12 Déc

A France Bleu Occitanie, un personnel « plutôt inquiet »

Journalistes, animateurs et personnels administratifs de la radio France Bleu ex-Toulouse rebaptisée Occitanie ce mardi s’inquiètent de l’absence de moyens face à ce projet de régionalisation.

Photo :  Radio France

Photo : Radio France

« Le personnel est plutôt inquiet ». Après le point de vue du directeur de la station Pierre Galibert lundi, le blog « Médias d’ici » a demandé son sentiment à une représentante du personnel, en l’occurence Magalie Lacombe, journaliste à France Bleu Occitanie et représentante SNJ (syndicat national des journalistes). Et elle ne cache pas l’inquiétude du personnel. 

Il faut dire que depuis le mois de février et l‘attribution des nouvelles fréquences dans les départements de l’ex-région Midi-Pyrénées, le personnel n’a eu des infos sur la transformation de la radio qu’au compte-gouttes.

2 reporters par jour pour huit départements

« La régionalisation de la radio est un projet qui est dans les cartons depuis longtemps, explique Magalie Lacombe. Il est même inscrit dans le COM (Contrat d’objectifs et de moyens) entre la tutelle et Radio France. Il s’agit de mailler le territoire de l’ex-région Midi-Pyrénées, de combler une zone blanche. Le problème c’est que ça arrive aujourd’hui dans un contexte très différent, avec la question des moyens alloués au service public audiovisuel ».

« On est conscients de la situation économique, continue la représentante du personnel, mais on est devenu la radio la plus vaste du réseau France Bleu et la moins dotée ! »

Le personnel réclame donc des moyens pour travailler dans de bonnes conditions. Actuellement, les 7 journalistes de la rédaction se répartissent sur toutes les fonctions : matinales, présentation des journaux, sport, week-end, etc. Seuls deux journalistes par jour sont programmés en reportage. C’était déjà un peu juste pour couvrir la métropole toulousaine. Demain (à échéance de l’été 2018), ce sera impossible de suivre l’actualité de huit départements.

« On risque de multiplier les interviews par téléphone, le desk et les reportages à distance, s’inquiète Magalie Lacombe. Vérifier l’info à distance c’est possible, mais le vrai reportage, il doit se faire sur le terrain ».

Une seule voiture de reportage

Le personnel attend donc des moyens humains supplémentaires, chez les journalistes, mais aussi les animateurs qui vont devoir assurer l’antenne depuis Toulouse sans relais locaux dans les autres départements. Sur ce sujet, le directeur de la radio, Pierre Galibert, nous répondait lundi que « ce dossier est entre les mains des ressources humaines du siège ». 

Mais il y a aussi la question des moyens techniques ou opérationnels. Ainsi, France Bleu ne compte… qu’une seule voiture de reportage. Pour couvrir des actualités à Pamiers, Auch ou Albi, ça va devenir compliqué !

« Il est indispensable de trouver des moyens pour travailler, conclut Magalie Lacombe. Le personnel, dont la moitié a participé au lancement de France Bleu Toulouse il y a 7 ans, sait que ce nouveau défi peut être stimulant. On aime ce que l’on fait. Il n’y a donc pas d’opposition franche. Mais c’est quand même inquiétant et même frustrant de savoir que l’on pourrait, en trouvant des ressources, faire notre travail convenablement ».

FV (@fabvalery)

11 Déc

Pourquoi la radio France Bleu Toulouse devient France Bleu Occitanie

Mardi 12 décembre, France Bleu Toulouse change de nom et étend progressivement sa couverture aux départements de l’ex-région Midi-Pyrénées.

(Photo : Christophe ABRAMOWTZ)

(Photo : Christophe ABRAMOWTZ)

Il faut tout changer : le logo, les jingles mais aussi (surtout) la ligne éditoriale. France Bleu Toulouse, l’une des dernières nées des radios locales de Radio France, va devenir une radio régionale.

Le projet était dans les cartons depuis plusieurs mois, notamment après l’attribution à Radio France de fréquences dans plusieurs départements de la région par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), comme nous vous l’avions indiqué sur ce blog à l’époque.

Le feu vert a été donné par la publication dans le Journal officiel de la délibération du CSA dimanche 10 décembre et salué par le directeur de France Bleu Toulouse, Pierre Galibert, qui a annoncé ce changement de nom sur les réseaux sociaux.

France Bleu Toulouse (oh pardon, Occitanie !) va donc en fait étendre sa couverture très progressivement. Cette semaine des émetteurs seront ouverts dans le sud de la Haute-Garonne, puis l’Ariège et le Gers. Il faudra ensuite travailler sur les autres départements concernés : Tarn, Tarn-et-Garonne, Aveyron, etc.

“Cette semaine nous ouvrons à Saint-Gaudens, puis Pamiers et Auch, précise Pierre Galibert. Le reste de l’extension sera terminée on l’espère au premier semestre 2018”.

Défi non-négligeable : France Bleu va émettre dans des départements ruraux où les auditeurs sont habitués à un paysage radiophonique sans antenne du service public. Cette absence historique a permis le développement de réseaux locaux privés comme 100 % Radio ou Radio Totem, qui ont un public fidèle. Pour ne pas faire de mécontents, le CSA vient d’ailleurs d’accorder à 100% Radio la fréquence 90.5 MHz à Toulouse, jusqu’alors utilisée à… France Bleu Toulouse (qui va donc déménager de fréquence en plus de son changement de nom).

Côté organisation, France-Bleu ne pourra pas couvrir l’actualité dans une vaste région avec les seuls huit journalistes (dont un rédacteur en chef) qu’elle compte actuellement sur l’agglomération toulousaine. En comparaison, France Bleu Provence compte 12 journalistes, France Bleu Nord 11 (pour deux départements à couvrir).

Mais la tendance n’est pas, ces temps-ci, aux embauches dans le service public audiovisuel ! Il faudra donc trouver des solutions pour installer des journalistes dans certains départements : en début d’année, la solution envisagée par Mathieu Gallet, le président de Radio France, était… la fermeture du bureau de France Inter et France Info à Toulouse ! Ainsi, cela libèrerait des postes, disponibles pour venir renforcer les équipes de France Bleu. Radio France envisageait notamment des ouvertures de postes à Montauban, Castres et Pamiers ! “Sur le sujet du déploiement de postes dans les départements, répond Pierre Galibert, le dossier est entre les mains des ressources humaines du siège”.

France Bleu Toulouse se pare donc mardi de son nouveau nom, Occitanie, alors qu’elle ne couvrira que la partie ouest de la région, correspondant à l’ancienne Midi-Pyrénées : France Bleu Hérault à Montpellier, France Bleu Gard à Nîmes et France Bleu Perpignan ne sont pas concernées par cette “régionalisation”.

Certains à Radio France voient cette transformation d’un mauvais oeil, la culture maison étant davantage la radio locale voire départementale. Pour certains personnels, cette régionalisation est un premier pas vers un rapprochement avec France 3. Il faut dire qu’Emmanuel Macron et le gouvernement ne cachent pas leur souhait de voir davantage de synergies entre les entreprises de l’audiovisuel public.

FV (@fabvalery)

07 Déc

100 % et Radio FG obtiennent des fréquences à Toulouse

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a distribué ce jeudi des fréquences disponibles dans la région toulousaine. La fréquence techno Radio FG et la radio d’origine tarnaise 100 % obtiennent chacune une fréquence à Toulouse.

Copyright : Radio 100 %

Copyright : Radio 100 %

Le CSA a distribué ce jeudi 7 novembre les fréquences radios disponibles dans les départements du ressort de Toulouse (ex-Midi-Pyrénées). Sur le bassin toulousain, plusieurs fréquences étaient disponibles.

Radio FG, une station nationale basée sur la musique électronique et techno, occupera la fréquence 101,4 MHz, ancienne fréquence de Sud Radio, l’ex-radio du grand sud qui a quitté Toulouse l’été dernier pour la région parisienne et qui émettra désormais sur le 101,8 MHz à Toulouse. Radio FG est née dans les années 80 à Paris comme radio communautaire gay. Elle s’est ensuite développée en France autour de la musique techno.

L’autre grande gagnante de cette redistribution est la radio régionale 100 % qui obtient le 90,5 MHz sur Toulouse. Le réseau régional émet déjà sur la quasi-totalité de la région Occitanie, plus le Lot-et-Garonne. Toutefois, la radio n’avait pas de fréquence sur l’agglomération toulousaine. C’est désormais chose faite et la radio privée sera en concurrence directe avec Toulouse FM ou la radio publique France Bleu Toulouse… La bande FM est déjà chargée sur Toulouse. D’ailleurs, 100 % récupère à Toulouse la fréquence qui était jusqu’à présent occupée par… France Bleu Toulouse !

Le CSA a attribué également des fréquences dans les autres départements. La liste est consultable sur ce lien du CSA.

FV (@fabvalery)

27 Oct

Médiapart prend une participation dans le site d’investigation local Médiacités

Les deux médias indépendants ont conclu un accord pour une entrée minoritaire du pure-player créé par Edwy Plenel dans le capital de Médiacités, créé en 2016 et présent notamment à Toulouse et qui poursuit sa recherche de partenariats financiers.

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On avait vu juste ! Quand en septembre 2016, nous avions été les premiers, sur ce blog, à vous parler du projet Médiacités, nous l’avions alors qualifié de futur « Médiapart local ». Bingo ! Un peu plus d’un an plus tard, les deux médias indépendants viennent de conclure un accord de partenariat qui voit Médiapart entrer au capital de Médiacités.

Médiacités, lancé fin 2016 à Lille, est actuellement présent à Toulouse, Lyon et Nantes.

Médiapart prend une participation minoritaire, qui concrétise un partenariat éditorial débuté il y a plusieurs mois sous la forme d’enquêtes et d’articles réalisés conjointement.

Deux autres groupes de presse indépendants font également leur entrée dans le capital de Mediacités : Indigo Publications (La Lettre A, Intelligence on line, Africa Intelligence, PressNews) et la coopérative Channel Agence de presse (CAPresse).

Mediacités a engagé une levée de fond de 350 000 euros, correspondant à l’ouverture de 30 % de son capital. Cette levée devrait être finalisé d’ici la fin de l’année. Parallèlement, le site d’investigation locale et régionale propose d’accueillir dans son capital des investisseurs individuels (pour un montant d’au moins 5000 euros) et des lecteurs ou bienfaiteurs (minimum : 500 euros) lors d’une campagne de financement participatif en actions avec la plate-forme Happy Capital.

FV (@fabvalery)

10 Oct

France 3 Occitanie maintient finalement ses éditions locales jusqu’à nouvel ordre

La direction régionale de France 3 a indiqué dans un courrier notamment adressé aux parlementaires de la région que la réflexion sur l’avenir des éditions locales (Quercy-Rouergue, Pays Catalan, Tarn et Pays Gardois) était repoussée de plusieurs mois.

(Photo : Eric Piermont / AFP)

(Photo : Eric Piermont / AFP)

Les éditions locales de Rodez, Albi, Nîmes et Perpignan continueront leur diffusion après le 1er janvier 2018. Le directeur régional de France 3 Occitanie, Carlos Bélinchon, vient d’en informer des élus, notamment les parlementaires, dans un courrier daté du 6 octobre.

Une réflexion avait été engagée pour une nouvelle exposition des informations locales, notamment en raison des problèmes de réception de ces éditions (journaux de 7 minutes diffusés à 19h17 après le journal régional du lundi au vendredi) : avec la multiplication des box et des antennes satellites, seul environ un téléspectateur sur deux est aujourd’hui en capacité de voir ces éditions.

Cette réflexion devait conduire à la fermeture des éditions locales en janvier prochain avec maintien sur places des équipes et des implantations. Les reportages auraient alors été exposés dans les éditions régionales.

Mais « devant l’émotion suscitée par cette démarche, écrit le directeur régional, France 3 Occitanie a décidé d’y sursoir. Les éditions locales d’Occitanie sont donc maintenues ». 

La réflexion sur l’avenir des éditions locales reprendra dans quelques mois, indique la direction de France 3.

FV (@fabvalery)

26 Sep

Pourquoi (et comment) TV Sud devient Vià Occitanie jeudi

Le groupe Médias du Sud profite du lancement jeudi de sa diffusion à Toulouse pour changer de nom. Mais pas seulement. La grille des quatre antennes (Nîmes, Montpellier, Perpignan et Toulouse) se régionalise en attendant la création du réseau Vià national.

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Grand chambardement en vue pour TV Sud. A compter de ce jeudi 28 septembre à 19 heures, la chaîne connue des téléspectateurs de l’ex-Languedoc-Roussillon sous cette identité change de nom et devient Vià Occitanie. Ce sera en revanche une découverte totale pour les Toulousains, car ce changement de nom coïncide avec le lancement de l’antenne toulousaine (qui avait été reporté avant l’été).

TV Sud, associée à BFM TV, a décroché en 2016 auprès du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) la fréquence locale de Toulouse laissée libre par la disparition de TLT en juillet 2015. D’emblée, le groupe Médias du Sud (propriétaire de TV Sud) s’est lancé dans le projet d’une télé à fort accent régional et non plus d’une télé locale version ancien modèle comme l’ont connu les Toulousains pendant des années avec Télé Toulouse.

La fréquence hertzienne toulousaine permet en effet au groupe de boucler un maillage régional en touchant la capitale d’Occitanie pile au moment où Carole Delga, présidente PS de la Région, appelle de ses vœux « un média régional qui redonne du lien pour faire connaître les initiatives et les talents sur tout le territoire »  estimant publiquement que « France 3 ne remplit pas ce rôle actuellement ».

Une future chaîne nationale

Surtout, Christophe Musset, le patron de Médias du Sud, s’est associé avec un homme qui lui a ouvert beaucoup de portes et (un peu) son volumineux porte-monnaie : Bruno Ledoux croit en un nouvel avenir pour les télés locales françaises, souvent déficitaires, parfois confidentielles. Cet avenir passe par une fédération, un réseau des télés locales privées (bien que souvent financées à près de 50 % par de l’argent public, comme c’est le cas pour TV Sud). Ce sera Vià. Avec une grosse ambition.

Il s’agit là, véritablement, de la construction d’une nouvelle grande chaîne de télévision nationale par agrégation de l’ensemble des chaînes locales de France » (Bruno Ledoux)

Bruno Ledoux est le maître d’oeuvre de ce réseau dont les têtes de pont sont Vià Grand Paris (ex-Télif), qui démarre également ce 29 septembre en région parisienne et Vià Occitanie. Les premiers maillons d’un réseau national que Christophe Musset et Bruno Ledoux espèrent voir s’étoffer dès 2018 avec « la quasi totalité des chaînes locales existantes ». 

Objectifs : mutualiser les programmes, les modes de diffusion, les écrans publicitaires, les partenariats, monétiser les contenus sur le numérique et travailler au niveau national sur des logiques régionales.

Jeudi, les téléspectateurs d’Occitanie découvriront une nouvelle chaîne avec une grille de programmes commune aux quatre antennes (avec décrochage « local » le soir entre 18h30 et 19h30). Vià Occitanie (sous-titrée « la chaîne avec un accent ») se positionne sur quatre créneaux : les initiatives, le sport (avec le recrutement d’un ancien de Canal +, le Toulousain Sébastien Dupuis), l’économie et la culture. Une « chaîne régionale d’info en continu » annoncent ses dirigeants, intégrant ainsi les documentaires et programmes dans la case de l’info.

La chaîne sera diffusée sur le canal 30 sur les box et sur le canal 31 de la TNT à Toulouse (ouverture prévue des émetteurs sans doute dans la journée du 29 septembre).

Au CSA, qui ne dit mot consent ?

Du côté de la Tour Mirabeau, siège du Conseil supérieur de l’audiovisuel, le gendarme des médias télé et radio, le silence sur ce projet est… assourdissant mais plein de sens. Pas de réactions du président Olivier Schrameck, même lors de son passage à Toulouse courant septembre, ou de la conseillère en charge des dossiers des télés locales, Nathalie Sonnac.

Le CSA accompagne cette importante mutation en silence : il autorise les chaînes à émettre, en désignant les opérateurs, et en validant des projets de télés « locales »… qui se transforment aussitôt en média régional voire en réseau national. Le projet de Christophe Musset en Occitanie, d’une chaîne régionale diffusée dans quatre villes, ou même celui du réseau Vià, peuvent apparaître comme un « détournement » des objectifs locaux des chaînes fixés et autorisés par le CSA.

Mais il y a des éléments auxquels le CSA ne peut s’opposer. Juridiquement d’abord, chaque entité dans le réseau Vià conservant sa structure juridique indépendante. Economiquement ensuite : comment reprocher à ces télés locales de chercher à s’associer pour se renforcer économiquement quand on sait que depuis 30 ans, les télés locales sont soit en déficit, soit sous perfusion d’argent public, soit les deux ? 

Finalement, Christophe Musset et Bruno Ledoux, s’ils parviennent à créer ce réseau national, auront plutôt bien joué le coup : imposant leur concept, sans froisser totalement les membres du CSA. Qui n’auront pas été à la manœuvre mais ne s’y seront pas opposés.

La parole, maintenant, est au téléspectateur. A lui de se faire un avis sur les programmes proposés.

FV (@fabvalery)

France 3 va cesser la diffusion de ses éditions locales

Les éditions locales (Tarn, Pays Catalan, Pays Gardois et Quercy-Rouergue pour ce qui concerne l’Occitanie) cesseront leur diffusion hertzienne en 2018. Les équipes sont maintenues sur place et l’info locale sera désormais disponible dans les éditions régionales et sur le site internet de France 3 Occitanie.

(Photo : Eric Piermont / AFP)

(Photo : Eric Piermont / AFP)

France 3 ne diffusera plus à compter de 2018 ses éditions locales. La confirmation de cette information par la direction de la chaîne publique est imminente. La vingtaine de « locales » réparties sur l’ensemble du territoire national cessera ses émissions courant premier semestre 2018.

En Occitanie, cela concerne les éditions de 7 minutes actuellement diffusées à 19h17 sur le Tarn, le Pays Catalan, le Pays Gardois et Quercy-Rouergue (Lot et Aveyron).

Concernant l’édition locale de Toulouse, elle avait déjà connu une grande évolution lorsqu’elle était passée il y a déjà plusieurs années d’une édition à part entière à une page métropole animée par le présentateur du 19/20 régional, dans la foulée de ce journal, et fabriquée par les équipes rédactionnelles et techniques régionales, basées à Toulouse.

« Un foyer sur deux ne les reçoit pas »

France 3 a compté jusqu’à plus d’une quarantaine de « locales » avant d’en fermer ou remanier certaines ces dernières années. La plupart étaient diffusées sur des bassins de population à forte identité ou sur des « pays », départements ou grandes villes. Avec l’arrivée des émetteurs de la TNT, la multiplication des « box » et des antennes satellites, les éditions locales ont perdu au fil des ans une grande partie de leur public.

Selon la direction de France 3, les éditions locales aujourd’hui ne touchent qu’entre 40 % au pire et 60 % au mieux de la population de leur bassin. Le personnel de ces éditions et les syndicats rétorquent que France 3 aurait pu faire l’effort financier de faire « monter » les locales sur box et satellite, comme le sont les 24 éditions régionales. Un choix coûteux qui n’a pas été opéré.

« La volonté nationale de France 3 aujourd’hui, explique Carlos Bélinchon, directeur régional de France 3 Occitanie, c’est de faire en sorte que le travail des équipes de ces implantations soit visible. Un foyer sur deux ne reçoit plus ces éditions locales ». 

L’info locale intégrée dans les éditions régionales

Tout n’est pas encore tranché concernant l’exposition des reportages effectués sur place mais pour le directeur de France 3 en Occitanie « on va réintégrer dans les éditions régionales le même volume d’infos ». Les reportages effectués par les équipes de ces implantations locales pourront être vus dans les journaux régionaux (12/13 et 19/20), dans les magazines de la chaîne, dans l’émission matinale « 9h50 le matin » ou encore sur le site internet de France 3.

« La proximité est dans notre ADN, explique Carlos Bélinchon. Nous réaffirmons notre attachement à l’ultra-proximité et on ne touche pas aux implantations, on ne touche pas à l’emploi ». En Occitanie, ces implantations locales emploient entre 10 et 15 personnes environ sur chaque site (journalistes, monteurs, assistantes).

Grève et pétitions

Les organisations syndicales ont vivement réagi à ces annonces. « Nous demandons à la direction de revenir sur sa décision, précise Chantal Frémy, déléguée syndicale CGT à Toulouse. La direction doit définir un projet pour les locales et le présenter aux instances représentatives avant toute prise de décision ». Pour la CGT, la fermeture des éditions locales est un premier pas vers des suppressions de postes à France Télévisions, visant l’Etat actionnaire qui a décidé de réduire de 50 millions d’euros ses dotations à France Télévisions en 2018. « Une saignée budgétaire », selon le syndicat.

De son côté, le Syndicat National des Journalistes (SNJ) dénonce aussi l’absence totale de projet pour les équipes locales. « On nous dit que l’info locale sera davantage visible sur le web, explique François Ollier, délégué syndical SNJ à Toulouse, qu’il y aura des tournages de sujets magazines, mais en fait on s’aperçoit qu’il n’y a pas le début d’un projet pour mobiliser les équipes sur une évolution du mode de traitement de l’info locale. Pourtant, sur place, les équipes sont prêtes à évoluer ».

Un préavis de grève a été déposé pour ce mercredi 27 septembre, jour du Comité Central d’Entreprise (CCE) qui doit notamment évoquer le sujet. Enfin, des pétitions ont été mises en ligne pour demander le maintien des éditions locales, notamment à Rodez ou Perpignan.

FV (@fabvalery)

21 Sep

Diffamation contre le FN : la justice confirme définitivement la relaxe du journaliste toulousain Pascal Pallas

La Cour d’appel de Bordeaux a définitivement écarté toute responsabilité du journaliste après une longue procédure.

Pascal Pallas (photo : Laurent Dubois)

Pascal Pallas (photo : Laurent Dubois)

Après 4 ans de procédure, le journaliste toulousain Pascal Pallas est enfin totalement blanchi dans l’affaire de la plainte pour diffamation du Front National.

Le FN 31 avait porté plainte en diffamation après la publication dans Voix du Midi d’un reportage où Nadia et Thierry Portheault, anciens militants du Front National, dénonçaient les propos racistes de certains cadres du FN de Haute-Garonne. La plainte avaient été déposée contre les époux Portheault mais c’est la justice qui avait décidé de poursuivre également l’auteur de l’article. Une affaire que nous avions suivi sur ce blog.

Relaxé en première instance, puis en appel, Pascal Pallas a du attendre un nouvel arrêt de la Cour d’appel, cette fois de Bordeaux, après la décision de la Cour de Cassation, saisie par le FN, de casser l’arrêt toulousain !

Cette fois, l’affaire est close.

« Dans cette affaire, complètement dominée par une volonté de communication politique, explique le journaliste, je n’ai jamais été véritablement inquiet pour mon sort, ayant respecté au cordeau les règles de base de notre métier de journaliste. Mais il est évident que c’est toujours mieux lorsque c’est écrit noir sur blanc sur une décision de justice, après presque 4 ans de procédure »

Au-delà de son cas personnel, celui qui est désormais délégué régional Occitanie du groupe Publihebdos, voit dans cet arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux, une satisfaction pour la profession de journaliste : « Elle confirme la liberté d’expression du journaliste dès lors que celui-ci respecte le cadre de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, cumulant notamment les quatre critères de bonne foi examiné en cas d’attaque en diffamation : le but légitime de l’article, l’absence d’animosité personnelle, le sérieux de l’enquête, la prudence et la mesure dans l’expression. Cet arrêt est tout aussi préventif pour la profession de journaliste, hélas parfois pas tout à fait exempte de toute reproche. En ce sens, une piqûre de rappel des grands principes de la loi de 1881 ne peut pas faire de mal ».

FV (@fabvalery)

18 Sep

HoWhy : le nouveau média vidéo toulousain, futur #DataGueule régional ?

Un jeune journaliste lance le 25 septembre HoWhy, un média de décryptage de l’actualité locale à travers des vidéos de data-visualisation. Explications.

Howhy

HoWhy, c’est la contraction entre How et Why (Comment et Pourquoi en anglais). L’idée vient d’un jeune journaliste fraîchement sorti de l’ISCPA, école de journalisme et de communication à Blagnac. Matthieu Mountels se lance dans la vidéo explicative à base de logos et de data.

« L’idée, explique-t-il, c’est de proposer des vidéos dynamique, rythmées, pas sur l’actualité chaude mais en complément de ce que peuvent faire les grands médias locaux ou régionaux comme La Dépêche du Midi ou France 3. Et d’aller au-delà de la simple info pour expliquer pourquoi et comment ».

Depuis plusieurs années, #DataGueule a inauguré le créneau de la visualisation ludique et pour autant informative. HoWhy démarre avec des moyens beaucoup plus modestes mais l’envie de percer régionalement dans ce domaine.

Une vidéo d’explication du concept a déjà été diffusée sur les réseaux sociaux :

Matthieu Mountels lancera ses premières vidéos, qui s’adressent plutôt à un public jeune, partir du 25 septembre prochain, au rythme de 2 à 3 vidéos par semaine. Elles seront exclusivement diffusées sur Twitter, Facebook et bientôt Instagram.

Cette nouvelle forme de média se veut aussi interactive. Un sondage a été réalisé pour savoir quel premier sujet serait abordé lors du lancement. Ce sera finalement « Comment naissent les fake news ».

Après l’explication de l’actualité, Matthieu Mountels espère pouvoir réaliser des interviews et des mini-reportages, un peu comme le font Konbini ou Brut.

Rendez-vous lundi 25 septembre pour découvrir les premiers HoWhy.

FV (@fabvalery)

15 Sep

Le président du CSA, Olivier Schrameck, favorable au rapprochement entre France Télévisions et Radio France

En visite à Toulouse, Olivier Schrameck, le patron du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, a dit se réjouir du projet de rapprochement entre les entreprises de l’audiovisuel public. Une idée issue du… programme présidentiel d’Emmanuel Macron.

Olivier Schrameck dans les studios de France Bleu Toulouse (Photo : Alban Forlot)

Olivier Schrameck dans les studios de France Bleu Toulouse (Photo : Alban Forlot)

Interrogé ce vendredi matin sur l’antenne de France Bleu Toulouse, Olivier Schrameck, qui a effectué une tournée de deux jours à Toulouse, a répondu à la question du rapprochement entre France Télévisions et Radio France.

Je crois profondément que l’avenir de l’audiovisuel va vers ce que l’on appelle parfois le pluri-média (…) Et pour trouver un bon équilibre économique et culturel, il faut pouvoir jouer de l’ensemble de la gamme des moyens d’information. (…) Effectivement, je me réjouis que ce thème puisse être prochainement à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale et du Sénat »

Olivier Schrameck a aussi lié la question du rapprochement des sociétés de l’audiovisuel public aux contraintes budgétaires imposées par l’Etat, leur actionnaire, citant notamment l’exemple de FranceInfo, site d’info et chaîne de télé communs aux entreprises publiques.

Voici l’intégralité de l’interview d’Olivier Schrameck, par Stéphanie Mora :

C’est un point passé presque inaperçu pendant la campagne présidentielle : Emmanuel Macron souhaitait une grande réforme de l’audiovisuel public, avec un rapprochement voire une fusion entre les entreprises publiques dont Radio France et France Télévisions. Depuis son élection, ce sujet n’est pas (encore) revenu sur la table.

On ne sait pas encore quelle forme pourrait prendre ce rapprochement mais il pourrait avoir des déclinaisons en région. Radio France est par exemple en pleine réorganisation en Occitanie. Absente de la plupart des départements de l’ex-région Midi-Pyrénées, France Bleu va voir s’étendre ses émissions avec 12 nouveaux émetteurs accordés par le CSA à France Bleu Toulouse, faisant ainsi de la radio locale-départementale une antenne régionale.

Parallèlement, Mathieu Gallet, le président de Radio France, a annoncé récemment la fermeture du bureau de France Info et France Inter à Toulouse et les correspondants de ces radios nationales pourraient se voir proposer des postes dans la région pour travailler… pour France Bleu !

Autant d’annonces, qui poussent certains journalistes ou techniques de la radio en Occitanie à penser qu’il s’agit de l’amorce d’un rapprochement… entre France Bleu et France 3.

L’Occitanie, un futur laboratoire pour l’audiovisuel public ?

FV (@fabvalery)