04 Juil

Changement de cap au « Journal Toulousain » : média de solution et info positive

C’est une nouvelle étape qui se prépare au Journal Toulousain. Cet hebdomadaire, repris en 2014 par ses salariés et des associés en Scop, va connaître une nouvelle révolution. L’équipe dirigeante veut en faire un média de solution.

Le Journal Toulousain « n’a pas trouvé son public » dans sa formule actuelle de « journal citoyen d’opinions » explique l’équipe. Le « JT », vendu 1 euro en kiosque cette semaine, peine à trouver sa place dans les médias locaux toulousains. « Une déception », ne cache pas Rémi Demersseman-Pradel, l’un des coactionnaires.

jtLa décision a donc été prise de revoir complètement la formule. Si le titre et la périodicité ne changent pas, tout le reste est promis à une refonte. « Nous voulons faire du Journal Toulousain un média de solution, explique Rémi Demersseman-Pradel. Il faut apporter du positif, de la bonne nouvelle. Le but est de parler de ce qui est positif dans l’actualité toulousaine, d’apporter un souffle nouveau, des réponses pour changer le monde !« .

A qui va donc s’adresser ce nouveau « JT » ? « Il restera un média grand public. On vise tous les gens qui ont envie qu’on leur parle de choses positives, pas les râleurs ! »

L’équipe veut décliner ce concept dans le journal papier et en version numérique. Mais ce changement de style et de ligne éditoriale, s’accompagne aussi d’un changement au sein de la petite équipe. Coralie Bombail, rédactrice en chef depuis le départ de Thomas Simonian, quitte à son tour le journal, ainsi qu’une autre journaliste.

Pour mettre sur les rails ce nouveau projet, la journaliste toulousaine Cécile Varin rentre dans l’équipe pilotée par Rémi Demersseman-Pradel, qui décline ainsi sa vision « positive » de la société, après avoir lancé l’Oïkosystème qui vise à « produire, travailler, informer autrement ». Rendez-vous à l’automne pour retrouver cette info positive. 

FV (@fabvalery)

01 Juil

L’inquiétude monte chez les salariés de Sud Radio, transférée à Paris

La colère est montée d’un cran ces derniers jours parmi le personnel, journalistes, animateurs, techniciens et administratif de Sud Radio, qui a appris début juin que la radio installée à Labège près de Toulouse serait transférée rapidement à Paris. Une menace de grève a été déposée pour lundi, finalement levée ce vendredi après une réunion avec Didier Maïsto, le pdg de Fiducial Médias, propriétaire de Sud Radio.

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Beaucoup de questions, peu de réponses

Quand le transfert aura-t-il lieu ? Dans quelles conditions ? Avec qui et pour quel projet éditorial ? Que deviendront les salariés qui vont refuser d’aller à Paris ? Le personnel a actuellement beaucoup de questions et peu de réponses. « On n’est pas contents de la forme que cela prend, explique un journaliste, avec une direction qui ne s’implique pas, qui ne nous parle pas et trop de zones d’ombres ».

Didier Maïsto en pompier de service

Le patron de Fiducial Médias s’est donc rendu en urgence à Toulouse ce vendredi pour rencontrer le personnel, CDI comme CDD ou pigistes. Un déplacement qui n’était pas prévu mais que la situation a imposé : le personnel menaçait de faire grève dès lundi 4 juillet. Devant le risque d’antenne perturbée, Didier Maïsto a fait le voyage à Labège pour éteindre l’incendie. D’après nos informations, le président a semble-t-il compris les raisons de la colère qui montait. Il a convenu qu’il devrait s’impliquer davantage dans le transfert vers Paris et surtout qu’il devait apporter des réponses aux salariés sur les conditions de ce transfert.

Un bureau, un studio et les sports à Toulouse

Toutefois, Didier Maïsto a apporté ce jour peu de réponses concrètes. Seule indication du Pdg : Toulouse conserverait un bureau de correspondants, avec un studio (qui ne serait plus à Labège) et sans doute la rédaction des sports, notamment pour le rugby. Des éléments oraux dont les salariés attendent la confirmation écrite.

Menace de grève levée et ultimatum

Les salariés ont donc levé leur menace de grève pour lundi 4 juillet mais ont donné à la direction un ultimatum : sur les dates du transfert, la grille d’été, les conditions du départ à Paris, l’avenir des CDD et des pigistes, ils veulent des réponses avant le milieu de semaine prochaine. Dans le cas contraire, une nouvelle date sera choisie pour un mouvement de grève. 

FV (@fabvalery)

30 Juin

Marie-Sophie Lacarrau au 13 heures de France 2 : « une grande fierté »

La journaliste toulousaine a été choisie par France 2 pour succéder à Elise Lucet aux commandes du journal de 13 heures de la chaîne publique. Marie-Sophie Lacarrau va assurer la présentation du JT pendant l’été en alternance avec Nathanaël de Rincquesen qui deviendra ensuite son « joker » et s’installera définitivement au « 13 heures », dans une formule renouvelée dès la rentrée.

En exclusivité pour le blog Médias d’ici, Marie-Sophie Lacarrau s’exprime pour la première fois depuis sa nomination. Celle qui incarne désormais avec David Pujadas (20 heures) et Laurent Delahousse (week-end) les éditions d’informations de France 2, dit sa fierté et n’oublie pas d’où elle vient.

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Médias d’ici : Marie-Sophie, comment avez-vous accueilli la nouvelle de votre nomination au 13 heures de France 2 ?

Marie-Sophie Lacarrau : Bien-sûr je m’y attendais un peu mais sans être sûre de rien. Quand Michel Field, le directeur de l’information de France Télévisions m’a appelée, je me suis dit que ça y est dans les 15 secondes je vais savoir. J’étais évidemment ravie de son annonce d’autant qu’il a argumenté son choix et ce qu’il m’a dit m’a vraiment fait plaisir. C’est une grande fierté. Donc, je suis vraiment très heureuse et en même temps je sais que je bascule dans un autre monde. Sur le plan personnel, c’est un changement de vie radical avec aussi d’immenses responsabilités professionnelles.

Comment vivez-vous le fait qu’une journaliste de région soit choisie ?

Je trouve que c’est un super message envoyé à toutes les personnes qui travaillent dans les antennes régionales de France 3 et qui ont parfois l’impression d’être mal considérées, regardées par Paris d’un mauvais oeil, dénigrées. C’est la preuve qu’il n’y a pas de barrière. Que l’on peut se faire remarquer, même en travaillant en région. Et ça aussi c’est une grande fierté de se dire que France 2 a choisi une journaliste de région. 

Je suis la preuve aujourd’hui que l’on peut y arriver »

Ces 15 années à France 3 Midi-Pyrénées ont été très formatrices ?

Forcément. Je dis souvent que je n’ai pas fait d’école de journalisme, que j’ai été formée sur le terrain. Sur les routes de la Région Midi-Pyrénées avec des reportages qu’il fallait sortir dans l’urgence, parfois avec peu de moyens. Quand j’ai dit dans ma famille que je voulais être journaliste, on m’a dit que je n’y arriverai jamais, que je n’avais pas de relations dans ce milieu. Je suis la preuve aujourd’hui que l’on peut y arriver et je dois beaucoup à tous mes collègues, aux cadres, avec lesquels j’ai travaillé à Toulouse.

Quelles différences entre la présentation des JT de France 3 Midi-Pyrénées et le 13 heures de France 2 ?

A Toulouse, j’ai toujours eu l’impression de m’adresser à des gens que je connais, à ma famille, à des gens qui ont la même vie que moi. A France 2, le sentiment est différent. On parle évidemment à beaucoup plus de monde, avec un public d’une plus grande diversité. Mais cette disparité de la population est gommée par notre souhait de traiter l’actualité qui concerne le plus de monde. 

Elise Lucet a salué votre nomination sur Twitter. C’est un bel encouragement ?

Je ne suis pas sur Twitter, et non pas encore, mais quand je l’ai découvert, d’ailleurs sur votre blog, ça m’a beaucoup touchée qu’elle affiche en public ce que l’on s’était dit en privé. On va dire « oui elle se sent obligée de dire du bien parce qu’elle lui succède », mais j’ai sincèrement beaucoup d’admiration pour Elise qui est une grande professionnelle et avec laquelle j’ai de très bons rapports depuis deux ans que je la remplace pendant les vacances.

Le journal de 13 heures va évoluer sur la forme et sur le fond »

Votre arrivée au 13 heures de France 2 va s’accompagner d’une nouvelle formule de ce journal de la mi-journée ?

Oui, il y aura une nouvelle formule à la rentrée sur laquelle on travaille actuellement. On en est à jeter pleins d’idées sur la table pour trouver une formule différente, pour une édition qui doit évoluer. Dans le même temps, il existe des marques associées au 13 heures, des rubriques, que les téléspectateurs ne veulent pas perdre et que nous conserverons. Mais oui le journal va évoluer sur la forme et sur le fond.

Avec toujours, en face, la difficile concurrence du 13 heures de TF1, dominateur. Vous avez des objectifs d’audience ?

On ne me fixe aucun objectif d’audience mais avec toute l’équipe on espère réduire l’écart, qui est d’ailleurs de moins en moins important. J’ai découvert le fonctionnement de cette édition à l’été 2014 lorsque j’ai commencé à faire les remplacements d’Elise Lucet. Et j’ai vraiment eu un coup de coeur pour cette édition, pour l’équipe et pour la rédaction de France 2. 

Propos recueillis par Fabrice Valéry (@fabvalery).

27 Juin

« Oh putain je me casse ! » : en direct de Toulouse, un journaliste belge pète les plombs

Que s’est-il passé dimanche soir après la victoire de la Belgique au Stadium de Toulouse contre la Hongrie (4-0) ? Un journaliste de la chaîne belge RTL-TVI a arrêté son direct, importuné par des supporters. Avant de s’excuser pour son vocabulaire.

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Emiliano Bonfigli n’a pas résisté à la « pression » de supporters à l’issue du 8ème de finale de l’Euro 2016 à Toulouse. Gêné par des supporters près du Stadium à l’issue du match, l’envoyé spécial de RTL-TVI pour suivre la Belgique à Toulouse a interrompu son direct d’un spontané « putain, je me casse » qui n’est pas passé inaperçu sur les réseaux sociaux, notamment en Belgique.

Lundi, le journaliste s’est expliqué sur la chaîne belge dans le journal de 13 heures. Il a indiqué avoir été importuné, non pas par des supporters belges, mais par des personnes « plus agressives » qui ont renversé le matériel de la chaîne et s’en serait prises au caméraman. Cependant, Emiliano Bonfigli a regretté ses propos.

Lors des grandes compétitions internationales, notamment de football, les journalistes qui sont en direct sont souvent les « cibles » de supporters potaches. Mais généralement, ils parviennent à garder leur calme ou bien leur chaîne coupent le direct si les choses dégénèrent. Là, le journaliste belge est effectivement, comme il l’a dit, « sorti du cadre, au propre comme au figuré ». 

Fabrice Valéry (@fabvalery)

23 Juin

Décès de Jean-Jacques Rouch, journaliste et conseiller municipal de Toulouse

Jean-Jacques Rouch (Photo : MaxPPP)

Jean-Jacques Rouch (Photo : MaxPPP)

Journaliste de 1974 à 2010 à La Dépêche du Midi, élu conseiller municipal d’opposition à Toulouse sur la liste de Pierre Cohen en 2014 et membre du groupe PRG, Jean-Jacques Rouch est décédé à l’âge de 65 ans a-t-on appris ce 23 juin.

Il avait pris sa retraite de journaliste le 1er janvier 2011 mais continuait depuis d’avoir plusieurs activités. Auteur de nombreux ouvrages, féru d’histoire et d’une immense culture, cet homme de gauche était aussi un grand connaisseur de Jean Jaurès.

De nombreux hommages lui ont été rendus. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a salué l’homme érudit.

De son côté, l’ancien maire PS  Pierre Cohen, président du groupe socialiste au Conseil municipal, a salué la mémoire d’un ami :

C’était plus qu’un collègue, c’était un ami. C’était une personne incontournable et aimée à Toulouse qui dégageait une chaleur et un sentiment d’amitié »

 

FV

14 Juin

Candidate à la succession de TLT à Toulouse, TVPI veut une télé métropolitaine tournée vers les jeunes

Après TV Sud, nous continuons notre revue des candidats à la reprise de la fréquence de télé locale à Toulouse (le CSA qui a lancé l’appel d’offres attend les candidatures jusqu’au 13 juillet prochain). Parmi ces candidats, TVPI, la télé locale de Bayonne et du Pays Basque. Elle emploie actuellement une dizaine de salariés avec un modèle économique plutôt rare : des recettes uniquement privées, issues d’annonceurs locaux, et aucun contrat d’objectifs et de moyens (COM) avec les collectivités, ni d’argent public dans son capital.

Michel Lamarque, le patron de TVPI, revient pour le blog « Médias d’ici » sur son intérêt pour la fréquence TNT toulousaine.

Michel Lamarque, président de TVPI.

Michel Lamarque, président de TVPI.

Pourquoi vous intéressez-vous à Toulouse ?

Michel Lamarque : Tout entrepreneur a envie de se développer. Toulouse est une belle opportunité pour le sud-ouest. Et puis l’histoire est finalement assez ancienne. Lorsque TLT a commencé vraiment à « tousser » il y a plus d’un an, nous avons proposé un projet de reprise. Ce projet n’a pas été retenu et c’est bien dommage car cela aurait permis de ne pas interrompre la diffusion et de sauver des emplois. Donc, lorsque le CSA a lancé récemment l’appel d’offres pour réattribuer la fréquence, il était normal que nous soyons candidats.

Le vrai patron d’une chaîne locale ce doit être le téléspectateur ».

Pour y mener quel projet ?

Nous sommes en 2016. On ne peut pas monter un projet de télé locale comme dans les années 80, quand il n’y avait que 4 ou 5 chaînes de télé. On a grosso modo une trentaine de chaînes gratuites sur la TNT aujourd’hui. Or, le vrai patron d’une chaîne locale ce doit être le téléspectateur. Et à Toulouse, le téléspectateur est particulier.

A Toulouse, nous mettrons l’accent sur la jeunesse »

Il y a les Toulousains mais surtout de très nombreux jeunes, notamment des étudiants venus d’un peu partout. Toulouse est une ville dynamique qui attire beaucoup de jeunes. C’est là-dessus que nous essaierons de mettre l’accent, mais je ne peux pas vous en dire plus car nous réservons nos informations à la procédure mise en place par le CSA. Il faut une chaîne qui plaise au téléspectateur, qui lui parle de chez lui. Tant qu’à être locale, il faut que cette chaîne parle de local et tant qu’à utiliser une fréquence publique, il faut aussi qu’elle rende service à l’intérêt général. Il faut parler sport, culture, actualité mais la jeunesse, c’est important !

Quant au modèle économique, ce sera une chaîne 100 % privée ?

La situation à Toulouse est un peu différente de celle de Bayonne, vu la taille de la ville. Il faut donc une chaîne à tiroirs : ce que l’annonceur local veut et peut payer, il faut être prêt à l’accueillir, et ce qu’éventuellement les collectivités locales veulent financer et bien il ne faut pas s’en passer.

Si la puissance publique a envie de financer il faut qu’elle soit accueillie mais si elle n’a pas envie il ne faut pas qu’on l’y oblige ».

Mais il faut à tout prix que la chaîne puisse vivre honnêtement, en liberté, dans la durée, avec un modèle économique solide. Il ne faut pas dépenser trop d’argent et en même temps être ouvert à tout : si la puissance publique a envie de financer, il faut qu’elle soit accueillie mais si elle n’a pas envie il ne faut pas qu’on l’y oblige.

Vous avez déjà des discussions avec la mairie de Toulouse, la Région ?

On commence à prendre des contacts. Mais qui décide ? C’est le CSA. Il peut être sensible aux enjeux locaux mais son principal critère c’est l’intérêt des téléspectateurs. Ce serait ridicule qu’un candidat se présente avec la mairie dans sa musette et un autre avec la Région ou le département. Quelle que soit la collectivité et quelle que soit la chaîne, chacune doit être capable de travailler avec l’autre, si besoin et si envie. Nous n’avons pas signé de pré-contrat d’objectifs et de moyens avec quiconque. 

Vous employez 10 personnes à Bayonne. Quels pourraient être les effectifs à Toulouse ?

Pour 400 à 500 000 habitants au Pays Basque, nous sommes 10 personnes. A Toulouse, le CSA parle d’1,2 million d’habitants desservis, on ne va pas multiplier par trois mais un effectif de 15 à 20 personnes me paraît nécessaire. Ce ne sont encore que des estimations qui seront affinées quand notre business plan sera terminé. 

Le coeur de notre projet c’est le téléspectateur dans sa proximité »

Ce qui vous distingue du projet de TV Sud, qui souhaite faire de Toulouse un maillon d’un réseau régional de chaînes locales, c’est votre souhait de monter une chaîne purement locale, métropolitaine ?

Je le redis : le patron c’est le téléspectateur. Le local, la proximité ça l’intéresse. A Toulouse, on est sur une diffusion en zone urbaine donc on est dans ce cas sur un échelon métropolitain, pas régional. Cela n’empêche bien évidemment pas de diffuser certains émissions régionales, en accord avec d’autres diffuseurs. Mais le coeur de notre projet c’est le téléspectateur dans sa proximité, son intérêt et si on peut aussi faire passer des messages d’intérêt général autour de cette grande région qui se construit, ce sera avec plaisir. 

Propos recueillis par Fabrice Valéry (@fabvalery)

03 Juin

Télé locale à Toulouse : l’appel aux candidats lancé par le CSA

TELEVISION

Et voilà, c’est parti. Comme nous vous le révélions sur ce blog il y a quelques jours, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a lancé ce vendredi 3 juin l’appel d’offres pour la fréquence d’une chaîne de télé locale à Toulouse libérée par la disparition de TLT en juillet 2015.  Les candidats ont jusqu’au 13 juillet pour se faire connaître.

Le CSA indique dans un communiqué :

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé, le mercredi 1er juin 2016, de lancer un appel aux candidatures dans la zone de Toulouse, pour l’édition d’un service de télévision à vocation locale en haute définition sur la télévision numérique terrestre (TNT).

Les candidats sont invités à déposer leurs dossiers de candidature au plus tard le mercredi 13 juillet 2016 à 17h00 en cinq exemplaires, dont un exemplaire sous forme numérique, au Conseil supérieur de l’audiovisuel, Direction des médias télévisuels, Département Autorisations et plateforme TNT, Tour Mirabeau, 39-43, quai André-Citroën, 75739 Paris Cedex 15.

Les dossiers peuvent être également adressés au Conseil par voie postale, au plus tard le 13 juillet 2016 (le cachet de la poste faisant foi), sous pli recommandé avec avis de réception ».

La course est donc lancée entre les différents candidats déjà déclarés (comme Médias du Sud avec TV Sud ou encore TVPI) et ceux qui vont maintenant sortir du bois.

Selon un spécialiste des procédures au CSA, l’instruction des dossiers devrait durer environ 2 mois, ce qui nous amène mi-septembre. Les candidats retenus seront alors convoqués par le CSA pour un grand oral, sans doute fin septembre-début octobre et on devrait connaître la décision du CSA (si l’appel d’offres n’est pas infructueux) avant Noël. Il faudra alors quelques mois pour mettre en place la nouvelle télé qui pourrait démarrer en février ou mars 2017, soit moins de deux ans après la disparition de TLT.

Ce dossier éminemment politique intéresse en hauts lieux à Toulouse. Le maire LR Jean-Luc Moudenc ne souhaitait pas renouveler la mauvaise expérience financière de TLT, que ce soit en tant qu’actionnaire ou à travers un contrat d’objectifs et de moyens (COM). Mais le soudain intérêt pour ce dossier de la nouvelle présidente PS du Conseil régional, Carole Delga, qui appelle de ses voeux une télé régionale pourrait inciter le Capitole à revoir sa position pour peser dans le choix du candidat.

Déjà présent à Montpellier, Nîmes et Perpignan, TV Sud fait figure de favori pour l’attribution de la fréquence. Mais le jeu est encore très ouvert.

FV (@fabvalery)

01 Juin

Sud Radio va quitter Toulouse pour Paris

L’histoire de Sud Radio à Toulouse est en train de se terminer. La direction de la radio du sud a annoncé lundi aux élus du comité d’entreprise que le transfert de la radio à Paris allait bientôt débuter.

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Le président de Fiducial Médias, Didier Maïsto, a indiqué que l’avenir de la radio allait se jouer désormais dans les nouveaux locaux loués à Paris, quittant les locaux actuels de Labège, au sud-est de Toulouse, occupés depuis le déménagement des studios du quartier Compans-Caffarelli à Toulouse.

Sud Radio a été rachetée fin 2013 par Fiducial Médias, filiale du groupe Fiducial de Christian Latouche, qui possède déjà le magazine Lyon Capitale et la télé locale Lyon Capitale TV. Dans le panier de la mariée en 2013, une soixantaine d’émetteurs, principalement dans le sud-ouest de la France et surtout… une fréquence à Paris, ce qui vaut de l’or.

Fiducial Médias avait promis de développer la radio qui dépérissait. A la rentrée 2015, sous la houlette de Christophe Bordet, le rédacteur en chef, la grille de la radio avait été repensée avec le recrutement de « signatures » nationales. On sentait bien que « la radio du grand sud » penchait davantage vers une grille nationale, gérée depuis Paris, avec des grands noms, un peu sur le modèle de RMC.

Ce n’est pas un changement de lieu qui va améliorer la radio, c’est un projet » (un élu du CE)

Le personnel à Toulouse est sous le choc. 25 salariés en CDI, une dizaine en CDD et 13 pigistes sont concernés. Ils seront entendus un à un par la direction pour savoir s’ils ont l’intention de suivre à Paris ou veulent rester à Toulouse. Dans ce dernier cas, un élu du CE indique que la seule issue sera le licenciement.

« On s’y attendait un peu, reconnaît ce représentant du personnel. Mais Sud Radio a toujours eu des studios à Paris et pour autant nous faisions notre travail depuis Toulouse. Ce n’est pas un changement de lieu qui va améliorer la radio, c’est un projet. Et depuis 3 ans que nous avons été rachetés, il n’y a pas de projet ». 

Née dans les années 50, la radio des Vallée d’Andorre est devenue Sud Radio en 1966. Après la libéralisation des ondes en 1981, Sud Radio quitte Andorre et s’installe à Toulouse. Dans les années 90, la radio dispose à Toulouse de grands studios pouvant accueillir du public, d’émissions phares et d’une rédaction qui n’a rien à envier aux grandes radios généralistes. En 2005, le groupe Fabre vend la radio au groupe Start qui devient Sud Radio Group et qui déménage peu après à Labège. Après des années de vaches maigres, Fiducial reprend donc la radio en 2013 avec l’espoir d’en faire une grande radio nationale.

Contacté par nos soins, le président de Fiducial Médias, Didier Maïsto, a indiqué ne pas vouloir communiquer sur le projet de transfert à Paris. Pour l’instant, aucun calendrier n’a été donné aux salariés toulousains.

FV (@fabvalery)

31 Mai

La CSA lance l’appel d’offres pour une télé locale à Toulouse

Info France 3 Midi-Pyrénées – Selon nos informations, les sages du CSA (Conseil supérieur de l’Audiovisuel), réunis en collège mi-mai, ont acté le principe du lancement d’un appel d’offres pour une télévision locale à Toulouse, pour réattribuer la fréquence hertzienne numérique de TLT, disparue des écrans en juillet 2015. L’appel d’offres était encore en rédaction ces derniers jours et sera publié de manière imminente par le CSA.

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Le calendrier devrait être le suivant : publication de l’appel d’offres en juin, liste des candidats à la rentrée, audition des candidats à l’automne et décision du CSA à la fin de l’année 2016. La télé locale pourrait commencer à émettre à Toulouse en janvier ou février 2017.

La mairie de Toulouse voulait attendre

Ce calendrier et la décision du CSA ne vont pas vraiment dans le sens de la mairie de Toulouse. Jean-Luc Moudenc et son équipe souhaitaient prendre du temps, notamment pour réfléchir à un nouveau modèle économique de télévision locale : TLT était l’une des plus anciennes télés locales de France mais elle fut aussi un gouffre financier pour les collectivités locales notamment la mairie de Toulouse. La défaillance les uns après les autres des actionnaires privés avait même conduit CTV (la société d’économie mixte gestionnaire de la participation de Toulouse dans TLT) à devenir actionnaire principal de la chaîne. Si l’on y ajoute les participations du Conseil Régional (1,5 millions d’euros sur 3 ans via un contrat d’objectifs et de moyens), la télé locale n’avait plus grand chose de privée, fonctionnant surtout avec de l’argent public. 

Échaudée par cette expérience malheureuse, la mairie de Toulouse a fait savoir qu’elle ne voulait pas participer au tour de table du futur projet, ni en tant qu’actionnaire, ni même en tant que partenaire via un contrat d’objectifs et de moyens (COM). Tout au plus Jean-Luc Moudenc était-il prêt à faire acheter des espaces publicitaires par la ville et la métropole pour soutenir la nouvelle chaîne.

Mais la décision du CSA et l’entrée dans la danse du Conseil régional pourraient l’inciter à changer de chanson.

Télé locale ou télé régionale ?

Christophe Musset, patron de Médias du Sud qui possède les chaînes locales TV Sud à Montpellier, Nîmes et Perpignan, a été le premier à déclarer son intérêt pour la reprise de la fréquence de TLT. Son projet consisterait à fédérer ses différentes chaînes, diminuant les coûts, en partageant les grilles de programmes et en créant ainsi un réseau à l’échelle… d’une télé régionale ! Il emploie même depuis plusieurs mois un journaliste pigiste pour couvrir l’actualité toulousaine et montrer aux élus son intérêt pour la capitale régionale.

Un intérêt qui, très récemment, a dépassé les murs du Capitole et atteint ceux du Conseil régional. Juste après son élection en décembre dernier, entre le nom de la région, les assises du rail, le plan Marshall pour le BTP et la gestion d’une majorité complexe et d’une opposition remuante, la nouvelle présidente PS de la Région Carole Delga avait d’autres chats à fouetter. Mais, sous la pression de certains élus de sa majorité, le dossier est remonté sur le dessus de la pile. Carole Delga veut « un média régional qui redonne du lien pour faire connaître les initiatives et les talents sur tout le territoire » et estime publiquement que « France 3 ne remplit pas ce rôle actuellement ».

La candidature TV Sud et la perspective d’y trouver une télé régionale intéresse désormais beaucoup l’hôtel de région. Prise de participation ? COM ? Comment l’aide financière de la région pourrait-elle se matérialiser ? Il est encore trop tôt pour le savoir.

Cette perspective pourrait faire bouger les lignes à la mairie. Dans l’entourage de Jean-Luc Moudenc, on se méfie d’un projet inféodé au Conseil régional. Quitte à avoir une télé privée à Toulouse, autant qu’elle parle de Toulouse plutôt que de la région, se dit-on au Capitole. Le principe de la non-participation financière de la ville et de la métropole au projet pourrait donc être sacrifié. On pèse davantage sur les orientations lorsque l’on met de l’argent sur la table !

Une route encore longue… dans un dossier très politique

Le lancement de l’appel d’offres n’est donc qu’un premier pas vers le retour d’une chaîne locale à Toulouse. Les négociations seront longues. Même au sein de la majorité de Carole Delga à la région, certains, en l’occurrence les écologistes, souhaitent un rapprochement entre France 3 et le futur opérateur.

Outre TV Sud, TVPI a aussi fait connaître son intérêt. La publication de l’appel d’offres aura l’avantage de faire sortir tous les concurrents du bois. Et de comparer : projet contre projet et surtout modèle économique contre modèle économique.

Car l’enjeu est surtout là. Les collectivités locales ont eu leur part de responsabilités dans la disparition de TLT. Il est donc primordial de mettre en place et de soutenir une entreprise viable. A l’heure où la consommation de médias se fait de plus en plus en « picorant » des contenus sur les réseaux sociaux via leur smartphone ou leur tablette, les contribuables, qui ne sont plus des téléspectateurs captifs assis dans leur canapé devant la télé, auraient sans doute du mal à comprendre que des millions d’euros d’argent public soient de nouveau engloutis dans un projet de télé à la sauce 1990 !

FV (@fabvalery)

13 Mai

Boudu, le nouveau mensuel toulousain, cherche encore son public

Après 6 mois d’existence, retour sur le démarrage du nouveau magazine de société toulousain dont la diffusion en kiosque est en deçà des espoirs de l’équipe qui a fondé Boudu. Une levée de fonds devrait avoir lieu au second semestre 2016 pour développer l’entreprise et booster la communication.

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Boudu vient déjà de sortir début mai son 7ème numéro. Ce nouveau mensuel toulousain est arrivé sur la place en novembre 2015, avec l’ambition de devenir LE magazine des Toulousains. Six mois après, le bilan est mitigé. « Concernant les ventes en kiosques, reconnaît le rédacteur en chef Jean Couderc, on est en deçà de ce que l’on espérait. Le démarrage est plus lent que prévu même si on est sur la pente ascendante. Mais il faut que ça s’accélère. Heureusement, nous avons une communauté d’abonnés croissante et fidèle ».

Une levée de fonds pour développer l’entreprise

L’équipe de Boudu l’affirme : ce démarrage difficile « n’est pas de nature à remettre en cause la vie de Boudu, car nous avions configuré l’entreprise (NDLR : une scop) pour faire face à ce type de situation ». Il faut cependant revoir certaines choses.

« L’enquête qui a été menée par des étudiants de la Toulouse Business School, explique Jean Couderc, auprès d’environ 800 personnes, montre que nous avons un large déficit de notoriété. Mais c’est un élément qui nous rend confiants car cela montre que nous avons une importante marge de progression ».

Se faire connaître des Toulousains, ce sera donc l’objectif de Boudu dans les mois qui viennent. Pour cela, une nouvelle levée de fonds devrait être menée dans le second semestre 2016, pour, cette fois, accroître les moyens notamment en matière de communication ou encore de démarchage d’annonceurs publicitaires. Selon nos informations, cela ne se fera pas, comme lors du lancement, par une opération de financement participatif mais auprès de partenaires financiers.

Coller davantage à l’actualité et être en phase avec la ville

Au fil des numéros, la rédaction de Boudu a fait évoluer très légèrement le projet. L’ambition, elle, reste la même : s’adresser à « une communauté de curieux » avec un magazine « qui réfléchit » au risque parfois de se voir reprocher son élitisme. Et toujours avec une grand soin apporté aux articles et à la politique iconographique.

Les évolutions éditoriales se sont donc faites à la marge. « On a vu qu’il fallait que nous collions davantage à l’actualité, rappelle Jean Couderc. Qu’on se nourrisse de l’actualité pour la mettre en perspective mais sans avoir trop de distance sinon on risquait, comme dans les tous premiers numéros, d’être hors-sol et hors-temps ». L’équipe veut aussi être « plus en phase avec la ville » et remplir son rôle de prescripteur : d’où la création d’une rubrique agenda, toujours à la sauce Boudu, pour tourner davantage le magazine vers l’avenir.

L’interview de Clément Poitrenaud, dans le numéro de mai, qui annonce son départ du Stade Toulousain est en cela un « bon coup ». Une interview où le joueur se livre aussi en profondeur. « C’est un long entretien, précise Jean Couderc, mais cela montre aussi, concernant l’annonce de son départ, qu’il faut compter sur nous parmi les médias toulousains ».

« Nous ne sommes pas le GQ toulousain »

L’équipe entend aussi les critiques qui trouvent le magazine un petit peu trop.. masculin. « On s’adresse au plus grand nombre, dit Jean Couderc, et nous ne voulons pas être le GQ toulousain mais c’est vrai qu’on nous dit parfois que nous avons un côté trop masculin. Il est vrai que nous n’avons pas encore fait de une avec une femme. Mais nous sommes le reflet de notre époque et de notre ville, où les hommes trustent les postes à responsabilité ». L’équipe se refuse à considérer que c’est en traitant des sujets « légers » qu’elle touchera un public plus féminin et rappelle que le dossier de la une sur les cantines scolaires était un sujet « familial ».

Mais c’est promis des efforts seront entrepris contre ce ressenti, bien involontaire. Exemple : le grand entretien du prochain numéro sera… celui d’une femme (vous n’en saurez pas plus, à découvrir en juin !)

« C’est dur mais on se régale »

Alors oui, lancer un nouveau média indépendant, en province, ce n’est pas simple. Les fondateurs de Boudu le savaient et ne tombent pas des nues. Mais ils ont aussi de grandes satisfactions. « Déjà, dit Jean Couderc, on se régale à le faire, même si c’est dur. C’est une aventure formidable et nous recevons plein de messages d’encouragement qui fond chaud au coeur ».

Il y a aussi des projets dont celui d’augmenter progressivement la pagination (actuellement de 84 pages). Pour cela, il faut aussi compter sur les rentrées publicitaires, qui sont encore trop faibles. Chez Boudu, on préfère que les lecteurs lisent tous les articles et restent un peu sur leur faim, plutôt qu’ils se contentent de « survoler » un gros catalogue.

Une politique éditoriale ambitieuse et jusqu’à présent particulièrement réussie qui n’attend plus qu’une chose : rencontrer son public. Ce serait mérité.

Fabrice Valéry (@fabvalery)