24 Fév

Programme économique d’Emmanuel Macron : « une vision d’énarque-banquier » pour l’adjoint aux finances de Jean-Luc Moudenc

Emmanuel Macron présente son programme économique. Baisse de la dépense publique. Augmentation de la CSG. 50 milliards d’investissement. L’ancien locataire de Bercy ne dévoile pas l’ensemble de ses propositions. Dans les prochains jours, Emmanuel Macron détaillera (notamment) sa réforme des retraites. Mais les grandes lignes sont sur la table. Le « grand argentier » de Toulouse Métropole, Sacha Briand, réagit. L’élu Les Républicains tacle sec. Il juge le programme économique du concurrent de François Fillon flou et estime que la copie d’Emmanuel Macron est celle d’un « énarque-banquier ».

Emmanuel Macron et Jean-Luc Moudenc à Toulouse, au Capitole. Photo MaxPPP

Emmanuel Macron et Jean-Luc Moudenc à Toulouse, au Capitole. Photo MaxPPP

Pendant des semaines, les adversaires d’Emmanuel Macron ont pointé et dénoncé une absence de programme. Le manque est comblé depuis ce jeudi 23 février. Les critiques changent de nature. Il ne s’agit plus de souligner une absence de programme. C’est le contenu de la feuille de route qui est épinglée. A la mairie de Toulouse, deux adjoints (LR) de Jean-Luc Moudenc on rejoint Emmanuel Macron. Ces deux « transferts-transfuges » bénéficient, d’ailleurs, d’une certaine compréhension de la part du maire (LR) de Toulouse. Les deux « macroniens » disposent toujours de leur délégation au sein du conseil municipal de Jean-Luc Moudenc. Le maire de Toulouse peut être tranquille du côté de Sacha Briand. Les sirènes « macroniennes » ne séduisent visiblement pas le responsable des finances toulousaines. Sacha Briand porte un jugement (général) sévère :

C’est très flou et ça ne fait rêver. On est dans une vision technocratique et financière. Avec 50 milliards d’investissements et 60 milliards d’économie on ne règle rien. Ce sont des demi-mesures. C’est ce que l’on entend depuis 10 à 15 ans. En revanche, François Fillon répond vraiment, par ses propositions, à la situation économique française.

Pour Sacha Briand, Emmanuel Macron est trop vague :

Emmanuel Macron explique qu’il va faire des économies sur l’assurance-maladie. il veut limiter les dépenses à la hauteur de 2,3% Mais il n’indique pas comment il arrive à ce résultat. Et c’est pareil pour tous les autres sujets par exemple sur l’hôpital.

Au delà d’un manque de précision, Sacha Briand pointe surtout un déficit de réalisme. Notamment au sujet de la réduction des emplois publics :

Il faut réduire la masse salariale dans la fonction publique, c’est indispensable. A Toulouse, nous avons décidé de ne pas remplacer tous les départs à la retraite. Mais quand Emmanuel Macron annonce la suppression de 70 000 postes dans les collectivités il faut savoir que ce n’est pas simple. Nous devons respecter des normes d’encadrement. Dans les crèches, il faut X agents par rapport au nombre d’enfants. C’est la même chose dans les piscines avec les maître-nageurs. C’est bien joli de parler réduction des effectifs. Mais là encore c’est une vision technocratique et financière. Macron se comporte comme un banquier qui rachète une entreprise et qui lance un plan social. Mais si on réduit la fonction publique territoriale, il faudra dire quelles sont les activités qui ne seront plus assurées, les crèches ou les piscines.

Sacha Briand est sur la ligne de Jean-Luc Moudenc. Le maire de Toulouse a publiquement exprimé des réserves sur une réduction des effectifs de la fonction publique territoriale. Mais ses réserves visaient le programme de…François Fillon. Un programme qui prévoit la suppression de 500 000 emplois publics.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

20 Fév

Emmanuel Macron dans le Lot

Emmanuel Macron. Photo MaxPPP

Emmanuel Macron. Photo MaxPPP

Ce vendredi 24 février, Emmanuel Macron sera dans le Lot. Le candidat à la présidentielle animera, à 18 heures, une réunion publique au palais des Congrès de Souillac. Ce n’est pas le premier déplacement d’Emmanuel Macron dans le département. En août 2016, l’initiateur du mouvement En Marche ! a fait une visite axée sur l’emploi industriel en zone rurale.  Emmanuel Macron a notamment visité l’entreprise phare, Figeac Aéro. Mais, il s’agissait d’une visite ministérielle.

Le second déplacement d’Emmnanuel Macron dans le Lot revêt une autre dimension. A moins de 60 jours du 1er tour de la présidentielle, l’ancien ministre abordera forcément la question de l’emploi en milieu rural. Le Lot est une tribune (taillée sur mesure) pour ce thème. Mais le département de Gaston Monnerville et de Maurice Faure (deux figures du Radicalisme) sera également une étape test.

Lors du dernier grand meeting de Toulon, ce week-end, le FN a perturbé la « fête ». La presse a également insisté sur les chaises vides et les travées clairsemées. Le Lot peut offrir un…lot de consolation avec une salle pleine et une bonne ambiance.

A voir.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Les députés qui ne soutiennent pas Benoît Hamon « exclus » du groupe PS à l’Assemblée

Cette semaine, c’est la fin. Dernière réunion de groupe et clôture de la session parlementaire. Mais, au PS, les député(e)s vont continuer à se réunir. Le président du groupe PS à l’Assemblée, Olivier Faure l’annonce dans une lettre. Mais, attention, l’accès est réservé aux soutiens de Benoît Hamon. Les Réformateurs (proche de Manuel Valls) et les « macronistes » sont priés de rester chez eux.

Assemblée Nationale. Photo MaxPPP

Assemblée Nationale. Photo MaxPPP

Les député(e)s d’Occitanie ne sont pas les plus nombreux. Mais ils sont visés. Le président du groupe PS à l’Assemblée demande aux « non-Hamonistes » d’oublier le traditionnel rendez-vous du mardi après-midi. En Occitanie, deux parlementaires sont expressément concernés : la députée de la Haute-Garonne, Monique Iborra, et le représentant de l’Hérault, Patrick Vignal. Depuis sa démission du PS, un autre parlementaire est également dans le viseur : l’Audois Jean-Marc Perez.

Ces trois parlementaires ne sont pas sur la même ligne. Monique Iborra soutient ouvertement Emmanuel Macron. Patrick Vignal est le signataire d’un appel de 19 député(e)s revendiquant un droit de retrait vis-à-vis de la campagne de Benoît Hamon. Jean-Claude Perez est un électron libre.

Malgré des profils différents, le sort est identique. Ce mardi 21 février est la dernière réunion pour Monique Iborra, Patrick Vignal et Jean-Claude Perez. Le président de leur groupe est catégorique :

La session se termine mais nous continuerons de nous réunir chaque semaine tous les mardis à 15 heures…désormais seuls les parlementaires ne soutenant aucun autre postulant à l’élection présidentielle que le candidat du Parti Socialiste, y assistent.

C’est clair. La porte est fermée. Mais le verrou saute si une session extra-ordinaire est ouverte :

Si notre Assemblée venait à être re-convoquée en session extraordinaire, sur un ordre du jour intéressant l’ensemble des membres du groupe, chacun-e serait évidemment invité à y participer.

Sur le fond, la décision du président du groupe PS à l’Assemblée n’a rien de choquant. Les socialistes du Palais-Bourbon veulent se réunir pour soutenir et accompagner la campagne du candidat du parti. Il est parfaitement normal que seuls les soutiens de Benoît Hamon participent à cette mobilisation. Depuis plusieurs semaines, les député(e)s socialistes ne se bousculent pas au portillon : moins de 50 présents à la réunion du 14 février. Il n’est pas certain que la « task-force » de l’Assemblée soit puissante. Mais, sur le principe, c’est normal que les parlementaires basculent en mode « campagne ».

En revanche, sur la forme, l’annonce du patron des député(e)s PS est franchement surprenante. La fin de la session parlementaire marque la fin du groupe PS à l’Assemblée. Sa vocation n’est pas de mener de campagne. Le groupe PS (comme les autres groupes des autres partis) dispose d’un local, de moyens humains et matériels pour participer à l’action législative : préparation de texte, rédactions d’amendements…Bref, plus de travail législatif  = plus de réunion de groupe.

Le principe (juridique) est clair : les moyens de l’Assemblée ne doivent pas servir à faire campagne. L’utilisation des permanences parlementaires est réglementée. L’organisation d’une réunion politique dans les murs d’une permanence doit donner lieu à une évaluation financière, au prorata du loyer payé ou en fonction du prix du marché s’agissant d’une location de salle. Cette évaluation doit être intégrée dans le compte de campagne.

S’agissant des locaux de l’Assemblée (qu’ils se trouvent dans l’enceinte du Palais-Bourbon ou dans les annexes), c’est la même chose. Les réunions politiques sont encadrées. Le président du groupe PS à l’Assemblée peut difficilement ignorer ce B.a.-ba.

Ce n’est pas évident.

Dans son courrier, Olivier Faure ne précise pas l’adresse des réunions du groupe des « hamonistes ».

Cette absence de précision peut laisser à penser que les « hamonistes » vont se retrouver tous les mardis dans la salle réservée au groupe PS.

C’est peut être un oubli. Pas forcément un détail.

Depuis quelques semaines, les Français sont (particulièrement) sensibles à la gestion des moyens publics.

Laurent Dubois (@laurentdub)

18 Fév

Le 1er fédéral du PS 31, Sébastien Vincini, nommé directeur de campagne de Benoît Hamon

Samedi 11 février, Benoît Hamon a dévoilé son équipe (nationale) de campagne. Une semaine après, moins de 70 jours avant le 1er tour, le candidat socialiste à la présidentielle a désigné son directeur de campagne en Haute-Garonne. Il s’agit du 1er fédéral du PS 31, Sébastien Vincini.

Sébastien Vincini, 1er fédéral du PS31

Sébastien Vincini, 1er fédéral du PS31

Pendant la campagne des primaires, Sébastien Vincini a soutenu Vincent Peillon. « Montebourgeois » de souche, le patron de la plus importante fédération socialiste d’Occitanie était en charge de l’organisation dans le staff de l’ancien ministre de l’Education.

La victoire (surprise) de Benoît Hamon rebat les cartes. La nomination de Sébastien Vincini ne revêt pas véritablement de sens politique. Par principe, les 1er fédéraux sont en charge (au niveau départemental) de la campagne du candidat du parti.

Sur le fond, cette responsabilité est symbolique. Par définition, une campagne présidentielle est gérée au niveau du candidat, au sein de l’équipe nationale. Néanmoins, l’échelon départemental peut être un relais utile pour organiser un déplacement. Traditionnellement, les présidentiables socialistes clôturent leur campagne dans la Ville Rose. Benoît Hamon respectera probablement ce rite. Et, de toute manière, le vainqueur de la primaire pourra difficilement trapper la 4eme ville de France et le département d’Airbus.

Dans les prochaines semaines, le directeur de campagne haut-garonnais de Benoît Hamon aura l’occasion de justifier son titre. Sur le plan (purement) politique, le bilan sera forcément moins visible et probablement plus « léger ». En dehors de la distribution de tracts et de quelques réunions, l’agenda de Sébastien Vincini ne va pas exploser à cause de Benoît Hamon.

Mais, s’agissant, de créer une dynamique « hamoniste » en Occitanie, le conseiller départemental d’Auterive devra compter avec son influente voisine de Martres-Tolosane. La présidente de Région a soutenu Manuel Valls pendant la campagne des primaires. Mais, depuis la victoire de Benoît Hamon, Carole Delga tente d’unifier les socialistes d’Occitanie derrière le vainqueur de la primaire.

Laurent Dubois (@laurentdub)

06 Fév

Au PRG, des voix s’élèvent pour soutenir Benoît Hamon

Alors que la direction du parti et sa candidate à la primaire Sylvia Pinel ont soutenu Manuel Valls et se sont démarquées de Benoît Hamon, des militants et élus, notamment dans notre région, veulent que le PRG se rapproche du candidat socialiste. Vraie rébellion ou volonté de ne pas mettre tous les oeufs radicaux dans le même panier ?

La députée européenne PRG Virginie Rozière

La députée européenne PRG Virginie Rozière

« Le temps de la discussion entre le PRG et Benoît Hamon est venu ». Dans une tribune, des militants et élus radicaux, parmi lesquels plusieurs d’Occitanie dont la députée européenne Virginie Rozière (photo ci-dessus), appellent leur parti à ouvrir les discussions avec le candidat du PS issu de la primaire.

Une forme de « rébellion » chez les Radicaux, alors que la gouvernance du parti et sa présidente, la Tarn-et-Garonnaise Sylvia Pinel, qui soutenaient Manuel Valls, disent ne pas se reconnaître dans le programme de Benoît Hamon, jugé trop à gauche ? Ou bien la volonté pour les Radicaux de mettre leurs oeufs dans plusieurs paniers, certains élus et militants étant déjà partis avec armes et bagages dans le sillage d’Emmanuel Macron.

En fait, sans doute un peu des deux, même si au PRG on a pas une culture de fronde. Jusqu’ici, c’est le patron qui tranchait : comprenez Jean-Michel Baylet. Sans doute que, avec son entrée au gouvernement et le parachutage de Sylvia Pinel à la tête du parti, les Radicaux sont moins bien gardés. D’où les désertions vers les rangs macroniens. Certains au PRG se placent donc dans une vraie filiation à gauche.

Le texte, intitulé « Avec Benoît Hamon, radicalement de gauche ? » (point d’interrogation inclus), pousse d’ailleurs autant le candidat socialiste à faire un pas vers les idées du PRG que les parti radical de gauche à ne pas négliger le succès croissant de Hamon dans les sondages.

Parmi les signataires on trouve donc la députée européenne du sud-ouest Virginie Rozière, le co-président de la fédération départementale du PRG de Haute-Garonne Pierre-Nicolas Bapt, ou celui de la fédération de l’Hérault Philippe Thinès ou encore le militant du Tarn-et-Garonne, membre du comité national et réputé proche de Sylvia Pinel et Jean-Michel Baylet, Jonathan Parise.

Quelle portée aura cet appel ? Face à la « fuite des cerveaux » vers Emmanuel Macron, certains radicaux ont senti que le moment était venu de montrer que le PRG porte aussi le mot « gauche » dans son nom.

Des oeufs. Plusieurs paniers.

A suivre.

FV (@fabvalery) avec Laurent Dubois (@laurentdub)

02 Fév

Pénélope Gate : aucune désertion dans les rangs selon le représentant de François Fillon en Haute-Garonne.

François Fillon est au centre d’un véritable champs de tir. Un député de son camp demande son retrait. La presse multiplie les révélations et les sondages sont mauvais. En Occitanie, les pro-Filllon sont discrets. La prudence et le silence sont la règle. Dans ce concert de mutisme, le représentant de François Fillon en Haute-Garonne prend la parole. Jean-Marie Belin dément toute infléchissement dans la mobilisation des comités locaux.

François Fillon Photo MaxPPP

François Fillon Photo MaxPPP

Il est urgent d’attendre. En Occitanie, la droite régionale ne se bouscule pas pour soutenir François Fillon. Les soutiens régionaux était peu nombreux avant le Pénélope Gate. Ils deviennent carrément transparents.C’est n’est pas vraiment étonnant. Jean-Luc Moudenc a exprimé (publiquement) des réserves sur le programme de François Fillon. Une violente tempête secoue le navire. L’opinion publique lâche le député de Paris. Ce n’est pas maintenant que le maire de Toulouse va se transformer en « parangon » de François Fillon.

Dans ce contexte, c’est un non élu qui se fait le défenseur du candidat de la droite. Jean-Marie Belin déclare :

Aucune défection dans les 8 comités locaux thématiques de François Fillon en Haute-Garonne. Ils sont fidèles. Il y a une réunion à Balma. Une autre est prévu ce soir (ndlr jeudi 1er février). Ce sont des représentants de la société civile et ce ne sont pas des gens qui attendent par peur de se mouiller. Ils réagissent en chef d’entreprise ou en agriculteurs. Ce qu’ils sont. Ils ne lorgnent pas des places et des investitures. Ils avancent en se disant que la présidentielle est proche et que quoi qu’il arrive on ne peut pas perdre de temps. Je tiens à leur rendre hommage

L’hommage rendu par Jean-Marie Bellin à ses « troupes » résonne comme une critique (en creux) des élus. D’un côté des élus timorés et, de l’autre, des soutiens issus de la société civile. Des soutiens sans arrière pensée qui vont jusqu’au bout de leur engagement. Jean-Marie Bellin ne cache cependant les doutes qui règnent dans les rangs « fillonistes » :

Il y a des doutes mais de pas de doute sur la candidature de François Fillon.

Jean-Marie Bellin parle de la « pureté de cristal » des comités Fillon. Des comités dévoués et dénués d’opportunisme. Malgré sa pureté, le cristal peut se briser.

Les prochaines semaines seront décisives pour tester, en Haute-Garonne comme dans le reste de l’Occitanie, la solidité des « fillonistes ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

Anne-Marie Idrac, patronne de l’aéroport de Toulouse, soutien embarrassant pour Macron ?

Une nouvelle personnalité de centre droit rallie l’ex-ministre de l’Economie en vue de la présidentielle : Anne-Marie Idrac. Secrétaire d’Etat aux transports d’Alain Juppé, secrétaire d’Etat chargée du commerce extérieur de François Fillon et ancienne patronne de la RATP, elle est actuellement présidente du conseil de surveillance de l’aéroport de Toulouse. Ce qui ne manque pas de déclencher les critiques dans notre région notamment celles des opposants à la privatisation de la plateforme aéroportuaire.

Anne-Marie Idrac (Photo : MaxPPP)

Anne-Marie Idrac (Photo : MaxPPP)

Pour rappel, Médiapart avait notamment dénoncé « un pacte d’actionnaire secret » entre l’Etat (Emmanuel Macron était alors Ministre de l’économie), et les actionnaires chinois. Encore dernièrement sur notre blog, un autre candidat à la Présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan réagissait à cette privatisation forcée : « C’est une trahison, une faute économique. On a laissé une plateforme vitale pour notre industrie livrée à l’espionnage. C’est un pillage organisé ! Macron, c’est l’homme des multinationales. C’est l’imposteur de cette élection et je le dirai et répéterai ».

Pour Myriam Martin, conseillère régionale « Ensemble » (Front de gauche), « il est incompréhensible que les pouvoirs publics cautionnent de telles collusions d’intérêt, dont le ralliement de Mme Idrac n’est qu’un des symptômes ». Elle qualifie ce ralliement de « retour sur investissement ». L’avocat des opposants à la privatisation de l’aéroport va même plus loin en se demandant si ce n’est pas « une contrepartie du superbe emploi doré qu’a offert M.Macron à Mme Idrac ». « Il va falloir que M.Macron s’explique »  conclue Maître Christophe Lèguevaques.

Les soutiens d’Emmanuel Macron en Haute-Garonne, eux, ne voient pas où est le problème, au contraire très satisfaits voir venir à eux d’autres alliés que des socialistes déçus. « Anne-Marie Idrac fait partie des personnalités de droite qui ont rejoint le mouvement « En Marche » » insiste Michaël Nogal. « Elle est retirée de la vie politique mais elle a eu une belle carrière. Aujourd’hui, elle est gestionnaire de l’aéroport de Toulouse, aéroport qui se tient bien financièrement et donc les polémiques sur son ralliement, on les juge inutiles. Le dossier de cession a été géré par le prédécesseur d’Emmanuel donc ce n’est pas un sujet pour nous » conclue le référent d’En Marche en Haute-Garonne.

Quant à Anne-Marie Idrac, elle ne s’exprime pas. Il est pourtant prévu qu’elle prenne la parole samedi à Lyon… au meeting d’Emmanuel Macron.

Patrick Noviello (@patnoviello)

01 Fév

Sébastien Nadot : « Sauf miracle, je n’aurai pas les 500 signatures pour la présidentielle »

Le Toulousain, candidat du Mouvement des Progressistes de Robert Hue, n’a pas encore jeté l’éponge. Mais il sait qu’il ne devrait pas parvenir à collecter les 500 parrainages d’élus pour se présenter à l’élection présidentielle.

Sébastien Nadot (Photo : MaxPPP)

Sébastien Nadot (Photo : MaxPPP)

« Sauf coup de poker et décision d’une grand partie de nous aider, je ne vois pas comment on va y arriver », reconnaît Sébastien Nadot, investi candidat à l’élection présidentielle de 2017 par le Mouvement des Progressistes, le parti de Robert Hue. 

A l’heure actuelle, il ne compte que 110 promesses, dont il n’est pas sûr qu’elles vont se transformer en signatures fermes, notamment, en ce qui concerne les élus de gauche, après la victoire de Benoît Hamon à la primaire. « Cest Robert Hue lui-même qui est le responsable de la collecte des signatures, explique Sébastien Nadot, et sa notoriété nous a assuré un seuil minimal de signatures, mais cela ne sera pas suffisant ». Le mouvement et son candidat se sont donc fixer jusqu’à mercredi prochain, le 8 février, pour prendre la décision d’arrêter la campagne.

C’est le jeu démocratique (…) On partait d’un peu trop loin »

Pour autant, le candidat n’est pas particulièrement remonté contre le système des 500 signatures d’élus : « C’est le jeu démocratique. Cela empêche notamment la prolifération de candidatures totalement farfelues. Mais ça permet aussi de mesurer que la démarche citoyenne est compliquée. J’ai manqué de relais médiatiques nationaux. Je ne suis pas parvenu à séduire les élus avec mon projet, en étant un candidat entièrement nouveau, totalement inconnu. Et puis nous n’avons pas les moyens de mettre des gens sur le terrain, partout, pour aller voir les élusOn partait d’un peu trop loin« .

D’autant que cette année, les règles ont changé : il faut toujours 500 signatures d’élus (maires, parlementaires, conseillers régionaux ou départementaux) répartis sur au moins 30 départements mais, c’est la nouveauté, ce sont les élus eux-mêmes qui doivent envoyer leur parrainage au Conseil constitutionnel (et plus le candidat qui les collecte). Tous les parrainages sont également publiés au journal officiel.

EN VIDEO / « Un candidat nommé Nadot » (reportage des étudiants en journalisme de Sciences Po Toulouse, Marie Desrumaux et Raphaël Brosse) :

Un autre « petit » candidat, Philippe Poutou, du NPA, galère également dans sa recherche des 500 signatures. Et le temps presse. Il a publié une vidéo, humoristique, dans laquelle il raconte cette chasse aux parrainages.

EN VIDEO / la chasse aux signatures de Philippe Poutou :

Le Mouvement des Progressistes avait choisi de ne pas participer à la primaire de la gauche, ce qui n’a pas aidé en matière de notoriété. La page de la présidentielle est donc en train de se tourner pour le prof de sports toulousain. Mais l’aventure politique n’est pas terminée. Le Mouvement des Progressistes compte déjà 60 candidats dans une vingtaine de départements. En Haute-Garonne, Sébastien Nadot sera candidat sur la 9ème circonscription. C’est Charles Hue, syndicaliste et fils de Robert Hue, qui représentera le mouvement sur la 5ème circonscription et Sébastien Kinach sur la 4ème.

FV (@fabvalery)

31 Jan

L’Ariègeois Alain Fauré dément être parmi les députés PS qui refusent de soutenir Benoît Hamon

340432Le député PS de l’Ariège a démenti mardi faire partie des premiers signataires de l’appel des « réformistes » qui demandent un « droit de retrait » pour ne pas soutenir le candidat issu de la primaire, trop à gauche selon eux.

17 députés socialistes ont signé mardi un appel invoquant un « droit de retrait » de la campagne présidentielle après la désignation par les électeurs de la primaire de gauche de Benoît Hamon. Dans cette liste, fournie à la presse par l’un des signataires, on trouve le nom du député PS de l’Ariège Alain Fauré : 

Mais mardi soir, Alain Fauré a démenti avoir signé cet appel. Il s’agirait donc d’une erreur de la part des autres députés à l’origine de l’appel. Il confirme à France 3 qu’il n’a pas été sollicité pour signer le texte. 

Selon ces députés, proches de Manuel Valls, c’est le positionnement trop à gauche de Benoît Hamon qui les empêche de le soutenir. François Loncle, l’un des signataires, a ainsi résumé la situation, en deux temps selon lui : « le refus du programme de Benoît Hamon d’abord, et l’éventuel ralliement à un autre candidat ensuite ». Sans aucun doute : Emmanuel Macron.

Alain Fauré n’a jamais manqué de soutenir le gouvernement de Manuel Valls. Il avait notamment longuement expliqué sur notre blog pourquoi il soutenait fermement la loi El Khomri. Mais, pour autant, il ne demande donc pas actuellement à se retirer de la campagne présidentielle de Benoît Hamon.

« J’étais en Ariège ce mardi et je n’ai pas été sollicité pour signer cette tribune. Mon nom a sûrement été ajouté à la liste parce que j’ai participé à des réunions des réformateurs ».

Mais sur le fond, s’il indique avoir l’intention de respecter les règles du parti, sa critique de Benoît Hamon est sévère et nous confie :

Je ne partage pas du tout la plupart des idées de Benoît Hamon et j’attends avec délectation le moment où il va devoir assumer le bilan du quinquennat. En revanche, je sais aussi que viendra le moment où il devra gommer certaines de ces idées et de ses propositions et ça ne pourra que créer de la frustration. Mais j’ai trop critiqué l’attitude des frondeurs ces dernières années pour le devenir à mon tour. Je respecterai les règles du PS ».

Cela a le mérite d’être clair.

FV (@fabvalery)