07 Déc

Sylvia Pinel renonce à sa candidature présidentielle et va rejoindre la primaire du PS

La candidature présidentielle de Sylvia Pinel aura duré 11 jours. Le samedi 26 novembre, l’ancienne ministre PRG est investie par son parti. Mardi 6 décembre, lors d’un bureau national, la « candidate » à l’Elysée annonce son intention de rejoindre la primaire organisée par le PS. Cette option (fermement rejetée il y a moins de deux semaines) est désormais privilégiée. Les instances nationales des radicaux de gauche doivent valider, le 14 décembre, cette nouvelle orientation. Pour habiller ce revirement, la présidente du PRG invoque le retrait de François Hollande.

Sylvia Pinel, présidente du PRG et candidate à l'Elysée. MaxPPP

Sylvia Pinel, présidente du PRG et candidate à l’Elysée. MaxPPP

La primaire n’est plus un chiffon rouge. Fin novembre, lors de la convention sur les orientations du parti, une participation à la primaire est fermement et unanimement rejetée. Le Triumvirat « Pinel-Baylet-Lacroix » est sur la même ligne que les soutiens d’Emmanuel Macron au sein du PRG. Pas question de s’engager dans une primaire qui peut conduire à une victoire d’Arnaud Montebourg. Il existe de vrais et forts tiraillement entre la tendance « Valliste » de la direction du PRG et les « macroniens ». Mais une synthèse se dégage sur une non participation à la primaire.

Le renoncement de François Hollande et l’entrée en piste de Manuel Valls conduit à un virage sur l’aile. Sylvia Pinel veut désormais rejoindre la primaire. La future ex-candidate estime que Manuel Valls va gagner la primaire. Le repoussoir Montebourg n’est plus un danger. Les radicaux de gauche doivent rentrer dans le rang.

La récente publication d’un (très mauvais) sondage peut convaincre les réticents. L’aventure élyséenne risque de se terminer par une Bérézina électorale. Mais Sylvia Pinel n’aura pas besoin d’argumenter pour justifier un changement de pied. La présidente du PRG maîtrise le  comité national qui doit voter et valider l’entrée du PRG dans la primaire.

C’est une formalité.

Laurent Dubois (@laurendub)

Sondage : Sylvia Pinel créditée de 0% d’intention de vote pour la présidentielle

C’est le premier sondage après l’annonce de la candidature de Sylvia Pinel à l’Elysée. Réalisé par l’IFOP le 6 décembre dernier pour iTélé, Paris Match et Sud Radio, l’enquête teste deux hypothèses de 1er tour : avec une candidature d’Arnaud Montebourg et avec une candidature de Manuel Valls.

Dans tous les cas, les scores obtenus par la candidate du PRG restent quasiment les mêmes. Ils oscillent entre 0 et 0,5%.

Sylvia Pinel, présidente du PRG et candidate à l'élection présidentielle. Photo : François Guillot/AFP

Sylvia Pinel, présidente du PRG et candidate à l’élection présidentielle. Photo : François Guillot/AFP

L’enquête de l’IFOP est intitulé : « Présidentielle 2017 : les rapports de force électoraux à cinq mois du scrutin« . Le sondage mesure les intentions de vote. Les têtes d’affiche de la droite, de la gauche et du FN sont testés. François Fillon, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Arnaud Montebourg et Manuel Valls appartiennent au panel. Mais les petits candidats sont également intégrés. Dans cette catégorie figure l’écologiste Yannick Jadot, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, la représentante de Lutte Ouvrière Nathalie Arthaud ou encore le candidat de NPA, Philippe Poutou.

Parmi les « poids-plumes » de la présidentielle, c’est la Radicale de Gauche, Sylvia Pinel, qui récolte (avec Jacques Cheminade) le score le plus faible. L’ancienne ministre de François Hollande est créditée de 0% d’intention de vote dans l’hypothèse d’un PS représenté par Manuel Valls. L’IFOP a également réalisé un sondage avec une candidature d’Arnaud Montebourg. Sylvia Pinel bénéficie, dans ce cas de figure, d’une très légère embellie : 0,5 point.

Cette arithmétique est assez ironique. Le PRG refuse de s’engager dans le processus de la primaire de la gauche pour éviter de soutenir (en cas de victoire du monsieur « made in France » du PS), Arnaud Montebourg. Et ce même Arnaud Montebourg « offre » son meilleur score à la candidate des Radicaux de Gauche.

Evidemment un sondage reste un sondage. Il s’agit d’un simple « instantané » pris à un « moment T ». La campagne présidentielle n’a pas encore commencé et les lignes vont bouger. Mais le score de Sylvia Pinel est dans la ligne du résultat obtenu par Jean-Michel Baylet à la primaire de 2011 : 17 055 voix et 0,65% des votes.

Laurent Dubois (@laurentdub)

*Sondage Ifop-Fiducial pour ITELE, Paris Match et Sud Radio. Deux échantillons. 1 882 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 2 007 personnes. 1 401 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 1 500 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 28 au 30 novembre et du 2 au 3 décembre 2016.

Christophe Borgel « intéressé » par la présidence du groupe PS à l’Assemblée, mais… 

Christophe Borgel. Député de la Haute-Garonne et président du comité national d'organisation de la primaire

Christophe Borgel. Député de la Haute-Garonne et président du comité national d’organisation de la primaire

Christophe Borgel sur tous les fronts… Secrétaire national du PS en charge des élections, il a la délicate tâche d’organiser la primaire.  Seulement, les coïncidences de calendrier sont parfois cruelles. Voilà plusieurs années qu’il travaille aussi à mettre de l’huile dans les rouages du groupe PS à l’Assemblée Nationale et sa présidence est enfin à prendre maintenant que Bruno Le Roux est à l’Intérieur.

« Oui, ça m’intéresse. Je vous mentirais si je vous disais le contraire » avoue d’entrée Christophe Borgel. Même si on lui prête des adversaires plus consensuels, le député de Haute-Garonne estime qu’il a « toutes ses chances pour gagner ».

La politique, c’est un collectif

Mais à cinq mois de la Présidentielle et alors qu’il doit organiser la Primaire de la gauche, le moment n’est pas idéal pour se lancer dans une aventure individuelle. « Je ne peux pas aller sur tous les plateaux de télé en disant que la politique c’est un collectif et conjuguer cette candidature au « je » » reconnaît le secrétaire national du PS aux élections.

Tout va très vite ces derniers jours au Parti Socialiste. Après que 150 députés socialistes aient rencontré Manuel Valls mardi soir, place ce mercredi au discours de politique générale de Bernard Cazeneuve à l’Assemblée Nationale. Juste après, les députés socialistes devraient à nouveau se réunir.

Trouver une solution de consensus

« On va discuter. Je peux effectivement être candidat à la Présidence du groupe. Mais je vais surtout m’inscrire pour trouver une solution de consensus » explique Christophe Borgel. Candidat potentiel donc, qui aurait toutes ses chances de l’emporter mais qui finalement ne s’y voit pas dans la période actuelle. Drôle de position… Quoi qu’il en soit le président du Comité national d’organisation de la primaire du PS ne refuse jamais le débat. La preuve, il sera avec nous en plateau de « Dimanche en Politique » cette semaine.

Patrick Noviello

05 Déc

Elisabeth Pouchelon relance la polémique sur le futur bâtiment du Conseil Régional

 

Elisabeth Pouchelon, conseillère régionale Les Républicains

Elisabeth Pouchelon, conseillère régionale Les Républicains

L’information a filtré dans les colonnes de l’hebdomadaire L’Express la semaine dernière. Le directeur général des services de Carole Delga y déclare : « Nous ne resterons pas locataire en permanence et il faudra acter une stratégie immobilière ». Nous vous en parlions dès la semaine dernière. Ce week-end, c’est le quotidien régional « Midi Libre » qui évoque plus précisément le bâtiment visé : l’ancien institut de Biologie de la faculté de médecine de Montpellier. Acheter un nouveau bâtiment alors qu’il existe déjà deux hôtels de région « vides de leurs élus », pas question pour l’Union des Elus de la Droite et du Centre.

Toulouse Capitale et Montpellier, siège des réunions du Conseil régional. Pour Elisabeth Pouchelon « la promesse de campagne de Carole Delga ne résiste pas à la réalité des exigences immobilières et économique ». Certes payer 400 000 euros par an pour siéger dans un parc des expos, la situation ne peut durer indéfiniment. Il y a d’ailleurs mieux pour installer une nouvelle institution…

Aménager l’hôtel de Région de Toulouse ?

Mais ce que ne comprend pas la conseillère régionale Les Républicains, c’est notamment qu’une étude ne soit pas approfondie sur l’aménagement de l’hôtel de région toulousain. « Si l’Hôtel de région de Montpellier ne peut accueillir les 158 élus, ce n’est pas le cas de l’hémicycle toulousain qui les a d’ailleurs accueillis pour les deux premières assemblées plénières sans aucun aménagement ».

« Au nom de la transparence due à nos concitoyens, je réclame à nouveau une évaluation très précise des coûts respectifs des différentes solutions de fonctionnement de notre Région.

Il est inconcevable d’investir dans un nouveau bâtiment, sauf à prévoir une reconversion complète

des sites de Toulouse et Montpellier, à l’image de ce qui se passe en Île de France par exemple » demande Elisabeth Pouchelon.

La Région sur le point d’acheter un nouveau bâtiment pour ses élus ? Seraient-ils sans abris ? » Elisabeth Pouchelon.

« Alors que des citoyens d’Occitanie sont sans logement ou peinent à en trouver, qui pourrait comprendre qu’une fumeuse promesse de campagne aboutisse à de telles dépenses » conclue Elisabeth Pouchelon. Si le projet était maintenu, l’élue toulousaine n’hésite pas à dire qu’il « discréditera Carole Delga dès le début de son mandat ». La représentante de la droite et du centre va même jusqu’à prédire qu’ « à ce rythme et à l’image de François Hollande », Carole Delga « pourrait ne pas être en mesure de se représenter en 2021 ».

Certes la polémique sur cet éventuel futur bâtiment enfle, mais nous n’en sommes pas encore là.

Patrick Noviello

Sylvia Pinel a-t-elle les moyens financiers de se présenter à l’Elysée ?

La candidature à l’élection présidentielle de Sylvia Pinel soulève un certain  scepticisme. Des élus socialistes et même du PRG s’interrogent sur un point : le PRG peut-il financer les ambitions élyséennes de sa présidente ?

Sylvia Pinel, présidente du PRG et candidate à l'Elysée. MaxPPP

Sylvia Pinel, présidente du PRG et candidate à l’Elysée. MaxPPP

Dans la propre famille de Sylvia Pinel, des radicaux de gauche évoquent des difficultés financières. Un parlementaire PRG estime qu’une multiplication des candidatures aux législatives peut permettre de sortir de l’ornière. En effet, 50 candidats sur 50 circonscriptions permettent d’obtenir, pendant 5 ans et pour chaque voix obtenu, un financement de l’Etat.

Mais, en attendant, les radicaux de gauche ont-ils les reins assez solides ? Une présidentielle peut coûter jusqu’à 20 millions. Pour être rembourser par l’Etat (à la hauteur de 800 000 euros), il faut passer les 5 % des suffrages exprimés.

Quelles sont les finances du PRG ?

Selon le compte de résultat déposé en 2014 auprès de la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des financements politiques (CNCCFP), le PRG a perçu 1 557 040 euros au titre des aides publiques.

Cette somme représente l’essentiel des produits du PRG. 1 557 040 euros proviennent de l’Etat et le total des produits du PRG est de 2 137 053 euros. Autrement dit, 73% des produits du parti des radicaux de gauche sont issus d’un financement public.

Le PS donne 28 000

A cela, il faut ajouter 28 243 euros versés par un parti partenaire. Ce n’est mentionné dans le compte de résultat déposé auprès de la CNCCFP. Mais il s’agit du Parti Socialiste.

Les ressources propres au PRG, internes au parti, proviennent de 4 sources :

  • Cotisations des adhérents : 149 540 euros
  • Contribution des élus : 204 865 euros.
  • Dons de personnes physiques : 106 611 euros.
  • Facturation de services rendus pour les candidats en campagne électorale : 39 939 euros.

Dans la colonne des dettes, le PRG affiche 318 316 euros. Mais, au final, cela n’empêche pas un équilibre des comptes. Cette situation financière ne suffit pas à assumer le coût d’une campagne électorale. En revanche, cela permet d’actionner un levier : l’emprunt.

Laurent Dubois (@laurentdub)

02 Déc

Législatives : la députée frondeuse du Tarn Linda Gourjade candidate sans passer par le PS

C’est fini. Au PS 81, comme dans toute la France, les inscriptions sont closes. Dans le Tarn, une députée (sortante) manque à l’appel. Linda Gourjade n’a pas déposé sa candidature. Le patron des élections au PS, Christophe Borgel, confirme l’information. Mais Linda Gourjade ne renonce pas à son siège et annonce qu’elle sera tout de même en piste pour les législatives de juin prochain. Un duel s’annonce sur la 3ème circonscription du Tarn. Un duel entre le PS et une de ses futures ex-députées.

Linda Gourjade, députée du Tarn. Photo : MaxPPP

Linda Gourjade, députée du Tarn. Photo : MaxPPP

Dans plusieurs départements d’Occitanie, des sortants raccrochent. Mais, à la différence du Gersois Philippe Martin ou de l’ariégeoise Laurence Massat, Linda Gourjade n’invoque pas un besoin de renouvellement ou la loi anti-cumul. La députée tarnaise n’annonce d’ailleurs pas son retrait des législatives. La « frondeuse » qui a signé une motion de censure contre le gouvernement Valls ne sollicite pas l’investiture des militants socialistes. Mais elle déclare qu’elle sera malgré tout candidate.

Comme le précise son collaborateur parlementaire, Marc Gauché : « Ce ne sont pas 30 ou 40 militants qui doivent décider par un vote interne. Ce sont les électeurs qui doivent se prononcer ».

Linda Gourjade et son entourage refusent d’employer l’expression. Mais c’est bien une candidature « hors parti » qui se profile. Les députés sortants ne sont pas exonérés de la procédure pour les investitures. Ils doivent déposer une candidature. En Haute-Garonne, le plus ancien député de France, Gérard Bapt a respecté la formalité. Dans le Tarn, les militants et les élus socialistes sont d’ailleurs bien placés pour savoir que ce n’est pas toujours sans danger. En 2006, le député sortant de la 1er circonscription, Paul Quilès a été éliminé par le vote des militants.

Linda Gourjade peut difficilement ignorer la jurisprudence Quilès. Son refus de passer devant les militants s’explique (probablement) par le précédent de l’ancien ministre de François Mitterrand. Linda Gourjade risque de payer « cash » sa Fronde permanente contre la politique gouvernementale. Pour éviter la foudre, Linda Gourjade se met à l’abri d’un vote militant. C’est transparent. Son bras droit, Marc Gauché, essaie de sauver les apparences et tente une justification : « Linda Gourjade n’a pas besoin de déposer une candidature car elle l’a en quelque sorte déjà fait puisque c’est une circonscription réservée à une femme« .

EN VIDEO / Linda Gourjade explique à France 3 Tarn pourquoi elle est candidate sans passer par le vote des militants :


Mais un socialiste « historique » rappelle les règles du jeu. Ancien sénateur et ex-patron des socialistes de Haute-Garonne, Bertrand Auban précise : « une circonscription réservée femme signifie que seules des femmes peuvent être candidates mais elles doivent déposer une candidature, sortante ou pas sortante« .

Malgré des précautions oratoires et des pirouettes rhétoriques, Linda Gourjade est donc candidate et sans l’étiquette socialiste.

Du côté du PS, l’issue est connue d’avance. Le suspens est inexistant. Les militants ont un seul choix sur la table : Lysiane Louis et son suppléant Luc Picard. Un casting qui a, d’ailleurs, le soutien du premier fédéral, Patrick Vieu.

Le retrait surprise de François Hollande ne changera pas la donne. Linda Gourjade est en phase avec une gauche du PS qui peut gagner une primaire rendue ouverte par le renoncement du président sortant. Mais ce nouveau rapport de force ne changera pas un point crucial : Linda Gourjade refuse de respecter les statuts du parti et n’a pas déposé de candidature à l’investiture. Ses soutiens ont conscience du caractère irrévocable de cette position. Ils le regrettent et ne comprennent pas la ligne de Linda Gourjade.

Ancienne députée du Tarn, Monique Collange estime : « Linda a fait un vrai boulot sur le terrain. Elle est très présente. Elle aurait pu se présenter en interne quitte à boycotter des réunions si elle estimait qu’on lui mettait les battons dans les roues« .

Laurent Dubois (@laurentdub)

« Politic Café » #12 : avec Hollande, Pinel, Fillon et Delga dedans

Politic Café

Il y a du lourd cette semaine dans la 12ème livraison de notre module vidéo de commentaires des infos politiques de la semaine :

  • le retrait de François Hollande et la candidature à la présidentielle de Sylvia Pinel
  • la région Occitanie qui compte peu de soutiens de François Fillon
  • le Conseil régional et Carole Delga qui se constituent parties civiles dans l’affaire AWF.

01 Déc

Hollande : « une infinie tristesse » pour Philippe Martin… et autres réactions dans la région

François Hollande et Philippe Martin à L'Elysée, lundi 28 novembre 2016

François Hollande et Philippe Martin à L’Elysée, lundi 28 novembre 2016

C’est une première sous la Ve République. Un locataire de l’Elysée renonce à briguer un second mandat. François Hollande se retire de la course à la présidentielle.

L’ancien ministre de l’Ecologie de François Hollande, Philippe Martin réagit :

Une infinie tristesse. Un sentiment de gâchis et pas mal de haine pour tous ceux qui lui doivent tant et qui, ces dernières semaines, ont tout fait pour l’empêcher de faire ce qu’il voulait par dessus : défendre un bilan qui est une fierté collective »

Jean-Michel Baylet, Ministre de l’aménagement du territoire :

Justice lui sera vite rendue, François Hollande est un grand Président de la République »

Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse :

Philippe Saurel, maire DVG de Montpellier :

Je salue sa lucidité, son courage d’admettre qu’il n’était pas en situation de rassembler les Français. (…) Il est grandement l’heure de « Réparer la République ».

Georges Méric, Président (PS) du conseil départemental de Haute-Garonne

La décision de François Hollande de ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle est un acte courageux, respectable, qui témoigne d’une grande dignité.Dans un contexte de crise économique et politique profonde, François Hollande a fait le choix d’assumer la fonction présidentielle jusqu’à son terme, en renonçant à une campagne qui aurait été difficile pour l’ensemble de la gauche »

Le PCF 31 :

C’est sur la base des échecs de sa politique que Hollande s’en va et le constat sera le même pour Valls. Il faut créer les conditions d’un candidat unique sur des bases claires même si certains ont du mal à retirer leur candidature »

Sylvia Pinel, candidate PRG à l’élection présidentielle :

François Hollande laisse le pays dans une situation assainie et offre à la gauche de nouvelles perspectives pour rassembler les français »

Pierre Medevielle, Président de l’UDI 31 :

La renonciation de François Hollande à une nouvelle candidature est une preuve de lucidité mais aussi signe l’échec du quinquennat. »

Francis Daspe, responsable départemental Parti de Gauche 66 :

Le 2 décembre est la date anniversaire du sacre de Napoléon 1er (en 1804) et de la victoire d’Austerlitz (en 1805). Pour François Hollande, Waterloo s’est déroulé avant Austerlitz avec, ce 1er décembre 2016, sa déclaration de renoncement à se présenter aux prochaines élections présidentielles.

A l’étroit, le Conseil Régional d’Occitanie va acheter un bâtiment à Montpellier

La fusion de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon pose un problème immobilier. Les hôtels des deux ex-régions sont trop petits et les conseillers régionaux sont trop nombreux. Pour faire face au problème, depuis 11 mois, la présidente de la nouvelle Région Occitanie a choisi l’option d’une location de salles. Chacune des assemblées plénières se déroule au Parc des Expositions de Pérols, près de Montpellier. Face au montant de la facture, Carole Delga, a décidé d’acquérir un bâtiment.

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie.Photo : MaxPPP

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Photo : MaxPPP

L’opération va coûter plusieurs millions d’euros. Un élu régional défend le projet d’achat d’un bâtiment pour héberger les conseillers régionaux  : « ce n’est pas possible de continuer à dépenser 300 à 400 000 euros pour se réunir à Montpellier. Au moins si on acquiert un bâtiment ce sera un investissement et il sera rapidement amorti« .

La nouvelle politique immobilière de Carole Delga remonte à plusieurs mois. Comme le précise le président du bureau de l’Assemblée Régionale :

J’ai abordé le sujet avec la présidente bien avant l’été. Je confirme le projet mais je me suis engagé à conserver la conversation et les échanges en OFF et je tiens ma parole. Je connais le bâtiment concerné. Mais je n’en dirai pas plus. Parce que je l’ai promis à Carole Delga. Mais aussi pour éviter toute spéculation immobilière.

Les propos de Gérard Onesta font suite à une déclaration du Directeur Général des Services de Carole Delga. Dans les colonnes de l’hebdomadaire L’Express, Simon Munch présente la location de salles comme une solution de « moyen terme » et lance :

Nous ne resterons pas locataire en permanence et il faudra acter une stratégie immobilière

Il est encore trop tôt pour connaître les détails du nouveau logement des 158 conseillers régionaux.

Contacté par France 3 Midi-Pyrénées, le conseil régional n’a pas souhaité s’exprimer.

Mais deux faits apparaissent. D’abord, le projet immobilier est sur Montpellier. Ce choix est conforme au souhait de Carole Delga de tenir les assemblées plénières dans la préfecture du Languedoc. Un souhait exprimé lors de la campagne des régionales, réaffirmé en début de mandat, acté par le vote d’une délibération et donc renouvelé une nouvelle fois.

Ensuite, second point confirmé, le futur bâtiment ne sortira pas de terre. Il s’agit de l’achat d’un bien immobilier. Cette acquisition supposera (probablement) d’effectuer des aménagements. La création d’un hémicycle n’aurait rien de surprenant. Néanmoins, il ne s’agit pas de construire un nouvel édifice. Cette formule est économique. il est souvent moins cher d’aménager de l’existant que de construire. Un achat est également (et peut-être surtout) symbolique et même politique. Un grand chantier peut renvoyer l’image de travaux pharaoniques. Carole Delga et son directeur de cabinet (le très communiquant Laurent Blondiau) ne peuvent ignorer le caractère sensible de l’opération « un toit pour les conseillers régionaux ». L’opinion publique est allergique au marbre et l’opposition marche sur du velours quand il s’agit de crier à la folie des grandeurs.

Néanmoins, le déménagement-aménagement des élus d’Occitanie va faire des heureux : les élus eux-mêmes. De droite et de gauche, dans la majorité ou dans l’opposition, des voix s’élevent pour dénoncer le « campement » auquel ils sont condamnés depuis le début du mandat.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Affaire AWF : que veut exactement Carole Delga ?

Lundi dernier en Assemblée plénière, la Présidente de l’Occitanie a fait voter la constitution en tant que partie civile du conseil régional dans le cadre de l’affaire AWF. Son but : « avoir accès au dossier » nous répond-t-on seulement à la Région. Mais après…

Carole Delga, Présidente PS de la Région Occitanie. Photo MaxPPP

Carole Delga, Présidente PS de la Région Occitanie. Photo MaxPPP

Le débat fut houleux comme nous vous l’avons déjà indiqué dans un précédent article, mais les points sur les « i » ont été mis rapidement. Avant la mise au vote, Emmanuel Crenne, élu du Front National interpelle Carole Delga sans détour : « La Chambre Régionale des Comptes a mis en lumière un système de favoritisme avec des appels d’offres gagnés par cette société (NDR : AWF)  dans des conditions douteuses, des appels d’offre sur mesure, cette société étant parfois seule… »

Pas de favoritisme 

Aussitôt Carole Delga le coupe : « C’est faux, la Chambre Régionale des Comptes n’a pas indiqué de délit de favoritisme ». Elle explique plus tard à un autre élu de l’opposition que si cela avait été le cas, la CRC aurait transmis ce dossier au parquet. Ce qui n’a pas été fait. Lundi, toujours  lors de l’Assemblée plénière, Carole Delga a été claire à l’encontre de son opposant frontiste : « Vous n’avez pas à salir la probité de Martin Malvy ! ». Ce n’est donc pas la précédente présidence qu’elle remet en cause dans la gestion de ce dossier. Mais alors pourquoi tient-elle à ce point à avoir accès au dossier ?

« Vous n’avez qu’à lui demander ! Je ne préside pas la Région » nous répond Gérard Onesta. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé… L’élu EELV,  sous le rassemblement « Nouveau Monde » avait fait campagne face à Carole Delga en prônant plus de déontologie et de transparence dans l’institution. Pour lui, cette question sur le dossier AWF ne relève pas du bureau de l’Assemblée qu’il préside. « Je l’ai déjà dit. C’est le système d’appel d’offre qu’il faut revoir. Il laisse trop de places à d’éventuelles ententes ».

Carole Delga et Gérard Onesta, lors de leurs campagnes respectives, avaient prôné plus de transparence.

Carole Delga et Gérard Onesta, lors de leurs campagnes respectives, avaient prôné plus de transparence.

Revoir le système de sélection ?

Dans le collimateur de Gérard Onesta, ces fameuses « pondérations de la note » qui mettent en avant un critère plutôt qu’un autre dans l’attribution d’un marché. « Ainsi une entreprise peut être plus chère et moins écolo et quand même l’emporter, si le critère prioritaire était par exemple le délai de livraison. Ce qui était le cas dans le cadre de l’attribution du marché d’impression du journal de la Région à la Dépêche du Midi » précise l’élu.

Autre amélioration à apporter dans le système d’attribution selon lui : « que les commissions d’appel d’offre et les élus qui les composent aient accès aux dossiers de candidature plus tôt et qu’ils se réunissent au préalable afin de définir le cahier des charges ». « Je ne suis pas juge et en charge du dossier, mais avec de telles précautions l’affaire AWF aurait certainement pu être évitée » conclut Gérard Onesta.

Transparence maximale 

Du côté des élus de la droite et du centre, on se veut plus prudent. Sacha Briand a pris la parole en assemblée pour demander « qu’à minima,  dans le cadre de la conférence des présidents, il soit rendu compte de l’avancement de cette instruction de manière confidentielle mais que l’information et la transparence soient garanties sur le suivi de cette affaire ». « Moi je suis respectueux de la procédure judiciaire et de la présomption d’innocence » nous précise l’élu Les Républicains. « Je ne fais de procès d’intention à personne. Carole Delga a appelé à la transparence, que les choses le soient de manière maximale.» conclut-il.

Lors de sa campagne, Carole Delga avait promis un nouveau mode de gouvernance. Revoir le mode de fonctionnement d’attribution des marchés publics, pourrait en être un signe fort ! Sinon tout ça n’aura été qu’une posture…

Patrick Noviello