10 Déc

Différend entre Médiapart et La Dépêche du Midi sur la vente de l’aéroport de Toulouse

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La vente d’une partie des parts de l’Etat dans l’aéroport Toulouse-Blagnac à un consortium sino-canadien a des conséquences inattendues. Dans un billet sur son blog, Laurent Mauduit, l’un des fondateurs de Médiapart, s’en prend au traitement de ce dossier par la rédaction de La Dépêche du Midi. Mais le patronyme du journaliste de La Dépêche qui est mis en cause a déclenché des commentaires haineux.

Petit retour en arrière : donc l’Etat vend une part de l’aéroport au consortium, ça ne vous aura certainement pas échappé. Mais coup sur coup, le pure-player Médiapart (fondé par Edwy Plenel et Laurent Mauduit) publie en fin de semaine dernière plusieurs révélations sur « le pacte d’actionnaires » que vont signer l’Etat et le consortium sino-canadien : en gros l’Etat s’engage, avec ses 10 % restants, a toujours voté en conformité avec le nouvel actionnaire (bientôt détenteur de 49,9 % des parts) ce qui donne largement la majorité des voix au nouvel entrant.

Pour étayer ses informations, Médiapart publie d’ailleurs le fac-similé du « pacte » dans un article intitulé « Aéroport de Toulouse : les preuves du mensonge » (lien payant).

Et après ? Ces informations de Médiapart sont reprises un peu partout dans la presse, y compris d’ailleurs sur le site internet de France 3 Midi-Pyrénées. La Dépêche du Midi en parle également, mais son traitement ne plait pas à l’auteur

L’art du journalisme couché »

Sur son blog, hébergé par Médiapart, Laurent Mauduit poste mardi 9 décembre un billet intitulé « La Dépêche du Midi, ou l’art du journalisme couché« . Il y fustige le traitement de La Dépêche sur le dossier de la vente de l’aéroport, notamment sur les révélations successives de Médiapart, et s’emporte contre l’auteur des articles en question : le journaliste toulousain Gil Bousquet. Le blog de Laurent Mauduit étant accessible librement sans avoir besoin d’être abonné à Médiapart nous laissons le soin à nos propres lecteurs de se faire une idée en le lisant ainsi que les articles en question signés Gil Bousquet que Laurent Mauduit a eu la délicatesse d’insérer dans son propre texte.

Mais en mettant en avant non pas le choix éditorial du journal local mais l’auteur des articles (« un dénommé Gil Bousquet »), Laurent Mauduit a déclenché (sans doute bien involontairement) un flot de commentaires, certains haineux, contre le journaliste en question : dans son patronyme, certains commentateurs ont reconnu le passé de La Dépêche du Midi, rappelant qu’un autre Bousquet, René, ancien chef de la police sous Vichy, avait été l’ami de la famille Baylet et administrateur du journal jusque dans les années 60. Certains commentaires avaient même largement franchi la ligne blanche, s’en prenant au journaliste uniquement en raison de son nom, avec des allusions plus que limites, mais ils ont depuis étaient supprimés par Médiapart. Dans l’ensemble les commentaires laissés sur le blog fustigent La Dépêche du Midi, son histoire et sa politique éditoriale.

Que les choses soient claires nous ne sommes pas ici, sur ce blog, pour juger les modes de traitement des différents médias. A chacun sa ligne éditoriale, les lecteurs sont assez grands pour se faire une idée. Sur le dossier de l’aéroport, La Dépêche a choisi un angle. Cela ne plait pas à Médiapart. Dont acte.

Ce qui est plus gênant, pour le moins, c’est que l’on s’en prenne individuellement à un journaliste et que son patronyme soit prétexte à des dérapages. On est alors bien loin du sujet originel : la vente de l’aéroport.

04 Déc

Sur les réseaux sociaux, Toulouse Mag renommé La Dépêche du Dimanche

Ne cherchez plus Toulouse Mag ! Ni dans les kiosques (nous en avons déjà parlé ici), ni sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, le compte de l’ancien mensuel disparu s’appelle depuis ce jeudi… La Dépêche du Dimanche.

Logo vert, nouvel nom du compte (@depechedudimanche), tout est neuf, sauf les anciens tweets publiés à l’époque par l’équipe de feu Toulouse Mag.

Même chose sur facebook, à la différence près que ce 4 décembre la page portait encore le nom de Toulouse Mag alors que le logo avait été changé :

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Soulignons que cette stratégie de « récupérer » un compte-maison sur un réseau social plutôt que de le laisser à l’abandon après la suppression du magazine est plutôt bien vu : cela permet de ne pas perdre les 4000 et quelques abonnés sur Twitter à l’ex-compte de Toulouse Mag et les 6260 fans sur Facebook !

FV

02 Nov

Toulouse Mag « tourne la page » et cesse sa parution

Sans surprise, le dernier numéro de Toulouse Mag est paru ce 30 octobre. La Dépêche du Midi a décidé de cesser d’éditer ce mensuel fondé par Jean-Christophe Tortora (actuel patron de La Tribune et d’Objectif News) en 2001 puis racheté par La Dépêche. Tous les salariés sont reclassés dans le groupe.

Dans son dernier édito, intitulé « Il faut tourner la page », la rédactrice en chef Joëlle Porcher écrit : « la diminution des recettes publicitaires et la crise générale de la presse nous conduit à suspendre la parution de ce magazine« . Elle rappelle que le 1er numéro est paru quelques jours « avant la catastrophe d’AZF« .

Avant de saluer celui à qui elle emprunte son titre : Claude Nougaro, dont Toulouse commémore cette année les 10 ans de la mort.

La une du dernier Toulouse-Mag :

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28 Août

La Dépêche du Midi en « négociations exclusives » pour devenir actionnaire majoritaire de Midi-Libre

© AFP

© AFP

Un accord a été conclu entre Sud-Ouest, propriétaire de Midi-Libre, et le groupe présidé par Jean-Michel Baylet pour entrer en « négociations exclusives » sur le rachat de Midi-Libre.

La Dépèche du Midi est entrée en cette fin août en « négociations exclusives » pour le rachat des Journaux du Midi (Midi-Libre, l’Indépendant, Centre-Presse), qui appartient actuellement à Sud-Ouest qui souhaite vendre ses participations majoritaires.

Selon une note interne diffusée ce 28 août au personnel de l’un des groupes de presse concernés, « un accord vient d’être conclu entre les groupes Dépêche du Midi, Centre France et Sud-Ouest pour entrer en négociations exclusives sur une prise de participation au capital du groupe Midi-Libre ».

« A l’issue de cette opération, poursuit cette note, le groupe Dépêche du Midi présidé par Jean-Michel Baylet deviendrait l’opérateur du groupe Midi-Libre en qualité de premier actionnaire, tandis que le groupe Centre-France et des investisseurs locaux seraient partenaires associés de cette opération ».

Ces informations ont été confirmées dans la journée par un communiqué des trois groupes de presse. Le groupe Sud-ouest, qui avait racheté Midi-Libre au Monde pour 93 millions d’euros en 2008, resterait « actionnaire significatif » avec 33,4 % du capital.

Jean-Michel Baylet a toujours eu de l’intérêt pour Midi Libre. Il avait saisi l’occasion très tôt quand Sud-Ouest, en proie à un plan d’économies, a souhaité se désengager partiellement.

En constituant un groupe de presse qui couvrira largement les frontières des deux régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, La Dépéche du Midi et son président, qui est aussi président du Parti radical de gauche (PRG) partenaire du PS au gouvernement, anticipe aussi la réforme territoriale et la fusion des deux régions.