28 Août

Pendant l’été, Sud Radio a quitté Toulouse : une dizaine de licenciements

C’est terminé. Sud Radio, historiquement basée à Toulouse, a définitivement quitté ses locaux de Labège. Désormais la radio est entièrement réalisée depuis Paris.

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« Toulouse, berceau historique de Sud Radio ». Ces mots ont été prononcés à l’antenne le 26 juillet dernier, à l’issue du dernier flash info de 19 heures présenté depuis les locaux de Labège, près de Toulouse. Ce jour-là, une page de plus de 30 ans d’histoire de Sud Radio a été tournée.

Désormais, Sud Radio est une radio… parisienne. Ce « déménagement », nous vous l’avions révélé sur ce blog il y a un an. Fiducial Médias, propriétaire de Sud Radio et filiale de Fiducial, a depuis mené tambour battant le transfert de ses activités dans la capitale. Le personnel à Toulouse s’est vu proposer des mutations, la plupart du temps sans valorisation salariale. Beaucoup ont décliné ces offres : des premiers licenciements avaient eu lieu en janvier dernier, les autres ont suivi cet été. Ne restent plus, selon nos informations que trois délégués du personnel qui, après accord de l’administration, seront licenciés en septembre. Une dizaine d’emplois supprimés à Toulouse.

Désormais, une seule journaliste assurera à Toulouse la « correspondance » pour Sud Radio.

Malgré cette situation difficile, une partie de l’équipe licenciée a voulu marquer l’événement en publiant courant août une photo (voir ci-dessous) sur les réseaux sociaux pour marquer, avec le sourire, son « transfert » de Sud Radio à… Pôle Emploi !

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Sollicité à plusieurs reprises depuis l’annonce de ce transfert, la direction de Sud Radio n’a jamais souhaité nous répondre. En avril dernier, le PDG de Fiducial Médias, Didier Maïsto, s’était longuement exprimé sur TV Libertés, la web-TV dirigée par l’ex-Front National Martial Bild et chantre de la « réinformation » chère à l’extrême-droite. Il y parlait en ces termes de Sud Radio : « Quand nous l’avons reprise, il n’y avait pas de programmes, il a fallu payer les dettes, restructurer techniquement la radio, repenser l’éditorial ». Depuis Sud Radio a notamment recruté l’ex-député Henri Guaino comme chroniqueur et confié à Valérie Expert une émission matinale sur… les médias.

Ce lundi 28 août, Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse, était l’invité de la matinale… de Sud Radio. Mais le sujet portait sur les rythmes scolaires. Le sort des salariés de la radio et son déménagement autoritaire n’ont donc pas été évoqués à l’antenne.

Didier Maïsto qualifiait la radio historique du Grand Sud, dans son interview sur TV Libertés, de « radio nationale et généraliste installée au sud… de Paris ».

C’est désormais vraiment le cas.

FV (@fabvalery)

01 Juil

L’inquiétude monte chez les salariés de Sud Radio, transférée à Paris

La colère est montée d’un cran ces derniers jours parmi le personnel, journalistes, animateurs, techniciens et administratif de Sud Radio, qui a appris début juin que la radio installée à Labège près de Toulouse serait transférée rapidement à Paris. Une menace de grève a été déposée pour lundi, finalement levée ce vendredi après une réunion avec Didier Maïsto, le pdg de Fiducial Médias, propriétaire de Sud Radio.

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Beaucoup de questions, peu de réponses

Quand le transfert aura-t-il lieu ? Dans quelles conditions ? Avec qui et pour quel projet éditorial ? Que deviendront les salariés qui vont refuser d’aller à Paris ? Le personnel a actuellement beaucoup de questions et peu de réponses. « On n’est pas contents de la forme que cela prend, explique un journaliste, avec une direction qui ne s’implique pas, qui ne nous parle pas et trop de zones d’ombres ».

Didier Maïsto en pompier de service

Le patron de Fiducial Médias s’est donc rendu en urgence à Toulouse ce vendredi pour rencontrer le personnel, CDI comme CDD ou pigistes. Un déplacement qui n’était pas prévu mais que la situation a imposé : le personnel menaçait de faire grève dès lundi 4 juillet. Devant le risque d’antenne perturbée, Didier Maïsto a fait le voyage à Labège pour éteindre l’incendie. D’après nos informations, le président a semble-t-il compris les raisons de la colère qui montait. Il a convenu qu’il devrait s’impliquer davantage dans le transfert vers Paris et surtout qu’il devait apporter des réponses aux salariés sur les conditions de ce transfert.

Un bureau, un studio et les sports à Toulouse

Toutefois, Didier Maïsto a apporté ce jour peu de réponses concrètes. Seule indication du Pdg : Toulouse conserverait un bureau de correspondants, avec un studio (qui ne serait plus à Labège) et sans doute la rédaction des sports, notamment pour le rugby. Des éléments oraux dont les salariés attendent la confirmation écrite.

Menace de grève levée et ultimatum

Les salariés ont donc levé leur menace de grève pour lundi 4 juillet mais ont donné à la direction un ultimatum : sur les dates du transfert, la grille d’été, les conditions du départ à Paris, l’avenir des CDD et des pigistes, ils veulent des réponses avant le milieu de semaine prochaine. Dans le cas contraire, une nouvelle date sera choisie pour un mouvement de grève. 

FV (@fabvalery)

01 Juin

Sud Radio va quitter Toulouse pour Paris

L’histoire de Sud Radio à Toulouse est en train de se terminer. La direction de la radio du sud a annoncé lundi aux élus du comité d’entreprise que le transfert de la radio à Paris allait bientôt débuter.

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Le président de Fiducial Médias, Didier Maïsto, a indiqué que l’avenir de la radio allait se jouer désormais dans les nouveaux locaux loués à Paris, quittant les locaux actuels de Labège, au sud-est de Toulouse, occupés depuis le déménagement des studios du quartier Compans-Caffarelli à Toulouse.

Sud Radio a été rachetée fin 2013 par Fiducial Médias, filiale du groupe Fiducial de Christian Latouche, qui possède déjà le magazine Lyon Capitale et la télé locale Lyon Capitale TV. Dans le panier de la mariée en 2013, une soixantaine d’émetteurs, principalement dans le sud-ouest de la France et surtout… une fréquence à Paris, ce qui vaut de l’or.

Fiducial Médias avait promis de développer la radio qui dépérissait. A la rentrée 2015, sous la houlette de Christophe Bordet, le rédacteur en chef, la grille de la radio avait été repensée avec le recrutement de « signatures » nationales. On sentait bien que « la radio du grand sud » penchait davantage vers une grille nationale, gérée depuis Paris, avec des grands noms, un peu sur le modèle de RMC.

Ce n’est pas un changement de lieu qui va améliorer la radio, c’est un projet » (un élu du CE)

Le personnel à Toulouse est sous le choc. 25 salariés en CDI, une dizaine en CDD et 13 pigistes sont concernés. Ils seront entendus un à un par la direction pour savoir s’ils ont l’intention de suivre à Paris ou veulent rester à Toulouse. Dans ce dernier cas, un élu du CE indique que la seule issue sera le licenciement.

« On s’y attendait un peu, reconnaît ce représentant du personnel. Mais Sud Radio a toujours eu des studios à Paris et pour autant nous faisions notre travail depuis Toulouse. Ce n’est pas un changement de lieu qui va améliorer la radio, c’est un projet. Et depuis 3 ans que nous avons été rachetés, il n’y a pas de projet ». 

Née dans les années 50, la radio des Vallée d’Andorre est devenue Sud Radio en 1966. Après la libéralisation des ondes en 1981, Sud Radio quitte Andorre et s’installe à Toulouse. Dans les années 90, la radio dispose à Toulouse de grands studios pouvant accueillir du public, d’émissions phares et d’une rédaction qui n’a rien à envier aux grandes radios généralistes. En 2005, le groupe Fabre vend la radio au groupe Start qui devient Sud Radio Group et qui déménage peu après à Labège. Après des années de vaches maigres, Fiducial reprend donc la radio en 2013 avec l’espoir d’en faire une grande radio nationale.

Contacté par nos soins, le président de Fiducial Médias, Didier Maïsto, a indiqué ne pas vouloir communiquer sur le projet de transfert à Paris. Pour l’instant, aucun calendrier n’a été donné aux salariés toulousains.

FV (@fabvalery)