06 Mar

Le tribunal de commerce de Toulouse accorde deux mois supplémentaires à TLT

Les salariés de TLT attendant la décision du tribunal de commerce (© Bruno Frédiani / France 3)

Les salariés de TLT attendant la décision du tribunal de commerce (© Bruno Frédiani / France 3)

La décision de liquidation judiciaire tant redoutée par la vingtaine de salariés n’est pas tombée ce vendredi matin : le tribunal de commerce de Toulouse a accordé ce vendredi matin deux mois supplémentaires à Télé Toulouse (TLT). 

Criblée de dettes, la société était sous la menace d’une liquidation judiciaire : c’est d’ailleurs ce que son PDG Emmanuel Schwartzenberg avait demandé au tribunal. Mais finalement ce dernier a prolongé la durée de vie de TLT de deux mois supplémentaires pour permettre la réalisation de l’engagement pris ces derniers jours par Toulouse-Métropole et le Conseil Régional de renouveler leur aide financière par l’intermédiaire des contrats d’objectifs et de moyens (COM). Celui de Toulouse Métropole devrait être voté le 9 avril prochain.

Le PDG Emmanuel Schwartzenberg (© B. Frédiani / France 3)

Le PDG Emmanuel Schwartzenberg (© B. Frédiani / France 3)

Coincés entre leur actionnaire majoritaire (la ville de Toulouse via la société d’économie mixte CTV) et leur PDG (contre lequel ils ont voté fin février une motion de défiance), les salariés de TLT sont donc soulagés. Ils avaient demandé eux-mêmes le report de l’audience pour permettre aux collectivités locales de finaliser le renouvellement des contrats d’objectifs et de moyens. Pour la représentante du CE, Anne Oriol, cette décision du jour est « une victoire ».

Dans cette nouvelle période, les actionnaires seront appelés à se réunir une nouvelle fois pour engager la société dans les contrats d’objectifs et de moyens cités plus haut mais aussi pour demander à certains actionnaires qui sont aussi des créanciers de la chaîne de tirer un trait sur une partie de sa dette : 300.000 euros seraient au compte de la ville de Toulouse, notamment le loyer des locaux de TLT à la médiathèque José Cabanis. Car les COM seront signés non pas pour apurer le passif mais pour financer des programmes ! Et pendant ce temps la dette risque de se creuser un peu plus.

Alors quelle sera l’attitude des actionnaires ? Oublier les créances ? Remettre de l’argent public au pot ? La dette s’élèverait actuellement à 1,8 millions d’euros et un juge-enquêteur va devoir, en deux mois, demander aux actionnaires une augmentation de capital qui paraît bien improbable.

Au conseil municipal qui se tenait au même moment, Jean-Luc Moudenc a rappelé que la ville de Toulouse a versé 17 millions d’euros à TLT depuis la création de la chaîne locale en 1988.

Capture

Les salariés de TLT ont aussi moyennement apprécié le mot que le maire Jean-Luc Moudenc a eu en ouverture du conseil municipal ce vendredi matin : une « pensée de sympathie » (citée notamment sur Twitter par l’adjointe au maire et députée UMP Laurence Arribagé – voir ci-dessus) que les salariés ont pris, au moment où ils attendaient la décision du tribunal, comme un baiser de la mort. Finalement, il reste encore un peu d’espoir !

FV

EN VIDEO / le reportage de Bruno Frédiani et Christian Bestard :

 

04 Mar

« Victimes d’un imbloglio », les salariés de TLT expriment leur inquiétude

téléchargement

A 48 heures du rendez-vous crucial de la société TLT devant le tribunal de commerce de Toulouse, les salariés ont exprimé ce mercredi leur inquiétude face à la situation, un véritable « imbroglio » qui pourrait causer la disparition de la plus ancienne chaîne de télé locale de France et provoquer leur licenciement.

Dans un communiqué (que nous reproduisons ci-dessous), ils renvoient dos à dos le PDG Emmanuel Schwarzenberg et la mairie de Toulouse, co-responsables selon eux de la situation actuelle de la chaîne, dont nous avons déjà parlé ici : Emmanuel Schwartzenberg leur assure que la responsabilité incombe à Toulouse-Métropole qui n’a pas renouvelé le Contrat d’Objectifs et de Moyens  (COM) qui s’est achevé en décembre. Les élus au Capitole reprochent eux au Pdg de ne pas avoir fait le nécessaire pour faire progresser les recettes publicitaires, mais selon les salariés ce sont les actionnaires (dont majoritairement la ville de Toulouse) qui refusent d’embaucher un commercial !

Pris entre le marteau et l’enclume, les salariés de TLT redoutent le pire : la fin de TLT. Dans ce cas, « la fréquence et le matériel financés en grande partie depuis 27 ans avec de l’argent public tomberont dans l’escarcelle d’un repreneur ». Et les salariés resteront sur le carreau.

FV

Voici l’intégralité du communiqué :

COMMUNIQUE DES SALARIÉS DE TÉLÉ TOULOUSE :

Les salariés prennent acte que leur PDG Emmanuel Schwarzenberg a écrit que le risque d’envoi en liquidation judiciaire de Télé Toulouse ce 6 mars, était du au fait que Jean Luc Moudenc, maire  de Toulouse et Président de la Communauté d’Agglomération n’avait pas renouvelé à temps le Contrat d’objectifs et de Moyens (COM du Grand Toulouse) qui s’achevait fin décembre; ainsi qu’une subvention culturelle ce qui impacte défavorablement notre trésorerie pour l’audience.

La municipalité, quant à elle, pointe le fait que les recettes publicitaires de TLT n’ont pas évolué depuis près d’un an. Les salariés actent que leur PDG affirme, lui, qu’il n’ a aucun commercial dédié à TLT car les actionnaires (dont la Mairie actionnaire majoritaire à 60% par CTV) refusent cette embauche . 
 
Les salariés, eux, sont les victimes de cet imbroglio et relèvent que, pour la deuxième fois en moins de 4 mois, TLT est envoyée par devant le tribunal de commerce pour une liquidation, en raison d’un retard allégué par le PDG dans le versement des subventions publiques et qui ne sont pas compensées par des recettes publicitaires, quasiment inexistantes depuis 2 ans.

Si TLT est liquidée à court ou moyen terme : sont menacés 30 emplois directs (cdi, pigistes et intermittents) et 100 emplois indirects (producteurs de documentaires). Les fournisseurs régionaux ne seront pas payés , la fréquence et le matériel financés en grande partie depuis 27 ans avec de l’argent public tomberont dans l’escarcelle d’un repreneur. TLT est la première télévision locale créée en France en 1988 par Dominique Baudis.

Fait à Toulouse le 4 mars 2015.

22 Jan

Jean-Christophe Tortora : « TLT n’est pas ma priorité »

Jean-Christophe Tortora (photo AFP)

Jean-Christophe Tortora (photo AFP)

Alors que la santé financière de chaîne locale toulousaine TLT et donc son avenir sont toujours au coeur des préoccupations des actionnaires et du premier d’entre-eux, la ville de Toulouse, plusieurs noms d’industriels ou de professionnels de la presse circulent pour participer à un éventuel nouveau tour de table et ainsi sauver TLT.

Parmi ces noms, celui de Jean-Christophe Tortora, patron de La Tribune, qui fut pendant plusieurs années producteurs et animateurs d’émissions sur Télé Toulouse.

« C’est vrai, dit-il, que je suis attaché à cette télé locale en tant que Toulousain et ancien de la maison. Et son évolution malheureuse me rend triste. Mais je ne suis pas un professionnel de la télévision, pas un expert en gestion audiovisuelle. Mon sentiment, quand je vois les difficultés financières récurrentes de TLT, c’est qu’il faut s’interroger sur le modèle économique de ces télévisions locales, qui ne peuvent pas vivre sans un engagement fort des collectivités locales ».

téléchargement

Le patron de presse, qui lance actuellement des offres numériques régionales de La Tribune, confirme donc qu’il ne sera pas le prochain repreneur de TLT mais pourrait tout de même faire partie du tour de table : « Je suis prêt à étudier toute proposition s’il y a un projet ambitieux mais pas en tant que locomotive. TLT n’est pas ma priorité en 2015. Et puis à Toulouse, TLT fait face à  France 3. Alors, y a-t-il la place pour deux chaînes métropolitaines ou régionales ?« .

En novembre dernier, le tribunal de commerce de Toulouse avait donné 3 mois de sursis supplémentaires aux dirigeants de TLT pour trouver une solution. Le PDG Emmanuel Schwartzenberg a donc jusqu’à fin février pour trouver de nouvelles rentrées d’argent pour la chaîne.

FV

25 Nov

3 mois de sursis supplémentaires pour TLT

téléchargement

Le tribunal de commerce de Toulouse, qui avait convoqué la direction de TLT (Télé Toulouse) dans le cadre du suivi du plan de continuation, a accordé un délai de 3 mois supplémentaire à son PDG Emmanuel Schwarzenberg pour tenter d’équilibrer les comptes.

TLT fait face à une dette abyssale et ne serait pas en mesure de payer ses fournisseurs. La direction a donc jusqu’à fin février 2015 pour trouver des solutions.

La chaîne locale a pour actionnaire majoritaire la mairie de Toulouse avec laquelle elle a signé au début de l’été un contrat d’objectifs et de moyens (COM) qui prévoit le versement de 1,5 millions d’euros sur 3 ans. Mais cela ne suffira certainement pas et la chaîne locale doit trouver de nouveaux partenaires.

Au Capitole, c’est le directeur de cabinet de Jean-Luc Moudenc, Antoine Grézaud, qui fut le plus proche collaborateur de Dominique Baudis au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) et qui connaît parfaitement ce type de dossier qui suit « en direct » le cas TLT, en collaboration avec l’adjoint aux finances Sacha Briand.

En cas de nouvelle défaillance de la société, des repreneurs seraient déjà sur les rangs, trois selon nos confrères de La Voix du Midi.

Selon nos informations, le groupe Fiducial, qui a récemment racheté Sud Radio, ferait partie des intéressés.