01 Avr

Des journalistes matraqués par les forces de l’ordre lors de la manif à Toulouse

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Les incidents qui ont eu lieu jeudi à l’issue de la manifestation contre la loi El Khomri à Toulouse et qui ont conduit à huit interpellations de casseurs et à de longs échanges de projectiles contre lacrymogènes ont aussi eu des conséquences pour plusieurs journalistes qui couvraient les événements.

L’un d’entre-eux, le photographe Maxime Reynié, a reçu un coup de matraque sur la tête et a dû être évacué à l’hôpital.

Trois points de suture plus tard, il a raconté à L’Obs ce qui s’est passé :

Sur une charge, je me suis fait attraper par des CRS, malgré mes cris : « Je suis de la presse, je suis de la presse ! » Ils m’ont mis des coups de bouclier, m’ont plaqué contre une barrière, je suis tombé au sol où j’ai reçu un coup de matraque au crâne. J’avais du sang sur mon brassard presse ».

C’est finalement un gradé qui l’a sorti de cette situation en lui disant « désolé ». Maxime Reynié s’est ensuite rendu par ses propres moyens à l’hôpital.

Sur la vidéo d’un autre journaliste, Xavier Lalu de Côté Toulouse, on voit clairement un CRS lui foncer à son tour dessus et lui asséner des coups de matraque dans les jambes malgré ses cris « je suis journaliste, je suis journaliste ». Il s’en tire avec quelques bobos mais rien de grave.

Dans ce type d’opération de maintien de l’ordre, les policiers ou gendarmes mobiles sont toujours très tendus. On l’a vu en 2014 à Toulouse lors des manifestations violentes contre le barrage de Sivens. Pour autant, certains policiers ne semblent pas faire la différence entre les casseurs et… la presse !

A la décharge des forces de l’ordre, un responsable syndical policier rappelle que souvent des manifestants sont eux-mêmes armés d’appareil photos et de caméras et s’approchent des forces de l’ordre et peuvent être confondus avec de vrais journalistes.

Mais certains gestes comme ceux dont a été victime Maxime Reynié ne sont pas excusables : un photographe professionnel, qui porte un gros boîtier photo, qui arbore un brassard de presse et qui s’identifie à plusieurs reprises en indiquant qu’il est journaliste ne peut pas être confondu avec un casseur !

Maxime Reynié a décidé de ne pas porter plainte. La préfecture de la Haute-Garonne, contactée par nos soins, ne s’est pas encore exprimée sur ce sujet.

FV

24 Fév

Un journaliste pris pour cible par un policier lors de la manifestation des zadistes à Toulouse

Lors de la manifestation de samedi 21 février à Toulouse en soutien aux zadistes et contre les violences policières, un photo-reporter a été la cible d’un policier qui a frappé sur son boîtier photo avec son flashball. 

Christian Bellavia, photographe freelance qui travaillait ce jour-là pour le journal Libération, raconte : « C’était en fin de manifestation, près du palais de justice, quand les choses se sont dégradées. Les policiers intervenaient par petits groupes isolant les manifestants les plus violents pour les interpeller. Je ne portais pas encore mon brassard de presse mais j’avais mon boîtier photo très visible. Tout à coup un policier a frappé violemment sur le boîtier avec son flashball et a regagné un groupe de ses collègues. J’ai été surpris et j’ai eu assez mal car j’avais la main posée sur l’appareil photo à ce moment-là et c’est elle qui a amorti le choc ».

Le photographe s’avance alors vers un policier gradé pour demander des explications mais il n’obtient qu’un « calmez-vous, calmez-vous ! ». Il demande à voir un officier de police judiciaire mais on lui répond qu’il n’y en a pas sur place.

« J’ai bien vu que le coup porté par le policier était délibéré, poursuit Christian Bellavia, et qu’il avait bien identifié que j’étais photographe et pas manifestant. D’autant qu’à ce moment-là, il ne se passait rien. Il n’y avait pas de courses dans tous les sens ou de gaz lacrymogène. C’était un acte gratuit ! ».

Copyright Christian Bellavia

Copyright Christian Bellavia

Christian Bellavia, qui a raconté son histoire sur sa page facebook (avec une photo prise pendant la manifestation au même endroit, que nous reproduisons ci-dessus), relativise : il n’a pas été blessé, son appareil photo fonctionne. Mais il fait aussi le parallèle avec les événements de Nantes, où, le même jour et pour le même type de manif, un jeune journaliste a été forcé de vider la carte-mémoire de son appareil-photo par des policiers.

Il indique aussi qu’à Toulouse, un autre journaliste photoreporter a eu droit samedi à un « croche-pied » d’un policier, alors que là aussi, il était identifiable comme journaliste et pas comme manifestant.

A Nantes, la police a diffusé depuis sur son compte Twitter une photo montrant des journalistes habillés comme des manifestants avec la mention « reconnaissez que la distinction est parfois bien délicate » :

Il faut bien reconnaître que les journalistes sont, quand les manifestations dégénèrent, obligés de se protéger de coups et de projectiles (le plus souvent avec un casque de moto sur la tête) et des jets de gaz lacrymogène (avec une écharpe ou un foulard sur le visage). Mais il reste cependant assez facile pour tout le monde de faire la différence entre un casseur et un journaliste qui fait son métier, affublé d’une caméra ou d’un appareil-photo, même si les manifestants ont aussi leur propre « reporters » photo et vidéos.

Ce type de manifestation est toujours un grand moment de tension. L’acte gratuit et délibéré (mais aussi individuel) de ce policier sur le photographe toulousain reste heureusement isolé.

FV