19 Jan

Le député PS du Tarn Jacques Valax agresse (encore) verbalement un journaliste

Jacques Valax (Photo : MaxPPP)

Jacques Valax (Photo : MaxPPP)

Le bouillant député socialiste du Tarn Jacques Valax a décidément du mal avec la liberté de la presse. Selon nos confrères du Tarn Libre, il s’en est pris à l’un de leurs journalistes avec un vocabulaire fleuri, l’agressant verbalement devant témoins.

Notre confrère raconte la scène :

« Tu as dit à une journaliste d’Antenne 2 (sic) que je n’étais pas allé à Sivens » Puis : « Tu es un salopard, un minable, je te dis ça là, il  y a deux ans après, je t’aurais pigné, cassé la gueule, t’as de la chance ». Interloqué, ce n’est que quelques instants après que nous lui avons dit que « de tels propos sont indignes de la fonction » de député. Devant Christophe Ramond et Eva Géraud, conseillers départementaux, Jacques Valax réitérait : « Tu es un minable, un vicieux, un salopard ».

En avril 2014, alors que tout le monde attendait le président de la République à Carmaux, le même Jacques Valax s’en était pris violemment au politologue et journaliste de France 3 Midi-Pyrénées Laurent Dubois, le traitant de « traître » et de « délateur » et le menaçant s’il ne « dégageait » pas.

Décidément Jacques Valax a plus de respect pour les intimidations et les noms d’oiseaux que pour le travail des journalistes.

FV

28 Jan

A Carmaux, l’abonnement à Charlie Hebdo divise le conseil municipal

La mairie de Carmaux (Photo : Rémy Gabalda / AFP)

La mairie de Carmaux (Photo : Rémy Gabalda / AFP)

C’est à la faveur d’une délibération du conseil municipal de Carmaux, dans le Tarndestinée à abonner le centre culturel à l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo que l’unité politique depuis les attentats a volé en éclats, rapporte La Dépêche du Midi ce mercredi.

Dans la cité de Jean Jaurès, le maire PS Alain Espiè a proposé un abonnement de soutien au journal. Le groupe UMP et le groupe Bleu marine (Front national) ont voté contre. « Pourquoi ce soutien ne s’adresse-t-il pas aux œuvres de la police ou aux familles des victimes civiles ? » a demandé Christian Legris (FN) avant d’évoquer la « responsabilité de cette liberté d’expression qui, par effet collatéral, est à l’origine de la morts de policiers et de civils ». 

Photo : Sylvain Duchampt / France 3

Photo : Sylvain Duchampt / France 3

Les élus de gauche ont vivement réagi à cette intervention, le maire rappelant que la liberté d’expression est un des fondements de la démocratie : « Ce qui est important c’est que la presse satirique existe et continue à exister » toujours selon le quotidien régional qui rapporte ces propos. 

Finalement, la délibération a été votée par la majorité et Charlie Hebdo sera désormais consultable au centre culture de Carmaux.

FV

21 Jan

Tarn : les journalistes s’insurgent contre les conditions d’accès à la « ZAD » de Sivens

Les conditions de travail des journalistes sur le site de Sivens ne sont pas simples depuis des mois. J’ai déjà décrit sur ce blog dans l’article « Sivens, un barrage contre les journalistes« , le traitement réservé à certains reporters. Les choses, semaines après semaines, ne vont pas en s’améliorant.

Lundi 19 janvier, après l’annonce des conclusions des experts mandatés par Ségolène Royal prônant l’abandon du projet initial et la construction d’un barrage plus petit, les occupants de la Zone à défendre (ZAD) ont improvisé une conférence de presse… dans des conditions assez incroyables : contrôle d’identité des journalistes présents, contrôle des cartes de presse, déclaration à visage masqué (voir ci-dessous le tweet de Sylvain Duchampt, journaliste à l’édition locale Tarn de France 3), refus de répondre aux questions, et, accessoirement, un coup de couteau dans le pneu de la voiture d’un journaliste !

Au lendemain de cet exercice journalistique très particulier, plusieurs journalistes s’insurgent dans une lettre ouverte : « J’ai eu mal à ma liberté d’expression et à ma liberté tout court, écrit un reporter de radioCoincé dans cette zone de non droit, menacé verbalement par des enc…agoulés, c’est clairement intolérable. Ces individus, organisés en milice, ont pris mon nom (que j’ai naïvement donné) Je suis aussi énervé car j’ai donné mon identité à une personne que je serai incapable de reconnaître. Ils ont franchement exercé des pressions sur nous, en organisant nos déplacements et en nous interdisant de faire librement notre métier ».

Pour une journaliste de presse écrire, « nous devons tous (NDLR : les journalistes) être solidaires pour boycotter ceux qui essaient de prendre la presse «en otage» par un système d’intimidation ».

La question qui se pose ne concerne donc pas le fond du dossier Sivens. Mais la forme que prend auprès de la presse l’occupation du site par les zadistes.

Être journaliste en France en 2015, répétons-le car cela semble nécessaire, c’est pouvoir travailler partout, poser librement des questions, pour informer en toute transparence les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs.

Partout, y compris à Sivens, qui, sauf erreur de ma part, n’est pas encore officiellement une zone de non-droit, hors des lois de la République !

FV