06 Oct

L’histoire secrète du « mariage » entre TV Sud et BFM TV

Qui a œuvré en coulisses pour aboutir au rapprochement des deux anciens concurrents à la fréquence de la télé locale de Toulouse ? A qui profite ce coup de théâtre ? Eléments de réponse.

Les membres du CSA avec au centre Olivier Schrameck, le président. (Photo : F. Valery / France 3)

Les membres du CSA avec au centre Olivier Schrameck, le président. (Photo : F. Valéry / France 3)

Ça se passe comme ça à Las Vegas ! On décide dans la journée de se marier, on trouve une chapelle et contre une poignée de dollars, on vous passe la bague au doigt. Vite fait, bien fait, sans avoir à publier les bans.

Un mariage de raison

C’est un peu ce qui s’est passé entre TV Sud et BFM TV à quelques différences près. La chapelle était en fait les salons de réception feutrés du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et le révérend, appelé à bénir cette union, s’appelle Olivier Schrameck, président du CSA. Quant aux tourtereaux, c’est davantage un mariage de raison qu’un mariage d’amour !

Dans l’intérêt de tout le monde

Car ce qui n’est pas dit dans l’annonce de la « fusion » entre TV Sud et BFM TV, anciens concurrents à la fréquence locale TNT de Toulouse aujourd’hui partenaires, c’est qu’on a un peu forcé la main aux deux prétendants et ça, ça arrange un peu tout le monde. Dans les semaines qui ont suivi l’annonce des candidatures et surtout celle, surprise, de BFM TV, des « éminences grises » (ou roses si l’on considère que l’on est à Toulouse) ont œuvré dans l’ombre au rapprochement des deux concurrents. Les choses se sont faites finalement assez rapidement. Et surtout, on a bien fait comprendre à l’un et à l’autre, que c’était dans l’intérêt de tout de monde de s’unir.

L’économique et l’éditorial

Après la faillite de TLT, le CSA ne pouvait pas se permettre de remettre sur les rails une chaîne dont la stabilité économique était chancelante. TV Sud a montré en Languedoc-Roussillon qu’elle sait faire de la télé mais Toulouse c’est une autre histoire (dans tous les sens du terme) et il fallait dans la capitale régionale un groupe aux reins financiers solides. Sur l’argument économique, BFM TV partait favori : le groupe d’Alain Weill est énorme et vient de s’associer à Patrick Drahi, le milliardaire des médias, de la téléphonie et du câble. Avantage BFM TV.

Parallèlement, faire de la télé locale à Toulouse, c’est aussi (et surtout) proposer des programmes locaux ou régionaux pour attirer le public et offrir un regard local sur l’actualité et les grands sujets toulousains. Alors que sur ce sujet les intentions de BFM TV sont restées secrètes jusqu’au bout, la présence de la chaîne info parmi les candidats a déclenché une vive opposition, notamment chez les professionnels de l’audiovisuel. Accusée de tous les maux, de vouloir faire à Toulouse une chaîne de faits-divers, BFM TV a été clouée au pilori avant d’avoir bougé une oreille. Sur les programmes, l’avantage allait à TV Sud.

Mais au final, une télé locale n’est pas un canard à une patte : économique et éditorial vont de pair. Le risque était donc que le CSA déclare l’appel d’offres infructueux.

Les dernières heures décisives

Le mariage s’est donc joué dans les tous derniers jours précédant l’audition des candidats devant le CSA et même dans les toutes dernières heures, le tour de table n’étant bouclé que mardi soir, alors que le CSA attendait les candidats le lendemain. BFM TV prend donc 19,9 % du capital de la future TV Sud Toulouse dont les 80,1 % seront détenus par TV Sud Languedoc-Roussillon, elle-même détenue à 90 % par la holding Médias du Sud, les 10 % restants ayant été apportés au groupe La Dépêche du Midi par le rachat des Journaux du Midi (Midi Libre et consorts).

Le petit absorbe le gros

En d’autres termes, la petite « PME » du Languedoc, TV Sud, « absorbe » le projet du mastodonte BFM TV qui lui apporte, aux yeux du CSA une garantie de stabilité financière. Aux yeux du monde de l’audiovisuel, la présence de BFM TV reste très minoritaire, donc supportable, Christophe Musset, le patron de TV Sud, rappelant que « BFM TV n’aura pas d’influence éditoriale » sur la future chaîne. Ainsi, tout le monde est content.

Une solution très politiquement correct

Sur le plan politique (car à Toulouse tout est politique, sans doute plus qu’ailleurs, et les médias n’échappent pas à la règle), cette union un peu forcée fait aussi plaisir à Toulouse.

Au Conseil régional, déjà partenaire de TV Sud en Languedoc-Roussillon, on attend de la nouvelle chaîne qu’elle mette en valeur le nouveau territoire d’Occitanie. Ça tombe bien, Christophe Musset a parlé devant le CSA d’un projet « qui aide à la compréhension du nouveau territoire » !

Au Capitole, où l’on ne prend officiellement pas position, Jean-Luc Moudenc, échaudé par l’expérience TLT, ayant refusé d’entrer au capital de la chaîne où même de signer un contrat d’objectifs et de moyens (COM), des conseillers du maire se sont quand même activés dans l’ombre. Le nouveau tour de table semble d’ailleurs convenir à la mairie car l’entrée de BFM TV dans la chaîne a deux avantages : il permet de diluer l’influence de La Dépêche du Midi avec laquelle les rapports de la mairie sont toujours tendus mais aussi de relativiser celle du Conseil régional, qui devrait être le plus important pourvoyeur de fonds de la future télé.

Au travail !

Le CSA devrait, sans surprise, accorder son autorisation à TV Sud Toulouse. Sans doute avant la fin de l’année. Il faudra ensuite trouver des locaux, recruter le personnel. Démarrage de la chaîne au printemps 2017.

Une fois à l’écran, cette nouvelle télé locale aura à faire ses preuves pour conquérir le public toulousain. Mais entre la fin de TLT en juillet 2015 et cette nouvelle télé, la période aura été quelque peu mouvementée. De coups de théâtre en mariage de raison, d’influences politiques en tour de table ciselé, l’accouchement aura été long.

Fabrice Valéry (@fabvalery)

05 Oct

Associée à BFM, TV Sud veut une télé du « bien vivre ensemble » à Toulouse

Après le coup de théâtre du retrait du dossier de BFM TV qui entre finalement au capital de son ex-concurrent (à hauteur de 19,9 %), on en sait un peu plus sur l’unique projet de chaîne de télé locale pour Toulouse.

Les porteurs du projet de TV Sud devant le CSA (Photo : F . Valéry / France 3)

Les porteurs du projet de TV Sud devant le CSA (Photo : F . Valéry / France 3)

« Nous voulons mettre en place une télé du bien vivre ensemble, n’a cessé de marteler Christophe Musset, le patron de TV Sud, devant les sages du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui l’auditionnaient ce mercredi 5 octobre. Une chaîne qui aide à la compréhension de ce nouveau territoire qu’est la région Occitanie ». Le patron de TV Sud parle même de « servir ce territoire », des propos qui se rapprochent de ceux de la présidente PS de Région Carole Delga qui appelle de ses voeux une télé qui « mettent en valeur le territoire de la nouvelle région ».

Bruno Ledoux, le soutien de poids

Face au CSA, Christophe Musset était entouré par Jean Brun, le directeur des rédactions de TV Sud, Jean-Nicolas Baylet, le directeur général de La Dépêche du Midi (partenaire à 10 %) et le millionnaire Bruno Ledoux qui s’engage à prendre 25 % de la holding Médias du Sud (MDS) si le groupe remporte la fréquence de Toulouse, pour mettre en place un réseau régional puis national de télés locales.

Les porteurs du projet ont insisté sur le fait que la fréquence de Toulouse est « vitale » pour les autres télés locales du groupe. « Les autres chaînes du groupe ont besoin de Toulouse, et Toulouse aura besoin des autres chaînes ».

BFM n’aura pas d’influence sur l’éditorial

Sur le plan économique, le capital de TV Sud Toulouse sera constitué à 80,1 % par TV Sud Languedoc-Roussillon et 19,9 % par le groupe Next Radio TV (propriétaire de BFM TV) représenté par Alain Weill. L’accord avec BFM a été conclu lundi soir, soit quelques heures seulement avant les auditions publiques devant le CSA. Christophe Musset a indiqué que BFM TV n’aurait « pas d’influence sur l’éditorial ». 

Le groupe Dépêche du Midi reste à hauteur de 10 % du capital de TV Sud Languedoc-Roussillon. La nouvelle chaîne, si elle obtient l’autorisation du CSA, table sur l’apport d’argent public (par l’intermédiaire de Contrat d’objectifs et de moyens notamment avec la Région) à hauteur d’un tiers de ses ressources, au moins la première année.

JT, réactivité et télé-achat de produits régionaux

Quant aux programmes, TV Sud Toulouse prévoit un journal télévisé local de 10 minutes à 19h30 et des émissions locales mais surtout table sur une forte mutualisation de ses moyens et de ses programmes avec les autres chaînes existantes (à Nîmes, Montpellier et Toulouse) pour créer un réseau de télés locales en Occitanie. Elle prévoit aussi de prendre l’antenne à tout moment de la journée en cas d’actualité importante : faits-divers, intempéries, etc. Enfin, il existe un projet d’émission de télé-achat de produits régionaux.

15 personnes recrutées

15 personnes seraient recrutées à Toulouse. C’est moins que TLT avant sa disparition mais TV Sud dispose déjà d’une équipe de direction, de gestion, de diffusion technique, qui sera commune à toutes les chaînes. Il n’est pas exclu non plus de travailler avec les journalistes de La Dépêche du Midi qui fabrique déjà des reportages vidéos.

Après délibération du CSA, qui pourrait prendre entre 2 et 3 mois pour délibérer, et si les « sages » ne déclarent pas l’appel d’offres infructueux, TV Sud Toulouse pourrait démarrer à l’antenne fin mars 2017.

Fabrice Valéry (@fabvalery).

BFM TV renonce à sa télé locale de Toulouse… pour s’associer avec TV Sud

Coup de théâtre dans le petit monde de l’audiovisuel : alors que les deux prétendants à la télé locale de Toulouse étaient attendus ce mercredi 5 octobre en audition publique au Conseil supérieur de l’audiovisuel à Paris, l’un des deux, BFM TV, a finalement jeté l’éponge… pour s’associer avec son concurrent TV Sud !

(Photo : AFP)

(Photo : AFP)

Le groupe Next Radio TV, propriétaire de BFM TV a informé le Conseil supérieur de l’audiovisuel de son changement de stratégie sur le dossier quelques heures seulement avant les auditions de ce 5 octobre. Il a décidé de retirer sa candidature pour finalement s’associer avec son concurrent TV Sud (à hauteur de 19,9 % du capital). 

Depuis l’annonce (révélée par ce blog) de la candidature de BFM TV à la fréquence toulousaine, les oppositions à la chaîne ont été nombreuses notamment chez les producteurs de programmes audiovisuels qui avaient adressé une lettre ouverte au CSA et lancé une pétition en ligne contre la candidature de BFM. Des élus locaux, notamment le groupe communiste au conseil municipal de Toulouse et à la Métropole, avaient pris eux-aussi position contre BFM TV jugée « anxiogène ».

Le retrait de BFM et son association avec Médias du Sud simplifie les choses. Sauf (encore) une énorme surprise (le CSA peut encore décider que l’appel d’offres est infructueux), plus rien ne s’oppose à l’installation du groupe de Christophe Musset à Toulouse dans l’optique d’y créer une télé en réseau avec les chaînes locales déjà exploitées par TV Sud (à Montpellier, Nîmes et Perpignan) à l’échelle de la nouvelle région Occitanie.

Fabrice Valéry (@fabvalery)

26 Sep

Télé locale à Toulouse : Bruno Ledoux, la botte secrète de TV Sud

Depuis que l’on connaît les deux dossiers candidats à la reprise de la fréquence hertzienne locale de Toulouse, TV Sud (groupe Médias du Sud) fait figure de « PME » face à BFM TV porté par le mastodonte Next-Radio/SFR/Numéricable. Mais un atout dans la manche de Christophe Musset change un peu la donne.

Bruno Ledoux (Photo : AFP)

Bruno Ledoux (Photo : AFP)

Dans le dossier remis par TV Sud au Conseil supérieur de l’audiovisuel, figure un courrier qui est loin d’être anodin. Une letter of intention (LOI) qui fait de son signataire, Bruno Ledoux, un partenaire de poids de TV Sud dans la course à la fréquence télé toulousaine.

Un des grands argentiers des médias

Bruno Ledoux est peu connu du grand public. C’est pourtant lui qui a sauvé le journal Libération de la faillite, un journal dont ce jeune quinquagénaire est depuis 2014 le président du conseil de surveillance et surtout l’actionnaire à 50 % (après l’avoir été à 100 %, mais ça on vous l’explique plus bas, ne ratez rien, c’est croustillant !). Bruno Ledoux, richissime industriel, est aussi collectionneur de tableaux et mécène d’artistes, propriétaire du golf de Saint-Tropez ou encore du château d’Ilbarritz au Pays Basque. Il est surtout très impliqué dans les médias (L’Express, L’Expansion, Le Nouvel Economiste, L’Etudiant…). Continuer la lecture

22 Sep

Des professionnels de l’audiovisuel s’engagent contre le projet de BFM TV à Toulouse

La riposte ne s’est pas faite attendre. Dix jours après la révélation sur ce blog de la candidature de BFM TV à l’appel du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour la fréquence de télé locale à Toulouse, une cinquantaine de professionnels de l’audiovisuel signent une charge contre le projet toulousain de la chaîne info.

Crédit photo : MaxPPP

Crédit photo : MaxPPP

Ils sont producteurs, réalisateurs, techniciens ou patrons de société de production : 50 signataires viennent d’adresser un courrier au président du CSA (avec copie au maire de Toulouse, à la présidente de la Région et au président du Conseil départemental) dans lequel ils « flinguent » BFM TV. Continuer la lecture

15 Sep

Télé locale à Toulouse : TV Sud et BFMTV auditionnés le 5 octobre par le CSA

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel, réuni en séance plénière les 14 et 15 septembre, a déclaré recevables les deux dossiers en course pour obtenir la fréquence de TNT locale à Toulouse, laissée libre par la disparition de TLT en juillet 2015. Deux dossiers dont vous avez eu la primeur en lisant le blog « Médias d’ici » : TV Sud, présentée par le groupe Médias d’Ici et BFM Toulouse que le groupe BFM TV (la société New Co, très précisément) souhaite installer dans la ville rose.

(Photo : MaxPPP)

(Photo : MaxPPP)

Le calendrier est désormais lancé. Les auditions publiques des 2 candidats auront lieu le mercredi 5 octobre prochain, à 15 heures pour TV Sud et à 15h40 pour BFM Toulouse. Chaque candidat aura 40 minutes pour présenter son dossier devant les « sages du CSA » qui délibéreront ensuite. Ces délibérations pourraient prendre environ trois mois et l’on pourrait connaître l’heureux élu avant Noël, au maximum courant janvier, une partie des membres du CSA étant renouvelée fin janvier 2017. Continuer la lecture

12 Sep

BFM TV est candidate à la télé locale de Toulouse

Crédit photo : MaxPPP

Crédit photo : MaxPPP

INFO LE BLOG MEDIAS D’ICI – C’est la surprise du jour. Alors que Médias du Sud (MDS) et sa chaîne TVSud semblaient être les seuls à avoir déposé un dossier auprès du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour reprendre la fréquence TNT disponible à Toulouse depuis la disparition de TLT, on a appris ce lundi 12 septembre qu’un deuxième opérateur avait candidater et pas des moindres : BFM TV ! Cette information devrait être confirmée dans les heures qui viennent, le CSA se réunissant en séance plénière mercredi 14 pour arrêter la liste officielle des candidats. Continuer la lecture

26 Août

TVPI jette l’éponge, TV Sud seule candidate à la succession de TLT à Toulouse ?

TELEVISION

Et s’il n’y avait qu’un seul candidat ? Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) ne dévoilera pas avant plusieurs jours le nom des candidats à la reprise de la fréquence TNT laissée libre par la disparition de la chaîne locale TéléToulouse (TLT), mais on sait désormais que TVPI qui comptait candidater n’a finalement pas déposé de dossier.

TVPI jette l’éponge

La date limite de dépôt des candidatures, fixée au 25 août à 19 heures, est aujourd’hui dépassée. TV Sud et son président Christophe Musset, sur les rangs dès les premiers jours après la disparition de TLT en juillet 2015, a bien déposé son dossier en temps et en heures. En revanche, l’autre candidat déclaré, TVPI, basé à Bayonne, nous a indiqué ce vendredi avoir finalement renoncé à le faire. TVPI souhaitait monter à Toulouse une télé métropolitaine adressée plus particulièrement à un public jeune.

Le CSA semble considérer que le nouveau modèle économique des télés locales passe par un financement régional »

« La première raison, explique le directeur Michel Lamarque, c’est que le délai de deux mois était trop court, alors qu’il faut 4 mois pour monter un dossier sérieux. La deuxième c’est que l’on devine un pré-fléchage de l’attribution de la fréquence et que j’ai passé l’âge de jouer les faire-valoir pour un autre. Enfin, les dernières attributions par le CSA, à Marseille et à Toulon ont été aux candidats qui avaient décroché le financement du Conseil régional. Le CSA semble donc considérer que le nouveau modèle économique des télés locales par un financement régional ».

Michel Lamarque qui regrette qu’à la disparition de TLT le tribunal de commerce de Toulouse ait rejeté son plan de reprise. « Cela aurait évité l’interruption d’antenne et le licenciement de tous les salariés ».

Un projet régional pour TV Sud

Faire une télé régionale, c’est le projet de Médias du Sud qui exploite déjà les télés locales TV Sud (à Nîmes, Montpellier et Perpignan) et qui a bien déposé un dossier au CSA. Son patron Christophe Musset veut mettre en place un réseau de télés régionales au niveau de la région Occitanie : il bénéficie du soutien du groupe Dépêche du Midi (qui a racheté récemment Midi Libre à Montpellier) et surtout, semble-t-il, de la bénédiction du nouveau conseil régional d’Occitanie, déjà partenaire financier de TV Sud à Montpellier à travers un contrat d’objectif et de moyens (COM). TV Sud souhaite même désormais monter une chaîne tout info sur la région, indiquant employer une soixantaine de personnes à cet exercice : les salariés des télés existantes plus une vingtaine de nouveaux employés à Toulouse comme nous l’indiquait Christophe Musset récemment.

La ville de Toulouse (volontairement) hors du jeu

En l’absence de TVPI, TV Sud pourrait donc être seule candidate à la reprise de la télé toulousaine, à moins qu’un autre candidat soit sorti du bois dans les dernières heures, dans le plus grand secret. Cette candidature, qui s’apparente donc à celle d’une télé régionale sur une fréquence locale, a aussi pour conséquence de mettre hors du jeu la mairie de Toulouse, qui a pourtant été à la manoeuvre politique et financière (17 millions d’euros au total de coût pour la ville selon Jean-Luc Moudenc), durant toute la vie de TLT.

Mais le maire de Toulouse ne veut plus entendre parler de cette télé. Il a réaffirmé en juillet qu’il « n’engagera pas Toulouse dans un nouveau projet de télé locale ». Il préfère investir « dans les écoles et les crèches », mais n’exclut cependant pas des achats d’espaces sur la nouvelle chaîne, un engagement « révocable et sans engagement ».

Le CSA va maintenant lister les candidats, ce qui devrait être vite fait. Valider le dossier de candidature de TV Sud, fixer la date de l’audition, délibérer puis attribuer la fréquence, sans doute en janvier 2017, juste avant le dernier renouvellement des « sages » du CSA avant la présidentielle.

Fabrice Valéry (@fabvalery)

11 Juil

Télé locale à Toulouse : les professionnels de l’audiovisuel s’inquiètent du retard

Ils sont producteurs, réalisateurs ou techniciens de l’audiovisuel et n’ont pas tardé à réagir à l’annonce du report de la date limite de candidature pour la fréquence TNT locale de Toulouse. Ils ont écrit au CSA pour dire leur inquiétude.

(Photo : MaxPPP)

(Photo : MaxPPP)

Les professionnels de l’audiovisuel ne comprennent pas les raisons pour lesquelles le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a reporté au 25 août prochain (au lieu du 13 juillet initialement) la date limite de dépôt des candidatures pour la fréquence d’une télé locale à Toulouse. En moins de 24 heures après cette annonce, ils se sont organisés et ont signé une lettre ouverte (voir ci-dessous la liste des premiers signataires) qu’ils ont adressé au président du CSA Olivier Schrameck.

« Nous craignons très fortement que ce retard n’en entraîne d’autres, écrivent-ils, par l’effet d’une mécanique administrative, et que finalement il n’y aura toujours pas de télévision locale à Toulouse en 2017. (…) Cela fait depuis trois ans que les professionnels de l’audiovisuel souffrent durement. En effet, avant qu’elle ne disparaisse, dès 2013 TLT moribonde avait mis un terme aux coproductions qu’elle faisait avec les entreprises locales. Une quinzaine d’entreprises locales est impactée, 150 artistes et techniciens n’ont plus cette perspective locale et régionale. Cela fait un an que tout le monde sait qu’une fréquence s’est libérée à Toulouse. Cela fait donc un an que d’éventuels prétendants ont pu concevoir et bâtir un projet. Nous ne pouvons donc comprendre ce nouveau retard. Permettre à un nouveau prétendant de fourbir une candidature ? Cette dernière serait alors quelque peu hors-sol et sans aucun contact ou partenariat avec le tissu local de production elle n’augurerait donc rien de bon ».

Ils réclament que la fréquence soit attribuée dès le mois d’octobre afin que cette nouvelle télé locale puisse émettre en janvier 2017. Ce calendrier est impossible à tenir. Après la fin du dépôt des candidatures, le CSA examinera d’abord les dossiers et cela devrait prendre environ deux mois. Ce n’est donc pas avant la fin octobre que les candidats seront auditionnés. Il faudra alors un nouveau délai aux sages du CSA pour délibérer et choisir le diffuseur (à moins que l’appel d’offres ne soient déclaré infructueux). Si tout se passe bien, on devrait donc connaître le nouvel exploitant de la télé toulousaine à Noël ou début janvier. Car courant janvier une partie du collège des sages du CSA sera renouvelée et la décision devrait être logiquement prise avant. Le temps de choisir les locaux, de recruter les équipes et de mettre en place la grille, on ne peut pas espérer voir les premières émissions avant le printemps 2017. Et cela inquiète grandement les professionnels de l’audiovisuel en région Occitanie qui souffrent économiquement dans un contexte difficile depuis plusieurs années.

FV (@fabvalery)

La liste des premiers signataires :

Vincent Barthe
Amic Bedel – Réalisateur – Piget Films
Francis Fourcou Réalisateur et Producteur
Dzu Le Lieu – Présidente Association Portraits Crachés
Gil Corre – Réalisateur
Thierry Maisonnave – France THM Productions
Chantal Teyssier
Annie Serres – Productrice
Vladimir Kozlov – Auteur Réalisateur – Prodigima
Christophe Vindis – Réalisateur
Elizabeth Germa – Réalisatrice – Le petit cowboy / le gros indien
Isabelle Millé – Réalisatrice
Pierre Mathiote – Producteur – Cinérgie Productions
Alexandre Croizier de Lacquvivier – Gérant – Antea
Pascal Bonnet – Producteur – Les Films du Sud
l’APIAMP – Association des producteurs Midi-Pyrénées
Pierre Mathiote – Producteur – Cinérgie Productions
Guy Chapouillé – Cinéaste
Jacques Mitsch – Réalisateur
Fabien Daguerre – Chef monteur
Sonia Paramo – gérante et productrice – Les Films Figures Libres
Dominique Henry – Cadreur – Réalisateur
Carole Giardino – Productrice – Argane Productions
Laurent Aït Benalla – Réalisateur
Franck Flies – Ingénieur du son
François Grandjacques – Réalisateur
Marc Faget – Comédien
Gilbert Kelner scénariste, réalisateur et metteur en scène de théâtre
Mathias Touzeris – Chef opérateur
Luc Reder, Chuck Productions.
Philippe Gracia, réalisateur et journaliste
Isabelle Dario – Chef Monteuse et Réalisatrice
Jean-Marc Pedoussaut – Ingénieur du son
Philippe Lignières – Réalisateur et OPS
MIDIFILM Techniciens et réalisateurs de Midi-Pyrénées
Gilles Pedoussaut – Monteur et Réalisateur
Frédéric Rascol – Distributeur de films documentaires
Yves Ardourel

 

 

07 Juil

Télé locale à Toulouse : le CSA reporte la date limite de dépôt des candidatures

Enième épisode dans le dossier de la succession de TLT, disparue des écrans en juillet dernier à Toulouse. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé de reporter la date limite pour déposer un dossier de candidature à la reprise de la fréquence TNT locale à Toulouse.

mirefbx

La date limite était initialement fixée au 13 juillet mais le CSA a décidé de la reporter au 25 août prochain à 17h. Officiellement, on explique au CSA que c’est à la demande de certains « éditeurs » de programmes télé qui pourraient faire acte de candidature que ce délai a été rallongé. La constitution d’un dossier de candidature est une longue marche, technique et précise, et le CSA reconnaît que le délai était un peu court.

Un report de 6 semaines qui laisse donc davantage de temps aux futurs candidats pour préparer leur dossier, voire à de nouveaux candidats la possibilité de sortir du bois. Et aux collectivités locales d’organiser leur éventuelle participation ou aide à cette future chaîne locale.

A Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc (LR), refroidi par l’expérience TLT, a encore affirmé début juillet ne pas être favorable à une prise de participation ou même à un contrat d’objectifs et de moyens (COM) avec la future chaîne. Mais des membres de son entourage poussent à infléchir cette position sur le credo « si on paye, on a le droit de voir » !

Quant à la région, où la présidente Carole Delga (PS) appelle de ses vœux une télé plus régionale que locale, on ne communique pas officiellement sur la manière dont le Conseil régional pourrait s’adosser financièrement au futur projet mais, selon certaines sources, un COM serait le scénario le plus envisageable.

Ce report aura aussi peut-être des conséquences sur la date éventuelle de retour à l’antenne d’une télé locale à Toulouse. Le choix du futur exploitant devait se faire avant Noël pour une mise à l’antenne dans les premiers mois de 2017. Ce report devrait retarder l’arrivée de la chaîne au mieux au cœur de printemps 2017.

Plusieurs candidats se sont déjà fait connaître : TV Sud, déjà présent à Nîmes, Montpellier et Perpignan veut installer une télé locale à Toulouse pour créer un réseau régional à l’échelle de la nouvelle Occitanie et TVPI, installée à Bayonne, souhaite se développer dans le sud de la France et monter à Toulouse une télé tournée vers les jeunes. Un troisième projet local serait dans les startings-blocks. Réponse fin août.

FV (@fabvalery)