04 Avr

Photojournalistes, ils couvrent le mouvement des Gilets jaunes pour l’actualité et le documentent pour l’histoire

DOSSIER – C’est un paradoxe en ces temps de vidéos omniprésentes, de « live » sur les réseaux sociaux et de smartphones entre toutes les mains : d’une certaine manière, le mouvement des Gilets jaunes « réhabilite » le métier de reporter-photographe. A Toulouse, l’une des villes où le mouvement est le plus important, j’ai choisi d’interroger plusieurs photo-reporters sur la perception de leur travail dans ce moment crucial.

Toulouse, le 8 décembre 2018 (Photo : R. Gabalda / AFP)

L’image ci-dessus choisie pour illustrer cet article peut, à première vue, paraître outrancièrement spectaculaire. Mais elle bien plus que cela. Elle raconte un moment très particulier : le 8 décembre 2018 à Toulouse, la manifestation des Gilets jaunes dégénère dans le quartier Saint-Cyprien. La photo est signée Rémy Gabalda pour l’AFP. 

Ce qu’elle dit d’abord c’est la violence de ce moment-là. Les flammes occupent les deux tiers de l’image et ces quatre jeunes hommes au premier plan semblent vouloir en découdre. Ils couvrent leurs visages pour rester anonymes tout autant que pour se protéger des gaz lacrymogènes.

Voilà pour une première lecture. Mais ce que cette image raconte également c’est l’absence : ce jour-là, les forces de l’ordre se tiennent à distance, n’interviennent que tardivement, laissent opérer les casseurs. Les forces de l’ordre sont absentes de l’image, uniquement représentées par ces restes de gaz lacrymogènes, au premier plan, en bas de l’image.

Cette photo raconte aussi comment, au-même moment, devant cette barricade enflammée, des milliers de manifestants pacifiques observent ceux qui cassent et incendient. Regardez bien dans le coin gauche supérieur de l’image : ils sont là ces Gilets jaunes spectateurs. Leurs visages à eux sont découverts. Certains semblent même dans un état de sidération.

Cette seule image arrêtée raconte plusieurs heures de manifestation violente dans les rues de Toulouse. Elle raconte ce jour-là et uniquement celui-là. Les autres samedis seront différents. Continuer la lecture

03 Avr

Toulouse : 10 mois de prison avec sursis requis contre un Gilet jaune qui avait agressé un journaliste de CNews

L’homme sera fixé sur son sort le 10 mai prochain.

Un manifestant Gilet jaune de 27 ans a été jugé ce mercredi matin devant le tribunal correctionnel pour l’agression du correspondant à Toulouse de la chaîne d’info CNews (Groupe Canal +) le 24 novembre dernier.

Le jeune homme avait notamment porté des coups de pied au journaliste Jean-Luc Thomas qui avait porté plainte.

Le parquet a requis 10 mois d’emprisonnement avec sursis, une obligation de soins, une interdiction de manifester pendant un an et une interdiction d’approcher le journaliste. Jean-Luc Thomas et son employeur CNews s’étaient constitués parties civiles.

Le jugement sera rendu le 10 mai prochain.

Ce jour-là, plusieurs dizaines de manifestants s’en étaient pris à plusieurs journalistes, notamment des correspondants à Toulouse des chaînes CNews et BFM TV. Des journalistes de BFM TV avait été coursés dans la rue et menacés d’être lynchés. La scène avait été partiellement filmée.

Le correspondant de CNews, Jean-Luc Thomas, avait essuyé insultes, crachat et coups.

A la suite de sa plainte, les enquêteurs avaient identifié l’un de ses agresseurs. Le jeune homme, placé sous curatelle, avait reconnu les faits en affirmant ne pas avoir pris la mesure de ce qu’il faisait.

FV (@fabvalery)

Son compte Twitter suspendu, le PDG de Sud Radio Didier Maïsto dénonce « une censure »

Alors qu’il couvre depuis plusieurs semaines le mouvement des Gilets jaunes, le président de Sud Radio a vu son compte signalé à Twitter et le réseau social a décidé ce mercredi de le suspendre définitivement.

Didier Maïsto (Photo : Sud Radio)

Tout est allé très vite. Lundi matin, le compte Twitter de Didier Maïsto, pdg de Sud Radio (groupe Fiducial Médias), avait été suspendu provisoirement par le réseau social américain. Dans la foulée, il déposait une réclamation pour contester cette suspension.

Ce mercredi matin, Twitter lui a signifié sa suspension définitive pour avoir enfreint les règles. Une notification que Didier Maïsto a publié sur le réseau social, avec le nouveau compte qu’il s’est empressé d’ouvrir (MISE A JOUR du 04/04 : depuis lui aussi suspendu, lire en bas).

Interrogé par le blog Médias d’Ici pour France 3, Didier Maïsto avance une explication :

« J’ai été signalé massivement par des comptes pro-Macron ouverts récemment et de manière anonyme. Ils ont profité d’une conversation à propos de Jérôme Rodriguez, qui perdu un oeil pendant une manifestation. Un twittos se moquait de lui. Je lui ai dit « si je venais vous crever un oeil, vous trouveriez ça marrant ? ». Dans la foulée, alors qu’en fait je demandais de la décence, j’ai été signalé à Twitter ». 

Le texte exact de ce tweet est en fait le suivant :

Une tournure dont Twitter France estime qu’elle enfreint ses règles.

« Un prétexte »

Mais pour le PDG de la radio, ex-toulousaine désormais installée à Paris, cette suspension de son compte serait en fait « un prétexte« .

C’est clairement une censure politique. Je me suis aperçu plus tard que quelqu’un avait ajouté le compte Twitter d’Emmanuel Macron à la conversation. Je ne dis pas que c’est lui qui m’a signalé mais comme il était dans la conversation, Twitter a agi très vite. C’est de la censure politique.

Depuis quelques semaines, le PDG de la radio est devenu sur les réseaux sociaux un porte-voix des Gilets jaunes. Sur ses live sur Facebook ou à travers ses tweets, il dénonce tour à tour les violences policières, les chiffres des manifestations minimisés par le ministère de l’Intérieur, etc.

« Dans mon rôle de patron d’une radio »

Didier Maïsto reconnaît que de la part d’un patron de radio, « ça peut troubler ». On imagine en effet mal Laurence Bloch, la patronne de France Inter ou Laurent Guimier, celui d’Europe 1, prendre autant position et aller dans les manifs, portable en main en « live » au milieu des gaz lacrymogènes.

Je reconnais que ça peut troubler. Mais je suis dans mon rôle. Je dénonce ce qui doit l’être mais je dis aussi quand les choses sont faites correctement, y compris du côté des forces de l’ordre. Je laisse la place au débat, tout comme sur l’antenne de ma radio. Certes c’est une partition un peu difficile mais je mes en accord mes convictions profondes, humaines, morales avec mon activité professionnelle » (Didier Maïsto)

Alors Didier Maïsto se voit-il comme un « porte-voix » des Gilets jaunes qu’on aurait tenté de faire taire ?

Oui je suis sensible à ce mouvement. Mais je cherche toujours à mettre en perspective. Je suis honnête. Parmi les Gilets jaunes, il y a des cons et des antisémites mais pas plus que dans la société française dans son ensemble. Il y a surtout des gens qui souffrent et qui veulent se battre pour leur pouvoir d’achat, pour plus de démocratie… (Didier Maïsto).

« Furieux » contre cette censure, ce « scandale », Didier Maïsto ne renonce pas à poursuivre cette « partition difficile ».

FV (@fabvalery)

MISE A JOUR : après parution de cet article, le nouveau compte Twitter de Didier Maïsto, qui comptait plus de 6000 followers en moins de 48 heures, a lui aussi été suspendu par Twitter France, mercredi 4 dans la soirée. 

Mais finalement Didier Maïsto a récupéré l’usage de son compte initial, vendredi 6 avril, Twitter France ayant décidé de lever la suspension. 

23 Mar

VIDEO – Toulouse : jeté au sol, un photographe reçoit un coup de pied d’un policier lors de la manif des Gilets jaunes

Lors de l’acte XIX des Gilets jaunes à Toulouse, un photographe a reçu un coup de pied d’un policier alors qu’il avait été projeté au sol.

Projeté au sol, le journaliste a ensuite été frappé au pied (Photo : F. Valéry / France 3)

C’était certainement le moment le plus tendu de ce nouveau samedi de manifestation des Gilets jaunes à Toulouse.

Alors que les forces de l’ordre avaient repoussé les manifestants hors du centre ville, des affrontements se sont déroulés sur les quais du Canal du Midi.

Plusieurs interpellations mouvementées ont alors eu lieu et un manifestant a été blessé à la tête par un projectile, pris en charge par les street-medics puis les pompiers.

Et puis, lors de l’une des ces interpellations, un photographe, qui ne gênait pas les forces de l’ordre et qui était identifié, notamment grâce à son casque portant la mention « presse », a été projeté au sol par un policier et avant qu’il ne puisse se relever a reçu un coup de pied dans le dos, comme on le voit sur cette vidéo :

 

Le journaliste, sonné, a pu reprendre son travail quelques minutes plus tard. Il ne souffrait d’aucune blessure grave mais ressentait tout de même une douleur dans le dos.

Ce samedi, un autre journaliste a été légèrement blessé à la jambe par un éclat de grenade de désencerclement.

FV (@fabvalery)

13 Mar

Nicolas Stival, le journaliste toulousain qui a cartonné à « Questions pour un champion »

Le candidat toulousain qui a enchaîné trois victoires dans l’émission de France 3 présentée par Samuel Etienne est aussi (et surtout) journaliste pour 20 Minutes à Toulouse.

Samuel Etienne et Nicolas Stival sur le plateau de l’émission

On a plutôt l’habitude le voir dans les tribunes de presse du Stadium ou du Stade Ernest Wallon pour suivre les matchs du TFC ou du Stade Toulousain, même s’il couvre toute l’actualité toulousaine.  Mais c’est à la télé, sur France 3, à 18h10, que Nicolas a cartonné : il a enchaîné les victoires dans l’émission « Questions pour un champion ».

Lundi 11 mars, Nicolas Stival a chuté après tout de même trois victoires consécutives. Une double mauvaise réponse (« cucurbitacée » et « corail » quand il fallait répondre « coquillage ») dans l’épreuve finale et Isabelle lui ravit le titre. Les émissions sont à voir en replay sur le site de France 3. 

Ses aventures ont aussi été commentées en « live » (lors de la diffusion des émissions, qui sont enregistrées) sur le site internet du média pour qui il travaille, 20 Minutes. Un compte-rendu très drôle, à retrouver sur le site du journal.

Sur cette expérience, cette envie d’en découdre sur un plateau télé et cette passion pour les jeux, on a posé quelques questions à notre confrère.

Qu’est-ce qui t’a motivé à participer à ce jeu télé ?

J’ai toujours bien aimé les jeux de culture générale, et « Questions pour un champion » en est l’emblème. A la fin des années 1990, j’avais déjà participé à « 100% Questions » sur France 5 (je crois qu’on disait La Cinquième à l’époque). Sur un coup de tête, je me suis inscrit aux sélections de QPUC en mars 2018 sur Internet. Je les ai passées en octobre à Montauban et j’ai été appelé assez rapidement (j’ai enregistré les émissions mi-janvier).

Alors que depuis des années, je ne pouvais quasiment plus regarder QPUC (je suis toujours au boulot à cette heure-là), je me suis préparé en visionnant intensément des replays, histoire de ne pas débarquer en terre inconnue.

Et alors, vu de l’intérieur, c’était comment ?

Une très, très belle expérience. De l’habilleuse au chauffeur de salle, tout le monde est aux petits soins pour les candidats. Et Samuel Etienne est vraiment aussi sympa qu’il en a l’air. Je flippais pas mal, parce que lors des derniers QPUC que j’avais regardés avant l’enregistrement, je n’avais pas répondu à beaucoup de questions depuis mon canapé.

Je craignais aussi que mes lacunes en botanique et en gastronomie soient rédhibitoires.

J’ai commencé l’aventure lors de la troisième émission enregistrée dans la journée, et on m’a installé à la même place que les candidats des deux émissions précédentes éliminés dès le « neuf points gagnants ». Je ne suis pas forcément superstitieux, mais quand même… Finalement, ça s’est très bien « goupillé » car j’ai répondu aux deux premières questions à 3 points, et je me suis qualifié assez vite pour le 4 à la suite. Ça m’a décrispé pour la suite.

Tu as des anecdotes sur ces journées de tournage ?

Sur les deux premières émissions, j’ai vraiment choisi mes thèmes du 4 à la suite par défaut : « A l’envers, à l’endroit » puis la filmographie de Will Smith. J’ai vraiment galéré sur ce dernier thème, puisque j’ai été incapable de retrouver le nom de Tommy Lee Jones alors que sa tête s’était imprimée dans mon cerveau, que je cale sur « Wild Wild West », et que je réponds « Hitch » sur le gong.

Ensuite, je me qualifie un peu par miracle au jeu décisif pour le face-à-face. Je me suis fait bien chambrer pour ma réponse rapide sur le faisan lors du premier ou deuxième face-à-face (je ne m’en souviens pas), alors que Samuel Etienne n’avait donné que quelques indices. Franchement, c’est un gros coup de bol.

D’ailleurs, c’est sans doute le moment le plus plaisant du jeu : lorsque pendant le face-à-face, tu parviens à répondre alors que la jauge est toujours à 4 points. C’est un peu grisant. Ça l’est beaucoup moins quand tu en es « victime », surtout deux fois d’affilée comme lors de la quatrième émission. J’ai pris un 8-0 d’entrée par Isabelle et je ne m’en suis pas relevé… Pour la réponse « cucurbitacée », j’ai répondu ça car j’ai appuyé par réflexe avant que la main ne passe. Comme je ne voulais pas laisser un blanc, j’ai sorti la première chose qui m’est passée par la tête.

 

Qu’est-ce que tu retiens de tout cela ?
Franchement, énormément de positif. Même si en revoyant les émissions, j’ai surtout remarqué mes tics et ma manière parfois bizarre d’applaudir…
Fidèles aux idées décalées dont ils ont le secret, mes collègues des sports de 20 Minutes, à Paris, ont fait un live écrit de mes prestations à partir de la deuxième émission. Même ma belle-mère était morte de rire en les lisant.
Sinon, j’ai eu énormément de soutien de ma famille et de mes amis qui ont suivi le jeu et le commentaient « en direct » sur Facebook ou WhatsApp. Des gens que je n’avais pas vus depuis longtemps m’ont aussi envoyé des messages sympas et ça m’a beaucoup touché. Plus globalement, je conseille à tous ceux qui hésitent encore de se lancer dans l’aventure QPUC.
On n’y fait pas forcément fortune (sauf lorsqu’on est un phénomène comme Hakim, qui vient de remporter 150.000 euros à Questions pour un Super Champion) mais on en garde d’excellents souvenirs, avec un goût de « revenez-y ».
Est-ce que le fait d’être journaliste t’a aidé ?
J’aurais tendance à dire « oui ».
Dans notre travail, on se doit d’être en éveil sur l’ensemble de l’actualité.
C’est grâce à cela par exemple que j’ai pu gagner un face-à-face avec une question sur le Prix Goncourt des lycéens avec comme seul indice David Diop, le dernier lauréat, même si je n’ai pas lu son livre.
J’ai aussi une prédilection pour le sport dans mon travail, ce qui m’a bien aidé pour le jeu.
Bon, en revanche, j’avais cité « Histoire », l’une de mes passions, parmi mes points forts au moment de la présentation, et je n’ai pas particulièrement brillé dans ce domaine.
Propos recueillis par FV (@fabvalery)

04 Mar

Lionel Laparade, nouveau rédacteur en chef de La Dépêche du Midi

Il succède à Jean-Claude Soulery, qui a fait valoir ses droits à la retraite mais demeure éditorialiste du journal.

Lionel Laparade

Officiellement, depuis la fin de l’année 2018, La Dépêche du Midi n’avait plus de rédacteur en chef. C’est désormais terminé : Lionel Laparade a été nommé rédacteur en chef du journal si l’on en croit le tweet du directeur de la rédaction, José Biosca.

Lionel Laparade prend la succession de Jean-Claude Soulery, rédacteur en chef du journal qui vient de prendre sa retraite mais conserve tout de même un rôle d’éditorialiste à La Dépêche.

Lionel Laparade était jusqu’à présent rédacteur en chef adjoint et responsable notamment du desk numérique du journal.

FV (@fabvalery)

25 Fév

A Toulouse, une soirée de soutien au journal L’Humanité

Alors que le journal est en grande difficulté financière, une soirée de soutien est organisée à Toulouse mercredi 27 février, dans la ville où son fondateur, Jean Jaurès, a été conseiller municipal et adjoint au maire.

Photo : MaxPPP

Après Paris, Toulouse est la deuxième ville à accueillir un mouvement de soutien au journal L’Humanité. Elle se déroule ce mercredi 27 février de 18 heures à minuit, au Forum de la Renaissance dans le quartier Basso-Cambo.

Son fondateur Jean Jaurès a été élu de Toulouse

Toulouse a un lien particulier avec le journal car son fondateur, Jean Jaurès, a été plusieurs années élu au conseil municipal de la ville (entre deux mandats de député du Tarn) où il s’occupait notamment des questions d’éducation.

Il s’agira d’une soirée à la fois de débats mais aussi festive : de nombreuses personnalités de gauche ont répondu favorablement à cet appel dont Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie, Georges Méric, président PS de la Haute-Garonne, Pierre Cohen, ancien maire (ex-PS, désormais à Génération-s) de Toulouse et beaucoup d’élus régionaux ou locaux (Claude Raynal, Régis Godec, Nadia Pellefigue, Christian Picquet, Serge Regourd, Myriam Martin, Pierre Lacaze, etc) ou des personnalités comme Salah Amokrane, ex-leader des Motivés et proche de Benoît Hamon… Le patron de la fédé départementale du PS, Sébastien Vincini y apportera aussi, en tant que secrétaire national, le soutien des militants et dirigeants socialistes.

Des artistes ont également apporté leur soutien comme le groupe toulousain Les Grandes Bouches ou le cinéaste Robert Guédiguian, président de la cinémathèque de Toulouse.

Soutiens aussi dans le Tarn

Dans le département voisin du Tarn, là où Jaurès a été député, le soutien s’organise aussi avec notamment des collectes pour aider le personnel du journal. 

En redressement judiciaire

Le journal est en grande difficulté financière. En cessation de paiement, il a été placé en redressement judiciaire le 7 février dernier avec une période d’observation de 6 mois. Un nouveau rendez-vous est prévu devant le tribunal de commerce de Bobigny le 27 mars.

Proche du Parti Communiste, le journal créé en 1904 souffre de l’effondrement de ses ventes. Malgré les fortes aides du ministère de la culture, versées chaque année à L’Huma, son modèle économique est d’une très grande fragilité.

Sa survie passe par la mobilisation de ceux qui sont attachés au pluralisme de la presse en France mais aussi à une réorganisation interne.

FV (@fabvalery)

 

21 Fév

Une formation au « secourisme tactique » en cas d’attentat proposée notamment aux journalistes

C’est unique en France : la Croix Rouge vient de mettre en place à Toulouse et Montauban, une formation aux premiers gestes de secours en cas d’attentat. Parmi le public visé, les journalistes, bien souvent parmi les premiers sur place mais insuffisamment formés aux gestes qui sauvent.

Lors des attentats de Paris en novembre 2015 (Photo : K. Tribouillard / AFP)

« C’est un peu du secourisme de guerre, avec du matériel militaire » explique Thierry Fréchaud, responsable de la filière santé au travail de l’Institut régional de formation de la Croix Rouge en Occitanie. 

Tout est parti de l’obligation faite désormais aux établissements de santé de former son personnel aux intrusions et à la menace terroriste. Avec l’appui d’anciens policiers et de militaires des forces spécialistes, l’institut de formation de la Croix Rouge en Occitanie a mis sur pied une formation théorique sur 2 jours avec des spécialistes du risque terroriste y compris des phénomènes de radicalisation.

Réagir face au risque terroriste

Une troisième journée a été conçue, plus pratique, en application des règles de secourisme tactique. C’est cette journée pratique qui est ouverte à ceux qui se sentent concernés par le risque attentat, notamment les journalistes. 

Au programme : évaluer les risques, se protéger, se mettre à l’abri mais aussi connaître les notions de lésions (par balles, par armes blanches, par explosifs ou armes chimiques), examiner rapidement la victime, prendre en charge les hémorragies, les troubles respiratoires ou même une victime blastée par le souffle d’une explosion, etc.

Les journalistes en première ligne

Les journalistes font partie de ceux qui sont les premiers sur les lieux d’un attentat, ou bien sont visés eux-mêmes, comme la rédaction de Charlie Hebdo en janvier 2015. « Nous leur proposons de savoir se prendre en charge eux-mêmes en cas de blessure ou bien d’aider les autres » explique Thierry Fréchaud.

Cette formation n’est pas uniquement liée au contexte terroriste mais aussi aux violences en général, par exemple celles liées aux manifestations des Gilets jaunes, actuellement en France, qui ont souvent donné lieu à des blessures du côté de la presse.

Une formation bientôt généralisée en France ?

Cette formation (payante) dispensée sur inscription, sur les sites de Toulouse et Montauban, est un projet, unique en France, mené par l’Institut régional de formation Occitanie de la Croix-Rouge.

Après des premières expériences menées en ce début 2019, cette formation pourrait rapidement être étendue nationalement par la Croix Rouge.

FV (@fabvalery)

10 Fév

Des journalistes visés par les policiers à Toulouse, un photographe blessé par une grenade

Samedi 9 février, alors qu’ils étaient isolés de la manifestation des Gilets jaunes et identifiables, trois photo-reporters ont été la cible d’un jet de grenade de désencerclement par un policier. L’un d’eux a été blessé. Ils ont effectués un signalement à l’IGPN.

Le photographe après avoir été blessé (Photo : U. Lebeuf)

« On a été clairement, délibérément visés » explique Ulrich Lebeuf, photographe de Libération à Toulouse. Vers 16h40 samedi, alors que la tension monte Place du Capitole, entre Gilets jaunes et forces de l’ordre, trois photographes se tiennent à l’écart des manifestants « en position de sécurité », accroupis contre le mur près du McDo.

Parfaitement identifiables et isolés des manifestants

« Il n’y a alors aucun manifestant autour de nous, les premiers sont à une vingtaine de mètres ». Surtout, les trois journalistes, avec leurs appareils photos professionnels, un casque marqué « presse » et leur brassard de presse sont fortement identifiables.

Pourtant, un policier lance une grenade de désencerclement dans leur direction. Dans la vidéo ci-dessous, publiée par le site Actu Toulouse, on entend (à partir de 0’30 ») le cliquetis de la goupille et on voit l’explosion, à proximité des journalistes, loin de tout manifestant.

La suite, Valentin Belleville, jeune étudiant en journalisme et photographe indépendant rattaché à l’agence Hans Lucas, la raconte :

J’entends une très forte détonation et une vive douleur me saisit, ma main agrippe machinalement l’arrière de ma cuisse. Je hurle de peur et de douleur comme rarement je l’ai fais. J’entends les flashball siffler autour de moi, je saute à cloche pied pour me mettre en sécurité. Je m’effondre quand j’y suis. Plusieurs personnes viennent s’occuper de moi, des streets medics me soignent. Plus de peur que de mal pour cette fois.

Le photographe, accroupi, a vu la grenade lui exploser dans les pieds. Il a été blessé à la fesse et à la cuisse.

Un signalement à l’IGPN

Les journalistes visés ont immédiatement fait un signalement à l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), qui peut être saisie en ligne. Ils espèrent maintenant que l’enquête déterminera que le policier les a délibérément visés.

« La place du Capitole est l’endroit de Toulouse qui est le plus filmé, explique Ulrich Lebeuf. Il y a des caméras de surveillance partout. Les images montreront que nous avons été visés ».

Et le photo-reporter de conclure : « Je suis journaliste professionnel. Je mesure les risques que je prends et je sais me mettre en sécurité si besoin. Mais je ne peux pas lutter contre le fait d’être pris pour cibles par les forces de l’ordre ! ».

Dimanche matin, Valentin Belleville indiquait également son intention de porter plainte.

FV (@fabvalery)

09 Fév

Gilets jaunes : un manifestant jugé pour l’agression d’un journaliste à Toulouse

Un homme d’une trentaine d’années a été placé sous contrôle judiciaire avant sa comparution pour avoir agressé le correspondant de CNews à Toulouse le 24 novembre.

Un trentenaire sera prochainement jugé à Toulouse pour l’agression d’un journaliste de CNews, le 24 septembre dernier, place du Capitole, rapporte la radio 100 %.

L’homme a été placé en garde à vue le 6 février et présenté à un magistrat. Il avait déjà été identifié et placé en garde à vue mais une expertise psychiatrique avait été commandée. Elle a montré qu’il était responsable de ses actes.

Le 24 novembre dernier, lors de l’acte 2 des Gilets Jaunes, place du Capitole, plusieurs journalistes avaient été menacés, frappés et injuriés parmi lesquels les correspondants des chaînes infos BFM TV et CNews.

Malgré la présence de gardes du corps, les journalistes avaient dû fuir, poursuivis par un groupe de manifestants. Une véritable tentative de lynchage selon des témoins.

Plusieurs plaintes avaient alors été déposées.

FV (@fabvalery)

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