02 Fév

Rencontre avec Matthieu Haag, réalisateur de « L’Orphelinat »

Le réalisateur nantais, Matthieu Haag, présente en avant-première son premier long-métrage documentaire L’Orphelinat, mardi 6 février à 20h30 au Cinématographe à Nantes.

Pour sa première expérience sur un format long, Matthieu nous raconte sa rencontre avec le directeur d’un orphelinat à Hanoï et nous donne à appréhender la vie de cet homme, pour mieux nous conter une histoire universelle.

Sans titre (1)« Petit fils d’une immigrée slovaque venue en France à pied, je ne me sens nulle part chez moi. Lors d’une errance au Vietnam, je fais la rencontre d’un père adoptif en série, Monsieur Vu Tiên, qui me confie son histoire alors même que je ne parle pas sa langue. Débute alors un parcours initiatique sur ma place d’homme, et de père, fait de rencontres et de révélations.« 

 

Ce film est né d’une rencontre et la rencontre est ce qui résume le parcours atypique et surprenant de Matthieu Haag.

Je n’aimais pas aller au cinéma jusqu’à l’âge de 25 ans.

Voilà une entrée en matière pour le moins surprenante de la part d’un réalisateur. Matthieu explique : « j’avais un besoin de confrontation plus directe, de comprendre le monde« . Il devient scientifique, agrégation de physique, bac+5 en robotique, c’est ce que l’on appelle une tête… mais toujours en connexion direct avec l’humain.

C’est l’achat d’une caméra et sa curiosité pour la technique qui pousse Matthieu vers le cinéma. Il profite d’un voyage en Côte d’Ivoire pour faire l’expérience d’un film. Le virus est là. Dès lors, il devient un spectateur assidu, presque « gargantuesque », visionnant un film par jour, il a la maturité, la curiosité et se forge sa propre culture cinématographique. Le déclic a lieu devant To Be or Not to Be réalisé par Ernst Lubitsch en 1942, « on peut faire passer de telles émotions ! » Il découvre aussi les films de fiction et de documentaire d’Alain Cavalier, et croise le réalisateur angevin Pascal Bonnelle, avec qui il collabore sur certains projets.

Il maîtrise de plus en plus la narration, le montage, … et se bâtit une expérience dans le documentaire.

Le documentaire, c’est aller saisir des choses qui existent déjà.

En 2008, Matthieu décide de passer à la fiction, pour se confronter à une écriture différente et à la direction d’acteurs. Plusieurs de ses courts-métrages sont remarqués comme Etat des lieux (2012) ou Un parfum de Liban (2014) qui sera sélectionné dans de nombreux festivals et qui obtiendra 5 prix.

Son désir de cinéma est là, mais c’est une rencontre qui va amener Matthieu Haag à réaliser L’Orphelinat.

« Un ami me contact pour faire un film institutionnel sur une ONG en Asie du Sud Est. Le deal : je n’étais pas rémunéré mais je bénéficiais d’une équipe sur place et de 20 jours de tournage en plus pour faire un film » raconte Matthieu. Il écrit alors une fiction, mais sur place le projet n’aboutit pas. Et c’est une rencontre qui va tout changer, il fait la connaissance du directeur d’un orphelinat à Hanoï, se lie d’amitié avec lui et filme ce vieil homme qui lui raconte sa vie.

Matthieu rentre en France avec des rushs dont il n’a pas toute la traduction, le temps passe. « Lors d’une soirée, je fais la connaissance d’un vietnamien installé en France depuis de nombreuses années, qui me propose de traduire les propos du directeur de l’orphelinat ». A l’issu des traductions, Matthieu est décidé, il va faire un film sur Monsieur Vu Tiên et son incroyable histoire. Après un mois d’écriture, il retourne à Hanoï, compléter le tournage.

orphelinat (3)

Mais un problème se pose : produire le film. Et là encore, c’est une rencontre qui va faire aboutir ce projet. Après quelques refus, Matthieu prend contact « au culot » avec la productrice d’Alain Cavalier, qui au vu d’un premier visionnage donne son accord. « Assis au bureau de cette femme qui a côtoyé Clint Eastwood ou Orson Wells, je vis un rêve ! »

Rêve qui devient réalité : L’Orphelinat sort en avant-première à Nantes, bientôt à Paris. Matthieu Haag espère une projection à Hanoï, des sélections en festival. Mais un autre challenge s’ouvre à lui : trouver un distributeur pour donner à voir l’histoire de Monsieur Vu Tiên au plus grand nombre.

Il y a un avant et un après cette expérience.

►Rendez-vous mardi 6 février à 20h30 au cinématographe à Nantes, la projection sera suivie d’une rencontre (bien évidemment !) avec Matthieu Haag

►Au cœur du Vietnam à l’espace Cosmopolis du 1er au 18 février avec l’Association Amitié Vietnam Loire-Atlantique, Matthieu y propose une exposition Polaroïds Grand Format, des photographies de portraits qui invitent à suivre son itinéraire de tournage au Vietnam.