stratégie va prendre une part conséquente du réseau Vià mis en place par Christophe Musset et son partenaire financier Bruno Ledoux, ex-propriétaire de Libération, et actuellement actionnaire minoritaire de SFR Médias dont font partie Libé et… BFM TV. La boucle est bouclée.

La prise de participation de BFM TV dans le réseau Vià peut apparaître comme une fin en soi. Mais le réseau Vià ne gère actuellement des chaînes que sur trois métropoles (Paris, Toulouse et Montpellier)…

Le développement de BFM TV en région pourrait donc, plus tard, passer par des accords avec la presse quotidienne locale, présente dans le capital ou même opérateur de certaines chaînes locales dans d’autres métropoles.

FV (@fabvalery)

 

14 Oct

Jeunesse, histoire, photo, enquête : des livres de journalistes toulousains débarquent en librairie

Cet automne plusieurs journalistes toulousains publient des livres. Ma sélection.

Photo : J-M. Quinet / MaxPPP

Amélie Poisson et le premier tome d’une trilogie fantastique pour la jeunesse

Bien connue des téléspectateurs de la région, Amélie Poisson-Claret est journaliste, reporter, présentatrice à France 3 Occitanie à Toulouse. C’est sous d’autres traits, ceux d’auteure jeunesse, que les lecteurs vont la découvrir.

Le 18 octobre sort en effet en librairie son premier roman pour la jeunesse. « Eros Prat, le combat d’un ange » Livre 1 (Un autre regard Editions) est le premier tome d’une trilogie pour les enfants, à partir de 9 ans.

Eros est un jeune ange qui apprend sous la tutelle de son père, le grand Phidias, à rendre les « sans-ailes » amoureux. Il a pour mission de les aider à s’aimer…
Mais dans le Ciel, le pouvoir des archanges déchus s’accroit et une guerre céleste devient inévitable. Le combat est rude… Eros est chassé de son univers et projeté sur terre, au beau milieu d’une forêt. Privé de ses ailes, il a perdu son identité angélique. Eros est devenu visible aux yeux des « sans-ailes », avec l’apparence d’un garçon ordinaire. (site de l’éditeur)

Ces aventures voient donc naître, sous la plume de la journaliste, un nouveau héros fantastique, genre dont les pré-ados sont friands. Amélie Poisson, future J.K. Rowling ?

Mathieu Arnal et les Toulousains qui ont fait l’histoire

Journaliste épris d’histoire et de culture, rédacteur en chef adjoint de la revue Le Brigadier, collaborateur régulier de la revue Gibraltar et du site Actu Toulouse, Mathieu Arnal s’est penché sur le destin de « Ces Toulousains qui ont fait l’histoire ».

Son livre, qui porte donc ce titre, sort lui aussi en librairie le 18 octobre (Papillon Rouge Editeur)

Un passage en revue détaillé, une galerie de portraits, de ceux qui, au fil des siècles, se sont rendus célèbres par leurs combats, leurs exploits, leurs inventions, leur créativité… On y retrouve leur parcours, parfois oublié, leurs noms se limitant pour beaucoup d’entre nous à des places, des rues ou des avenues.

Clément Ader, Jean Jaurès, Georges Decaunes, Claude Nougaro ou Dominique Baudis sont parmi les plus connus.

Mais saviez-vous par exemple que le Toulousain Julien Léotard avait connu la gloire au mitan du XIXème siècle pour avoir inventé le trapèze volant ?

Ulrich Lebeuf et le chaos en photo

Le photo-reporter Ulrich Lebeuf (agence Myop, Libération, etc) est un visage familier de la couverture de l’actualité à Toulouse et dans la région. Il est aussi le directeur artistique du festival photo MAP, à Toulouse, devenu une référence dans ce domaine.

A mi-chemin entre art photographique et photoreportage, Ulrich Lebeuf publie en novembre prochain (mais l’ouvrage est déjà en pré-vente sur le site des éditions de Juillet) « Kháos ».

Il s’agit d’un regard particulier, personnel, sur les mouvements sociaux, l’insurrection, la révolte populaire. Entre noir et blanc, le gris est ici une couleur à part entière. Saisissant !

Et aussi, le projet sur les parcours de migrants de Philippe Gagnebet

Auteur de plusieurs livres, le journaliste toulousain Philippe Gagnebet a lancé un nouveau projet de bouquin. « Parcours majeurs » doit retracer le parcours de jeunes migrants mineurs d’Afrique vers l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine.

Un projet entre deux continents pour montrer le quotidien de ces jeunes migrants, leurs sacrifices, leurs difficultés une fois arrivés en France.

Le livre, en cours de réalisation, a donné lieu à une opération de crowdfunding pour financer les déplacements en Afrique et le suivi de ces jeunes. Il devrait être publié en 2020.

FV @fabvalery