17 Fév

« Le maire de Toulouse » : bras de fer entre Jean-Luc Moudenc et La Dépêche du Midi

Jean-Luc Moudenc (Photo : AFP)

Jean-Luc Moudenc (Photo : AFP)

Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse, a décidé ce mercredi 17 février de renommer son compte sur twitter « le maire de Toulouse », « par souci de cohérence avec les articles du quotidien régional qui bannissent mon nom ». 

Cette décision, empreinte d’ironie et d’opportunisme de la part de l’équipe de communication qui entoure Jean-Luc Moudenc et gère ses comptes sur les réseaux sociaux, intervient au lendemain de la diffusion d’un reportage sur le système Baylet et La Dépêche du Midi par l’émission Le Petit Journal sur Canal +, réalisé après la nomination au gouvernement de Jean-Michel Baylet.

Dans ce reportage, Jean-Luc Moudenc indique lui-même qu’il est victime d’un oukaze émanant de Jean-Michel Baylet, qui aurait demandé de retirer son nom et sa photo des éditions de La Dépêche du Midi après la décision de la ville et de la métropole qu’il préside de réduire considérablement les achats d’espaces publicitaires dans le titre de presse.

Le bras de fer est donc engagé désormais sur le place publique entre la mairie de Toulouse et le quotidien du désormais ministre Jean-Michel Baylet, qui n’a toujours pas officialisé son remplacement à la tête du groupe de presse par son ex-épouse Marie-France Marchand-Baylet.

Rien de bien nouveau sous le soleil toulousain, mais la nomination de Jean-Michel Baylet au gouvernement a braqué les projecteurs parisiens vers le microcosme médiatico-politique de Toulouse. Parfois avec acuité.

FV

Mise à jour du 18 février : La Dépêche du Midi a répondu aux accusations de Jean-Luc Moudenc en publiant ce 18 février dans ses colonnes un article indiquant que le nom du maire de Toulouse a été cité 5506 fois dans le journal. La rédaction s’appuie sur le moteur de recherches de son site internet. En vérité, si l’on en croit ce moteur, l’occurence « Moudenc » sort bien 5606 fois mais « Jean-Luc Moudenc », 4779 fois exactement. Le journal ne précise cependant pas que ce « score » s’étale sur… presque 20 ans, le premier article en ligne remontant au 2 mars 1998 !

Mais ne mégotons pas sur les chiffres.

Car une cinquantaine d’articles citent le nom de Jean-Luc Moudenc depuis le 1er janvier 2016. Il n’y aurait donc pas de « censure » du nom du maire. Dans l’entourage du maire, on reconnait ces citations mais on insiste sur le fait que dans la plupart des cas, ce sont des articles « à charge » ou négatifs sur l’action municipale.

Reste en tout cas l’affirmation du délégué syndical SNJ qui s’exprime dans le reportage du Petit Journal et qui indique que consigne à été donnée en début d’année 2016 de ne pas citer le nom du maire de Toulouse.

12 Fév

Ministre, Jean-Michel Baylet peut-il rester patron de presse ?

Jean-Michel Baylet, président du PRG, a pris ce vendredi 12 février ses fonctions de ministre de l’aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités locales. Il rejoint ainsi, à 14 mois de la présidentielle, l’équipe gouvernementale de Manuel Valls et retrouve un portefeuille ministériel 23 ans après sa dernière expérience de ministre.

Jean-Michel Baylet (photo : AFP)

Jean-Michel Baylet (photo : AFP)

Mais les temps ont changé. Les médias, les politiques et les citoyens sont aujourd’hui beaucoup plus attentifs et beaucoup plus sensibles au mélange des genres. Or Jean-Michel Baylet est aujourd’hui ministre ET patron d’un groupe de presse régionale, qui couvre Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées et déborde même sur l’Aquitaine. Une puissance de tir dans le sud-ouest qui peut être utile à François Hollande mais une situation qui attire les critiques.

Le remaniement éreinté par (presque) toute la presse !

Au lendemain du remaniement, la presse n’est pas tendre avec François Hollande et son remaniement. L’entrée d’écologistes franc-tireurs, le retour de Ayrault, celui de Jean-Michel Baylet. Dans l’ensemble, la presse française éreinte cette recomposition gouvernementale davantage tournée vers l’élection présidentielle de 2017 que vers le règlement des dossiers sensibles. « Monsieur Bricolage » pour Le Parisien-Aujourd’hui en France, « Derniers replâtrages » pour Le Figaro, etc.

Toute la presse ? Ce vendredi, La Dépêche du Midi est elle-aussi aussi la cible des internautes sur les réseaux sociaux et même des éditorialistes. On reproche au journal régional sa position sur le remaniement et son engagement sans mesure derrière François Hollande. En d’autres termes : le journal de Jean-Michel Baylet soutient le gouvernement dans lequel figure Jean-Michel Baylet. L’entrée au gouvernement de son patron tourne les projecteurs vers La Dépêche.

Au-delà de la une du journal, c’est l’éditorial en page 2, signé Jean-Claude Soulery, qui a beaucoup retenu l’attention. Le journaliste y signe un plaidoyer pro-Hollande :

Par son ampleur et son habile dosage politique, le nouveau gouvernement constitue un « pari raisonnable » sur l’avenir. Nous pourrions dire que François Hollande réussit la meilleure synthèse à gauche possible – en intégrant, non seulement son ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault, mais encore deux chefs de partis, l’écologiste Emmanuelle Cosse et le radical Jean-Michel Baylet, autant dire deux symboles forts du rassemblement à gauche ».

Un éloge qui n’a pas échappé à Hélène Jouan, ce vendredi matin dans la revue de presse de France Inter :

Un ministre à la tête d’une holding de presse, c’est « exotique »

Jean-Michel Baylet et sa famille détiennent la holding Occitane de Communication, actionnaire majoritaire du groupe de presse. Il n’y a pas dans l’histoire récente d’autres exemples de ministre propriétaire de journaux.

« C’est une situation pour le moins exotique, souligne l’universitaire toulousain Franck Bousquet, spécialiste des liens entre médias et politique. Cela fait un peu troisième République. Dans les années 20-30, et surtout à la fin du XIXème siècle, presque tous les patrons de la presse régionale étaient des politiques. Mais la situation était bien différente : il y avait partout un pluralisme de titres que l’on ne connaît pas aujourd’hui. Le groupe La Dépêche, après le rachat de Midi Libre, est en situation de quasi-monopole de Toulouse à Montpellier ».

Pour l’universitaire, il n’y a pas d’autres exemples dans les démocraties contemporaines. Le seul en Europe ces dernières années, ce fut en Italie, un certain… Sylvio Berlusconi ! La comparaison s’arrête là.

Des contrats avec… les collectivités locales

Les journaux de Jean-Michel Baylet sont aussi en lien avec les collectivités locales, dont le ministre Jean-Michel Baylet a désormais la charge. Contrats publicitaires, annonces légales ou événements. Mais le groupe La Dépêche du Midi ce n’est pas que des journaux.

Comme beaucoup de groupe de presse ces dernières années, il s’est diversifié pour élargir ses sources de revenus. La Dépêche Events, notamment, est un « créateur d’événements » ou un gestionnaire de lieux publics. La société était notamment candidate à la gestion du futur Parc des expos géant de Toulouse. Mais l’ancien maire PS Pierre Cohen l’avait attribué à un concurrent, GL Events, ce qui avait suscité à l’époque la colère de Jean-Michel Baylet.

Des relations financières avec les collectivités locales alors que le patron a justement cette compétence dans ses attributions ministérielles ? « Pour le moins étrange », souligne un fin connaisseur de la politique nationale. L’Elysée aurait, ces derniers jours, consulté la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP), qui ausculte les activités professionnelles des élus et ministres et traque les conflits d’intérêts. On ignore si la HATVP a donné son feu vert, mais la nomination de Jean-Michel Baylet est désormais effective.

Un ou une Baylet à la place d’un autre ?

On ne sait donc si Jean-Michel Baylet, ministre, quittera la présidence de son groupe de presse. Il était ce vendredi matin, l’invité de l’émission « Les 4 Vérités » sur France 2. Le sujet n’a pas été évoqué.

Jean-Nicolas et Jean-Michel Baylet (Photo : AFP)

Jean-Nicolas et Jean-Michel Baylet (Photo : AFP)

François Hollande demandera-t-il à son ami de prendre ses distances avec son groupe de presse ? La solution pourrait alors être de nommer à sa place son fils Jean-Nicolas, déjà directeur général du groupe La Dépêche et véritable dirigeant du journal. En prenant la direction de la holding familiale qui détient la majorité du groupe, Jean-Nicolas libérerait ainsi son père de cette charge et de ce lien entre fonction gouvernementale et direction d’un groupe de presse. Sans pour autant faire sortir le journal de la famille.

Marie-France Marchand Baylet et son compagnon Laurent Fabius à Paris le 12 février. (Photo : AFP)

Marie-France Marchand Baylet et son compagnon Laurent Fabius à Paris le 12 février. (Photo : AFP)

Une autre option est envisagée : celle de Marie-France Marchand-Baylet, présidente de la Fondation La Dépêche, ex-femme de Jean-Michel Baylet et compagne de Laurent Fabius. Selon le site spécialisé PressNews, elle pourrait prendre les rênes du groupe dès le lundi 15 février. 

« Symboliquement, conclut l’universitaire Franck Bousquet, il peut effectivement quitter la présidence. On demande aux ministres de ne plus diriger d’exécutifs locaux, alors pourquoi rester à la tête d’une grande société, qui plus est une entreprise de presse ? ».

Fabrice Valéry (@fabvalery)

09 Nov

Une motion de défiance votée par les journalistes de La Dépêche du Midi

FRANCE-MEDIAS-PRESS-LA DEPECHE

Réunis en assemblée générale à Toulouse samedi 7 novembre, les journalistes des quotidiens de La Dépêche du Midi ont voté trois motions dont une motion de défiance concernant Bernard Maffre, le directeur général du groupe qui est aussi Pdg de Midi Libre depuis le rachat des Journaux du Midi par La Dépêche.

Un audit sur l’emploi

Au-delà de la défiance envers la direction, la rédaction, en plein questionnement après l’annonce de 350 suppressions de postes dans les titres du groupe, s’interroge aussi sur la situation de l’entreprise et sur la stratégie menée par La Dépêche. Ainsi, les journalistes demandent-ils qu’un audit, mené par un organisme extérieur et indépendant, sur la rédaction puisse faire le point de la situation de l’emploi. « La situation est alarmante, explique un délégué syndical. Chaque mois, un à deux journalistes quittent l’entreprise sans être remplacé. Nous estimons à 45 le nombre de postes perdus ainsi depuis 2010. Nous réclamons donc rapidement un audit, avec un moratoire sur l’emploi durant cette période d’analyse ». 

Nous estimons à 45 le nombre de postes perdus depuis 2010″ Un délégué syndical

L’ouverture de négociations ?

Les journalistes demandent aussi une concertation sur les projets multimédia, le rattachement du site internet La Dépêche.fr à la rédaction, celui aussi des journalistes qui travaillent sur le flash vidéo, etc. L’ouverture enfin de négociations sur la réalisation de vidéos par les reporters sur le terrain.

La mutualisation et les droits d’auteurs en question

En filigrane de toutes ses questions, c’est la manière dont La Dépêche va s’organiser dans son nouveau périmètre après le rachat des Journaux du Midi. Bernard Maffre, dans une récente interview à La Lettre M, expliquait : « On réfléchit à une organisation intelligente qui permette de maintenir la diversité de l’information dans l’ADN de chacun des titres. Mais pour la diffusion, on va fusionner tout ça. Je n’ai pas besoin de deux chefs des ventes, de deux logisticiens, de deux responsables de la promotion. On va donc faire de l’optimisation, dans les zones de concurrence, des moyens logistiques, tout en maintenant une organisation qui permette de maintenir une identité et une initiative rédactionnelle »

On va faire de l’optimisation » Bernard Maffre (in La Lettre M)

Mais les journalistes s’inquiètent pour le maintien de cette « identité » par titre, notamment dans les départements où plusieurs titres du groupe sont en concurrence (Aveyron et Aude) mais pas seulement.

Les droits d’auteurs des journalistes face aux bénéfices de la holding familiale

Lors de l’opération de « groupe » sur la dénomination de la future région, les contenus éditoriaux ont été repris par les différents titres. Dans un tract du 13 octobre, l’intersyndicale expliquait alors que la direction s’était assise sur les droits d’auteurs des journalistes et rapportait les propos de Jean-Nicolas Baylet, le directeur général délégué du groupe, qui aurait indiqué devant le CE que cette question était « scandaleuse ». Opportunément, dans ce tract dont nous avons eu connaissance, les syndicats rappelaient les règles en matière de droits d’auteurs et fustigeait l’attitude de la direction : « Pour ramasser le maximum à son seul profit et sans rien payer, écrivaient-ils, elle tente de culpabiliser les journalistes pour les pousser à renoncer à leurs droits. Pourtant, la direction, elle, ne se prive pas : sans se soucier du déficit de 2014 (NDLR : 1,9 million d’euros) les dirigeants familiaux de la holding financière ont augmenté leurs salaires de 400.000 euros. On peut juger que c’est scandaleux, mais c’est leur droit. Comme c’est le droit des journalistes de se faire payer la reprise (NDLR : par d’autres titres du groupe) de leur travail ».

Jean-Michel Baylet interpellé par les journalistes ?

La rédaction n’est pas la seule à vivre une période de tension. Une grève a eu lieu récemment à la comptabilité où les salariés ont obtenu l’ouverture de négociations sur l’emploi. Les services expédition, abonnements ou même la régie publicitaire sont également sous pression actuellement.  Les représentants du personnel ont obtenu de la rédaction lors de l’assemblée générale, à laquelle assistaient également des délégués de Centre Presse Aveyron, de Midi Libre et de L’Indépendant, qu’ils saisissent le plus vite possible la direction. Samedi 14 novembre, à 11 heures, Jean-Michel Baylet, le Pdg du groupe, doit réunir tous les personnels pour expliquer sa stratégie. Une réunion au cours de laquelle les syndicats de journalistes ont prévu de l’interpeller sur la situation de l’entreprise.

FV

15 Oct

Les élections régionales, Dominique Reynié et le « Dépêche bashing »

Dominique Reynié (Photo : MaxPPP)

Dominique Reynié (Photo : MaxPPP)

La Dépêche du Midi n’a pas aimé, mais alors pas du tout, que Dominique Reynié, le candidat des Républicains à la présidence de la future grande région, mette en place un baromètre pour surveiller les journaux du groupe Dépêche du Midi et le nombre d’articles consacrés à chacun des candidats. Dominique Reynié s’estime lésé de la part de journaux appartenant à Jean-Michel Baylet, qui est aussi le président du PRG partenaire de la socialiste Carole Delga. Il s’était exprimé sur ce sujet il y a quelques jours sur notre blog consacré aux élections régionales.

Ce jeudi 15 octobre, La Dépêche du Midi publie donc en complément de son sondage sur les régionales, un édito de son rédacteur en chef Jean-Claude Soulery, sous le titre « Dépêche bashing ». 

« Depuis quelques jours, écrit-il, nous assistons avec étonnement à une espèce de «Dépêche bashing», notamment sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter, de la part du candidat des Républicains Dominique Reynié et de ses partisans. Selon eux, notre journal ignorerait la campagne du candidat et favoriserait celle de ses adversaires. Si, par le nombre d’articles parus, la candidate PS arrive en tête, c’est aussi parce que nous rendons compte par ailleurs de ses activités d’élue ».

« Voilà en quelque sorte notre journal placé «sous surveillance» par un candidat, poursuit-il. Du jamais vu ».

Mais l’éditorialiste va plus loin en indiquant que ces méthodes étaient jusqu’ici celles de l’extrême-droite : « Cette «victimisation» à l’encontre des médias était jusqu’ici l’apanage du Front national – désormais Dominique Reynié s’estime à son tour victime d’un ostracisme qui n’existe que dans son esprit ».

Entre juillet et septembre, « l’observatoire » de Dominique Reynié avait relevé dans La Dépêche du Midi 74 articles sur Carole Delga, 25 sur Philippe Saurel, 19 sur Dominique Reynié et 9 sur Louis Aliot. 

FV

17 Sep

Un nouveau président pour l’association des journalistes de Toulouse et de Midi-Pyrénées

13d5712Christian de Montmagner vient de succéder à Sylviane Baudois à la tête de l’AJT, l’association des journalistes de Toulouse et de Midi-Pyrénées.

Sylviane Baudois a présidé l’association pendant 6 ans. Elle demeure vice-présidente.

Christian de Montmagner est le rédacteur en chef de IN Toulouse le magazine trimestriel de l’aéroport Toulouse-Blagnac qui est édité par le groupe La Dépêche du Midi.

FV

29 Juin

Le journal Sud-Ouest dans le Gers, c’est fini !

Après 71 ans de présence sur le département du Gers, le journal Sud-Ouest tourne cette semaine une page de son histoire et de celle des médias dans notre région. L’édition gersoise du titre bordelais cesse de paraître. L’histoire avait commencé le 12 septembre 1944.

Chairman of the board of French regional newspaper group Sud-Ouest, Olivier Gerolami, poses with today's edition on November 6, 2012 in Bordeaux two days before announcing a restructuration plan. AFP PHOTO / JEAN PIERRE MULLER

Olivier Gérolami, le président du directoire du groupe Sud-Ouest

Le département du Gers était l’un des rares de notre région à bénéficier d’un pluralisme dans la presse quotidienne régionale (PQR) : le lecteur y avait le choix entre Sud-Ouest et La Dépêche du Midi (en Midi-Pyrénées, seul l’Aveyron avait ce statut mais le rachat de Midi-Libre par La Dépêche du Midi la semaine dernière regroupe désormais les anciens concurrents au sein du même groupe).

Sud-Ouest avait déjà réduit sa présence gersoise en 2013, dans le cadre de son plan d’économies, en recentrant sa rédaction sur Auch et en diminuant ses effectif. Et puis la décision de la fermeture de cette édition départementale a été prise. Les salariés ont été reclassés dans d’autres agences ou services du journal dans la région Aquitaine principalement.

Fac-similé de la une d'une édition gersoise de Sud Ouest

Fac-similé de la une d’une édition gersoise de Sud Ouest

Dans un éditorial paru le 27 juin, Laurent Cramaregeas, le directeur départemental de Sud-Ouest dans le Gers justifie de la manière suivante cette disparition :

Pour la direction de Sud-Ouest, le retrait du Gers était devenu malheureusement inéluctable, tant il était dicté par un contexte économique imposant le pragmatisme à toute autre disposition ».

Les lecteurs de l’ouest du département pourront toujours se tourner vers l’édition Armagnac-Adour des Landes, qui promet de rendre compte de la vie quotidienne de la région de l’Armagnac gersois. Le titre bordelais veut résolument se concentrer sur l’Aquitaine. 

La fermeture de l’édition gersoise de Sud-Ouest est donc un nouveau coup de canif au pluralisme. La fin d’un titre médias ou d’une édition locale ou départementale ne fait de toute façon jamais du bien, ni aux lecteurs ni à la démocratie.

FV

25 Juin

Rachat de Midi Libre par La Dépêche du Midi : c’est signé !

© AFP

© AFP

Le rachat du groupe Journaux du Midi (Midi Libre, l’Indépendant, etc) par La Dépêche du Midi a été signé ce jeudi 25 juin à 10 heures au siège de La Dépêche à Toulouse, selon nos informations.

Il s’agit donc de l’ultime étape de cette acquisition, le groupe toulousain dirigé par Jean-Michel Baylet achetant les Journaux du Midi au groupe Sud-Ouest.

Quelques heures après cette signature, Jean-Nicolas Baylet, directeur général du groupe et fils de Jean-Michel, a célébré cette acquisition sur son compte Twitter :

Fin août 2014, les deux groupes avaient indiqué être en négociations exclusives pour cette cession. Le projet a ensuite été confirmé par Jean-Michel Baylet au personnel de La Dépêche du Midi. La cession devait être finalisée fin juin. C’est fait !

Auparavant, La Dépêche avait présenté son projet de réorganisation des deux groupes devant les Comités centraux d’entreprises, qui avaient donné un avis (consultatif) négatif en raison de son impact sur l’emploi, 346 emplois devant être supprimés (191 aux Journaux du Midi et 155 à la Dépêche).

Dernièrement, l’autorité de la concurrence avait donné son feu vert à cette cession, Jean-Michel Baylet ayant donné des garanties par rapport à la nouvelle situation de monopole notamment dans l’Aude et dans l’Aveyron.

Avec cette acquisition, Jean-Michel Baylet réalise un vieux rêve : constituer un groupe de presse régionale de grande taille, qui plus est qui colle quasiment avec le territoire de la future région administrative issue de la fusion de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon.

FV

12 Juin

La Dépêche du Midi recule au 19ème rang des « 200 titres de presse les plus aidés par l’Etat »

FRANCE-MEDIAS-PRESS-LA DEPECHE

Le quotidien régional a reculé à la 19ème place du classement des 200 titres de presse les plus aidés par l’Etat en 2014, publié ce vendredi par le Ministère de la Culture. Avec 3 403 194 d’euros d’aides (dont 895 485 euros d’aides directes et 1 846 567 d’euros de compensations au tarif postal), La Dépêche du Midi a perçu près d’un million d’euros d’aides en moins par rapport à 2013 (4 399 649 euros, au 16ème rang). Tendance en baisse qui se confirme : en 2012, La Dépêche avait touché 4 641 261 euros (17ème rang). La baisse des aides est liée à la baisse de la diffusion du journal.

0,06 € par exemplaire

A noter que chaque exemplaire de La Dépêche est aidé à hauteur de 0,06 €. A comparer avec les 0,26 € pour Le Parisien/Aujourd’hui en France ou 0,15 € par exemplaire pour Le Figaro, le journal le plus aidé en 2014.

D’autres titres de la région sont aidés

Centre-Presse Aveyron (groupe Journaux du Midi, bientôt racheté par La Dépêche) figure au 50ème rang de ce classement avec 1 068 646 euros reçus en 2014. La Voix du Midi (rachetée récemment par le groupe Ouest-France) au 193ème avec 113 008 euros.

Une réforme en 2015

Ce bilan 2014 s’accompagne de l’annonce d’une réforme des aides à la presse par la ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin. Trois chantiers dont les deux premiers seront mis en place dès cette année 2015 :

  • les aides directes au pluralisme qui étaient réservées jusque-là aux quotidiens dit d’information politique et générale (IPG), sont étendues aux périodiques (hebdos, mensuels, trimestriels) « qui contribuent eux aussi à la qualité de notre conversation nationale »
  • les aides postales sont étendues à  la nouvelle catégorie de presse de la « connaissance et du savoir « . En revanche la presse de « loisirs et de divertissements » ne rentre plus dans les objectifs définis au titre des aides de l’État à la presse.
  • enfin la ministre veut engager une réforme pour encourager « l’émergence et à l’innovation. A la lumière du rapport sur le nouvel écosystème de la presse que m’a remis Jean-Marie Charon, je veux être aux côtés de la presse qui tente, qui expérimente et qui invente ».

 

DOCUMENT : la liste des 200 titres de presse les plus aidés par l’Etat en 2014 :

04 Juin

L’autorité de la concurrence autorise le rachat de Midi Libre par La Dépêche du Midi

© AFP

© AFP

L’autorité de la concurrence a autorisé ce jeudi le rachat des Journaux du Midi par La Dépêche du Midi, soulevant au passage quelques points qui pourraient distordre la concurrence et donc la pluralité de la presse mais que le groupe dirigé par Jean-Michel Baylet s’est engagé à régler.

Une situation de monopole

Dans son avis, l’Autorité de la Concurrence constate que cette opération « placerait le Groupe La Dépêche du Midi en situation de monopole sur les marchés de la presse quotidienne régionale dans les départements de l’Aude et l’Aveyron » ce qui risquerait « de conduire à une homogénéisation du contenu des titres, au détriment des lecteurs qui subiraient une réduction de la qualité et de la diversité des journaux de presse quotidienne régionale ».

Des engagements à tenir

Selon l’Autorité de la Concurrence, le groupe La Dépêche du Midi s’est engagé :

  • à ne pas procéder à l’harmonisation des contenus de ses titres,
  • à maintenir des rédactions en chef distinctes et dédiées aux différents titres,
  • à poursuivre la diffusion de l’ensemble de ses titres de presse quotidienne régionale dans l’Aude et l’Aveyron.

Ces engagements pris vont donc à l’encontre d’une fusion des titres ou des rédactions de La Dépêche et de Midi Libre dans l’Aude ou de Centre-Presse dans l’Aveyron. Un mandataire indépendant, agréé par l’Autorité de la concurrence, sera nommer pour veiller au respect des engagements pris.

Sur le plan social, le rachat des Journaux du Midi devraient conduire à de nombreuses suppressions d’emplois : 346 postes doivent être supprimés (191 aux Journaux du Midi et 155 à La Dépêche).

FV

01 Avr

Changement à la tête du site Toulouse Infos

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Guillaume Truilhé, l’un des trois fondateurs du site Toulouse Infos, a annoncé lui-même dans un article du 31 mars avoir cédé le site d’infos locales à Pierre-Jean Gonzalez.

D’après le désormais ancien propriétaire, l’équipe devrait être renforcée et la ligne éditoriale revue par le nouveau dirigeant.

Créé en 2009 par trois jeunes journalistes, le site d’infos locales change donc de main après plusieurs autres titres de la presse toulousaine ou régionale ces derniers mois :

Décidément ça bouge beaucoup dans le paysage médiatique de Midi-Pyrénées.

FV