13 Juil

Un Toulousain condamné pour avoir menacé une journaliste

Un homme de 24 ans a été condamné vendredi à Toulouse à 70 heures de travaux d’intérêt général pour avoir proféré des menaces à l’encontre d’une journaliste de France 3 en mai dernier.

Le Palais de Justice de Toulouse (Photo : France 3)

Tout est parti d’un simple article publié le 20 mai 2018 sur le site internet de France 3 Occitanie : un article qui indique que, 2 ans après les faits, un Toulousain sera jugé en octobre 2018 pour avoir proféré sur facebook des insultes homophobes et des menaces de mort à l’encontre du médecin, auteur et chroniqueur toulousain Baptiste Beaulieu. Fait important : dans cet article, le nom du mis en cause n’est pas cité et rien ne permet de l’identifier.

Pourtant dans les deux jours qui vont suivre la publication de cet article, l’homme va tenter par tous les moyens (messages sur facebook, téléphone) d’entrer en contact avec la journaliste en se montrant rapidement insultant et menaçant. Les messages vont alors devenir de plus en plus violents et l’homme va même se présenter dans les locaux de France 3 à Toulouse, se montrant à nouveau menaçant et insultant, à tel point que la journaliste a été contrainte de porter plainte.

L’homme a été placé en garde à vue, déferré puis placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec la journaliste et de s’approcher des locaux de France 3, avant d’être donc convoqué devant le tribunal correctionnel de Toulouse ce vendredi. A la barre, il a eu du mal à justifier son attitude, expliquant, en s’excusant, qu’il avait été poussé par des « proches » sur facebook qui s’étaient moqué de lui après la parution de l’article. Il avait, selon lui, d’abord tenté d’entrer en contact avec la journaliste, puis avoue avoir été emporté par son tempérament, reconnaissant n’avoir pris conscience de ses actes qu’au moment de sa garde à vue.

Le procureur de la République a fustigé une attitude « inadmissible au nom des libertés fondamentales ». « Vous dévoyez la liberté d’expression » a-t-il ajouté avant de réclamer une peine de prison avec sursis pour les menaces contre la journaliste.

L’avocat du prévenu a précisé que son client « s’est senti visé par cet article où il n’est pourtant pas cité ». « Il a un problème de communication » a-t-il ajouté au sujet de son utilisation des réseaux sociaux. L’avocat a indiqué que son client, dont le casier judiciaire était vierge, était prêt à effectuer une peine de travaux d’intérêt général (TIG) y compris… dans une association luttant contre l’homophobie !

Le juge l’a condamné à 70 heures de TIG à effectuer dans une collectivité ou une association. En cas de non-exécution de la peine, il risque 3 mois de prison.

Le condamné a maintenant de nouveau rendez-vous avec la justice, en octobre prochain, cette fois pour répondre des menaces de mort et des insultes homophobes à l’encontre de Baptiste Beaulieu.

FV (@fabvalery)

 

03 Juil

Exclusif : 22 télés locales rejoignent le réseau Vià, créé en Occitanie

INFO LE BLOG MEDIAS d’ICI – Le réseau d’une vingtaine de chaînes de télé locales sera officiellement lancé mercredi 4 juillet. On vous en dévoile les contours et les objectifs.

Dans quelques mois, une vingtaine de chaînes de télé locales réparties dans toute la France seront diffusées depuis la commune de Gallargues-le-Montueux dans le Gard où est installé le siège de Médias du Sud, maison-mère de Vià Occitanie, et d’où sont déjà diffusées les chaînes de Nîmes, Montpellier, Perpignan et Toulouse.

Mercredi 4 juillet, la création du réseau national Vià sera en effet officialisé. Aux quatre chaînes d’Occitanie, à Vià Grand Paris et aux 3 chaînes antillaises ATV reprises récemment par Médias du Sud vont donc s’ajouter 14 chaînes locales privées déjà existantes sur le territoire français.

Une intégration par étapes

L’objectif est de mutualiser les écrans publicitaires et pour cela, il faudra donc passer par une diffusion par le réseau, depuis Gallargues. En s’alliant, les chaînes locales (dont l’équilibre financier est souvent instable et qui vivent souvent grâce à l’argent public issu des subventions ou des contrats d’objectifs et de moyens (COM) signés avec des collectivités locales ou territoriales) espèrent toucher le marché publicitaire national et voir augmenter leurs rentrées publicitaires.

« En s’agrégeant, nous nous permettons de toucher ensemble à des annonceurs nationaux, alors qu’isolés nous ne pourrions pas », explique Sabine Torrès, directrice générale du réseau Vià.

Vià Normandie, Vià Wéo Lille, etc

Les chaînes vont donc intégrer le réseau en modifiant leur nom. « La Chaîne Normande » va devenir Vià Normandie. A Lille, Wéo passera par une étape intermédiaire, Vià Wéo Lille, avant de devenir progressivement Vià Lille, etc.

Elles vont toutes adopter l’habillage d’antenne du réseau, déjà présent sur Vià Occitanie et Vià Grand Paris, et le même site internet. En revanche, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a veillé à ce que chaque chaîne dans le réseau garde son indépendance éditoriale et son tour de table concernant le capital. 

Objectif 1 % d’audience nationale

Les chaînes locales ainsi agrégées devraient pouvoir intégrer la mesure d’audience Médiamat. Avec 32 millions d’habitants couverts, le nouveau réseau vise 1 % d’audience (en juin 2018, BFM a atteint 2,3 %, C News 0,6 %). En 2020, l’objectif sera de couvrir 40 millions d’habitants couverts et une présence dans les 10 plus grosses métropoles.

Le réseau devrait pour cela proposer rapidement des programmes nationaux : un « jeu des territoires » à 18 heures sur toutes les chaînes et une tranche 22h/minuit qui pourrait être axée sur l’info. S’ajouteront également du sport, des captations de spectacles, etc.

Christophe Musset prend la présidence du réseau Vià

C’est Christophe Musset, le fondateur de Médias du Sud et des télés TV Sud (devenus Vià Occitanie), qui prend la présidence de cet ensemble, de ce nouveau réseau national, dont il est à l’origine. Pour cela, il vient de quitter le poste de PDG de Médias du Sud (actionnaire majoritaire de Vià Occitanie) et c’est Sabine Torrès (ex-Dijonscope et jusqu’à présent directrice générale de Médias du Sud) qui le remplace tout en assurant la direction générale du réseau Vià.

Allié à BFM sur la version toulousaine de Vià Occitanie, qui a succédé à TLT, Christophe Musset a surtout trouvé appui dans ce projet sur le richissime Bruno Ledoux, qui a investi dans le projet et dont l’influence, permet d’ouvrir des portes et de déclencher des opérations qui ne se seraient peut-être pas réalisées sans sa présence discrète mais importante.

FV @fabvalery

02 Juil

Julien Corbière nouveau rédacteur en chef de France Bleu Occitanie à Toulouse

L’actuel rédacteur en chef de France Bleu Saint-Etienne Loire prendra ses nouvelles fonctions fin août.

Julien Corbière (Photo : Christophe ABRAMOWITZ / Radio France)

Il succède à Jean-Marc Perez, rédacteur en chef de France Bleu Toulouse (devenue France Bleu Occitanie) durant 7 ans : Julien Corbière a été nommé rédacteur en chef à Toulouse. Il occupe actuellement le même poste à France Bleu à Saint-Etienne.

Julien Corbière va arriver à Toulouse dans un contexte particulier : la transformation de France Bleu qui se régionalise (dans les limites de l’ex-région Midi-Pyrénées, trois autres radios existant déjà à Perpignan, Montpellier et Nîmes) et doit se réorganiser pour couvrir une vaste zone, la nouvelle antenne s’accompagnant d’ouvertures de fréquences dans certaines départements et de changement sur la bande FM à Toulouse (France Bleu quitte le 90,5 Mhz, récupéré par 100 % Radio qui s’installe à Toulouse, et bouge sur le 91,8 Mhz).

Ces changements s’accompagnent évidemment de modifications de la ligne éditoriale de France Bleu Occitanie, passée d’une radio locale toulousaine à une radio régionale. Et puis reste le dossier du rapprochement souhaité par le gouvernement entre France 3 et France Bleu.

Bref, le nouveau patron de la rédaction de France Bleu ne va pas manquer de travail !

FV (@fabvalery)

20 Juin

Des élus régionaux réclament la fusion de France 3 Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon

Dans un document qui sera mis au vote vendredi 22 juin en assemblée plénière, des élus de la majorité fixent des conditions à la conclusion d’un contrat d’objectifs et de moyens entre le Conseil régional d’Occitanie et France 3. Parmi ces conditions : la disparition du découpage actuel entre les antennes de Toulouse et Montpellier jugé « obsolète ». 

(Photo : Eric Piermont / AFP)

C’est une phrase qui peut s’apparenter à une petite bombe politique dans le landerneau médiatique d’Occitanie, extraite d’un texte qui doit être mis aux voix vendredi 22 juin lors de l’assemblée plénière à Montpellier. Des élus des groupes de la majorité « Nouveau Monde » et « socialiste, républicain et citoyen » y dézinguent l’organisation actuelle de France 3 dans la région avec cette exigence :

Effacement rapide du découpage aujourd’hui obsolète de l’Occitanie entre ses deux anciennes régions qui l’ont constituée après leur fusion il y a près de trois ans de cela

Cette phrase, pour parler clair, est une manière de réclamer la fusion des antennes qui constituent actuellement France 3 Occitanie : France 3 Midi-Pyrénées, basée à Toulouse, et France 3 Languedoc-Roussillon, à Montpellier. Si les deux antennes travaillent régulièrement sur des contenus communs, les téléspectateurs bénéficient actuellement de deux journaux régionaux différents, chaque jour, à 12 heures et 19 heures.

Des conditions à la signature d’un COM

Cette petite phrase est extraite d’un document que nous nous sommes procuré : un projet « d’amendement au rapport sur la politique d’information et de communication du Conseil régional » où il est question des discussions en cours pour aboutir, avant la fin 2018, à la conclusion d’un contrat d’objectifs et de moyens (COM) entre France 3 et la région Occitanie.

Ces élus (rappelons-le issus de la majorité de Carole Delga), s’inspirant des récentes déclarations de la ministre de la Culture sur les nouveaux objectifs pour l’audiovisuel public en France, fixent un certain nombre de conditions à la signature d’un tel contrat. Dans le désordre :

  • « le maintien du financement à haut-niveau de l’antenne de France 3 Occitanie par sa tutelle nationale, la Région n’ayant pas vocation à venir pallier les éventuelles réductions de budget de France Télévisions.
  • une augmentation très significative à court ou moyen terme du temps d’antenne de France 3 Occitanie.
  • une offre télévisuelle amplifiée, renouvelée et de qualité à même de démultiplier la retransmission de créations originales, de débats pluralistes ou d’événements (…)
  • garantie du maintien des éditions locales (…)
  • augmentation substantielle du temps d’antenne consacré à à l’expression vivante et contemporaine des langues occitane et catalane (…)
  • synergie entre les divers médias régionaux (…)
  • strict respect de l’indépendance éditoriale de France 3 Occitanie
  • coût raisonnable pour le budget de la collectivité régionale ».

Et puis donc, cet « effacement rapide du découpage aujourd’hui obsolète de l’Occitanie entre ses deux anciennes régions qui l’ont constituée après leur fusion il y a près de trois ans de cela ». 

Une bombe sociale ?

Depuis plusieurs mois, des discussions ont été entamées entre France 3 et la Région pour aboutir à un contrat d’objectifs et de moyens qui permettrait surtout de financer de nouveaux programmes. Pour autant, France Télévisions fixe dans ce cas des limites, des champs où les élus ne peuvent intervenir : la ligne éditoriale et l’organisation de l’entreprise.

La volonté de ces élus de voir disparaître rapidement les deux entités Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon pourrait donc être un casus belli dans les discussions. C’est aussi une bombe sociale : supprimer les journaux séparés entre Toulouse et Montpellier, les fusionner en un seul, aurait sans aucun doute des conséquences sur l’emploi, chez les journalistes mais aussi les personnels techniques et administratifs, pour éviter les doublons. Dans un contexte d’annonce imminente de baisse du budget de l’audiovisuel public par le gouvernement et de probables suppressions de postes dans les différentes entreprises, ce sujet est extrêmement sensible.

D’ailleurs dans le syndicat CGT de France 3 a déjà réagi parlant de « conditions inacceptables », « incompatibles avec les intérêts de France Télévisions ». 

« Faire région »

Pour les élus :

L’objectif affiché d’un tel contrat est de permettre à la Région, à l’instar de certaines de ses homologues, de soutenir le développement qualitatif et quantitatif de l’offre télévisuelle régionale en Occitanie, publique et privée, tout en contribuant à « faire région » en rapprochant ses habitant/es autour du sentiment d’appartenance à un territoire fondé sur un projet humain commun.« 

Dans la région voisine de Nouvelle Aquitaine, un COM a été rapidement signé entre France 3 et le Conseil régional, présidé par le socialiste Alain Rousset. Il y est question de financer des nouveaux programmes, notamment pour la future chaîne numérique NoA. Mais pas de demander à la chaîne de se réorganiser entre Bordeaux, Poitiers et Limoges, pas d’être une sorte de « co-gestionnaire » de l’entreprise.

Une tentation pas si nouvelle

L’indépendance des médias, que ce soit par rapport à leur ligne éditoriale ou leur organisation interne, est un combat quotidien. Souvent, les élus ont la tentation, en aidant au financement de programmes télé, en contractualisant avec des chaînes de télé locale, ou en achetant généreusement des espaces publicitaires dans la presse écrite ou sur les sites internet, de se mêler des contenus, d’être, d’une certaine manière « payés en retour ».

Une tentation qui n’est pas nouvelle, pas propre non plus à Toulouse et à notre région. D’autant que les médias ont souvent besoin de diversifier leur rentrée financière et que l’argent public est une solution : pendant des années, la chaîne locale toulousaine TLT a été maintenue à flot par l’argent de la ville de Toulouse ; pour faire vivre ses antennes à Montpellier, Nîmes, Perpignan et maintenant Toulouse, Via Occitanie (ex-TV Sud) a signé des COM avec la région ; régulièrement la Région achète massivement des espaces publicitaires au groupe La Dépêche du Midi (comme par exemple pour la finale du Top 14 entre Montpellier et Castres), etc.

FV (@fabvalery)

Mise à jour : après publication de cet article, les 4 élus de la France Insoumise au Conseil régional ont indiqué qu’ils s’opposeraient à ce texte lors de l’assemblée plénière du 22 juin : « nous nous opposerons à l’amendement déposé par l’ensemble des élu.e.s PS, EELV et PCF qui conditionne la signature d’un Contrat d’Objectifs et de Moyens avec les éditions locales de France 3 à la fusion des antennes Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Cette injonction à ré-organiser les antennes de France 3 locales est une dangereuse remise en cause de l’indépendance des médias. Son application serait au demeurant menaçante pour l’avenir de l’emploi dans ces rédactions ».

15 Juin

La radio 100 % émettra à Toulouse à partir du 3 juillet

La radio régionale indépendante née dans le Tarn débarque à Toulouse le 3 juillet sur le 90.5 Mhz.

Les studios de 100 % (Facebook)

Attendue à Toulouse depuis que le Conseil supérieur de l’audiovisuel lui a attribué une séquence, la radio régionale 100 % émettra dans la ville rose à partir du mardi 3 juillet, a indiqué au blog Médias d’ici, le patron de la radio Olivier Fabre (qui est aussi le maire de Mazamet dans le Tarn).

La radio s’installe dans des locaux du boulevard de l’Embouchure avec 7 personnes (3 journalistes, 2 animateurs et 2 commerciaux) dont la moitié a été recrutée pour l’occasion et émettra sur le 90.5, une fréquence jusque là attribuée à France Bleu Occitanie qui « déménage » sur la bande FM.

« Les studios toulousains seront notre deuxième plus importante implantation après le siège à Mazamet », explique Olivier Fabre. L’ouverture de l’antenne toulousaine est un événement attendu depuis des années par la radio. Née dans le Tarn, 100 % Radio sera désormais présente dans 12 départements (outre Toulouse, elle ouvre aussi son antenne à Cahors), de la Montagne noire au Béarn, des côtes catalanes au Lot et Garonne.

A Toulouse, 100 % Radio prévoit des programmes locaux et des journaux régionaux. « L’info est très importante pour nous, explique Olivier Fabre, et les auditeurs toulousains vont découvrir de vrais journaux régionaux avec de l’enquête, des infos exclusives et pas des petits flashs d’une minute où l’on lit les 5 infos rabâchées partout ». Avec aussi un mix musical des années 80 aux tubes actuels.

Reste la difficulté d’une implantation sur un marché radiophonique saturé à Toulouse avec toutes les grandes radios généralistes, les antennes des réseaux musicaux nationaux et des radios locales indépendantes déjà positionnées sur l’info et la musique. « On est convaincus qu’il y a de la place à Toulouse pour une radio adulte, locale, régionale indépendante, répond Olivier Fabre. Les Toulousains sortent souvent de leur ville et ont déjà eu l’occasion de nous entendre. On estime qu’un Toulousain sur 3 connaît déjà notre marque ». 

100 % Radio fait travailler une quarantaine de personnes, dont une trentaine à temps plein.

FV (@fabvalery)

11 Juin

Audiovisuel public : l’union de la presse en région, présidée par Jean-Michel Baylet, s’emporte contre la ministre de la Culture

L’UPREG n’a pas du tout apprécié que Françoise Nyssen estime que la proximité est « délaissée par les médias privés » et pousse l’audiovisuel public a créer un « média quotidien régional ».

Jean-Michel Baylet (Photo : Ph. Uste / MaxPPP)

Pas contente, mais alors pas contente du tout, l’union de la presse en région (UPREG), qui regroupe la presse quotidienne régionale et départementale et qui est présidée depuis janvier dernier par l’ex-ministre et toujours pdg du groupe La Dépêche du Midi Jean-Michel Baylet.

Dans un communiqué, l’UPREG s’insurge des propos tenus par Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, lors de la présentation lundi 4 juin des nouvelles orientations pour l’audiovisuel public. La ministre a plaidé pour la création d’un média quotidien régional, en écho avec la presse quotidienne régionale (PQR), en rapprochant France 3 en région de France Bleu.

Colère de l’UPREG qui dans un communiqué fustige ce projet à grands coups de règlements de comptes avec les journalistes de l’audiovisuel public en région, qui apprécieront notamment cette phrase, contestant un pseudo abandon des territoires locaux par la presse privée :

L’utilisation massive par l’audiovisuel public local des informations publiées dans les colonnes de nos journaux en est la preuve

Ce que l’UPREG et son président Jean-Michel Baylet n’ont pas apprécié c’est la sortie de la ministre qui avait estimé que la proximité était « délaissée par les médias privés ». Une phrase sinon maladroite au moins mal comprise, la ministre visant plus probablement les médias audiovisuels privés, pas forcément la presse écrite.

D’où la colère de l’UPREG :

Au passage, ce sont donc les rédactions locales et régionales de France 3 et de France Bleu qui « prennent » ! Cette réaction est aussi l’illustration des rapports difficiles, dans certaines régions, entre l’audiovisuel public et la PQR, notamment depuis que France 3 puis France Bleu ont renforcé leur présence sur les supports numériques. Une certaine idée du pluralisme, ou plutôt, du monopole, à l’ancienne.

Bien-sûr, la presse quotidienne régionale est une source d’informations pour les autres médias, parmi bien d’autres sources. Mais l’inverse est aussi vrai.

L’intention, affichée par la ministre, de renforcer les moyens des médias audiovisuels publics sur le numérique risque donc de donner des boutons à l’UPREG.

FV (@fabvalery)

 

06 Juin

Lettre ouverte à la députée Sandrine Mörch qui a (sans doute) oublié qu’elle est toujours salariée de France Télévisions

La députée LREM de la Haute-Garonne fait partie de ces parlementaires qui ont produit un rapport accablant sur France Télévisions. Problème : journaliste, Sandrine Mörch est salariée de France Télévisions, son contrat étant uniquement suspendu pendant son mandat de députée.

Sandrine Mörch (Photo : J. Demarthon / AFP)

Madame la députée de la Haute-Garonne, chère collègue,

Oui j’écris « chère collègue » car je n’ai pas oublié que vous avez été ces dernières années journaliste à la rédaction de France 3 à Toulouse et donc salariée de France Télévisions. Votre nom apparaît d’ailleurs toujours dans les effectifs de la chaîne, la loi prévoyant que votre contrat de travail n’est que suspendu pendant vos 5 années de mandat. La loi est protectrice : si vous deviez être battue aux élections en 2022 ou ne pas vous représenter, vous pourriez reprendre votre poste à France 3, retrouver votre bureau et refaire des reportages.

Je n’ai pas vraiment été surpris de lire les conclusions du rapport mené par un groupe de parlementaires emmené par votre collègue LREM Frédérique Dumas, sur le « modèle social » de France Télévisions. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage, c’est de bonne guerre. D’autant qu’on trouvera toujours dans la population, y compris parmi les journalistes des autres médias, des gens pour penser (et même dire) qu’à France Télé on est tous des fainéants, trop payés et souvent en grève ! Un groupe de députés dont vous faites partie, ce qui, là, est beaucoup plus surprenant. Stupéfiant, même !

En résumé, pour vous et vos collègues, France Télévisions est mal gérée, la masse salariale est trop importante, les journalistes ne travaillent pas assez, etc. Je renvoie ceux que ça intéresse à la lecture de la presse qui n’a pas manqué de publier de nombreux articles sur ce rapport.

Je n’aurai pas l’outrecuidance, madame la députée, chère collègue, de rappeler que vous n’avez pas, il y a quelques années, ménagé vos efforts pour obtenir un CDI à France Télévisions, au prix d’une augmentation sensible de la masse salariale de l’entreprise. Je ne dirai pas non plus que personne ici dans la rédaction ne vous a jamais entendu vous plaindre du volume de jours de congés ou de RTT qui vous était attribué.

Non, la critique du service public audiovisuel n’est pas interdite, elle est même plutôt utile et nécessaire. L’argent public doit être bien employé. Le téléspectateur-internaute est aussi un contribuable.

Et oui, cet audiovisuel public, dont France Télévisions, a besoin de se réformer, chacun le sait.

Ce qui me surprend, en revanche, c’est que vous participiez à cet hallali. Loin de moi l’idée de vous donner la moindre leçon ou de vous dire ce que vous devez penser ou voter, j’ai pour cela trop de respect pour la fonction qui est désormais la vôtre.

Laissez-moi simplement vous dire la surprise, la peine, voire la colère, qui habitent depuis quelques heures vos anciens collègues, journalistes, techniciens, administratifs, que vous croisiez tous les jours (moins les RTT) dans les couloirs de France 3 Toulouse, avec lesquels vous partagiez un café ou un repas à la cantine, qui partaient avec vous en reportage. Ils ne comprennent pas comment une collègue peut faire partie de ceux qui tirent à boulets rouges sur l’entreprise dans laquelle elle était encore présente il y a un an. Je vous le redis : ils sont peinés, surpris, parfois en colère.
Trahis, sans doute…

Il faut les comprendre : ils auraient sans doute apprécié, par respect pour leur travail, que vous vous teniez politiquement éloignée d’un dossier qui concerne votre employeur. Ils découvrent avec effroi que vous faites partie du tout petit groupe d’auteurs de ce rapport. Pas 50, pas 20, pas 10 députés : l’une des 7 concernés.

Ceci dit, veuillez agréer, Madame la députée, chère collègue, l’expression de mes sentiments distingués.

Fabrice Valéry
Journaliste à France 3

24 Mai

Un cocktail molotov vise l’agence de La Dépêche du Midi à Tarbes

L’engin incendiaire n’a fait que des dégâts matériels. Mais une personne se trouvait encore dans les locaux mercredi soir au moment où le cocktail molotov a été allumé.

Les dégâts devant les locaux (Photo : DR)

Une enquête est ouverte à Tarbes après qu’un cocktail molotov (sans doute de l’essence dans une bouteille en plastique selon les premières constatations) a visé les locaux de l’agence de La Dépêche du Midi qui abrite aussi les bureaux de La Nouvelle République des Pyrénées, avenue Bertrand Barère.

Vers 23h45, une personne qui travaillait encore sur place a entendu du bruit. Mais c’est un couple qui passait par là qui a donné l’alerte et appelé les pompiers. L’incendie a été rapidement maîtrisé mais a tout de même endommagé la vitrine en devanture. Il n’y a pas eu de blessé.

Les policiers ont effectué des relevés sur place. Ils ont notamment découvert un énigmatique graffiti : « Delta ». L’enquête va tenter de retrouver le ou les personnes à l’origine de cet acte criminel. Selon une source policière, l’engin incendiaire n’aurait pas été lancé, mais déposé contre la porte avant d’être allumé : c’est ensuite que la bouteille a explosé sous l’effet de la chaleur.

Le personnel et les journalistes qui travaillent sur place sont choqués et s’interrogent sur l’origine de cette agression. C’est la première fois que les locaux des deux journaux sont visés de manière aussi violente.

FV (@fabvalery)

22 Mai

Toulouse : la justice prononce la liquidation du magazine « Politic Région »

La société éditrice SPG Editions a été liquidée par le tribunal de commerce de Toulouse.

© Politic Région/ Facebook

L’aventure Politic Région n’aura pas fait long feu. Lancé en mai 2016, la version papier du journal qui voulait « mettre en valeur la politique », n’avait connu que trois numéros. Après 6 mois d’existence, l’équipe avait voulu donner « un nouveau souffle » en privilégiant les publications sur le site web. Mais nous avions révélé ici que l’arrêt du print était aussi en corrélation avec les procédures lancées par plusieurs journalistes pigistes qui n’avaient pas été payés.

Petit à petit, les articles sur la version numérique se sont faits de plus en plus rares. Puis inexistants. Et ces dernières semaines, la justice a mis fin à l’aventure.

Le 17 avril dernier, le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation judiciaire de la société éditrice, SPG Editions, un acronyme des noms des trois promoteurs du projet, le journaliste Thomas Simonian (ex-rédacteur en chef de l’ancienne formule du Journal Toulousain), l’homme d’affaires spécialisé dans l’immobilier Armand Partouche et l’ancien journaliste (ex-rédacteur en chef à La Dépêche du Midi) devenu communiquant, Jean-Christophe Giesbert.

Les comptes de réseaux sociaux du journal étaient encore actifs ce 22 mai mais le site internet de Politic Région n’existe plus en revanche.

Au départ, les trois associés entendaient « vendre » à la fois un journal papier, un site internet et un centre de formation pour les élus locaux. Un « facebook » de l’élu local avait même été annoncé. Et le modèle devait être exporté hors des frontières de la région Occitanie. La société SPG avait aussi l’intention de répondre à des appels d’offres de marchés publics, notamment de la Région Occitanie, pour la livraison de contenus éditoriaux clés en main. Un mélange des genres qui avaient surpris, même parmi les journalistes pigistes qui avaient cru au départ à l’arrivée d’un nouveau média sur Toulouse et sa région.

Mais rapidement, la société s’est retrouvée face à des échéances financières (charges d’impression, salaires et piges à verser, etc) insurmontables, et à des abonnements et des ventes qui ne rentraient pas. Il a fallu d’abord renoncer au print avant de laisser l’entreprise péricliter.

Ces dernières semaines, selon nos informations, des pigistes, toujours en procédure contre le journal pour salaires impayés, ont vu revenir leur courrier de relance sur le mode « n’habite plus à l’adresse indiquée ». C’est désormais auprès du liquidateur qu’ils devront s’adresser.

FV (@fabvalery)

14 Mai

Mediacités a bouclé son augmentation de capital et levé 430 000 euros

Le site d’investigation locale, implanté à Lille, Toulouse, Lyon et Nantes annonce avoir bouclé sa levée de fonds et réorganisé son capital pour assurer sa croissance.

 

L’équipe de Médiacités lors du lancement à Lille.

Le journalisme est aussi une bataille financière. Le nerf de la guerre pour assurer l’indépendance d’un média. Ainsi, le journal en ligne Mediacités, implanté dans 4 villes françaises (Lille, Toulouse, Lyon et Nantes) a bouclé son augmentation de capital, a annoncé le site d’investigation dans un communiqué. L’objectif initial était de lever 350 000 euros. Finalement, cet objectif est dépassé avec 430 000 euros récoltés. Déjà en mars, l’opération était bien engagée. Cela s’est confirmé.

Cette levée de fonds modifie le capital du journal en ligne de la manière suivante :

  • 65 % pour les 8 associés-fondateurs (ex-journalistes à L’Express et L’Expansion)
  • 31 % pour les nouveaux actionnaires dont 2 entreprises de presse indépendantes (le site Médiapart et Indigo Publications, qui publie notamment des lettres professionnelles comme la Lettre A ou PressNews)
  • 4 % pour la société des amis de Mediacités, constituée de 55 personnes.

Médiacités précise qu‘aucun des nouveaux actionnaires ne détient plus de 5,2 % du capital. Les fondateurs restent donc maîtres du destin de leur projet.

Le site totalise depuis son ouverture à Lille puis Toulouse il y a un an, 2 millions de pages vues, 814 000 visiteurs uniques, 10 500 abonnés « découverte 24 h gratuites » et 1 700 abonnements payants.

Cette levée de capital va permettre le développement du site qui travaille uniquement sur de l’investigation dans les grandes villes : l’objectif demeure d’être présent dans 10 villes dans les 3 ans. Il va lui permettre également de renforcer sa politique de marketing pour attirer plus d’abonnés. A sa création, Mediacités visait 3000 abonnés dans chaque ville en 2 ans. On est encore loin du compte mais la notoriété du site progresse notamment avec la parution d’enquêtes exclusives comme les #CHULeaks à Toulouse, les #FootballLeaks à Lille ou les révélations sur le train de vie du directeur de l’Opéra de Lyon.

FV (@fabvalery)