14 Nov

Le magazine culturel toulousain Le Brigadier cible d’injures

En 6 ans d’existence, c’est la première fois que le magazine des arts de la scène est confronté à des attaques sur les réseaux sociaux. Au point que la rédaction a souhaité faire une mise au point.

Qu’est-ce qui, dans la une du mois de Novembre-Décembre du magazine Le Brigadier, a déclenché la haine de certains internautes ? La photo de Jamel Debbouze, le titre sur la scène israëlienne, le mot « Manouche » ?

En tout cas, la publication sur les réseaux sociaux du fac-similé de la une du dernier numéro de cette revue spécialisée dans les arts de la scène à Toulouse et dans la région, a suscité des commentaires haineux, injurieux, que la rédaction a été contrainte de supprimer.

Elle s’en est expliqué dans un nouveau post :

Il apparaît en outre que ceux qui sont ainsi violemment intervenus notamment sur la page Facebook du Brigadier n’avaient pour la plupart jamais ouvert le magazine, encore moins la dernière livraison.

La culture n’est pas à l’abri de la haine et des injures. Pour Le Brigadier, qui existe depuis 6 ans, c’est une première.

Le débat est toujours possible. Un rassemblement est par exemple prévu ce mercredi soir devant le Théâtre Garonne pour protester contre la programmation de spectacles labellisés « Saison France-Israël ».

Pour autant (faut-il encore le rappeler ?), la presse, reflet de la société, doit participer et permettre le débat sans pour autant être la cible d’injures.

FV (@fabvalery)

30 Jan

« Luxe ‘n you », la première revue sur le luxe durable, lancée à Toulouse

La revue semestrielle « Luxe ‘n You » est lancée le 1er février. Il s’agit d’une revue gratuite éditée par News Medias 3.1 (le JT, ex Journal Toulousain) et consacrée aux facettes responsables des professionnels du luxe en Occitanie.

La première une de "Luxe 'n You"

La première une de « Luxe ‘n You »

Pour une entreprise de presse, le secteur du luxe peut être porteur en annonceurs de qualité. C’est pour cela que la Scop News Media 3.1, qui a repris le Journal Toulousain en 2014, vient de lancer une nouvelle revue, entièrement consacrée au luxe. « Pour faire vivre le JT, explique Rémi Demersseman, le gérant de la Scop, nous avions besoin d’une régie publicitaire et de nouveaux supports de diffusion. Nadia Kharbajou (ex-La Provence) est venue avec plein d’idées, dont celle d’un magazine portant sur le luxe« .

Et voici donc « Luxe « n You », la revue de « l’excellence en Occitanie ». Imprimée dans la région toulousaine sur papier de qualité éco-responsable et tirée à 10 000 exemplaires, la revue sera distribuée dans des hôtels de luxe, des restaurants et des points de diffusion proches du public visé, aussi bien à Toulouse qu’à Montpellier. Et même à Paris. 

Après le JT, « Luxe « n You » est donc le deuxième titre à l’actif de la petite Scop News Medias 3.1 mais quel point commun entre une revue sur le luxe et un journal qui se veut « média de solution », mettant en avant les infos positives notamment les initiatives sociales ou sociétales qui vont dans le sens du respect des êtres humains en général, des salariés en particulier et de l’environnement toujours ?

« Les marques de luxe ont fait du chemin dans ce domaine, explique Rémi Demersseman. Nous traitons ici du luxe, sous l’angle de l’évolution responsable et durable du secteur. Les clients du luxe sont des gens qui ont des moyens mais qui pour autant se préoccupent du devenir de la planète. Nous sommes la première revue du luxe responsable ». 

FV (@fabvalery)

04 Jan

Avec le départ de Jacques Verdier, une page se tourne à Midi Olympique

Après 37 ans passé au journal du rugby à Toulouse, Jacques Verdier, directeur délégué de Midol a pris sa retraite le 31 décembre 2017.

Jacques Verdier

Jacques Verdier

« Le casque et la plume ». L’hommage est à la une de Midi-Olympique cette semaine, à la hauteur de l’événement : après 37 ans passé à Midol, le « patron » a quitté la rédaction du bihebdomadaire spécialisé dans le rugby, appartenant au groupe La Dépêche du Midi. Un hommage signé d’Emmanuel Massicard, l’actuel rédacteur en chef de Midi Olympique.

Jacques Verdier, natif de Saint-Gaudens(Haute-Garonne) a marqué l’histoire du journal. Le 31 décembre dernier, il a pris sa retraite. Sa plume, ses engagements, ses coups de gueules n’ont jamais laissé indifférents. Sur les plateaux télés ou à la radio, notamment sur RMC, il a incarné le journal pendant de longues années.

Une personnalité parfois contestée au sujet de ses prises de positions très arrêtées sur le rugby français, en raison de sa proximité avec certains dirigeants ou même en interne au sein du journal où il a longuement été le maître absolu, écartant les contestataires, comme lors du licenciement du rédacteur en chef Philippe Kallenbrunn en 2015.

D’ailleurs, signe de sa personnalité, Jacques Verdier a son « fake » sur Twitter, malicieusement surnommé « Jacques Verdâtre ». Un profil sarcastique qui se moque régulièrement du vocabulaire employé par l’ex-directeur du Midol et qui n’a pas manqué de saluer le départ à la retraite de son alter-égo :

Jacques Verdier est également l’auteur de plusieurs romans et d’une dizaine de libres sur le rugby.

FV (@fabval)

06 Sep

Une nouvelle maquette et une émission de radio pour Le Brigadier

Nous vous avions déjà parlé sur ce blog du magazine Le Brigadier, un bel exemple de vitalité dans le paysage médiatique toulousain (et oui, il n’y a pas que les radios qui déménagent ou les journaux qui ferment à Toulouse). Né en 2012, Le Brigadier, consacré aux arts de la scène, fête donc ses 5 ans en cette rentrée de septembre avec plein d’actualité.

brigadierA commencer par la maquette, que la fondatrice et rédactrice en chef Bénédicte Soula qualifié de « plus aérée, plus contemporaine, plus harmonieuse. Nous avons également opté pour de nouveaux interlignages, poursuit-elle, allant dans le sens d’une mise en page plus épurée, donnant davantage d’espace aux textes et aux images« . D’ailleurs, des photographes sont venus renforcer l’équipe et l’image va prendre une plus grande part dans le magazine dont la pagination augmente et passe à 80 pages.

Les fidèles lecteurs du Brigadier (qui doit son nom, rappelons-le, à ce bâton qui sert à frapper les trois coups avant la levée du rideau au théâtre) remarqueront également le passage du papier brillant au mat, plus moderne.

Enfin, le Brigadier va également se décliner cette année… en émission de radio : à compter du 7 septembre, chaque jeudi à 18h20 l’équipe va animer « Audition libre » sur Radio Présence : une émission consacrée aux arts de la scène « succédant ainsi aux mythiques Feux de la rampe créés par le chroniqueur et mémorialiste toulousain Pierre Bruel en 1982 », tient à préciser Bénédicte Soula. « Le concept de l’émission sera toutefois très différent, plus dans l’air du temps, notamment grâce à une animation collective. Interview d’un invité en pleine actualité, reportage, critique, agenda de la semaine et flash culturel rythmeront cette nouvelle émission, qui se veut légère, réactive et vivante à l’image des arts qu’elle défend, et en complément du Brigadier, dont la périodicité bimestrielle permet des formats plus longs et approfondis… »

Le n°26 du Brigadier sort en kiosques vendredi 8 septembre.

FV (@fabvalery)

04 Juil

Armagnacnews.com et Gascogne Côté Gers : il y a du nouveau dans la presse gersoise

Un site spécialisé (avec modération) dans l’Armagnac et un nouveau magazine aux couleurs de la Gascogne. Découverte de deux nouveaux médias gersois.

(Photo : Gascogne Côté Gers)

(Photo : Gascogne Côté Gers)

C’est le seul pure player (qui plus est gratuit) consacré à l’Armagnac. Armagnacnews.com a été créé par le journaliste Philippe Campa (ex-Sud Ouest et L’Indépendant) et e photographe et dirigeant de l’entreprise Plandecom. Il y est question de tout ce qui touche de près ou de loin à l’actualité de l’armagnac. Ce site d’information spécialisé espère se décliner rapidement en version papier.

Côté magazine, justement, Plandecom édite en ce début juillet le premier numéro de « Gascogne Côté Gers », un « lifestyle magazine » sur l’art de vivre, le tourisme et la culture dans le département du Gers. Au sommaire du premier numéro : le peintre Jean-Paul Chambas, André Daguin, etc. Tiré à 20 000 exemplaires, le magazine est gratuit. Son numéro 2 est attendu pour novembre 2017.

FV (@fabvalery)

 

08 Déc

Une pétition pour que les « petits » candidats à la présidentielle accèdent aux médias

Les candidats indépendants ou citoyens se sentent invisibles dans les médias. Ils veulent saisir le CSA. Parmi eux, 4 « petits » candidats de la région relayent une pétition qui demande plus de visibilité médiatique.

Sébastien Nadot, Toulousain candidat à la présidentielle

Sébastien Nadot, Toulousain candidat à la présidentielle

Connaissez-vous Sébastien Nadot, David Saforcada, Robert Baud ou encore Gérard Privat ? Sans doute non et la raison en est, il faut bien l’avouer, qu’ils sont invisibles dans les grands médias. Et pourtant, ils sont tous candidats « citoyens » à l’élection présidentielle de 2017 et issus de la société civile.

Une pétition nationale a été lancée en ligne pour demander au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) ainsi qu’aux dirigeants des grands groupes audiovisuels français d’assurer une place sur les antennes à ces « petits » candidats à la présidentielle. Une pétition relayée par les 4 candidats citoyens de notre région.

Toulousain, il est invité sur les plateaux télés parisiens… une heure avant !

Le prof de sport toulousain Sébastien Nadot, candidat du Mouvement des progressistes de Robert Hue, est en campagne depuis plusieurs mois. Il reconnaît que parfois, c’est sa situation qui pose problème aux médias : « Il m’est arrivé d’être contacté par une chaîne de télé à Paris vers 11h30 pour être sur leur plateau à midi et demie, a-t-il notamment raconté à des étudiants en journalisme de Sciences-Po Toulouse, alors que je me trouvai à Toulouse en survêtement avec mes élèves ! »

Couleurs politiques différentes, mais même traitement médiatique

Trois autres candidats « citoyens » de la région sont en course pour la présidentielle :

  • le Toulousain Robert Baud, qui avait déjà tenté l’aventure en 2007 et 2012 sans obtenir les 500 signatures, et veut représenter les écologistes de la société civile.
  • le Bonapartiste toulousain David Saforcada
  • le Tarnais « utopiste solidaire », humaniste et anti-libéral Gérard Privat. 

Ils ont donc des divergences politiques parfois très importantes, mais un même élan qui les rassemble : demander à être entendu sur leurs propositions par les médias. Au point de signer un communiqué commun fin novembre et même d’envisager une conférence de presse commune !

Les primaires occupent l’espace médiatique

Problème pour les « petits » candidats citoyens ou indépendants : la primaire de la droite qui vient de se terminer et celle de la gauche qui commence occupent tout l’espace médiatique. A tel point que certains médias audiovisuels se voient obligé de multiplier ensuite les invitations à des élus d’autres partis représentés au Parlement (dont le Front National) pour rééquilibrer les temps de parole.

Ecrasés par ces mastodontes primaires qui tendent vers un bipartisme à l’américaine, les petits candidats sont invisibles à la télé et inaudibles à la radio.

La barrière des 500 signatures

Début septembre, France Info avait recensé 82 candidats à l’élection présidentielle ! Les primaires (droite, écologiste, gauche) ont permis d’écrémer un certain nombre de candidats mais de nouvelles candidatures apparaissent presque chaque jour.

Le problème c’est que bien peu franchiront le cap des 500 signatures de maires permettant de déposer sa candidature. En 2007, seuls 12 candidats étaient présents au premier tour. 10 en 2012.

La machine médiatique, cette injustice !

Mais pour les « petits » candidats, c’est l’histoire de la poule et de l’oeuf ! Les médias ne s’intéressent pas à eux car ils ont peu de chance de réunir les 500 signatures et d’être finalement candidats. Eux estiment que s’ils avaient plus de présence médiatique, ils auraient plus de chance de séduire des maires !

De toute façon, la logique médiatique est parfois très injuste. Un autre candidat d’Occitanie n’a eu besoin que d’une déclaration de candidature vidéo d’une vingtaine de secondes pour susciter des dizaines d’articles dans la presse nationale. Le « candidat » Sylvain Durif, alias le « Christ cosmique de Bugarach » (Aude), aura eu plus de retombées médiatiques en quelques heures que l’ensemble des autres petits candidats en plusieurs mois !

FV (@fabvalery)

07 Sep

Les 4 ans du « Brigadier », le seul magazine consacré aux arts de la scène

L’aventure est belle. Avec la sortie en ce mois de septembre 2016 de son numéro 21, le magazine bimestriel « Le Brigadier », créé à Toulouse en 2012 et entièrement consacré aux arts de la scène, fête ses 4 ans d’existence.

14281538_10210786006711964_1768870986_nThéâtre, danse, arts du cirque et depuis deux ans musique, classique ou contemporaine, jazz, etc. Tout le spectacle vivant est présent dans les 72 pages du Brigadier, le magazine des arts de la scène avec ce mois-ci une revue générale des nouveautés de la saison dans les théâtres de Toulouse et de la région.

Le Brigadier tire son nom de celui de ce bâton utilisé en coulisses pour frapper les trois coups avant le lever de rideau au théâtre. Il trouve surtout son origine dans l’envie de sa créatrice et rédactrice en chef, la Toulousaine Bénédicte Soula, de « proposer un magazine sur le modèle de « Parcours des Arts » avec un vrai regard journalistique, pas une énième revue sur le théâtre écrite par des universitaires ou des spécialistes« .

Eclectique, de qualité, avec son grand format, Le Brigadier a réussi à s’imposer comme une référence dans ce domaine, un exemple apparemment unique en France. Journalistes, maquettistes, correctrice, une douzaine de personnes collabore à chaque numéro. « Un bel objet sur la forme, souligne Bénédicte Soula, mais surtout avec du fond et une ligne éditoriale qui consiste à traiter de manière libre et engagée l’actualité culturelle avec, j’y attache une grande importance, une grande liberté de ton depuis le début ». Continuer la lecture

31 Mai

« Politic Région », le nouveau média régional qui veut mettre en valeur la politique

Le numéro 1 de Politic Région (photo : F. Valéry/ France 3)

Le numéro 1 de Politic Région (photo : F. Valéry/ France 3)

Le décor est planté. Un salon d’un hôtel de luxe du centre de Toulouse, à deux pas du Capitole. Trois associés y présentent un nouveau média régional sur papier glacé en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées : Politic Région. Une revue mensuelle de 80 pages (en kiosques le 3 juin) et un site internet qui s’adressent principalement aux hommes et femmes politiques de la région et leur offrent même une large tribune car, l’objectif est clair, « valoriser la politique, lui rendre sa noblesse, car il n’y a pas que les affaires en politique et offrir aux citoyens un regard optimiste sur la politique«  expliquent les fondateurs.

« La politique est noble »

Politic Région ne sera donc pas le Canard Enchaîné ou le Satiricon (pour prendre une ancienne référence éditoriale toulousaine), de la presse politique en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénnées et ne se place pas non plus sur le même créneau que le blog politique de France 3 Midi-Pyrénées, devenu référence en la matière.

Ses concepteurs veulent s’adresser aux élus en mettant en avant « la noblesse de la politique : ces milliers d’élus locaux dévoués qui travaillent pendant des heures sans recherche de retour et dans l’ingratitude« . Promis, tous les partis politiques auront ainsi « droit à la parole » de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. « On tiendra un tableau Excel pour assurer une parfaite égalité », plaisantent les trois associés.

Trois associés : entrepreneur, journaliste et communicant

De qui parle-t-on ? L’idée est venue de Thomas Simonian, ex-rédacteur en chef du Journal Toulousain du temps de Mike Layani (tombé ensuite dans l’affaire dite de la « crevette brésilienne ») puis à la tête du journal dans sa nouvelle formule en Scop avant de le quitter il y a quelques mois.

Il a pris contact avec Armand Partouche, qui a créé différents entreprises et a présidé la radio locale Kol Aviv. Emballé par le projet, il a dit banco.

Jean-Christophe Giesbert, l’ancien directeur de la rédaction de La Dépêche du Midi et fondateur en 2009 d’une agence de communication institutionnelle les a rejoints comme associé « minoritaire ».

Les trois associés lors de la présentation de Politic Région.

Les trois associés lors de la présentation de Politic Région (Photo : F. Valéry / France 3)

A la frontière entre journalisme et communication

« On a reçu un accueil incroyable de la part des élus », s’exclame Jean-Christophe Giesbert. Il faut dire que la couleur annoncée avait toutes les chances de les enthousiasmer : valoriser leur travail et leur donner la parole ! Mais les associés l’assurent : l’indépendance éditoriale de Politic Région sera totale. « Pas de soumission, à quiconque« , martèle Armand Partouche.

Pourtant, le créneau sur lequel ce nouveau média régional se place est à la frontière entre journalisme et communication politique : d’un côté donner la parole à des élus, leur offrir même la possibilité d’écrire des tribunes ou éditoriaux dans le magazine ou sur le site internet et valoriser leur travail et de l’autre faire de ces mêmes élus des clients, annonceurs, abonnés au site ou au journal, membres du futur « réseau social » d’échange d’expériences entre élus ou même « stagiaires » du futur centre de formation que les associés veulent créer. Politic Région veut aussi organiser des événements autour de la politique. Mais se défend de vouloir mélanger les genres. Une gymnastique compliquée.

D’autant que l’un des actionnaires, Jean-Christophe Giesbert (qui écrit aussi des éditos dans le mensuel) est en affaire, par l’intermédiaire de sa société de communication, avec de nombreuses collectivités, comme le Conseil régional, Toulouse Métropole (jusqu’en 2014), Auch, Cahors, le Conseil départemental du Tarn, etc.  Et donc avec les élus qui les dirigent !

Un modèle économique à « dupliquer »

Les trois associés ne lèvent pas le voile sur leur modèle économique, ni sur l’investissement de départ « assez lourd ». A peine sait-on qu’une douzaine de « partenaires » font partie du projet. L’objectif pour ce nouveau média est de développer les abonnements. 4000 exemplaires du numéro 1 ont été envoyés à tous les maires de la grande région. Le grand public n’est finalement pas tellement concerné.

Côté annonceurs, la régie publicitaire vise ouvertement « les collectivités et les entreprises qui répondent aux appels d’offres des collectivités ». 

Et si l’expérience fonctionne en Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, l’équipe veut rapidement « dupliquer » le modèle dans d’autres régions, notamment la nouvelle grande Aquitaine.

FV (@fabvalery)

19 Mai

La Tribune Toulouse (ex-Objectif News) passe au format journal tabloïd

couvon42La formule magazine de La Tribune Toulouse (ex-Objectif News) c’est terminé. La Tribune a annoncé ce jeudi 19 mai que ses éditions « métropoles » de Bordeaux et Toulouse abandonnent la formule news magazine en adoptant un format tabloïd sur papier journal à compter de ce 19 mai pour La Tribune Bordeaux (ex Objectif News Aquitaine) et du 16 juin pour La Tribune Toulouse (dont la marque d’origine Objectif news va disparaître).

Depuis qu’il a racheté le journal économique La Tribune, le Toulousain Christophe Tortora, fondateur du titre Objectif News, n’a eu de cesse de rapprocher ces médias, avec l’objectif de développer l’actualité économique en région, particulièrement dans les métropoles françaises. C’est en ce sens qu’il a ouvert en mars dernier, La Tribune Marseille-PACA.

La nouvelle formule de La Tribune Toulouse sera donc désormais sur papier journal, sur 24 à 32 pages, en parution trimestrielle.

Fabrice Valéry

22 Déc

Il y a 20 ans, la naissance à Toulouse de « Satiricon »

On ne pouvait pas terminer l’année 2015 sans évoquer un anniversaire : celui de la naissance de « lou journal des mémés qui aiment la castagne », Satiricon. C’était il y a 20 ans.

La première une de Satiricon, en juin 1995.

La première une de Satiricon, en juin 1995.

Ci-dessus, la une du premier numéro, daté de juin 1995, paru avant les élections municipales du même mois et qui publiait déjà les résultats ! Dès le premier numéro, l’esprit Satiricon était là : dézinguer à tour de bras le pouvoir établi en visant tous les pouvoirs en place (Dominique Baudis, le Capitole, la famille Baylet, La Dépêche du Midi, le Conseil général, Pierre Izard, etc), dans la plus grande indépendance.

Au début c’était un gag, mais fait avec beaucoup de sérieux. Finalement, il a duré des années ! »

Pierre Samson

A l’époque, seul le directeur de la publication, le dessinateur Pierre Samson, apparaît sous son vrai nom. Les autres (tous ou presque journalistes dans des médias « traditionnels » à Toulouse signent sous pseudonymes : Mélanie Cautine, Agathe Zeblouze, Noël Ottison, Eva Zeline…). Des pseudos potaches qui cachent un vrai travail journalistique de révélation des affaires et de causticité qui manque aujourd’hui à la presse locale (NDLA : ceci est un avis personnel).

« Au début c’était un gag, se rappelle Pierre Samson, pour animer une campagne des municipales qui était courue d’avance avec la victoire annoncée de Baudis. J’ai eu l’idée de faire un faux journal. Mais il ne devait pas y avoir de suite au premier numéro ! »

« On en avait marre à l’époque de ne pas voir les vrais sujets sortir dans la presse, raconte aujourd’hui Stéphane Thépot, qui désormais peut parler de Satiricon sous son vrai nom (il y a prescription). Alors, tous bénévoles, on s’est lancés dans l’aventure de ce Canard Enchaîné local, avec notamment un réseau de dessinateurs de presse fédéré autour de Pierre ».

IMG_0071A la une du premier Satiricon, on retrouve par exemple ce dessin de Tignous, l’une des victimes de l’attentat de Charlie Hebdo, le 7 janvier dernier.

Ton, mise en page, dessins. Satiricon, dès son premier numéro, s’inspire en effet largement du Canard Enchaîné. Et comme Le Canard, Satiricon s’attire les foudres du landerneau politique toulousain !

Ainsi, un entrefilet du N°1, sur le service social de la mairie de Toulouse, vaut au titre un retentissant procès en diffamation intenté par Dominique Baudis. « C’est la meilleure chose que Baudis pouvait nous faire, se rappelle Stéphane Thépot. Cette attaque dès le premier numéro nous a fait une pub d’enfer, il y a eu des manifestations de soutien, des soirées, des collectes ». « Cet esclandre médiatico-judiciaire, surenchérit Pierre Samson, nous a décidé à aller plus loin, à sortir les affaires. Baudis pensait qu’à travers cet entrefilet sur le service social, on avait des infos beaucoup plus lourdes sur ce sujet ».(NDLA : révélée en 1998, l’affaire du « service social » de la mairie a conduit à la condamnation de plusieurs prévenus pour le détournement de centaines de milliers de francs de l’époque).

Ce qui aurait pu être l’arrêt de mort du journal (publié sous statut associatif) dès son premier numéro a été en fait une formidable rampe de lancement. Dès lors, à raison de deux numéros par an, Satiricon est un événement attendu par ses lecteurs toulousains et par le pouvoir en place, qui se ruent sur les kiosques le jour de sa sortie, par forcément… pour les mêmes raisons !

L’aventure va ainsi durer 11 ans, jusqu’en 2006, quand Pierre Samson passe la main. Satiricon, avec une nouvelle équipe, cesse sa parution deux ans plus tard, en 2008. 

1995-2015. On vous le disait, ç’eut été une injustice de finir cette année, marquée en janvier par le massacre de Charlie Hebdo sans souligner qu’il y a 20 ans naissait à Toulouse, ce modèle de presse locale satirique, con !

FV