16 Mai

Trés long ce Ti’Trail de 17 km !

Beaver Ti’Trail de Poulx, 4ème manche du Challenge Gardois des Trails courts

Le Gardon

Le Gardon

 

 Je vais vous confier un bon vieux conseil de Vétéran 2.

Pour ne pas stresser inutilement avant une course, le mieux est d’arriver en avance. Vous aurez ainsi le temps de récupérer votre dossard avant la cohue et le loisir de saluer, comme il se doit, tous les potes avant le départ. Comme je commence à connaître pas mal de trailers et que je suis légèrement bavard, c’est un moment que j’aime bien. C’est l’heure du partage des sensations, des dernières infos sur le parcours et de faire le point sur l’équipement.

Je croise des gros clients en arrivant à Poulx. D’abord, Pierre Toussaint, l’organisateur de la Festa Trail puis Laurent Colombero. Ce jeune V1 ( plus de 40 ans) est l’un des favoris de ce trail de 17 km. « Ca va, je suis en forme me dit Laurent, membre du Team Lafuma. Je vais être au top pour le marathon de l’Hortus dans 3 semaines. »

No stress

No stress

10 mètres plus loin, je bute sur un Roc. Il s’agit de l’ancien rugbyman professionnel Thierry Tescari, 3ème ligne dans une autre vie. Ce type fantastique et énigmatique a un gros moteur pratiquement indestructible. Nous sommes « Frères d’UTMB » depuis 2008 et nous avons toujours énormément de plaisir à nous revoir. « Titi » est inscrit sur le 30km. Nous allons nous échauffer ensemble pendant une bonne vingtaine de minutes. Le début du parcours me semble très roulant : » Je ne crois pas, rapporte-il, tout le monde dit que le tracé est super technique. On va souffrir. » Si Titi le dit, faut se méfier.

Comme un dératé

9h00. Nous sommes 308 sur la ligne de départ. Je décide de partir vite dans l’espoir de marquer des bons points au Challenge Gardois des Trails. En revanche, dès les premières longueurs, je peux dire adieu à la plus haute place du podium en V2. Cliff Sooben est déjà loin devant avec son maillot blanc d’Anduze. Ce beau gars de 51 ans court comme un cadet et à le physique d’un junior. Imbattable ce jour là, il finira 4ème au classement général. De mon côté, je cours comme un dératé. Je suis presque à fond dans le sillage de Pierre Toussaint. Mon idée est de bien me placer avant d’arriver 3 km plus loin dans le 1er monotrace.

Ca souffle fort devant moi. Le chemin est devenu un sentier bien rocailleux. Je décide de doubler quand même en frôlant les chênes verts le concurrent précèdent et c’est la chute sur le coude. Je n’ai rien de grave mais je vais perdre le fil de la course pendant 20 bonnes minutes. J’ai perdu 5 places. Cela devient très technique et très beau. Soudainement, la vue s’éclaircie sur les gorges du Gardon en aval du Pont du Gard. Le panorama est à tomber.

 » Il faut absolument que je revienne cet été me baigner dans le coin avec les enfants »

Bras dessus, bras dessous

Nous descendons à présent un bonne route carrossable avec des épingles à cheveux. Je suis revenu sur les talons de Pierre Toussaint, un autre frérot d’UTMB. Il semble m’attendre, sympa.  » Tu ne connaissais pas ce coin de paradis Zinzin ? C’est chouette de se retrouver ajoute t-il. On n’a pas couru ensemble sur une course depuis 2009 à Chamonix ». Arrivés au bord de la rivière à l’eau émeraude, nous arrêtons de papoter. Les grandes dalles sont très glissantes. Il a beaucoup plu cette nuit et nous devons redoubler d’attention pour ne pas chuter. Le photographe officiel a choisi cet endroit pour tirer le portrait de tous les coureurs. Pierre décide alors de ralentir et de me prendre par l’épaule. Cela fera une belle photo.

 

Zinzin et Pierrot Ti trail

Pierrot et Zinzin, bras-dessus, bras-dessous à mi-course

Après la descente voici déjà la remontée sur le plateau de Poulx. Elle est bien rude et je ne peux suivre le rythme de mon ami. Rien de grave. Puis, de nouveau, une descente dangereuse et glissante. Il faut se tenir aux arbres pour ne pas se retrouver sur les fesses. Puis, en bas, c’est reparti pour l’ascenseur. La remontée est tout aussi nerveuse. Il est impossible de courir. Je me sens bien . Pourtant, 3 concurrents me dépassent. Zut.

Un Ti’Trail très long

Les organisateurs ont réussi un vrai challenge. Sur les 17km de parcours pour 700 D+, il ont réussi à caser toutes difficultés d’un long trail. Tout y est ,et du coup, cette course a l’air beaucoup plus longue que prévue.

Crédit photos : Christophe Granier Midi Libre

A 4 km de l’arrivée, au seul ravitaillement, Marie Gaspard et ses gamins m’encouragent : » Allez denis, allez, plus que 3 à 4 km ! » Ils attendent Alain, pas très loin derrière. Dans les dernières longueurs, je vais gérer tout en prenant beaucoup de plaisir. Je passe la ligne d’arrivée en 1H32, 20 ème au général et 3ème V2. Pierre Toussaint est 10ème. Chapeau.

Avec Pierre Toussaint à l'arrivée

Avec Pierre Toussaint à l’arrivée

La course fait l’unanimité. Je croise Brigitte, une bonne copine de Sommières, elle aussi 3ème V2. Elle va gagner, comme moi, un beau paquet bien garni de produits BIO.

Un bon sac de produits Bio comme récompense

Un bon sac de produits Bio comme récompense

Le tracé aura provoqué également quelques accidents. Impressionnant mais pas grave, Philippe Requirand  a eu le cuir chevelu bien entamé lors d’une chute. Le président des Fouléées Saussinoises est vrai phénomène, un trailer méritant. Autrefois, bon coureur, il souffre depuis quelques années d’une maladie nerveuse. Elle lui cause un lourd handicap à une jambe et lui provoque un sacré déhanchement à l’effort. Cela ne l’empêche pas de participer à des trails de 70 bornes. Mais là, cette fois, c’est confirmé, il est bien fêlé. La photo, prise par Caro Beker, va faire le tour de la communauté Facebook.

Philippe

Philippe

Prochaine étape du Challenge court : le trail du Mont Aigoual début Juillet mais c’est une autre histoire.