15 Juin

La radio 100 % émettra à Toulouse à partir du 3 juillet

La radio régionale indépendante née dans le Tarn débarque à Toulouse le 3 juillet sur le 90.5 Mhz.

Les studios de 100 % (Facebook)

Attendue à Toulouse depuis que le Conseil supérieur de l’audiovisuel lui a attribué une séquence, la radio régionale 100 % émettra dans la ville rose à partir du mardi 3 juillet, a indiqué au blog Médias d’ici, le patron de la radio Olivier Fabre (qui est aussi le maire de Mazamet dans le Tarn).

La radio s’installe dans des locaux du boulevard de l’Embouchure avec 7 personnes (3 journalistes, 2 animateurs et 2 commerciaux) dont la moitié a été recrutée pour l’occasion et émettra sur le 90.5, une fréquence jusque là attribuée à France Bleu Occitanie qui « déménage » sur la bande FM.

« Les studios toulousains seront notre deuxième plus importante implantation après le siège à Mazamet », explique Olivier Fabre. L’ouverture de l’antenne toulousaine est un événement attendu depuis des années par la radio. Née dans le Tarn, 100 % Radio sera désormais présente dans 12 départements (outre Toulouse, elle ouvre aussi son antenne à Cahors), de la Montagne noire au Béarn, des côtes catalanes au Lot et Garonne.

A Toulouse, 100 % Radio prévoit des programmes locaux et des journaux régionaux. « L’info est très importante pour nous, explique Olivier Fabre, et les auditeurs toulousains vont découvrir de vrais journaux régionaux avec de l’enquête, des infos exclusives et pas des petits flashs d’une minute où l’on lit les 5 infos rabâchées partout ». Avec aussi un mix musical des années 80 aux tubes actuels.

Reste la difficulté d’une implantation sur un marché radiophonique saturé à Toulouse avec toutes les grandes radios généralistes, les antennes des réseaux musicaux nationaux et des radios locales indépendantes déjà positionnées sur l’info et la musique. « On est convaincus qu’il y a de la place à Toulouse pour une radio adulte, locale, régionale indépendante, répond Olivier Fabre. Les Toulousains sortent souvent de leur ville et ont déjà eu l’occasion de nous entendre. On estime qu’un Toulousain sur 3 connaît déjà notre marque ». 

100 % Radio fait travailler une quarantaine de personnes, dont une trentaine à temps plein.

FV (@fabvalery)

11 Juin

Audiovisuel public : l’union de la presse en région, présidée par Jean-Michel Baylet, s’emporte contre la ministre de la Culture

L’UPREG n’a pas du tout apprécié que Françoise Nyssen estime que la proximité est « délaissée par les médias privés » et pousse l’audiovisuel public a créer un « média quotidien régional ».

Jean-Michel Baylet (Photo : Ph. Uste / MaxPPP)

Pas contente, mais alors pas contente du tout, l’union de la presse en région (UPREG), qui regroupe la presse quotidienne régionale et départementale et qui est présidée depuis janvier dernier par l’ex-ministre et toujours pdg du groupe La Dépêche du Midi Jean-Michel Baylet.

Dans un communiqué, l’UPREG s’insurge des propos tenus par Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, lors de la présentation lundi 4 juin des nouvelles orientations pour l’audiovisuel public. La ministre a plaidé pour la création d’un média quotidien régional, en écho avec la presse quotidienne régionale (PQR), en rapprochant France 3 en région de France Bleu.

Colère de l’UPREG qui dans un communiqué fustige ce projet à grands coups de règlements de comptes avec les journalistes de l’audiovisuel public en région, qui apprécieront notamment cette phrase, contestant un pseudo abandon des territoires locaux par la presse privée :

L’utilisation massive par l’audiovisuel public local des informations publiées dans les colonnes de nos journaux en est la preuve

Ce que l’UPREG et son président Jean-Michel Baylet n’ont pas apprécié c’est la sortie de la ministre qui avait estimé que la proximité était « délaissée par les médias privés ». Une phrase sinon maladroite au moins mal comprise, la ministre visant plus probablement les médias audiovisuels privés, pas forcément la presse écrite.

D’où la colère de l’UPREG :

Au passage, ce sont donc les rédactions locales et régionales de France 3 et de France Bleu qui « prennent » ! Cette réaction est aussi l’illustration des rapports difficiles, dans certaines régions, entre l’audiovisuel public et la PQR, notamment depuis que France 3 puis France Bleu ont renforcé leur présence sur les supports numériques. Une certaine idée du pluralisme, ou plutôt, du monopole, à l’ancienne.

Bien-sûr, la presse quotidienne régionale est une source d’informations pour les autres médias, parmi bien d’autres sources. Mais l’inverse est aussi vrai.

L’intention, affichée par la ministre, de renforcer les moyens des médias audiovisuels publics sur le numérique risque donc de donner des boutons à l’UPREG.

FV (@fabvalery)

 

06 Juin

Lettre ouverte à la députée Sandrine Mörch qui a (sans doute) oublié qu’elle est toujours salariée de France Télévisions

La députée LREM de la Haute-Garonne fait partie de ces parlementaires qui ont produit un rapport accablant sur France Télévisions. Problème : journaliste, Sandrine Mörch est salariée de France Télévisions, son contrat étant uniquement suspendu pendant son mandat de députée.

Sandrine Mörch (Photo : J. Demarthon / AFP)

Madame la députée de la Haute-Garonne, chère collègue,

Oui j’écris « chère collègue » car je n’ai pas oublié que vous avez été ces dernières années journaliste à la rédaction de France 3 à Toulouse et donc salariée de France Télévisions. Votre nom apparaît d’ailleurs toujours dans les effectifs de la chaîne, la loi prévoyant que votre contrat de travail n’est que suspendu pendant vos 5 années de mandat. La loi est protectrice : si vous deviez être battue aux élections en 2022 ou ne pas vous représenter, vous pourriez reprendre votre poste à France 3, retrouver votre bureau et refaire des reportages.

Je n’ai pas vraiment été surpris de lire les conclusions du rapport mené par un groupe de parlementaires emmené par votre collègue LREM Frédérique Dumas, sur le « modèle social » de France Télévisions. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage, c’est de bonne guerre. D’autant qu’on trouvera toujours dans la population, y compris parmi les journalistes des autres médias, des gens pour penser (et même dire) qu’à France Télé on est tous des fainéants, trop payés et souvent en grève ! Un groupe de députés dont vous faites partie, ce qui, là, est beaucoup plus surprenant. Stupéfiant, même !

En résumé, pour vous et vos collègues, France Télévisions est mal gérée, la masse salariale est trop importante, les journalistes ne travaillent pas assez, etc. Je renvoie ceux que ça intéresse à la lecture de la presse qui n’a pas manqué de publier de nombreux articles sur ce rapport.

Je n’aurai pas l’outrecuidance, madame la députée, chère collègue, de rappeler que vous n’avez pas, il y a quelques années, ménagé vos efforts pour obtenir un CDI à France Télévisions, au prix d’une augmentation sensible de la masse salariale de l’entreprise. Je ne dirai pas non plus que personne ici dans la rédaction ne vous a jamais entendu vous plaindre du volume de jours de congés ou de RTT qui vous était attribué.

Non, la critique du service public audiovisuel n’est pas interdite, elle est même plutôt utile et nécessaire. L’argent public doit être bien employé. Le téléspectateur-internaute est aussi un contribuable.

Et oui, cet audiovisuel public, dont France Télévisions, a besoin de se réformer, chacun le sait.

Ce qui me surprend, en revanche, c’est que vous participiez à cet hallali. Loin de moi l’idée de vous donner la moindre leçon ou de vous dire ce que vous devez penser ou voter, j’ai pour cela trop de respect pour la fonction qui est désormais la vôtre.

Laissez-moi simplement vous dire la surprise, la peine, voire la colère, qui habitent depuis quelques heures vos anciens collègues, journalistes, techniciens, administratifs, que vous croisiez tous les jours (moins les RTT) dans les couloirs de France 3 Toulouse, avec lesquels vous partagiez un café ou un repas à la cantine, qui partaient avec vous en reportage. Ils ne comprennent pas comment une collègue peut faire partie de ceux qui tirent à boulets rouges sur l’entreprise dans laquelle elle était encore présente il y a un an. Je vous le redis : ils sont peinés, surpris, parfois en colère.
Trahis, sans doute…

Il faut les comprendre : ils auraient sans doute apprécié, par respect pour leur travail, que vous vous teniez politiquement éloignée d’un dossier qui concerne votre employeur. Ils découvrent avec effroi que vous faites partie du tout petit groupe d’auteurs de ce rapport. Pas 50, pas 20, pas 10 députés : l’une des 7 concernés.

Ceci dit, veuillez agréer, Madame la députée, chère collègue, l’expression de mes sentiments distingués.

Fabrice Valéry
Journaliste à France 3

24 Mai

Un cocktail molotov vise l’agence de La Dépêche du Midi à Tarbes

L’engin incendiaire n’a fait que des dégâts matériels. Mais une personne se trouvait encore dans les locaux mercredi soir au moment où le cocktail molotov a été allumé.

Les dégâts devant les locaux (Photo : DR)

Une enquête est ouverte à Tarbes après qu’un cocktail molotov (sans doute de l’essence dans une bouteille en plastique selon les premières constatations) a visé les locaux de l’agence de La Dépêche du Midi qui abrite aussi les bureaux de La Nouvelle République des Pyrénées, avenue Bertrand Barère.

Vers 23h45, une personne qui travaillait encore sur place a entendu du bruit. Mais c’est un couple qui passait par là qui a donné l’alerte et appelé les pompiers. L’incendie a été rapidement maîtrisé mais a tout de même endommagé la vitrine en devanture. Il n’y a pas eu de blessé.

Les policiers ont effectué des relevés sur place. Ils ont notamment découvert un énigmatique graffiti : « Delta ». L’enquête va tenter de retrouver le ou les personnes à l’origine de cet acte criminel. Selon une source policière, l’engin incendiaire n’aurait pas été lancé, mais déposé contre la porte avant d’être allumé : c’est ensuite que la bouteille a explosé sous l’effet de la chaleur.

Le personnel et les journalistes qui travaillent sur place sont choqués et s’interrogent sur l’origine de cette agression. C’est la première fois que les locaux des deux journaux sont visés de manière aussi violente.

FV (@fabvalery)

22 Mai

Toulouse : la justice prononce la liquidation du magazine « Politic Région »

La société éditrice SPG Editions a été liquidée par le tribunal de commerce de Toulouse.

© Politic Région/ Facebook

L’aventure Politic Région n’aura pas fait long feu. Lancé en mai 2016, la version papier du journal qui voulait « mettre en valeur la politique », n’avait connu que trois numéros. Après 6 mois d’existence, l’équipe avait voulu donner « un nouveau souffle » en privilégiant les publications sur le site web. Mais nous avions révélé ici que l’arrêt du print était aussi en corrélation avec les procédures lancées par plusieurs journalistes pigistes qui n’avaient pas été payés.

Petit à petit, les articles sur la version numérique se sont faits de plus en plus rares. Puis inexistants. Et ces dernières semaines, la justice a mis fin à l’aventure.

Le 17 avril dernier, le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation judiciaire de la société éditrice, SPG Editions, un acronyme des noms des trois promoteurs du projet, le journaliste Thomas Simonian (ex-rédacteur en chef de l’ancienne formule du Journal Toulousain), l’homme d’affaires spécialisé dans l’immobilier Armand Partouche et l’ancien journaliste (ex-rédacteur en chef à La Dépêche du Midi) devenu communiquant, Jean-Christophe Giesbert.

Les comptes de réseaux sociaux du journal étaient encore actifs ce 22 mai mais le site internet de Politic Région n’existe plus en revanche.

Au départ, les trois associés entendaient « vendre » à la fois un journal papier, un site internet et un centre de formation pour les élus locaux. Un « facebook » de l’élu local avait même été annoncé. Et le modèle devait être exporté hors des frontières de la région Occitanie. La société SPG avait aussi l’intention de répondre à des appels d’offres de marchés publics, notamment de la Région Occitanie, pour la livraison de contenus éditoriaux clés en main. Un mélange des genres qui avaient surpris, même parmi les journalistes pigistes qui avaient cru au départ à l’arrivée d’un nouveau média sur Toulouse et sa région.

Mais rapidement, la société s’est retrouvée face à des échéances financières (charges d’impression, salaires et piges à verser, etc) insurmontables, et à des abonnements et des ventes qui ne rentraient pas. Il a fallu d’abord renoncer au print avant de laisser l’entreprise péricliter.

Ces dernières semaines, selon nos informations, des pigistes, toujours en procédure contre le journal pour salaires impayés, ont vu revenir leur courrier de relance sur le mode « n’habite plus à l’adresse indiquée ». C’est désormais auprès du liquidateur qu’ils devront s’adresser.

FV (@fabvalery)

14 Mai

Mediacités a bouclé son augmentation de capital et levé 430 000 euros

Le site d’investigation locale, implanté à Lille, Toulouse, Lyon et Nantes annonce avoir bouclé sa levée de fonds et réorganisé son capital pour assurer sa croissance.

 

L’équipe de Médiacités lors du lancement à Lille.

Le journalisme est aussi une bataille financière. Le nerf de la guerre pour assurer l’indépendance d’un média. Ainsi, le journal en ligne Mediacités, implanté dans 4 villes françaises (Lille, Toulouse, Lyon et Nantes) a bouclé son augmentation de capital, a annoncé le site d’investigation dans un communiqué. L’objectif initial était de lever 350 000 euros. Finalement, cet objectif est dépassé avec 430 000 euros récoltés. Déjà en mars, l’opération était bien engagée. Cela s’est confirmé.

Cette levée de fonds modifie le capital du journal en ligne de la manière suivante :

  • 65 % pour les 8 associés-fondateurs (ex-journalistes à L’Express et L’Expansion)
  • 31 % pour les nouveaux actionnaires dont 2 entreprises de presse indépendantes (le site Médiapart et Indigo Publications, qui publie notamment des lettres professionnelles comme la Lettre A ou PressNews)
  • 4 % pour la société des amis de Mediacités, constituée de 55 personnes.

Médiacités précise qu‘aucun des nouveaux actionnaires ne détient plus de 5,2 % du capital. Les fondateurs restent donc maîtres du destin de leur projet.

Le site totalise depuis son ouverture à Lille puis Toulouse il y a un an, 2 millions de pages vues, 814 000 visiteurs uniques, 10 500 abonnés « découverte 24 h gratuites » et 1 700 abonnements payants.

Cette levée de capital va permettre le développement du site qui travaille uniquement sur de l’investigation dans les grandes villes : l’objectif demeure d’être présent dans 10 villes dans les 3 ans. Il va lui permettre également de renforcer sa politique de marketing pour attirer plus d’abonnés. A sa création, Mediacités visait 3000 abonnés dans chaque ville en 2 ans. On est encore loin du compte mais la notoriété du site progresse notamment avec la parution d’enquêtes exclusives comme les #CHULeaks à Toulouse, les #FootballLeaks à Lille ou les révélations sur le train de vie du directeur de l’Opéra de Lyon.

FV (@fabvalery)

A Toulouse, des journalistes vont s’unir contre la rétention de documents publics

C’est une initiative de l’association des journalistes de Toulouse (AJT) : regrouper les procédures pour obtenir des institutions les documents publics dont ils ont besoin pour leurs enquêtes ou reportages. Avec le soutien d’avocats bénévoles.

MaxPPP

Combien de journalistes bataillent chaque jour pour obtenir d’une mairie ou d’un conseil départemental, ici un arrêté, là une délibération ? Il s’agit pourtant de documents publics. L’administration, même de bonne foi, n’a pas toujours la même notion du temps qu’un journaliste en bouclage. Surtout quand les élus et leurs collaborateurs font tout ce qu’il faut pour que le document ne soit pas communiqué. Car souvent, le temps pris pour transmettre un document public est « stratégique » : on fait patienter le journaliste, on se dit qu’il finira par passer à autre chose, voire par oublier…

Prenons un exemple : un journaliste souhaite obtenir une délibération d’une institution locale ou territoriale. Le service de presse concerné lui indique d’abord qu’il contacte les services de l’administration. Quelques jours passent. Après une relance, le journaliste apprend que « l’on ne retrouve pas le document, mais que l’on continue les recherches ». Nouveau temps perdu. Plusieurs mails restent sans réponse. Puis, la personne qui valide l’envoi du document est réunion, en congés, le poste est vacant, l’électricité a été coupée, on a une fuite d’eau, le courrier s’est perdu, etc, etc. Bref, sans jamais dire « non », la rétention de document se transforme en obstruction !

Et pendant ce temps, l’article ne se publie pas et le lecteur ne peut avoir connaissance des informations à ce sujet.

L’association des journalistes de Toulouse et de sa région (AJT) lance donc une initiative pour appeler les journalistes à s’unir contre cette forme de rétention de documents publics. L’idée est double :

  • d’abord diffuser, par l’intermédiaire du site internet et des comptes sociaux de l’AJT, un article, à la demande du journaliste et de sa rédaction, expliquant l’obstruction d’une collectivité à produire un document public. Ainsi, la rétention de ce document sera rendue publique.
  • d’autre part, s’associer avec des avocats qui apporteront une expertise juridique sur la valeur du document et la démarche du journaliste. Trois avocats toulousains ont déjà apporté leur soutien, bénévole, à cette initiative : Maîtres Stanley Claisse, Pascal Nakache, et Christophe Lèguevaques.

L’AJT précise qu’il ne s’agit pas dans cette opération de se substituer à la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) que tout citoyen peut saisir mais dont les procédures sont longues et les avis uniquement consultatifs.

FV (@fabvalery)

30 Avr

#CHULeaks : quand le CHU de Toulouse s’en prend à « deux jeunes journalistes qui ont voulu se faire un nom »

Le feuilleton des #CHULeaks n’en finit pas : cette fois, sur son compte Twitter officiel, le CHU de Toulouse s’en est pris directement aux auteurs de l’article de Médiacités sur la fuite des fiches incidents. En les attaquant notamment sur leur jeune âge.

(Photo : Rémy Gabalda / AFP)

Pour le CHU de Toulouse, il faudrait donc être un « vieux » journaliste (NDLR : aguerri et bedonnant sans doute), pour justifier de sortir une info ! Car, dans un tweet publié ce week-end sur son compte officiel, le CHU de Toulouse s’en prend directement aux deux auteurs de l’article qui fait polémique depuis des semaines : Pablo Tupin et Hakim Mokadem se voit ainsi traités de « jeunes « journalistes » (NDLR : le mot journalistes figure entre guillemets) [qui] ont voulu se faire un nom sur le dos du CHU de Toulouse. C’est tout. Mais un peu d’éthique et de déontologie ne nuisent pas ».

Un ton agressif qui tranche avec la traditionnelle politique de communication d’un établissement public de santé aussi important que le CHU de Toulouse. Surtout, même si le CHU a évidemment le droit de se défendre sur les révélations publiées par ces deux journalistes sur le site Médiacités (ce que l’établissement a d’ailleurs fait à de nombreuses reprises depuis la publication de l’article) on comprend mal pourquoi cette communication de crise devrait désormais passer par une opération de décrédibilisation des auteurs de l’article.

Car s’ils sont jeunes, ce qui est vrai, cela en fait-il pour autant des journalistes incompétents ? En outre, leur enquête a été publiée sur Médiacités, le site d’investigation lancé par des anciens journalistes de L’Express et de l’Expansion dont on peut dire, assurément, que, d’une part ils ont un peu de « bouteille » dans le métier et d’autre part qu’ils ne sont pas tous « de la dernière averse » ou « sortis de l’œuf » comme l’aurait chanté Georges Brassens. Désolés chers « vieux » confrères !

Sur le fond, le CHU se prévaut d’une démarche de qualité dont ces fiches d’événements indésirables seraient la marque de fabrique. Sur les réseaux sociaux, le CHU relaie d’ailleurs des témoignages positifs de malades ou d’associations qui lui apportent leur soutien. Sur la forme, en revanche, ses réponses s’accompagnent de cette attaque personnelle contre les journalistes auteurs de l’enquête et sur « l’âge du capitaine ».

Contacté par nos soins, le service communication de l’hôpital a expliqué sa position. Dominique Soulié, directeur de la communication du CHU de Toulouse, qui gère les comptes sociaux de l’hôpital, admet que ce tweet (consécutif à une émission de France Inter sur l’hôpital toulousain) est venu suite à une « exaspération » :

Le CHU de Toulouse a vécu une campagne de dénigrement sans précédents, longue et particulièrement injuste, avec un traitement médiatique pas très objectif. Nous avons fourni des éléments à Médiacités qui n’en a que très peu tenu compte. Ce tweet est la réponse représentative du point de vue du personnel, des patients. A un moment donné, il faut dire stop ! (direction de la communication du CHU)

Cette attaque en crédibilité contre des journalistes « débutants » intervient dans un climat étrange à Toulouse au sujet du traitement journalistique autour de ces #CHUleaks. Il y a quelques semaines, lors d’un débat entre journalistes et communicants organisé à Toulouse, un des participants professionnel de la communication a fustigé le « CHU bashing » ambiant (le directeur de la communication du CHU reconnaît pourtant lui-même que l’établissement entretient de bonnes relations avec les médias en général) et un responsable d’un média local a affirmé qu’il croirait en une enquête sur le CHU de Toulouse le jour où elle serait signée de journalistes « moins jeunes » !

Je connais personnellement des journalistes qui n’ont pas attendu d’avoir 25 ans pour signer des enquêtes édifiantes, sortir des infos inédites, publier des articles bluffants. « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années ». Que cela plaise ou non, ce métier-passion ne s’exerce pas uniquement après un passage dans des écoles reconnues et de longues années d’études.  On ne « devient » pas non plus journaliste au bout de 15 ou 20 années de pratique. Qui plus est en 2018, avec l’avènement du journalisme participatif, la naissance aussi d’initiatives pour diversifier l’origine sociale et sociologique des journalistes, que ce soit dans les quartiers populaires ou dans la préparation aux concours d’entrée dans les écoles.

Nous devrions tous nous féliciter de trouver parmi nous des « jeunes » confrères, pas uniquement cantonnés aux chiens écrasés ou aux articles sur la dernière mode qui fait fureur sur facebook. Et c’est un vieux journaliste (carte de presse N°71 172) qui écrit ces lignes !

Quant au CHU, il indique vouloir désormais « passer à autre chose » même si la direction générale de l’hôpital toulousain étudie toujours la possibilité de donner des suites judiciaires aux articles de Médiacités.

FV (@fabvalery)

05 Avr

Des députés veulent interdire aux médias de diffuser le nom et la photo des terroristes

Quelques jours après les attaques de Trèbes et Carcassonne, le député Les Républicains du Lot Aurélien Pradié est à l’origine d’une proposition de loi interdisant aux médias de publier les noms et les photos des auteurs d’acte de terrorisme pendant 5 ans.

Des policiers devant le domicile du terroriste de Trèbes et Carcasssonne (Photo / P. Pavani / AFP)

« La lutte contre le terrorisme est aussi une guerre des images » expliquent les députés signataires de la proposition de loi déposée par Aurélien Pradié, député LR du Lot. C’est à ce titre que cette proposition de loi veut interdire aux médias (et par extension à tout citoyen) de diffuser pendant 5 ans les noms, prénoms et photos du visage de terroristes ayant commis un attentat sur le sol français. Une proposition de loi qui intervient quelques jours après l’attentat de Carcassonne et de Trèbes perpétré par Radouane Lakdim.

« Cette proposition de loi contribuera à donner à notre démocratie une arme supplémentaire pour combattre nos ennemis » écrivent les députés signataires (voir liste complète en pied de cet article, parmi lesquels une majorité de députés LR et quelques députés LREM, dont l’Héraultais Patrick Vignal ou encore Cédric Villani).

Le non-respect de cette interdiction, selon l’article 4 de cette proposition de loi, entraînerait, si elle était votée, « des mesures de blocages immédiates de la diffusion et une peine d’amende de 45 000 euros d’amende assortie d’un an de prison avec sursis pour l’auteur ou le responsable de la publication ».

 

Si cette proposition peut répondre à un souci de « guerre des images » et éviter, comme l’écrivent les députés signataires, que les terroristes deviennent des « héros du fanatisme« , elle a cependant une principale limite : outre le fait que la liberté de la presse peut ainsi être remise en question (certains médias ayant d’ailleurs déjà décidé en conscience de ne pas diffuser la photo des terroristes), la diffusion d’informations ne connaît désormais pas de frontières. Ainsi, ce que l’on interdirait aux médias français serait accessible, sur internet notamment, sur les médias étrangers.

L’information ne serait donc pas totalement occultée ni inaccessible. C’est d’ailleurs déjà le cas lors des soirées électorales : la loi interdit la diffusion des résultats par les médias en France avant 20 heures et pourtant, à chaque scrutin, on les trouve partout sur les sites des journaux francophones, notamment suisses et belges.

FV (@fabvalery)

La liste des députés LR et LREM signataires : Aurélien Pradié, Ian Boucard, Pierre-Henri Dumont, Jean-François Parigi, Jacques Cattin, Thibault Bazin, Sophie Beadouin-Hubière, Alain Ramadier, Michel Herbillon, Veronique Louwagie, Jean-PIerre Door, Paul Chrsitophe, Patrick Vignal, Eric Pauget, Jean-Marie Fievet, Syéphane Viry, Stéphane Demilly, Robin Réda, Isabelle Valentin, Cédric Villani, Brigitte Kuster, Damien Abad, Nathalie Bassire, Jean-Charles Taugourdeau, Emmanuelle Anthoine, Constance Le Grip, Raphaël Schellenberger.

Des étudiants grévistes occupent « La Dépêche du Midi » et obtiennent la publication d’un communiqué

Plusieurs dizaines d’étudiants grévistes de l’université Jean-Jaurès de Toulouse ont investi ce jeudi les locaux de La Dépêche du Midi. Ils n’ont libéré les lieux qu’après avoir obtenu la publication d’un communiqué sur le site internet du journal.

Les étudiants installés dans la salle de rédaction du journal (Photo : UET)

Mécontents du traitement de leur mouvement de grève et de blocage de l’université par le journal, des étudiants grévistes de Jean-Jaurès Toulouse 2 ont investi jeudi après-midi les locaux et la salle de rédaction de La Dépêche du Midi.

Sur leur page facebook, ils ont expliqué leurs motivations et exigé la parution d’un communiqué :

Sur son site internet, le journal a indiqué que la rédaction avait pris connaissance du texte et avait décidé de le publier en ligne pour répondre aux exigences des grévistes et permettre qu’ils quittent ainsi la rédaction qu’ils occupaient.

FV (@fabvalery)