20 Nov

La place des femmes dans les médias : un combat encore loin d’être gagné

Le Club de la presse d’Occitanie multiplie les initiatives pour rendre visibles les femmes dans les médias de la région : annuaire des expertes, soirée « Elles font l’actu » et études sur le taux de femmes dans l’encadrement des médias régionaux (spoiler : c’est très masculin !).

Sylvie Maligorne, rédactrice en chef adjointe et ex-cheffe du service politique de l’AFP (Photo : Eric Feferberg/AFP)

C’est un combat. Les femmes sont encore très mal représentées dans les médias en France, comme dans le reste de l’Europe. L’Occitanie n’y échappe pas. Le club de la presse d’Occitanie (basé à Montpellier) a fait ce constat depuis longtemps. Qu’elles soient « expertes », privées de parole dans les grands médias, ou journalistes, privées d’accès à la hiérarchie des rédactions, les femmes sont, en général, assez mal représentées.

Les hommes monopolisent la parole

L’étude menée par le Club de la Presse (en collboration avec l’Association des Journalistes de Toulouse et sa Région, l’AJT-r) a consisté à mesurer la quantité et la qualité des intervenantes féminines dans 6 médias régionaux ou locaux (20 Minutes, La Dépêche du Midi Toulouse et Cahors, France Bleu Toulouse, France 3 Occitanie et Côté Toulouse) : photos, articles, vidéos ont été analysés sur une période donnée.

Il en ressort que non seulement 75 % des intervenants qui ont accès aux médias sont des hommes (et par conséquent 25 % des femmes) mais également que qualitativement les femmes sont cantonnées à des secteurs précis comme la santé ou à des actualités froides alors que les hommes interviennent davantage dès que l’actualité est plus chaude !

Un annuaire des expertes

Pour remédier à cela, le Club de la Presse sort la deuxième édition de son annuaire des expertes (le premier portait uniquement sur l’ex-Languedoc-Roussillon). 420 noms de femmes d’Occitanie (hors politique et médias) y sont recensés.

De plus en plus de journalistes vont à la facilité, en utilisant leurs contacts, sans chercher à savoir si d’autres experts existent notamment des femmes. L’annuaire doit les aider à sortir de leur réseau (Céline Cammarata, présidente du Club de la Presse Occitanie)

Les journalistes (masculins comme féminins car les hommes ne sont pas les seuls à « exclure » les femmes de leurs articles ou reportages) n’auront donc plus d’excuses pour donner la parole à des femmes expertes dans « une vingtaine de domaines dans lesquels nous avons identifié et contacté des femmes qui ont les compétences et qui acceptent de répondre rapidement aux demandes des journalistes » explique Catherine Stern, journaliste à Toulouse et à l’origine de la commission femmes et médias de l’AJT-r.

Un chef sur six dans les rédactions est une femme

« Il y a un lien de cause à effets entre l’absence de femmes dans la hiérarchie des médias et le fait que le lectorat soit plutôt masculin » estime Céline Cammarata. Il faut dire que les résultats de l’autre étude menée par le Club de la Presse sont terribles pour les médias dans la région : 17 % de femmes seulement dans des fonctions de chef(fe) de service (direction d’antenne, direction de la publication, direction de la rédaction, rédaction en chef, chefs d’agences, chefs d’édition), soit une femme pour six hommes au même poste.

Les femmes se disent qu’elles préfèrent renoncer à ces fonctions en raison souvent des responsabilités familiales, des enfants à gérer, et qu’elles ne pourront pas être à 100 % dans le poste (Céline Cammarata)

Ce chiffre monte tout de même à 32 % au niveau des postes d’adjoint-e-s… surtout grâce au Languedoc-Roussillon, apparemment plus féminisé que Midi-Pyrénées !

Pire, certaines rédactions majeures de notre région ne sont dirigées que par des hommes ! Attention, on lâche les noms (source Club de la Presse) : La Dépêche du Midi, Midi Libre, L’Indépendant, Les Gazettes, La Lettre M. Etonnant, alors que, depuis des années, le métier de journaliste se féminise. Apparemment pas son encadrement.

Une soirée avec les femmes « qui font l’actu »

Pour mettre les femmes dans la lumière, pas seulement auprès des patrons de presse et des journalistes mais aussi du public, le Club de la Presse organise le vendredi 7 décembre la deuxième édition de sa soirée « Elles font l’actu ! ». La première avait eu lieu à Montpellier en 2016.

Cette fois c’est à Toulouse, au cinéma Gaumont Wilson, que l’on débattra du sujet avec des experts et des expertes. Une soirée parrainée par Céline Pigalle, la patronne de la rédaction de BFM TV et ouverte au public (mais inscription préalable obligatoire)… hommes et femmes bienvenus.

FV @fabvalery

Parti de Montpellier, le mouvement #Payetoiunjournaliste lutte contre les violences que subit la presse

En réaction aux agressions physiques ou verbales contre les journalistes, notamment avec le mouvement des gilets jaunes, des journalistes de Montpellier ont créé un collectif pour exprimer et faire connaître les cas de violences. En quelques heures, le mouvement est devenu national.

Marre des insultes, des humiliations, des agressions verbales et même physiques ! Huit journalistes de la région de Montpellier ont créé dimanche 18 novembre, en réaction aux différentes agressions relevées pendant le mouvement des « Gilets Jaunes », un collectif intitulé #Payetoiunjournaliste pour dénoncer ces violences et le presse bashing ambiant.

Nous avons un scoop : le journaliste est une personne ! Oui ça peut être un pote de ton pote, un voisin ou même un ancien de ton lycée ! Et le journaliste en a ras la plume, le micro ou la caméra de se faire malmener, insulter, conspuer. Ainsi le mouvement #Payetoiunjournaliste relate, dénonce et informe au sujet des mésaventures – insultes ou agressions physiques – subies par nos consoeurs ou nos confrères (communiqué)

Ce mouvement spontané parti de Montpellier a déjà séduit de nombreux journalistes à travers la France. Sur le groupe public sur Facebook, de nombreux témoignages de violences subies sur le terrain par les reporters ou sur les réseaux sociaux pour les journalistes travaillant sur le numérique foisonnent déjà.

Pourquoi avons-nous pris l’habitude de ne rien dire, de courber le dos et de continuer à faire notre boulot méticuleusement, pourquoi on préfère en rire que de se révolter ? (témoignage sur la page facebook)

Le début d’une prise de conscience des journalistes ? L’envie de se dire que, si on ne doit répondre à la violence par la violence, au moins ne faut-il pas laisser passer ces actes belliqueux et expliquer, encore et toujours, que la liberté d’informer est un gage de démocratie. L’expliquer même à ceux qui fustigent, condamnent et conspuent. La presse les protègent, eux aussi. A leur corps défendant.

FV (@fabvalery)

19 Nov

Les gilets sont jaunes, la colère est noire et les journalistes en voient de toutes les couleurs

Avec le mouvement des gilets jaunes c’est un nouvel épisode de dénigrement, voire de haine, qui s’est développé contre les médias et les journalistes.

Photo : Nicolas Tucat / AFP

Quand tu te fais aboyer dessus par 200 personnes autour de toi, cracher dessus, te faire traiter de « menteur », de « vendu », de « macroniste », mes nerfs ont failli lâcher mais certains étaient heureusement quand même ouverts au dialogue. Certains, mais trop peu. Les gars, nous aussi on est en galère parfois, sachez le. Je ne suis qu’une simple pigiste en région qui essaie de faire son taf du mieux qu’elle peut pour pouvoir payer mon loyer et manger à la fin du mois comme tout le monde »

Ce témoignage d’une journaliste, verbalement agressée sur un barrage monté par les gilets jaunes ce week-end en dit long sur ce qu’ont vécu ceux qui, par leur métier, devaient rendre compte du mouvement de protestation depuis samedi 17 novembre. 

« Bâtards de journalistes »

Insultes, menaces, agressions physiques… Sur les comptes des réseaux sociaux des médias ou sur le terrain, de nombreux confrères ont vécu des épisodes douloureux. Comme cette consoeur qui travaille dans la région des Hauts-de-France :

Samedi, un homme a failli me frapper sur un barrage et sur un autre blocage, un manifestant a hurlé à une dame qui me servait un café : « Vous êtes trop gentille avec ces bâtards de journalistes ».

Un journaliste de BFM TV a également été agressé lors d’un passage en direct sur la chaîne d’info en continu. Alors qu’il s’exprimait, il a vu un manifestant foncer sur lui et lui écraser un oeuf sur la tête. Rien de grave sur le plan physique mais une grosse frayeur pour le journaliste.

Enfin, pour terminer cette longue liste il y a les accusations d’être « des vendus », des malhonnêtes dans le traitement de l’info. « Collabo » s’est entendu dire un caméraman.

Une grosse infox

Au premier rang de ce procès en « collaboration », cette « infox » (fake news en bon français) concernant le journal de France 3 Aquitaine de la mi-journée du 17 septembre. Sur les réseaux sociaux, la chaîne a été accusée d’avoir coupé la parole à sa journaliste en direct d’un blocage sur le pont d’Aquitaine à Bordeaux, au moment où elle évoquait l’attitude des policiers. En clair : France 3 aurait coupé volontairement la journaliste pour l’empêcher de parler des « menaces » des forces de l’ordre.

Il s’agissait en fait de la fin du journal télévisé et la présentatrice n’avait plus le temps de laisser sa consoeur parler. Mais pour une partie des internautes, il s’agit d’une censure. La vidéo a été vue plusieurs millions de fois en quelques heures :

Pas un réflexe corporatiste, juste un bien pour la démocratie

S’en prendre aux journalistes, ce n’est jamais bon pour la démocratie. Alors bien-sûr, on peut comprendre la colère des manifestants, leur ras-le-bol. Il faut aussi reconnaître que la majorité des gilets jaunes n’a pas d’animosité envers les journalistes. Mais quelques exceptions salissent le mouvement.

Les journalistes acceptent d’être critiqués sur leur travail, de débattre de la ligne éditoriale de leur médias respectifs.

Mais si on est pas d’accord avec un organe de presse, la solution la plus simple c’est de ne pas regarder cette chaîne de télé, de ne pas écouter cette radio, de ne pas lire les articles de ce site internet, de ne pas acheter ce journal ou ce magazine… Jamais de s’en prendre verbalement ou physiquement aux journalistes.

Défendre l’intégrité physique et morale des journalistes, ce n’est pas un réflexe corporatiste. C’est une question de démocratie.

La colère d’un peuple ne doit pas s’exprimer par des coups portés aux journalistes. Quand les régimes autoritaires prennent le pouvoir dans un pays, on muselle la presse, on emprisonne les journalistes, on les juge devant des tribunaux d’exceptions… Croyez-vous alors que le peuple de ces pays jouit d’une plus grande liberté ?

Un journaliste pigiste peut gagner moins que le SMIC

Que les « gilets jaunes » ne se trompent pas. Les journalistes ont aussi des familles, payent des impôts, achètent de l’essence pour amener leurs enfants à l’école ou à leurs activités, et voient, eux aussi, leur niveau de vie changer. De plus, de nombreux journalistes sont pigistes, c’est à dire qu’ils ne sont pas salariés à temps plein d’une entreprise. C’est vrai notamment en début de carrière.

Dans ce cas, leurs revenus sont liés au nombre de piges réalisées dans le mois. Moins que le SMIC pour certains. Dans des barrages, des journalistes qui ont subi les foudres des « gilets jaunes » gagnaient peut-être moins que les manifestants.

Des agents de sécurité pour protéger les journalistes

Pour terminer, sans donner de leçon à personne, il faut réfléchir, tous, journalistes ou pas, à ce témoignage d’une correspondante de la chaîne d’infos LCI (groupe TF1), qui raconte avoir été soulagée que sa rédaction lui envoie des agents de sécurité…

Insultés, menacés et agressés… Journée contrastée aussi pour les journalistes qui subissent trop fréquemment insultes et intimidations. Merci à ma rédaction d’avoir dépêché sur place des agents de sécurité sans qui nous n’aurions sûrement pas pu finir la journée. 

Quand on en est arrivés là…

FV (@fabvalery)

14 Nov

Le magazine culturel toulousain Le Brigadier cible d’injures

En 6 ans d’existence, c’est la première fois que le magazine des arts de la scène est confronté à des attaques sur les réseaux sociaux. Au point que la rédaction a souhaité faire une mise au point.

Qu’est-ce qui, dans la une du mois de Novembre-Décembre du magazine Le Brigadier, a déclenché la haine de certains internautes ? La photo de Jamel Debbouze, le titre sur la scène israëlienne, le mot « Manouche » ?

En tout cas, la publication sur les réseaux sociaux du fac-similé de la une du dernier numéro de cette revue spécialisée dans les arts de la scène à Toulouse et dans la région, a suscité des commentaires haineux, injurieux, que la rédaction a été contrainte de supprimer.

Elle s’en est expliqué dans un nouveau post :

Il apparaît en outre que ceux qui sont ainsi violemment intervenus notamment sur la page Facebook du Brigadier n’avaient pour la plupart jamais ouvert le magazine, encore moins la dernière livraison.

La culture n’est pas à l’abri de la haine et des injures. Pour Le Brigadier, qui existe depuis 6 ans, c’est une première.

Le débat est toujours possible. Un rassemblement est par exemple prévu ce mercredi soir devant le Théâtre Garonne pour protester contre la programmation de spectacles labellisés « Saison France-Israël ».

Pour autant (faut-il encore le rappeler ?), la presse, reflet de la société, doit participer et permettre le débat sans pour autant être la cible d’injures.

FV (@fabvalery)

18 Oct

Toulouse FM fête ses 10 ans et veut s’imposer comme LA radio des Toulousains

10 ans après sa création, la radio privée toulousaine arrive à l’âge de la maturité. Ses audiences et sa notoriété sont en hausse dans un paysage radiophonique toulousain en pleine recomposition.

Hugo et Sam, deux animateurs de Toulouse FM (Photo : Toulouse FM)

10 ans ça se fête mais pas question pour Toulouse FM de faire la révolution à l’antenne. En cette rentrée 2018, quelques évolutions ont été apportées mais l’esprit reste le même, ainsi résumé par Sylvain Athiel, Directeur Général du pôle Broadcast de Mediameeting auquel appartient la radio.

Nous sommes un média d’accompagnement, de divertissement pour les Toulousains, pas de débat. La seule vraie radio de proximité sur Toulouse, celle dont le nom même signifie quelques choses pour les habitants de la métropole et nous voulons conforter cette place de radio de la ville dans le coeur des Toulousains ».

Il faut dire que la saison 2017-2018 a été brillante pour Toulouse FM : les chiffres d’audience publiés en janvier avec une forte progression et l’entrée dans le Top 10 des radios (tous types confondus : généralistes, musicales, nationales et locales) les plus écoutées à Toulouse, ont été confirmés cet été. Désormais, plus de 70 000 auditeurs se branchent sur Toulouse FM chaque jour, dans l’ex-région Midi-Pyrénées.

Car la radio, en plus de sa fréquence toulousaine (92.6), compte désormais des émetteurs à Auch (88.6), à Ax-les-Thermes (95.6) et à Pamiers (102.9).

Pour autant, la radio aspire à rester celle des Toulousains, avec une ligne éditoriale accès prioritairement sur l’info service : météo, trafic, sujets du quotidiens, un peu d’infos quand même (notamment tous les quarts d’heure dans la matinale rebaptisée « La Famille Toulouse FM ») et du sport (Toulouse FM est partenaire des trois gros clubs toulousains, le TFC, le Stade Toulouse et le Fénix Handball).

Et puis, Toulouse FM (qui compte une quinzaine de salariés) s’inscrit aussi dans une politique de groupe de médias indépendants, qui compte notamment l’agence A2PRL (ex-AFP Audio), basée à Toulouse et qui fournit des infos (flashs, journaux, reportages) à des dizaines de radios en France.

Nous allons renforcer la synergie entre nos différentes radios qui vont de Perpignan à Arcachon en passant par Agen et Toulouse avec pour objectif d’offrir à nos annonceurs sur nos antennes des possibilités modulable de communiquer (Sylvain Athiel)

Avec Toulouse FM, qui, à 10 ans, est le navire-amiral du groupe.

FV (@fabvalery)

 

17 Oct

VIDEO – Quand Mélenchon se moque de l’accent toulousain d’une journaliste

Le député France Insoumise et ancien député européen du sud-ouest a singé ce mercredi l’accent de la journaliste politique de France 3 Véronique Gaurel, originaire de Toulouse.

(Photo : Vincent Isore / MaxPPP)

A travers Véronique Gaurel, c’est tous les Français qui s’expriment, comme on dit, « avec un accent » qui se sont sentis visés.

Interrogé par les journalistes à l’Assemblée nationale, au lendemain des perquisitions qui ont visées la France Insoumise et son propre domicile, Jean-Luc Mélenchon s’est moqué de l’accent de la journaliste politique de France 3, originaire de Toulouse, l’imitant devant les caméras et micros pour tenter de ne pas répondre à la question qui lui était posée.

Il a alors ajouté cette phrase, vexante pour la journaliste :

Quelqu’un a-t-il une question formulée en Français ?

Evidemment, la scène a été filmée :

Le natif de Tanger et ancien élu de la région parisienne a sans doute été surpris qu’à Paris, au coeur du pouvoir législatif, une journaliste puisse lui poser une question avec un accent qui sentait bon la province.

A LIRE AUSSI : « Se moquer de l’accent du Midi, pour un élu c’est déplacé »

Jean-Luc Mélenchon a sans doute oublié que cette province à l’accent chantant, le sud de la France, lui a offert ses deux derniers mandats électoraux : actuellement député des Bouches-du-Rhône à Marseille et précédemment député européen du sud-ouest.

Dont Toulouse, d’où est originaire notre consoeur. Là où les voix chantent le soleil et on l’on dit chocolatine.

La présidente PS de la région Occitanie, Carole Delga a réagi en conseillant à Jean-Luc Mélenchon de « se détendre », notamment en écoutant la chanson de Zebda « L’accent tué » :

Réaction également de Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse :

Jeudi matin, l’un des bras droits de Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard, lui aussi toulousain, a qualifié de « polémique à deux balles » les réactions indignées autour de cette moquerie :

Pour lui ce n’était pas l’accent de la journaliste qui était en cause mais le contenu de sa question.

FV (@fabvalery)

VIDEO – Oh, le vilain petit journaliste tarnais qui refuse d’aller à une conférence de presse de la députée !

Dans une question orale au ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin, la députée LREM Marie-Christine Verdier-Jouclas a publiquement mis en cause un  journaliste tarnais qui avait refusé de venir à sa conférence de presse consacrée au budget.

Marie-Christine Verdier-Jouclas, députée LREM du Tarn (Photo : MaxPPP)

Oh le vilain petit canard ! Mais qui est donc ce journaliste qui a tant froissé la députée LREM du Tarn au point que son refus de se rendre à une conférence de presse a amené la parlementaire à en parler dans la séance de questions au gouvernement mardi ?

Alors qu’elle allait interroger le ministre des comptes publics, Marie-Christine Verdier-Jouclas, après avoir eu une pensée pour les victimes des inondations dans l’Aude et pour la policière tuée la veille sur la rocade d’Albi, a eu cette petite phrase qui ne manque pas d’intérêt pour les journalistes :

Il y a 10 jours de cela, j’ai organisé une conférence de presse dans mon département pour y présenter le budget. Un journaliste n’est pas venu au motif que ce n’était pas assez spécifique pour le Tarn et que cela ne concernait pas les Tarnaises et les Tarnais ».

La députée a partagé elle-même la vidéo de sa question au gouvernement sur son compte Twitter :

 

Elle explique ensuite que les décisions budgétaires prises par le gouvernement sont au contraire, selon elle, très concernantes pour tous les Français, pour tous les Tarnais.

Alors bien-sûr, ce n’était pour la députée qu’une manière de s’exprimer pour argumenter en faveur du travail du gouvernement et de la majorité, mais cela peut apparaître assez maladroit de fustiger un journaliste de son département (sans le citer nommément) devant les caméras et la représentation nationale ! 

Oui, les rédactions ont encore le droit (même dans le Tarn) de choisir quels événements elles couvrent, à quelles conférences de presse elles se rendent.

Contactée, Marie-Christine Verdier-Jouclas n’a pas donné de précisions sur l’esprit de cette étonnante sortie parlementaire.

FV (@fabvalery)

10 Oct

Editée à Toulouse, la revue Radici sort un numéro spécial « migrants » avec des signatures prestigieuses dont Roberto Saviano

La revue dirigée par le Toulousain Rocco Femia s’est mobilisée face à la situation politique en Italie.

Roberto Saviano (Photo : MaxPPP)

Lien avec la communauté italienne en France, la revue Radici, éditée à Toulouse, ne pouvait rester insensible à la situation politique en Italie avec notamment les prises de position cinglantes du ministre de l’Intérieur Matteo Salvini sur la politique d’immigration.

Le directeur de Radici, Rocco Femia a donc fait appel à de nombreuses signatures, en France et en Italie, pour mener à bien le projet de faire de l’édition automnale de ce bimestriel un numéro spécial sur les migrants, « car le moment est à l’engagement ».

Radici s’appuie sur le soutien de titres de la presse italienne  (L’Espresso, Il Fatto Quotidiano, Micromega, Famiglia Cristiana, Globalist) et sur des signatures prestigieuses dont celle du journaliste et écrivain Roberto Saviano. L’auteur de « Gomora », spécialiste de la mafia, et devenu pour une partie des Italiens le symbole de la résistance au ministre de l’Intérieur Matteo Salvini.

Aux côtés d’auteurs et journalistes, en Italie et en France, il signe donc un texte dans ce numéro spécial de 84 pages de Radici.

La revue bilingue est disponible en kiosques, en librairie ou sur abonnement.

FV (@fabvalery)

05 Oct

Une centaine de dessins de Charb exposés à Toulouse

La revue toulousaine « Noir & Blanc », née après l’attentat contre Charlie Hebdo, organise pendant 5 semaines une expo d’une centaine de dessins du directeur de Charlie, tombé sous les balles des terroristes.

Charb photographié en 2012 (Photo : AFP)

« Ce n’est pas difficile de trouver des dessins de Charb toujours d’actualité : il en a produit des milliers et beaucoup sont encore vraiment en lien avec notre époque » explique David Fauré, le créateur de la revue « Noir & Blanc », à l’origine de l’exposition d’une centaine de dessins de Charb à Toulouse (du 6 octobre au 10 novembre 2018).

Une exposition de reproductions de dessins d’actualité qui se tient dans 17 lieux de Toulouse : disquaires, cinés, bars, restos, coiffeurs et même à la médiathèque José Cabanis. En collaboration avec Clutch et Campus FM.

Trois semaines avant l’attentat, David Fauré, passionné par le dessin de presse, avait écrit à la rédaction de Charlie Hebdo pour lui apporté son soutien, alors que le journal traversait une crise financière. Bouleversé par l’attentat, le Toulousain a voulu rendre hommage aux dessinateurs tombés sous les balles. Le 1er avril 2015, 3 mois après l’attentat, il a donc lancé le premier numéro de « Noir & Blanc, le journal sans couleurs et sans a priori ».

« Chaque mois, j’invite un nouveau dessinateur pour la une et un portfolio, explique-t-il. Nous en sommes au 39ème numéro, distribué à chaque fois entre 400 et 500 exemplaires, auxquels s’ajoutent les nombreuses expositions dans la ville ».

Celle-ci est une nouvelle occasion de (re) découvrir le travail sans concession de Charb. Tout le programme est à découvrir sur la page facebook de « Noir & Blanc ». 

FV (@fabvalery)

26 Sep

Le site d’investigation Médiacités crée une plateforme sécurisée pour les lanceurs d’alertes locaux

Le site spécialisé dans les enquêtes dans les grandes métropoles va lancer le 1er octobre une plateforme où les citoyens pourront alerter les journalistes de dérives locales en toute sécurité.

Photo d’illustration (F. Sirou / MaxPPP)

Elle se nomme « Lanceur d’enquêtes » ou PALS pour Plateforme d’Alerte Locale Sécurisé. Le 1er octobre, Médiacités, le site d’investigation en région déjà présent à Toulouse, Lille, Nantes et Lyon, va installer cette plateforme pour permettre à des lanceurs d’alerte qui le souhaitent de signaler des dossiers, des dérives, des bizarreries locales dont ils pensent que les journalistes du site peuvent s’emparer.

Cette plateforme, développée avec l’association nantaise GoLeaks, spécialisée dans la protection des données personnelles, et avec l’ONG Nothing2Hide, experte de la sécurité informatique pour les journalistes et leurs sources, va permettre à ceux qui le souhaitent de transmettre des infos, des idées d’enquête, des documents en toute sécurité : les communications entièrement chiffrées permettront de protéger intégralement les sources et les lanceurs d’alerte.

A la différence des autres plateformes existantes, « Lanceur d’enquêtes » a été conçu pour favoriser les remontées de la part de citoyens qui, jusqu’alors, pouvaient hésiter à transmettre une information sensible sur leur ville ou leur région en supposant – à tort ou à raison – qu’elle n’intéresserait pas les médias concernés, expliquent les dirigeants de Médiacités. Au travers de ses enquêtes consacrées, par exemple, à l’évasion fiscale au coin de la rue, à la pollution des sols ou de l’air, aux pratiques douteuses d’élus locaux ou de chefs d’entreprises, Mediacités incite à la participation citoyenne pour une meilleure information ».

Médiacités s’engage à analyser toutes les infos qui lui parviendront : certaines donneront lieu à des enquêtes et des publications. D’autres, concernant les villes où Médiacités n’est pas encore présent, pourront être transmises à d’autres médias partenaires, avec l’accord préalable du ou des lanceur(s) d’alerte.

FV (@fabvalery)

RSS