19 Déc

Un statut d’entreprise solidaire de presse qui arrive un peu tard

L’Assemblée Nationale a adopté mercredi dernier une proposition de loi émanant du groupe socialiste qui a le mérite d’exister mais qui arrive un peu tard pour certains titres locaux, dont, à Toulouse, feu Carré d’Info disparu au début de l’année.

Ce texte, qui devra ensuite aller vers le Sénat avant de revenir en seconde lecture à l’Assemblée, veut « moderniser » la presse française et la mettre à l’heure du XXIème siècle. Il crée donc un nouveau statut d’entreprise solidaire de presse d’information, qui fait enfin entrer le monde de la presse dans l’univers prometteur (en terme d’emplois et de développement) de l’économie sociale est solidaire (ESS). Ce statut prévoit en effet de permettre à des particuliers ou des entreprises d’investir dans des médias en développement dont les bénéfices seront ensuite réinvestis. Reste à déterminer, en cette période de régime budgétaire drastique sur fond d’impôts à faire rentrer, quel avantage fiscal en tireront les investisseurs. La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a confié que le gouvernement saurait faire un geste.

Ce statut est une bonne nouvelle pour ceux qui veulent se lancer dans l’aventure d’une (petite) entreprise de presse. Mais il arrive malheureusement trop tard pour des sites locaux comme Dijonscope ou, plus près de nous, Carré d’Info qui a fermé ses portes en janvier 2014, faute d’argent.

carre_dinfo

Reste qu’au niveau local, dans de petites structures, la recherche d’investisseurs, la course aux annonceurs et la paperasse administrative sont (et seront) toujours incompatibles avec le travail des journalistes locaux (enquête, rédaction, reportages, photos, édition web etc).

Ce statut pourrait donc tout changer et ne rien changer du tout : OK les investisseurs (particuliers ou autres) seront davantage encouragés à mettre de l’argent dans ces nouvelles structures, mais il faudra toujours aller les démarcher, les convaincre. OK les bénéfices seront réinvestis dans l’entreprise mais qui croit encore qu’on peut gagner de l’argent en faisant de la presse, qui plus est sur internet ?

Le vrai courage politique serait de réformer le maëlstrom des aides à la presse. Xavier Lalu, l’un des cofondateurs de Carré d’Info, me confiait récemment que l’équipe du site avait à un moment renoncé à demander des aides de l’Etat : il aurait fallu presque un emploi à plein temps pour préparer le dossier pour in fine récolter quelques milliers d’euros par an.

Regardez ce graphique des montants (en euros) des 20 plus gros bénéficiaires des aides à la presse en 2013, publié cette année par Le Monde, qui n’est pas le plus mal classé :

aides à la presse

Tant que le système des aides financières à la presse « récompensera » les plus gros et les champions de la concentration, et exclura les petits et les pure-player, le mouvement ira vers encore plus de concentration aux mains de grands patrons de presse, au détriment (parfois) de l’indépendance et de la liberté de ton auxquels aspirent pourtant de plus en pus de lecteurs.

FV

18 Déc

« La Radio de Noël », la radio qui ne diffuse que deux mois par an

Elle commence ses émissions en général pendant la première quinzaine de novembre et se tait autour du 15 janvier. « La Radio de Noël », une webradio, ne diffuse que des chansons et de la musique de Noël. Ecoutée en France principalement (60 % de son auditoire) mais aussi au Canada, aux Etats-Unis ou en Allemagne, cette radio a été conçue et diffuse sa programmation depuis… Thil, une petite commune au nord-ouest de Toulouse, près de Cadours.

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« Nous travaillons dans les musique d’ambiance, explique Benoit Hutin le concepteur de la radio, et nous avons eu l’idée, il y a 3 ou 4 ans, de créer une radio de Noël pour les particuliers qui cherchent des musiques de fêtes, mais aussi pour les magasins ou pour les ambiances de marchés de Noël qui sont de plus en plus nombreux ». 

La radio diffuse des boucles musicales 24 heures sur 24, sans pub. « Nous finançons la radio grâce aux ventes de nos propres productions, explique Benoit Hutin, mais il faut bien reconnaître que diffuser sur internet ne coûte pas très cher. Nous avions envisagé de diffuser en hertzien mais entre les autorisations à demander au CSA (NDLR : le conseil supérieur de l’audiovisuel) et les émetteurs à louer, c’est trop de temps et de complexité ». 

La Radio de Noël diffuse majoritairement des variétés internationales en lien avec Noël mais également des morceaux instrumentaux. Et elle connaît son apogée chaque année, le soir du réveillon : plusieurs milliers d’auditeurs connectés pour mettre de l’ambiance au pied du sapin !

FV

10 Déc

Différend entre Médiapart et La Dépêche du Midi sur la vente de l’aéroport de Toulouse

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La vente d’une partie des parts de l’Etat dans l’aéroport Toulouse-Blagnac à un consortium sino-canadien a des conséquences inattendues. Dans un billet sur son blog, Laurent Mauduit, l’un des fondateurs de Médiapart, s’en prend au traitement de ce dossier par la rédaction de La Dépêche du Midi. Mais le patronyme du journaliste de La Dépêche qui est mis en cause a déclenché des commentaires haineux.

Petit retour en arrière : donc l’Etat vend une part de l’aéroport au consortium, ça ne vous aura certainement pas échappé. Mais coup sur coup, le pure-player Médiapart (fondé par Edwy Plenel et Laurent Mauduit) publie en fin de semaine dernière plusieurs révélations sur « le pacte d’actionnaires » que vont signer l’Etat et le consortium sino-canadien : en gros l’Etat s’engage, avec ses 10 % restants, a toujours voté en conformité avec le nouvel actionnaire (bientôt détenteur de 49,9 % des parts) ce qui donne largement la majorité des voix au nouvel entrant.

Pour étayer ses informations, Médiapart publie d’ailleurs le fac-similé du « pacte » dans un article intitulé « Aéroport de Toulouse : les preuves du mensonge » (lien payant).

Et après ? Ces informations de Médiapart sont reprises un peu partout dans la presse, y compris d’ailleurs sur le site internet de France 3 Midi-Pyrénées. La Dépêche du Midi en parle également, mais son traitement ne plait pas à l’auteur

L’art du journalisme couché »

Sur son blog, hébergé par Médiapart, Laurent Mauduit poste mardi 9 décembre un billet intitulé « La Dépêche du Midi, ou l’art du journalisme couché« . Il y fustige le traitement de La Dépêche sur le dossier de la vente de l’aéroport, notamment sur les révélations successives de Médiapart, et s’emporte contre l’auteur des articles en question : le journaliste toulousain Gil Bousquet. Le blog de Laurent Mauduit étant accessible librement sans avoir besoin d’être abonné à Médiapart nous laissons le soin à nos propres lecteurs de se faire une idée en le lisant ainsi que les articles en question signés Gil Bousquet que Laurent Mauduit a eu la délicatesse d’insérer dans son propre texte.

Mais en mettant en avant non pas le choix éditorial du journal local mais l’auteur des articles (« un dénommé Gil Bousquet »), Laurent Mauduit a déclenché (sans doute bien involontairement) un flot de commentaires, certains haineux, contre le journaliste en question : dans son patronyme, certains commentateurs ont reconnu le passé de La Dépêche du Midi, rappelant qu’un autre Bousquet, René, ancien chef de la police sous Vichy, avait été l’ami de la famille Baylet et administrateur du journal jusque dans les années 60. Certains commentaires avaient même largement franchi la ligne blanche, s’en prenant au journaliste uniquement en raison de son nom, avec des allusions plus que limites, mais ils ont depuis étaient supprimés par Médiapart. Dans l’ensemble les commentaires laissés sur le blog fustigent La Dépêche du Midi, son histoire et sa politique éditoriale.

Que les choses soient claires nous ne sommes pas ici, sur ce blog, pour juger les modes de traitement des différents médias. A chacun sa ligne éditoriale, les lecteurs sont assez grands pour se faire une idée. Sur le dossier de l’aéroport, La Dépêche a choisi un angle. Cela ne plait pas à Médiapart. Dont acte.

Ce qui est plus gênant, pour le moins, c’est que l’on s’en prenne individuellement à un journaliste et que son patronyme soit prétexte à des dérapages. On est alors bien loin du sujet originel : la vente de l’aéroport.

04 Déc

Sur les réseaux sociaux, Toulouse Mag renommé La Dépêche du Dimanche

Ne cherchez plus Toulouse Mag ! Ni dans les kiosques (nous en avons déjà parlé ici), ni sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, le compte de l’ancien mensuel disparu s’appelle depuis ce jeudi… La Dépêche du Dimanche.

Logo vert, nouvel nom du compte (@depechedudimanche), tout est neuf, sauf les anciens tweets publiés à l’époque par l’équipe de feu Toulouse Mag.

Même chose sur facebook, à la différence près que ce 4 décembre la page portait encore le nom de Toulouse Mag alors que le logo avait été changé :

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Soulignons que cette stratégie de « récupérer » un compte-maison sur un réseau social plutôt que de le laisser à l’abandon après la suppression du magazine est plutôt bien vu : cela permet de ne pas perdre les 4000 et quelques abonnés sur Twitter à l’ex-compte de Toulouse Mag et les 6260 fans sur Facebook !

FV

20 Nov

ToulEco rachète le magazine culturel régional Ramdam

Martin Venzal, le fondateur de ToulEco à Toulouse a annoncé le rachat par la société éditrice DS Media du magazine culturel Ramdam, fondé en 1996 par Pierre Combes et de sa société Ligne Sud.

Ramdam est un bimestriel gratuit diffusé à 20.000 exemplaires, qui emploie 6 collaborateurs et revendique 80.000 lecteurs sur trois régions (Aquitaine, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées).

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L’un parlant culture, l’autre économie, ces deux titres n’ont a priori pas grand-chose en commun mais Martin Venzal affirme que ce rapprochement va permettre « une synergie commune, tout en renforçant leur ligne éditoriale » différente.

Le fondateur de Ramdam, Pierre Combes, s’est dit « confiant » pour l’avenir du magazine.

ToulEco a été lancé sur le net en 2008 et a fait depuis des petits : ToulEmploi, ToulÉco Green, ToulÉco Tarn et ToulÉco TV . Selon Martin Venzal, tous ces sites sont actuellement en croissance, avec une audience cumulée de 540.000 visiteurs uniques par semestre.

Une holding, Eclipse Presse, est créée pour gérer les deux entités, ToulÉco et Ramdam. Les dirigeants veulent dans un premier temps stabiliser les résultats des deux sociétés éditrices avant de tenter de les faire progresser en 2016. Martin Vinzal vise un chiffre d’affaires cumulé de 1 million d’euros à l’horizon 2018.

Première « synergie » : les équipes vont s’installer dans des locaux communs, dans les murs de Ramdam, rue des Paradoux à Toulouse.

12 Nov

Le nouveau « Journal Toulousain » de retour dans les kiosques

Ses 4 journalistes et deux associés (l’avocat Christophe Lèguevaques et l’entrepreneur Rémi Demersseman-Pradel) ont monté une SCOP (société coopérative) et le premier numéro de la nouvelle équipe sort ce 12 septembre.

Le « JT » avait cessé de paraître au début de l’année suite aux déboires de son patron, « Mike » Layani, suspecté d’escroquerie pyramidale dans l’affaire dite de « la crevette brésilienne ». Le tribunal de commerce de Toulouse a ensuite autorisé en juillet la reprise du journal par la SCOP.

L’hebdomadaire sera tiré à 5000 exemplaires et vendu 1 euros. Il a pour ambition de devenir le « journal citoyen d’opinions » à Toulouse. L’équipe alimente également en parallèle le site internet du « JT ».

Ce nouvel hebdomadaire, avec un nouveau projet, s’accompagne aussi d’une nouvelle identité visuelle :

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07 Nov

Le groupe qui édite « Voix du Midi » racheté par Ouest-France

La filiale du groupe Sipa Ouest France, Publihebdos (premier groupe de presse hebdomadaire en France) a racheté 70% de la Société d’édition de Presse régionale, propriété de la famille Mulliez, et qui édite douze hebdomadaires locaux dont La Voix du Midi à Toulouse

« Le groupe Presse régionale et le groupe Publihebdos, filiale de Sipa Ouest-France, annoncent qu’ils viennent de conclure un accord au terme duquel Publihebdos prend une participation de 70 % du capital de la S.A. Presse Régionale aux côtés de l’association « Les amis de la presse régionale » qui conserve 30 %« , a indiqué Publihebdos dans un communiqué.

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Le groupe Presse Régionale édite 12 journaux hebdomadaires, dont la Voix du Jura (basé à Lons-le-Saunier – 9 500 exemplaires), la Voix du Midi (basé à Toulouse – 13 000 exemplaires) et la Croix du Nord (basé à Lille – 12 000 exemplaires), selon la même source. Il emploie 67 salariés pour un chiffre d’affaires de 5,2 millions d’euros.

Publihebdos est le premier groupe de presse hebdomadaire régionale français avec 76 journaux implantés dans l’Ouest et en Ile-de-France et quelque 841.000 exemplaires à chaque parution. Il emploie 750 salariés pour un chiffre d’affaires de 78 millions d’euros en 2013.

Selon Voix du Midi (qui fêtera en 2015 ses 120 ans d’existence) ce regroupement devrait permettre de développer des projets notamment sur le numérique.

(avec AFP)

22 Sep

« Objectif News » va devenir « La Tribune Objectif News »

Pour se développer en régions, le patron de La Tribune, le Toulousain Jean-Christophe Tortora, a indiqué qu’il allait faire passer la rédaction de 21 journalistes à une quarantaine de personnes. Les premières éditions locales, celles de Toulouse, Bordeaux et Lyon, seront lancées avant la fin 2014. Les autres métropoles (Grand Paris, Montpellier, Marseille, Nice, Strasbourg, Lille et Nantes) suivront jusqu’en septembre 2015.

Pour Toulouse, Jean-Christophe Tortora pourra s’appuyer sur la rédaction d’Objectif News un magazine économique et un site internet spécialisé qu’il a lancés à Toulouse et dont il est également le directeur de la publication. Les équipes y travaillent depuis plusieurs mois : La Tribune Objectif News doit voir le jour en novembre prochain.

© ObjectifNews

© ObjectifNews

« 2014 est la première année d’un exercice réussi. Ça n’était pas arrivé depuis 15 ans« , a déclaré Jean-Christophe Tortora, dirigeant du groupe de presse France Economie Régions, qui avait repris La Tribune en février 2012. Depuis, La Tribune a abandonné la version papier pour une version quotidienne numérique et une version papier hebdomadaire a été lancée.

Fort actuellement de 11.000 abonnés, dont 60 % en régions et 40 % en Ile-de-France, le titre vise 15.000 abonnés dans un an et 20.000 en 2016.
Le chiffre d’affaires de La Tribune est passé de 4,6 millions d’euros en 2012, à 6,6 millions en 2013 puis à 7,7 millions prévus en 2014, tandis que son résultat, négatif en 2012 (-3,1 millions d’euros) et 2013 (-0,8 million d’euros), devrait être à l’équilibre en 2014. Ce chiffre d’affaires est composé à 30% de la vente d’information (abonnements) et à 40 % de la publicité (21% sur le papier et 19% sur le web).

La Tribune mise également sur l’organisation de forums (26% du chiffre d’affaires), dont plus de 80 seront organisés en 2014 et plus d’une centaine en 2015. « Aujourd’hui, il y a une nécessité de renouveler les revenus. Le +live média+, c’est le prolongement du travail de la rédaction », a déclaré Jean-Christophe Tortora.

(avec AFP)