13 Sep

[Echo de campagne] « Aligot-Méluche » pour Gérard Onesta

Dimanche, toute la gauche a pris le ciel sur la tête. Les socialistes se sont réunis dans une Lozère douchée par la pluie. Mais ils ne sont pas les seuls. les écologistes, le Parti de Gauche, la gauche socialiste et le communistes ont eu les pieds dans la boue. La « gauche de la gauche » régionale s’est rendue à la Fête de l’Humanité. Une fête qui s’est déroulée sous des trombes d’eau.

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Pour Gérard Onesta, c’était une première. Le leader écolo a participé à plusieurs fêtes de L’Huma en région. Mais il a découvert aujourd’hui les immenses stands de la Courneuve. Il n’est pas monté seul. Marie Pierre Vieu (Front de Gauche), Guilhem Serieys (Parti de Gauche) et Myriam Martin (Ensemble!) ont également pris le chemin de la banlieue parisienne.

La délégation est montée avec le coeur léger. Elle revient, pour la bonne cause, avec un estomac lourd.

Le sondage rendu public jeudi  montre que l’alliance « Rouge-Verte » prend son envol.

En revanche, le collectif du « Projet En Commun » a du plomber son régime alimentaire

Il s’est restaurée sur le stand de l’Aveyron. A la place de la rituelle merguez, Gérard Onesta et ses camarades ont partagé un aligot avec Jean-Luc Mélenchon. Ce genre de plat peut contrarier les amateurs de menus végétaliens. Des menus très prisés dans le milieu écolo.

Ce n’est pas grave.

Gérard Onesta a bousculé, avec plaisir, ses habitudes gastronomiques.

Un accord avec le Front de Gauche vaut bien 545 Kcal. Pour le « Projet En Commun »,  l’heure du verdict approche. Ses différentes composantes vont devoir passer dans le dur. La phase de la présentation de la plateforme collaborative (pour reprendre le « jargon officiel) est validée. Mais il faut maintenant passer au programme et, plus difficile encore, à la confection des listes. Une confection qui doit assurer la représentativité de toutes les composantes : EELV, PC, PG, Occitanistes, Gauche Socialiste, Ensemble!

L’alchimie peut être explosive. Gérard Onesta a un atout dans sa manche : la détermination et la bonne volonté de Marie Pierre Vieu. La responsable du Front de Gauche parle d’une nécessité politique. Pour elle, pas de doute Verts et Rouges doivent s’unir. Ils n’ont pas le choix.

Mais un dérapage incontrôlé est toujours possible.

Un « Aligot-Méluche » à la Fête de l’Huma peut toujours aider.

Même si, lors de cette même fête, le patron des communistes, Pierre Laurent a taclé le Front de Gauche qui, en retour, boycotté le discours du leader du PC.

Décidément, les relations au sein de la gauche de la gauche sont plus épicées qu’une recette d’aligot.

Laurent Dubois

 

 

 

[Echo de campagne] Philippe Martin passe entre les gouttes

Violents orages sur le Languedoc-Roussillon. L’autoroute entre Montpellier et Clermont est coupée. Une partie de l’A 75 s’est effondrée. Ce n’est pas un temps à mettre un bus dehors. Et pourtant un convoi exceptionnel de Gersois rentre de la Lozère et se dirige actuellement vers Auch.

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A son bord des élus socialistes qui reviennent d’un rassemblement politique. Les proches et la famille de Philippe Martin peuvent se rassurer. L’ancien ministre et président du département passe entre les gouttes. Il vient d’envoyer un SMS :

Bien qu’un peu perturbé par l’épisode cévenole d’hier, et l’impossibilité matérielle pour certains élus de nos rejoindre, notre rassemblement des territoires a été un grand moment de mobilisation, d’engagements et de solidarité (engagement des 11 départements de gauche de mettre leurs services d’entretien des routes à disposition des départements sinistrés).

Visiblement, les nuages noirs n’ont pas empêché les échanges. Philippe Martin peut retrouver les rives du Gers avec le sens du devoir accompli. L’ancien ministre a activement préparé ce rendez-vous consacré à la ruralité. Il bénéficiait d’un double entrainement. Face aux intempéries, l’ancien ministre de François Hollande a pu bénéficier des conseils d’un spécialiste des  averses, bourrasques, parapluies retournés et lunettes trempées : le président de la République. Sur la question de la ruralité, il a prononcé un discours (appuyé sur sa pratique) lors de la récente visite de Manuel Valls dans le Gers.

 

Laurent Dubois

 

[L’interview du Dimanche] Louis Aliot : « un plan Marshall pour la ruralité »

Après un dimanche au Grau-du-Roi, dans le Gard, Louis Aliot se prépare pour un lundi toulousain. Demain, à 11 H 30, le leader régional du Front National va faire une conférence de presse place du Capitole. Au menu des propositions agricoles. Détail dans un entretien qui revient également sur le dernier sondage publié et la déclaration de Robert Ménard concernant les réfugiés venus de Syrie.

Louis Aliot Député européen et leader du FN pour les régionales 2015

Louis Aliot Député européen et leader du FN pour les régionales 2015

Régionales 2015 – Quel va être le menu de votre conférence de presse ?Vous venez à Toulouse pour présenter vos candidats en Haute-Garonne ?

Louis Aliot. Pas encore. La commission d’investiture interviendra le 21 septembre. Mais je peux vous dire que des femmes seront là. Je viens pour présenter un plan Marshall pour la ruralité. Il faut une aide massive pour les agriculteurs et notamment des aides à l’installation.

Régionales 2015–Vous pouvez être plus précis ? Vous pouvez citer une de vos propositions ?

Louis Aliot. Le développement des circuits courts. Il doit y avoir une vraie politique régionale en la matière. Il faut rapprocher la production des lieux de consommation. Il faut des aides massives pour favoriser le concept. C’est bon pour l’environnement, pour les revenus des agriculteurs et cela favorise le fameux « patriotisme économique ».

Régionales 2015–Jeudi dernier, un sondage OpinionWay pour « Europe-Ecologie » a été rendu public. Il vous donne en tête au 1er tour avec 27 % mais vous êtes battu au second tour. Votre réaction ?

Louis Aliot. C’est un excellent point de départ. On doit pouvoir accrocher les 30 points. Mais le point le plus important c’est que les sondages ne mesurent jamais les 2nd tours. Bien sur, ils fournissent des chiffres. Mais ils ne veulent rien dire car c’est une question de dynamique au 1er tour et les cartes sont rebattues en fonction du résultat des urnes. A gauche, je me demande comment vont faire Europe-Ecologie et le Front de gauche pour rejoindre le PS au 2nd tour après s’être combattu au 1er. Il ne suffira pas de dire que le programme, c’est la lutte contre le FN.

Régionales 2015–Votre adversaire c’est qui ? La gauche ? Dominique Reynié ?

Louis Aliot. C’est la gauche qui détient les 2 régions (NDLR Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon). Mais c’est une gauche minoritaire et divisée. Je suis la seule alternative parce que je suis d’ici. Je connais parfaitement la mécanique des régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. J’ai siégé dans les deux conseils régionaux. Et quant à Dominique Reynié, on se demande pourquoi il a échoué dans notre région. En plus, c’est un européaniste convaincu. Il aurait pu être sur la liste d’un Martin Malvy ou d’une Carole Delga.

Régionales 2015-L’accueil des réfugiés venus de Syrie occupe la Une de l’actualité. Pensez vous que le dossier va s’inviter dans la campagne des régionales ?

Louis Aliot. Oui cela peut jouer. J’attends de savoir si Carole Delga va en accueillir à Martres-Tolosane (NDRL commune de Haute-Garonne dont elle est maire). On n’entend pas Dominique Reynié qui ne dit rien sur le sujet. Mais, quand on va voir arriver des réfugiés dans les campagnes pour occuper des logements que les français espéraient occuper cela va faire réagir les habitants de la région. Je suis partisan du principe « charité bien ordonnée commence par soi même ».

Régionales 2015- Vous êtes d’accord avec la position du maire de Béziers, Robert Ménard ?

Louis Aliot. J’ai vu une vidéo dans laquelle Robert Ménard vient expulser avec des policiers municipaux des réfugiés qui occupent illégalement un logement. On doit commencer par là et faire respecter les lois. Après je pense que les maires de gauche qui veulent accueillir des réfugiés doivent commencer à le faire chez eux, à leur domicile, au lieu de le faire financer par le contribuable.

Propos recueillis par Laurent Dubois

 

 

12 Sep

[Fact-checking] Un enterrement de la « Présidence Déléguée »

Le feuilleton de l’été ne survivra pas à l’automne. Depuis la fin juillet, le PS est empêtré dans la polémique de la « Loi Alary-Pinel ». L’annonce d’une réforme législative pour créer un poste de « président délégué » a soulevé une tempête politico-médiatique. Visiblement, le projet est enterré.

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Vendredi dernier, Sylvia Pinel lance un pavé dans la mare. La ministre radicale prend ses distances avec la « présidence déléguée ». Immédiatement, cela fait tourner le sang des socialistes gardois et de certains parlementaires. Un député PS déclare : « c’est incroyable, c’est une ministre qui laisse sous entendre que son parti pourrait ne pas voter un texte soutenu par le gouvernement ».

D’autres réactions sont plus désabusées.

D’après des responsables socialistes, Sylvia Pinel a compris que le projet est mort. Elle dresse (implicitement) l’acte de décès. Cette version est (visiblement) la bonne.

D’après nos informations, Martin Malvy est catégorique. A plusieurs de ses interlocuteurs, il a annoncé ouvertement : «ça ne passera jamais ». Le président de Midi-Pyrénées est bien placé pour le savoir. Il a une ligne directe avec le président des Régions de France. Son homologue aquitain, Alain Rousset, ne cache pas son opposition et même son agacement par rapport à une réforme législative « parachutée » en plein été.

Au delà des propos, il y a les faits.

La création d’une présidence déléguée suppose et impose le dépôt d’un projet ou d’une proposition de loi. Le gouvernement ou un parlementaire doit déposer un texte sur le bureau de l’une des deux chambres.

Au Palais-Bourbon, le groupe PS se réunit mercredi prochain, le 15 septembre. Aucune trace de la « présidence déléguée » dans la liste des textes prévus. Un séminaire de groupe doit se tenir du 21 au 23 septembre. Les députés socialistes n’ont pas encore reçus le programme. Mais, d’après les parlementaires consultés, il n’existe aucune information ou indice permettant de penser que la « présidence déléguée » va être mise au menu.

Ordre du jour de la réunion du groupe députés PS

Du côté du Sénat, les socialistes sont minoritaires. Il serait surprenant que la proposition émane d’une assemblée dont la majorité est ouvertement hostile. De plus, les sénateurs contactés (au nombre de 4, 3 de gauche et 1 de droite) affirment ne pas avoir entendu parler d’une proposition sur la « présidence déléguée ».

Enfin, s’agissant du gouvernement et d’un éventuel projet de loi, c’est clair et précis. Aucun texte sur la présidence déléguée jusqu’au 9 octobre. Cette date est d’ailleurs déterminante et plaide pour un abandon. En effet, moins de deux mois avant le 1er tour des régionales, il est improbable que le gouvernement se lance dans un chantier houleux qui parasiterait la campagne de ses candidats.

Vu l’hostilité farouche des sénateurs (un parlementaire Républicain dit : « les orgues de Staline sont prêtes » NDLR : Nom d’un lance roquettes multiple soviétique), le débat va s’éterniser et s’enliser. Attendre la mi-octobre est plus qu’imprudent.

Dans les prochaines semaines, il va falloir surveiller l’agenda des assemblées et de Matignon. Manuel Valls s’est engagé personnellement et publiquement sur le dossier.

Une reculade serait un vrai camouflet. Il est toujours possible que le gouvernement veuille sauver les apparences. Mais plus le temps passe et plus un enterrement est probable.

Laurent Dubois

11 Sep

[Echo de campagne] C’est loin, mais c’est le début de la vraie campagne

72 724 km2. Le chiffre est totalement abstrait pour l’immense majorité des midi-pyrénéeens et languedociens. Sauf pour une catégorie de la population : les élus socialistes. Ils connaissent la superficie d’une Grande Région qui porte bien son nom. Et pour cause.  Au gré des réunions, ils parcourent les départementales. La dernière en date s’est déroulée à Baziège, en Haute-Garonne et la première se situait dans l’Aude. Dimanche, les élus socialistes vont exploser le compteur kilométrique. Direction : la Lozère. 

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Saint Germain du Teil. Cette commune de Lozère est aux antipodes des Hautes-Pyrénées et du pays Catalan. Pourtant, dimanche, malgré une alerte météo concernant des pluies diluviennes, des cortèges d’élus départementaux et régionaux vont pendre leur bâton de pèlerin.

Le choix du lieu ne doit rien au hasard. Comme le précise le responsable « presse » de Carole Delga, Yvon Le Gall, la Lozère est une terre de conquête. Il a basculé à gauche lors des précédentes départementales. Une victoire, même très disputée, est toujours un signal positif. Surtout s’il s’agit d’une femme (Sophie Pantel) qui bat un cacique de droite (Jean-Paul Pourquier).

En plus, au delà du symbole, le choix d’une commune de 840 habitants, plantée sur un plateau qui s’ouvre sur l’Aubrac est un endroit idéal pour parler ruralité. Tant pis pour les kilomètres et (si Météo France ne se trompe pas) le risque d’aquaplaning.

Martin Malvy et Sylvia Pinel viendront en voiture. Mais Philippe Martin est bien un ancien ministre de l’Ecologie. Son bilan carbone va être « nickel ». Pour rejoindre les 10 autres présidents de départements invités, Philippe Martin a choisi d’affréter un bus. Via Michelin affiche 301 km et 4 heures 13 de route entre Auch et la destination lozérienne. Les gersois ont le temps d’arriver et de profiter de l’humour de Philippe Martin.

Chaque délégation départementale doit apporter des spécialités gastronomiques pour un buffet. Dans le cas (improbable) d’un assoupissement de Philippe Martin, la délégation du pays d’Artagnan pourra toujours « piocher » dans les vivres.

En tout cas, les gersois ne sont pas ceux qui vont avaler le plus de bitume.

Les Hauts-Pyrénéens et la Catalans détiendront la palme des kilomètres parcourus.

Mais, une fois arrivés, les participants vont assister à une première.

Pour la première fois, Carole Delga va parler « programme ».

Depuis des semaines, la tête de liste PS-PRG parcourt le terrain. Au risque de mener une « super-cantonale » à la place d’une vraie régionale.

En basculant dans les idées et les propositions, Carole Delga change de braquet et entre vraiment dans la campagne. Evidemment, l’essentiel n’est pas de le faire. Tout dépendra de ce qui va être dit.

A défaut d’être sur place, on jugera sur pièces.

Laurent Dubois

 

Philippe Saurel : « je ne fais pas de la politique avec des sondages »

Troisième sondage en moins de trois mois. Les chiffres ne sont pas bons pour Philippe Saurel. Le maire de Montpellier (tête de liste régionale pour les « Citoyens du Midi ») tombe à 8 % d’intentions de vote dans une étude réalisée par OpinionWay début septembre. C’est 1 à 3 points de moins que dans les précédents sondages. Quelle est la réaction de Philippe Saurel à cette mauvaise nouvelle ? Ce n’est que le début du commencement de la campagne. Mais en cas de mauvais sondages à répétition, Philippe Saurel pourrait-il renoncer ? Réponses.

Philippe Saurel, maire de Montpellier et tête de liste régionale "Citoyens du Midi"

Philippe Saurel, maire de Montpellier et tête de liste régionale « Citoyens du Midi »

Régionales 2015 – Votre réaction au sondage rendu public hier ?

Philippe Saurel. C’est un sondage fourni par les Verts. C’est une opération commandée et réussie pour « Europe Ecologie ». De toute manière, Gérard Onesta se couchera au 2nd tour avec le PS cela fera certainement plaisir aux électeurs du Front de Gauche (NDLR : un des composantes d’un « Projet en Commun » composé d’écologistes, de communistes et d’occitans).

Régionales 2015 – Vous êtes en pleine campagne de recrutement de vos têtes de listes départementales. Vous en avez désigné 5 et vous devez en trouver 8 de plus, sans parler de la centaine de candidats pour boucler votre liste. Ce mauvais sondage peut-il handicaper ces recrutements ?

Philippe Saurel. Ceux qui s’engagent avec moi sont des hommes et des femmes libres. Plus on leur tape dessus plus ils luttent. C’est l’effet inverse. Le sondage ne nous démobilise pas. Il décuple nos forces. Après le sondage, j’ai reçu 10 nouvelles demandes.

Régionales 2015 – Une succession de mauvais sondage peut vous faire renoncer ?

Philippe Saurel. Non. Parce que nous portons un nouveau modèle politique. C’est une nouvelle manière de faire de la politique que j’ai confirmée sur deux grands rendez-vous électoraux : la 8eme ville de France aux municipales et dans 4 cantons sur 5 aux départementales. Je ne fais pas de la politique avec des sondages. Mais au contact des gens.

Propos recueillis par Laurent Dubois

10 Sep

Régionales : la gauche creuse l’écart selon un nouveau sondage

A 3 mois du scrutin des régionales, France 3 s’est procuré les résultats d’un sondage* Opinion Way, commandé par EELV, qui confirme que la gauche (unie au second tour) l’emporterait en décembre prochain en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Revue de détails.

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Ce sondage, comme les deux précédents, confirme plusieurs tendances : le FN est en tête au premier tour, la droite traditionnelle est à un niveau assez faible et l’alliance PS-PRG peine à dépasser les 20 %. Ce qui est nouveau dans cette mesure de l’opinion, c’est le score important de la probable union écologistes-Front de Gauche, quand le maire de Montpellier Philippe Saurel se tasse malgré une présence médiatique très active et l’écart qui se creuse au second tour en faveur de la gauche.

Dans le détail, au premier tour selon Opinion Way :

  • Louis Aliot (FN) : 27 % des intentions de vote
  • Dominique Reynié (LR-UDI) : 24 %
  • Carole Delga (PS-PRG) : 22 %
  • Gérard Onesta (EELV-FDG) : 16 %
  • Philippe Saurel (Citoyens du midi) : 8 %
  • Damien Lempereur (DLF) : 3 %

Au second tour : 

Opinion Way a testé deux scénarios de triangulaires, avec pour la première fois, l’éventualité d’une tête de liste de toute la gauche… de couleur verte.

Scénario 1 :

  • Carole Delga (PS-PRG-EELV-FDG) : 42 %
  • Dominique Reynié (LR-UDI) : 30 %
  • Louis Aliot (FN) : 28 %

Scénario 2 :

  • Gérard Onesta (PS-PRG-EELV-FDG) : 41 %
  • Dominique Reynié (LR-UDI) : 31 %
  • Louis Aliot (FN) : 28 %

L’analyse de Laurent Dubois, politologue :

« Alors que la campagne commence vraiment, c’est un sondage important après un été mouvementé avec la polémique de la présidence déléguée et l’entrée dans la mêlée de Philippe Saurel.

Ce que l’on retient c’est la constance après trois sondages, qui devient donc une tendance, du leadership du FN toujours en tête au premier tour, même s’il est battu à chaque fois au second tour.

Autre constance, dans chaque sondage, c’est la victoire finale de la gauche unie au second tour, que la tête de liste s’appelle Delga ou Onesta.

Toujours constant, le score relativement faible de Carole Delga au premier tour, très loin du score de Martin Malvy et de Georges Frêche en 2010, qui dépassaient les 40 % au premier tour dans leur région respective.

C’est aussi le premier sondage depuis l’accord électoral PS-PRG or les lignes n’ont pas bougé depuis un sondage IFOP pour Midi-Libre le 3 juillet, antérieur à cet accord, et qui créditait déjà Carole Delga de 22 %.

En revanche, par rapport aux précédents sondages, la gauche est en progression au second tour. Carole Delga passe de 39 % (IFOP du 3 juillet) et 36 % (Polling Vox du 31 juillet) à 42 % avec une avance confortable sur la droite. Dans l’alliance Vert-Rouge (EELV, PCF, PG), il existe de vraies interrogations et de fortes tensions sur un ralliement au second tour à la liste PS-PRG, or Opinion Way montre que le report de voix de l’électorat rouge-vert est excellent (87 % vers Carole Delga). Un chiffre qui va peser dans la balance : car l’alliance Rouge-Vert n’est pas encore scellé et doit être réglé mi-septembre. 

L’autre nouveauté c’est que pour la première fois on teste ensemble EELV et le Front de Gauche. Le score de 16 % de cette dernière livraison est en fait une vraie-fausse surprise : c’est exactement le total des scores qu’ils faisaient séparément dans le sondage IFOP (9 et 7 %).

Le maire de Montpellier Philippe Saurel recule : crédité de 11 % par le sondage Polling Vox pour Valeur Actuelles le 31 juillet dernier, il retombe à 8 % alors qu’il en pleine campagne de recrutement de ses têtes de listes départementales et qu’il est très présent dans les médias.

S’il reste des interrogations sur le positionnement de Philippe Saurel, en revanche son électorat semble avoir majoritairement choisi… la gauche : selon Opinion Way, le report des voix de ses électeurs au second tour se fait à hauteur de 61 % vers Carole Delga ».

Fabrice Valéry et Laurent Dubois

NB : France 3 s’est procuré ce sondage commandé par un parti politique, avec la garantie de consulter la fiche technique de l’institut de sondage dans son intégralité. Il est évident que si nous nous procurons les sondages commandés par d’autres formations politiques nous les porterons à la connaissance de notre lectorat en suivant la même méthodologie.

* Étude réalisée auprès d’un échantillon de 1090 personnes inscrites sur les listes électorales issues d’un échantillon de 1204 personnes représentatif de la population des régions Languedoc Roussillon / Midi Pyrénées âgée de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, après stratification par catégorie d’agglomération et département de résidence. Les interviews ont été réalisées du 3 au 8 septembre 2015.

Edito : Demandez le programme !

Conseil Régional de Midi-Pyrénées Archives MaxPPP

Conseil Régional de Midi-Pyrénées Archives MaxPPP

Hormis une incursion sur le thème de la sécurité faite par Dominique Reynié (Liste L-R) la semaine dernière et encore hier soir sur notre plateau, peu de propositions liées aux programmes filtrent des états-majors. « Les listes fin septembre, les programmes pas avant fin octobre » est souvent la réponse qui nous est faite.

Il parait en tout cas que ça cogite pour certains comme « l’Alternative en Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées » (Front de gauche, EELV). Mais là encore, on est loin d’un programme précis : « Une équipe représentative régionale, composée de représentants des mouvements citoyens et de membres des organisations politiques, va donc se mettre en place dans les prochains jours pour travailler à la mise en œuvre de la campagne, à la poursuite de l’élaboration du programme, à la construction de listes de candidats et au choix d’une tête de liste et d’un collectif pluraliste de porte-paroles. »

La démocratie participative, thème cher à l’Alternative et prétexte invoqué par d’autres comme Philippe Saurel (Divers Gauche) ou encore Carole Delga (PS-PRG) à cette élaboration tardive des programmes. Chacune des équipes a mis en place des portails dits d’appel aux citoyens pour que tout potentiel électeur puisse y déposer ses idées ou ses doléances. Rien de mieux pour choisir les thèmes concernant que d’aller à la source ? On verra bien une fois le dépouillement fait de ces contributions numériques.

Sans compter sur le thème de société du moment : celui de l’accueil des migrants. Il n’est évidemment pas dans les compétences directes des régions même si Martin Malvy a annoncé en début de semaine que Midi-Pyrénées prendrait sa part dans l’aide aux réfugiés. Un accueil  qui anime les discussions et les débats de société et là encore diversement perçu par l’opinion. Selon plusieurs sondages, les français seraient très partagés sur la question, particulièrement en zone rurale. Un paramètre que les candidats vont devoir prendre en compte. Le Front National, lui, n’a pas attendu pour s’en emparer.

Cette absence de fond directement en lien avec nos régions ne risque-t-elle pas de réduire encore un peu plus voire d’anéantir tout intérêt des électeurs pour le scrutin de décembre prochain ? D’autant plus que la confusion s’installe dans les calendriers médiatiques nationaux. Ce qui fait vivre les pages politiques actuellement relève surtout de la Présidentielle de 2017 : Hollande va-t-il repartir, comment va se terminer la primaire à droite … Sur ce dernier thème, « Le Monde » de ce jour publie même une carte nationale des futures implantations des bureaux de vote pour ce scrutin qui désignera le candidat de la droite et du centre à la future Présidentielle…

Lycées, enseignement supérieur, Trains Express Régionaux, agriculture, tourisme… Quand ces thèmes régionaux primordiaux commenceront-ils à être abordés par les candidats ? Rapidement espérons-le. Sachant qu’en plus d’enregistrer les projets de chacune des listes, les citoyens devront aussi assimiler les nouveaux contours de leur région et un mode de scrutin de liste qui n’est pas des plus simples. Le tout à quelques jours des fêtes de fin d’années. Bref « autant croire au père Noël » peuvent se dire les plus désabusés de la chose politique !

 

Patrick Noviello

09 Sep

[Echo de campagne] Stupeur et tremblements autour d’une annulation des Régionales

Ce n’est pas encore la panique. Mais l’angoisse monte. Le 4eme tour des régionales risque d’être explosif. Le 4eme tour ? Les recours contentieux et le risque d’annulation du scrutin. Dans l’entourage des candidats, on tremble et on est stupéfait par la légèreté (irresponsable) de certains compétiteurs.

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A droite comme à gauche, certains s’interrogent et commencent sérieusement à s’alarmer du manque de sérieux de certains candidats. Le Code électoral peut devenir une grenade dégoupillée. Il est déconseillé de jongler avec la tenue des comptes de campagne ou l’utilisation des moyens des collectivités.

Du côté de Dominique Reynié, un sympathisant trouve hallucinant que le mandataire financier soit un ami du fils. Le fils du candidat de la droite et du centre. La valeur des comptes bancaires n’est pas indexée sur le nombre des années. Un jeune mandataire peut être un Mozart des factures. Mais, du côté de la commission des comptes de campagnes, le moindre couac est prohibé.

La commission exige un justificatif pour des dépenses de quelques euros. La campagne des régionales va coûter des centaines de milliers d’euros (même si Dominique Reynié part sur un budget de 70 000 euros). Cette montagne d’argent va se traduire par un monticule de factures. Gare aux pertes ou aux oublis.

Des candidats recrutent des salariés qui sont uniquement payés pour collecter les factures. C’est dire l’ampleur et la sensibilité de la tâche. Ainsi Europe Ecologie a une préposée aux justificatifs. Sans parler d’une mandataire qui sera doublée par un comptable national.

On est loin d’un job d’étudiant.

En toute hypothèse un expert comptable doit valider les comptes de campagnes. Par définition, il a fini d’user ses pantalons sur les bancs de la faculté et c’est un professionnel. Les comptes de Dominique Reynié passeront obligatoirement par cette « case ». Mais le comptable peut refuser de valider et il est toujours mieux de ficeler les choses en amont.

Autre risque « insensé » dans l’univers (juridique) impitoyable des campagnes électorales : l’utilisation des moyens publics.

Une voiture ministérielle ou appartenant à une mairie. Un agent territorial qui bosse pour un candidat sur son temps de travail. Un collaborateur de cabinet qui sert de directeur de campagne Tout cela peut couter cher. Très cher.

Sur le moment, c’est facile.

Inutile de sortir le portefeuille, le contribuable paye à la place des candidats. Seul problème. Il faut être très discret.

«Pas vu, pas pris ». Mais si on est pris, la foudre tombe. La foudre des tribunaux. Mais la colère populaire est plus redoutable encore. L’époque d’une certaine tolérance est révolue. Les électeurs ne supportent pas que l’on roule carrosse à leurs frais.

Visiblement, le message est passé. Depuis quelques temps, le quotidien de Jean-Michel Baylet précise que la ministre-candidate Pinel est en « visite privée » lorsqu’elle serre des mains sur les marchés de la Grande Région.

Difficile de vérifier la carte grise de sa voiture et l’identité du chauffeur. Mais cela démontre une prise de conscience. Il était temps. Sylvia Pinel sillonne la Grande Région, quasiment toutes les semaines, depuis des mois.

Autre cas sensible, celui de Philippe Saurel.

Le maire de Montpellier doit (totalement) dissocier son action locale de sa campagne régionale. Tout l’été, Philippe Saurel a parcouru Midi-Pyrénées. Il la fait avec sa voiture familiale. Mais il va devoir être d’une vigilance totale. Y compris dans les manifestations locales. Le maire ne doit pas faire la promotion du candidat. C’est schizophrène. Mais imparable.

La campagne débute à peine. Mais le scrutin s’annonce serré. Cela rend le Code Electoral encore plus pesant. La jurisprudence est constante. Les malversations sont, en quelque sorte, « couvertes » si les écarts de voix sont importants. Aucune annulation à craindre.

Mais, vu les premiers sondages, la victoire va se jouer dans un mouchoir de poche.

Ce serait « ballot » de perdre la Région pour des factures égarées ou d’un chauffeur qui se « trompe » d’employeur.

A bon entendeur…

Laurent Dubois

Philippe Martin « donner corps à l’accord PS-PRG »

Le bonheur (électoral) est dans le Gers. Dimanche dernier, les grands électeurs du département ont élu un sénateur (radical) de gauche, Raymond Vall. L’annulation de l’élection d’Aymeri de Montesquiou (suite au rejet de ses comptes de campagne) a permis une alliance PS-PRG gagnante. C’est un micro-scrutin (780 électeurs étaient convoqués) et, par nature, les sénatoriales reposent sur des alchimies qui ne tiennent pas comptent des étiquettes partisanes. D’ailleurs, le même jour, à une centaine de kilomètre d’Auch, le parti socialiste a subi un revers dans une législative partielle aveyronnaise. Néanmoins, dans le contexte actuel et après 15 partielles malheureuses depuis 2012, le Gers offre une bouffée d’oxygène à la gauche avant le grand rendez-vous des Régionales. Cet oxygène et cet espoir portent un nom : Philippe Martin. L’ancien ministre et actuel président du département est à l’origine d’un alliance PS-PRG. Il revient sur les leçons d’une sénatoriale dont il a été la cheville ouvrière et la clé de voute.

Philippe Martin, ancien ministre et président du département du Gers

Philippe Martin, ancien ministre et président du département du Gers

Régionales 2015 – Quel bilan politique faite-vous de l’élection de Raymond Vall ?

Philippe Martin. Elle intervient dans un contexte où la gauche engrange relativment peu de succès électoraux. L’élection de dimanche ne nous était pas arithmétiquement favorable. Elle a été très serrée et le 1er tour a été compliqué. Le total droite et le total gauche n’ étaient pas en notre faveur. Encore une fois, l’arithmétique n’était pas pour nous.

Régionales 2015 – Et qu’est ce qui a permis de dépasser cette arithmétique défavorable ?

Philippe Martin. C’est un accord politique avec le PRG et le déjeuner de Fleurance. Nous nous sommes retrouver avec Jean-Michel Baylet, Sylvia Pinel (NDLR ministre radicale du Logement et candidate aux régionales) et Didier Codorniou (NDLR maire de Gruissan et candidat aux régionales). Ce rapprochement a été décisif.

Régionales 2015 – Vous n’hésitez pas à dire que la formule « gersoise » montre la voie pour les régionales. En quoi ?

Philippe Martin. L’élection de Raymond Vall donne corps à l’accord électoral signé au niveau régional entre le PS et le PRG. C’est la politique de la preuve. Il ne suffit pas de dire « unis nous sommes plus fort ». Il faut le faire et  nous l’avons fait dans le Gers. Dans sa conférence de presse, François Hollande, a dit : « la dispersion, c’est la disparition ». Dans le Gers nous avons joué l’union et nous le faisons depuis les départementales. Nous avons gardé deux cantons grâce aux radicaux.

Régionales 2015 – Après la victoire du candidat PS-PRG vous avez eu François Hollande et Manuel Valls au téléphone. Que vous ont-ils dit ? 

Philippe Martin. Cela fait du bien et merci pour nous.

Propos recueillis par Laurent Dubois