18 Déc

Vincent Rodriguez succède à Jacques Vendroux comme chef des sports de Radio France

Le directeur de France Bleu Hérault et ancien directeur de France Bleu Toulouse a été nommé ce mardi.

Vincent Rodriguez (Photo : Ch. Abramowitz / Radio France)

Le prochain chef du service des sports de Radio-France vient d’Occitanie. C’est en effet le journaliste Vincent Rodriguez qui a été nommé à ce poste, succédant ainsi à Jacques Vendroux, comme l’a annoncé la présidente de Radio France Sybile Veil ce mardi.

Vincent Rodriguez est actuellement directeur de la radio locale France Bleu Hérault à Montpellier et ce depuis janvier 2015. Auparavant, il était directeur de France Bleu Toulouse (devenu depuis France Bleu Occitanie) depuis sa renaissance en 2011.

Diplômé de l’ESJ Paris, ancien reporter à France Info et France Inter, Vincent Rodriguez a aussi été délégué à l’antenne du Mouv’, la radio jeune de Radio France de 2007 à 2010.

Il va donc retrouver les rédactions d’Inter et Info à Paris. Passionné de sport, notamment le rugby, il va donc diriger le service commun des sports des radios du service public.

FV (@fabvalery)

 

10 Déc

Toulouse : un photographe touché par un tir de flashball pendant la manif des Gilets Jaunes

Tien Tran, photographe indépendant, a été touché à la cuisse samedi. Il indique qu’il n’a vraisemblablement pas été visé par la police mais victime d’un « tir perdu ».

Photo : Tien Tran

Un photographe toulousain indépendant, Tien Tran, a été touché par un tir de flashball samedi 8 décembre pendant la manifestation des Gilets Jaunes à Toulouse.

« C’était en début d’après-midi, raconte-t-il, à l’angle du boulevard Lascrosses et de l’avenue du Maréchal Leclerc. La manifestation a commencé à dégénérer avec des petits groupes qui lançaient des projectiles sur les forces de l’ordre. Il y avait beaucoup de tirs de flashball pour repousser les manifestants ».

Les forces de l’ordre balançaient du gaz lacrymogène, des GLI F4 et flashballs sur une foule extrêmement clairsemées. Les tirs au flashball étaient clairement hasardeux. J’étais au niveau des manifestants les plus violents qui balançaient des pierres sur les forces de l’ordre, à couvert derrière un arbre, entre le boulevard et le mur du trottoir, à une trentaine de mètre de la police. J’ai entendu une GLI F4 (NDLR : grenade de désencerclement) détoner à un ou deux mètres de ma position, dans mon dos et immédiatement une douleur très intense dans la cuisse droite, derrière. J’ai hurlé de douleur et me suis extrait en boitant. En me retournant, j’ai vu la BAC qui chargeait le long du trottoir et que je n’ai probablement pas vu dans mon dos, car j’étais tourné vers le boulevard. J’ai été sonné pendant une dizaine de minutes et ai repris mes esprits à l’arrière du cortège. J’ai dans un premier temps pensé que c’était un éclat de GLI F4 que j’avais pris à cause de la détonation. C’est en rentrant chez moi le soir que vu la nature de l’impact, je pense qu’il s’agissait d’une flashball qui m’a touché quasi simultanément avec la grenade GLI F4. Je porte un casque avec marqué PRESSE en gros devant et derrière et au moment de la détonation et de l’impact, j’étais en position accroupie contre un arbre, pour me protéger des tirs de flashball et de GLI F4 donc pas vraiment menaçant, voire pas du tout en fait.

Mais le photographe précise : « Je pense que je n’ai pas été visé volontairement. C’est sans doute un tir perdu. je suis conscient qu’il peut y avoir des « erreurs » d’appréciation, que ça soit de la part de la police ou de manifestants (pas mal de cailloux sont passés pas loin aussi) mais il y a des conditions légales d’utilisation des flashballs et les tirs de samedi n’en faisaient pas partie. C’est la seule raison pour laquelle je souhaite témoigner. Je ne pense pas personnellement avoir fait l’objet d’une violence policière mais je pense être la victime collatérale d’une utilisation illégitime des flashballs« .

Tien Tran a publié sur les réseaux sociaux des photos de l’hématome sur sa jambe :

A Paris, plusieurs journalistes et photographes ont été visés délibérément par les forces de l’ordre samedi 8 décembre. Contrôlés, certains ont même vu leur matériel de protection, lunettes et masques à gaz, confisqués par la police.

A Toulouse, cela n’a pas été le cas, malgré les violents incidents. Mais les journalistes qui couvrent ces manifestations et leurs suites avec notamment les dégradations exercent leur métier dans des conditions vraiment très difficiles.

FV (@fabvalery)

06 Déc

Un journaliste agressé, sa caméra volée et détruite, pendant la manif des lycéens à Toulouse

Cette nouvelle journée de mobilisation des lycéens a donné lieu à des débordements envers la presse, notamment l’agression d’un journaliste de France 3 Midi-Pyrénées  et le vol de sa caméra, retrouvée ensuite détruite.

La caméra a été retrouvée totalement détruite (Photo : F. Valéry / France 3)

Les journalistes sont désormais des cibles. Ce jeudi 6 décembre, à la mi-journée, alors qu’il faisait des images de la manifestation des lycéens devant le Lycée Polyvalent Rive gauche à Toulouse, au moment où les manifestants « démontaient » un portail de l’établissement, un journaliste reporter d’images (JRI) de France 3 Midi-Pyrénées a été agressé et sa caméra lui a été volée, par un groupe dont certains membres avaient le visage caché derrière des cagoules ou foulards.

Sur la vidéo ci-dessous, tournée par un autre journaliste de France 3, on entend des manifestants s’en prendre au journaliste en lui reprochant de filmer. Puis il y a une bousculade et c’est quelques secondes plus tard, après la fin de cette vidéo, que la caméra a été volée.

La caméra professionnelle a ensuite été retrouvée, à quelques mètres de là, détruite, « explosée » en petits morceaux. Le journaliste n’a pas été blessé mais lui et ses collègues présents ont été profondément choqués.

La direction de France 3 condamne fermement cette agression.

Le matin même d’autres journalistes avaient été « coursés », visés par des jets de pierre, menacés par les jeunes manifestants dans les rues de Toulouse alors qu’ils faisaient seulement leur travail.

Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes plusieurs épisodes graves se sont déroulés à l’encontre des journalistes. Le 24 novembre, des journalistes de BFM TV et C News ont échappé à une tentative de lynchage. 

Avec l’entrée des lycéens dans le mouvement cette semaine, de nouveaux incidents ont eu lieu en France, particulièrement en Occitanie.

FV (@fabvalery)

27 Nov

Chère Sophia Chikirou, n’avez-vous réellement aucune compassion pour les journalistes agressés à Toulouse ?

La présidente de Médiascop affirme ne pas avoir ressenti de « compassion sincère » après la tentative de lynchage de plusieurs journalistes à Toulouse, en marge des manifestations des Gilets Jaunes. J’ai choisi de lui répondre.

Sophia Chikirou (Photo : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Chère Sophia Chikirou, chère madame, chère présidente du Mediascop,

Je vous écris d’abord pour vous dire que je suis d’accord avec vous. Enfin, sur un point seulement : le dernier écrit sur votre post facebook du 26 novembre. Cette phrase où vous dites à propos des journalistes de BFM TV et C News :

Ne les lynchez pas : ne leur parlez pas, ne les lisez pas et ne les regardez pas.

Si vous lisez régulièrement ce blog, ce dont je doute, vous trouverez à peu près les mêmes propos, notamment dans mon billet du 19 novembre dernier (lire ici), où j’écrivais, permettez-moi je vous prie de m’autociter (ce sera la première et la dernière fois) :

Si on n’est pas d’accord avec un organe de presse, la solution la plus simple c’est de ne pas regarder cette chaîne de télé, de ne pas écouter cette radio, de ne pas lire les articles de ce site internet, de ne pas acheter ce journal ou ce magazine… Jamais de s’en prendre verbalement ou physiquement aux journalistes.

Alors oui, chère madame, on est assez d’accord sur un point : quand on n’aime pas un média, on le zappe, on ne l’achète pas, on ne l’écoute pas.

Mais le plus important, celui qui nous sépare dans notre vision de la liberté de la presse et de la démocratie, c’est la dernière phrase de la citation ci-dessus : « jamais s’en prendre verbalement ou physiquement aux journalistes ».

Pour que les choses soient claires, mes éventuels lecteurs informés et que vous ne puissiez me reprocher d’avoir déformé ou amputé vos propos, je reproduis ici l’intégralité de votre post facebook du 26 novembre :

Alors donc, vous ne parvenez pas « à ressentir de compassion sincère pour ces journalistes » agressés samedi à Toulouse et qui ont, pour certains, échappé à un lynchage !

Ces propos personnels, on peut les zapper eux-aussi, refuser de les lire, les ignorer. Un commentaire de plus sur les réseaux sociaux…

Seulement, permettez-moi de vous le rappeler chère Madame, vous n’êtes pas n’importe qui. Ceux de mes lecteurs qui l’ignoreraient encore doivent savoir que vous êtes la présidente de la société Médiascop, que vous avez animé avec succès la communication de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017 et que vous êtes l’ancienne directrice de Le Média, cette web-télé née en 2018 pour concurrencer les « médias dominants ».

Vous êtes donc une voix qui porte.

Mes confrères toulousains, pères de famille, qui ont échappé samedi à un lynchage (le mot n’est pas trop fort, tous les témoins vous le diront) apprécieront donc que cette voix qui porte, notamment à gauche, non seulement ne compatit pas pour eux mais semble justifier les actes de violence en raison de « la corruption mentale » de ces journalistes.

N’auriez-vous donc aucune « compassion sincère » pour ces centaines de journalistes emprisonnés en Turquie, pour Jamal Khashoggi, découpé en morceaux par les services secrets saoudiens et pour tant d’autres, détenus, torturés, tués à travers le monde ?

Alors, je vous plains.

Ceux qui se battent tous les jours pour une info de qualité apprécieront aussi que votre voix qui porte indique que « pour s’informer désormais, les réseaux sociaux sont plus sûrs ». Fake news, infox, post-vérité… Vous semblez balayer d’un large geste les accusations fondées contre les officines qui manipulent et déforment les informations sur facebook et ailleurs, le plus souvent à des fins politiques. Pour quelqu’un qui a un tel talent et tant de compétences dans la communication politique, c’est un comble.

Ce post n’a pas vocation à vous convaincre, restons modeste. On peut comprendre que les récents événements judiciaires concernant Jean-Luc Mélenchon, La France Insoumise et votre société Médiascop vous aient un peu énervée ; que la couverture de ces événements par les médias ait renforcée votre colère envers les journalistes. C’est votre droit.

Espérons simplement (ensemble ?) qu’aucun journaliste en France ne sera lynché par un groupe extrémiste au nom de la lutte contre la « corruption mentale » ou qu’aucun geste violent ne sera porté parce qu’un manifestant aura cru qu’une « voix qui porte » lui a donné sa bénédiction.

Vous avez raison en fait. Je vais cesser de vous lire.

FV (@fabvalery)

PS : après la parution de cet article, Sophia Chikirou a publié un tweet dans lequel elle semble vouloir s’expliquer et indique qu’à propos des journalistes elle « ne voulai(t) pas qu’ils puissent se victimiser et recommandai(t) donc de ne pas les agresser ».

Journalistes agressés en Occitanie : des condamnations unanimes

Après l’agression de plusieurs journalistes samedi 24 novembre pendant la manifestation des gilets jaunes, les médias régionaux et locaux, les élus, ont condamné cette violence.

Le moins que le puisse dire c’est que le monde de la presse et des médias est secoué. Et ce n’est pas une réaction corporatiste : voir qu’en 2018 en France, pays des droits de l’homme, on puisse s’en prendre physiquement à des journalistes et tenter de les lyncher en pleine ville pendant une manifestation pose question sur l’état de notre démocratie.

Une minorité

Répétons encore une fois que l’attitude de certains manifestants « gilets jaunes », hors de contrôle samedi face aux équipes de BFM TV et C News à Toulouse, de France 3 à Agde, de Midi Libre à Béziers, les menaces sur les réseaux sociaux à l’encontre de notre confrère Laurent Dubois après un article de France 3 sur le passé politique d’un leader du mouvement des Gilets Jaunes, ne doivent pas entacher la totalité de ceux qui ont choisi de se faire entendre dans la rue et sur les routes contre la vie chère et notamment les taxes sur les carburants.

C’est bien une minorité qui s’en est pris aux journalistes. Mais cette minorité existe et son attitude ne doit pas être ignorée.

Une question de démocratie

Parmi les nombreuses réactions à noter celle du Club de la Presse d’Occitanie qui a exprimé sa colère et sa solidarité envers les journalistes agressés (lire ici) ou encore celle de l’Association des Journalistes de Toulouse et sa région (AJT-r) rappelant quelques notions essentielles :

On peut être en désaccord avec la manière dont les rassemblements sont relatés ; plus généralement, on peut déplorer la concentration de la presse française dans les mains de quelques financiers. Mais cela n’excuse et ne justifie en rien des comportements violents envers les journalistes ou qui que ce soit. Ces méthodes rappellent singulièrement celles des dictatures ailleurs dans le monde. Sans la liberté de la presse, pas de liberté de penser, de s’exprimer et d’agir. Ici, la liberté de la presse signifie pouvoir faire son travail sans aucune pression ni menaces de la part de manifestants, policiers, politiques, gouvernants ou autres. Les journalistes et les médias représentent souvent un des derniers remparts de la démocratie, fortement contestée actuellement comme non représentative et inefficace. Mais partout où la démocratie a laissé la place à des régimes autoritaires, les libertés publiques et individuelles – dont la liberté de la presse – ont disparu et les atteintes aux droits humains élémentaires les ont remplacées, y compris en Europe (Edito de Sylviane Beaudois pour l’AJT-r)

Boycott et solidarité

Par mesure de rétorsion à ses agressions, plusieurs médias ont choisi d’opérer dès dimanche un « boycott » de 24 heures sur le mouvement des Gilets Jaunes.

A Toulouse et dans la région, certains médias n’ont pas choisi cette option, préférant soutenir, affirmer leur solidarité. C’est le cas d’Actu Toulouse qui a expliqué sa position dans un article (lire ici) ou encore de France 3 Midi-Pyrénées, dont le rédacteur en chef, Léo Lemberton, a expliqué la position en plateau dans le 19/20 dimanche, après la diffusion d’un reportage sur les violences qu’ont subi les journalistes la veille :

Enfin, des élus ont aussi apporté leur soutien aux journalistes agressés, comme le maire LR de Toulouse, Jean-Luc Moudenc :

Ils menacent un journaliste de le retrouver à son domicile

Au total, 5 journalistes de C News et BFM TV ont porté plainte à Toulouse après les événements de samedi, pour violences aggravées, menaces de mort, et tentative d’agression en réunion.

Dimanche matin, un journaliste de C News est même retourné au commissariat de Toulouse pour déposer une seconde plainte après une tentative d’intimidation : sur les réseaux sociaux des personnes du mouvement des « gilets jaunes » avaient proclamé connaître son adresse personnelle !

FV (@fabvalery)

24 Nov

Gilets jaunes : l’équipe de BFM TV échappe à une tentative de lynchage à Toulouse

Des manifestants ont dérapé ce samedi vers 16 heures place du Capitole. Les correspondants de BFM TV ont échappé à une tentative de lynchage. D’autres journalistes ont été conspués. A Béziers, des journalistes de Midi Libre ont été molestés.

C’est une marche de plus dans l’escalade anti-médias de certains manifestants du mouvement des « gilets jaunes ».

Ce samedi, l’équipe des journalistes correspondants de BFM TV à Toulouse a échappé à une véritable tentative de lynchage.

« BFM collabo »

Vers 16 heures, alors qu’un millier de manifestants se trouvaient place du Capitole, environ 200 personnes s’en sont pris verbalement à des équipes de télévision, particulièrement aux deux journalistes de BFM TV, Jean-Wilfried Forquès et Maxime Sounillac.

Le micro du correspondant ne portait pas les couleurs de la chaîne info. Les journalistes étaient aussi accompagnés de deux agents de sécurité mais cela n’a pas empêché un petit groupe de tenter de s’en prendre physiquement aux journalistes.

« BFM collabo », « dégage » se sont mis à crier les manifestants comme on le voit sur cette vidéo, publiée sur la page facebook des Gilets jaunes à Toulouse :

Il faut noter que plusieurs policiers présents alors à cet endroit ne sont pas intervenus pour protéger les journalistes.

Pris en chasse par des manifestants

« Ce qui s’est passé ensuite était une véritable tentative de lynchage » racontent plusieurs témoins.

La tension est montée brisquement d’un cran et les agents de sécurité sont intervenus pour faire sortir les deux journalistes de la place du Capitole. C’est alors, dans une rue adjacente, qu’une cinquantaine de manifestants ont « coursé » le correspondant de la chaîne à Toulouse. Un sprint pour sauver sa peau.

Le journaliste, séparé de son caméraman, a trouvé refuge dans une boutique dont la gérante a fermé les grilles. Il a ensuite fallu attendre pendant de longues minutes l’intervention des CRS qui ont chargé pour dégager les accès à la boutique et permettre au journaliste d’être évacué.

Le caméraman et le correspondant n’ont pas été blessés. « Jamais je n’ai senti autant de haine contre les journalistes » a témoigné Jean-Wilfried Forquès auprès de France 3. Journaliste aguerri, ayant couvert plusieurs conflits dans le monde quand il travaillait pour Sud Radio, il est le correspondant à Toulouse de BFM TV et RMC depuis dix ans.

A la suite de ce nouvel incident grave, des messages hostiles à la presse fleurissent sur facebook comme celui-ci :

BFM TV s’est fait dégager de la place du capitole «Toulouse» par le peuple 
#BFMTVCOLABO

Après cet incident grave, les journalistes et la direction de BFM ont porté plainte.

Une plainte de l’équipe de CNews

Les journalistes correspondants de CNews (groupe Canal +) à Toulouse ont eux aussi essuyé des quolibets, des insultes et des jets de projectiles de la part de manifestants. Ils sont allés déposer plainte au commissariat de Toulouse.

Après une semaine de manifestations, les épisodes de ce type se multiplient, notamment en Occitanie.

Des incidents à Béziers, à Agde…

A Béziers, samedi, des journalistes de Midi Libre ont également été insultés, molestés et même frappés pour certains.

« Malgré l’intervention du chef d’agence, qui a tenté de dialoguer avec ces manifestants reprochant « aux médias d’être vendus à Macron », explique la société des journalistes de Midi Libre (SOJOMIL) dans un communiqué, l’un de nos confrères a reçu des coups, de nombreuses insultes ont été proférées, et la poignée de la porte a été cassée lorsque certains ont essayé d’entrer en force dans les locaux. 

La SOJOMIL rappelle que les journalistes de Midi Libre travaillent en toute indépendance pour informer au quotidien leurs lecteurs du mouvement des gilets jaunes, depuis le départ, comme ils le font dans tous les domaines de l’actualité locale, régionale et nationale. A ce titre, toute pression verbale ou agression physique envers les journalistes de Midi Libre est inacceptable et sera systématiquement signalée aux autorités ».

D’autres journalistes, d’autres médias ont été aussi pris à parti par exemple à Agde dans des conditions extrêmement difficiles.

Stop !

On aura beau répéter, comme nous le faisons régulièrement sur ce blog, que s’en prendre physiquement aux journalistes est à la fois intolérable et contre-productif pour les manifestants, cela ne semble pas servir à grand chose.

On se contentera donc, modestement, d’apporter notre soutien à nos confrères de BFM TV à Toulouse et de Midi Libre à Béziers ainsi qu’à tous les journalistes qui tentent de faire leur travail sur un terrain qui devient de plus en plus hostile.

FV (@fabvalery)

20 Nov

La place des femmes dans les médias : un combat encore loin d’être gagné

Le Club de la presse d’Occitanie multiplie les initiatives pour rendre visibles les femmes dans les médias de la région : annuaire des expertes, soirée « Elles font l’actu » et études sur le taux de femmes dans l’encadrement des médias régionaux (spoiler : c’est très masculin !).

Sylvie Maligorne, rédactrice en chef adjointe et ex-cheffe du service politique de l’AFP (Photo : Eric Feferberg/AFP)

C’est un combat. Les femmes sont encore très mal représentées dans les médias en France, comme dans le reste de l’Europe. L’Occitanie n’y échappe pas. Le club de la presse d’Occitanie (basé à Montpellier) a fait ce constat depuis longtemps. Qu’elles soient « expertes », privées de parole dans les grands médias, ou journalistes, privées d’accès à la hiérarchie des rédactions, les femmes sont, en général, assez mal représentées.

Les hommes monopolisent la parole

L’étude menée par le Club de la Presse (en collboration avec l’Association des Journalistes de Toulouse et sa Région, l’AJT-r) a consisté à mesurer la quantité et la qualité des intervenantes féminines dans 6 médias régionaux ou locaux (20 Minutes, La Dépêche du Midi Toulouse et Cahors, France Bleu Toulouse, France 3 Occitanie et Côté Toulouse) : photos, articles, vidéos ont été analysés sur une période donnée.

Il en ressort que non seulement 75 % des intervenants qui ont accès aux médias sont des hommes (et par conséquent 25 % des femmes) mais également que qualitativement les femmes sont cantonnées à des secteurs précis comme la santé ou à des actualités froides alors que les hommes interviennent davantage dès que l’actualité est plus chaude !

Un annuaire des expertes

Pour remédier à cela, le Club de la Presse sort la deuxième édition de son annuaire des expertes (le premier portait uniquement sur l’ex-Languedoc-Roussillon). 420 noms de femmes d’Occitanie (hors politique et médias) y sont recensés.

De plus en plus de journalistes vont à la facilité, en utilisant leurs contacts, sans chercher à savoir si d’autres experts existent notamment des femmes. L’annuaire doit les aider à sortir de leur réseau (Céline Cammarata, présidente du Club de la Presse Occitanie)

Les journalistes (masculins comme féminins car les hommes ne sont pas les seuls à « exclure » les femmes de leurs articles ou reportages) n’auront donc plus d’excuses pour donner la parole à des femmes expertes dans « une vingtaine de domaines dans lesquels nous avons identifié et contacté des femmes qui ont les compétences et qui acceptent de répondre rapidement aux demandes des journalistes » explique Catherine Stern, journaliste à Toulouse et à l’origine de la commission femmes et médias de l’AJT-r.

Un chef sur six dans les rédactions est une femme

« Il y a un lien de cause à effets entre l’absence de femmes dans la hiérarchie des médias et le fait que le lectorat soit plutôt masculin » estime Céline Cammarata. Il faut dire que les résultats de l’autre étude menée par le Club de la Presse sont terribles pour les médias dans la région : 17 % de femmes seulement dans des fonctions de chef(fe) de service (direction d’antenne, direction de la publication, direction de la rédaction, rédaction en chef, chefs d’agences, chefs d’édition), soit une femme pour six hommes au même poste.

Les femmes se disent qu’elles préfèrent renoncer à ces fonctions en raison souvent des responsabilités familiales, des enfants à gérer, et qu’elles ne pourront pas être à 100 % dans le poste (Céline Cammarata)

Ce chiffre monte tout de même à 32 % au niveau des postes d’adjoint-e-s… surtout grâce au Languedoc-Roussillon, apparemment plus féminisé que Midi-Pyrénées !

Pire, certaines rédactions majeures de notre région ne sont dirigées que par des hommes ! Attention, on lâche les noms (source Club de la Presse) : La Dépêche du Midi, Midi Libre, L’Indépendant, Les Gazettes, La Lettre M. Etonnant, alors que, depuis des années, le métier de journaliste se féminise. Apparemment pas son encadrement.

Une soirée avec les femmes « qui font l’actu »

Pour mettre les femmes dans la lumière, pas seulement auprès des patrons de presse et des journalistes mais aussi du public, le Club de la Presse organise le vendredi 7 décembre la deuxième édition de sa soirée « Elles font l’actu ! ». La première avait eu lieu à Montpellier en 2016.

Cette fois c’est à Toulouse, au cinéma Gaumont Wilson, que l’on débattra du sujet avec des experts et des expertes. Une soirée parrainée par Céline Pigalle, la patronne de la rédaction de BFM TV et ouverte au public (mais inscription préalable obligatoire)… hommes et femmes bienvenus.

FV @fabvalery

Parti de Montpellier, le mouvement #Payetoiunjournaliste lutte contre les violences que subit la presse

En réaction aux agressions physiques ou verbales contre les journalistes, notamment avec le mouvement des gilets jaunes, des journalistes de Montpellier ont créé un collectif pour exprimer et faire connaître les cas de violences. En quelques heures, le mouvement est devenu national.

Marre des insultes, des humiliations, des agressions verbales et même physiques ! Huit journalistes de la région de Montpellier ont créé dimanche 18 novembre, en réaction aux différentes agressions relevées pendant le mouvement des « Gilets Jaunes », un collectif intitulé #Payetoiunjournaliste pour dénoncer ces violences et le presse bashing ambiant.

Nous avons un scoop : le journaliste est une personne ! Oui ça peut être un pote de ton pote, un voisin ou même un ancien de ton lycée ! Et le journaliste en a ras la plume, le micro ou la caméra de se faire malmener, insulter, conspuer. Ainsi le mouvement #Payetoiunjournaliste relate, dénonce et informe au sujet des mésaventures – insultes ou agressions physiques – subies par nos consoeurs ou nos confrères (communiqué)

Ce mouvement spontané parti de Montpellier a déjà séduit de nombreux journalistes à travers la France. Sur le groupe public sur Facebook, de nombreux témoignages de violences subies sur le terrain par les reporters ou sur les réseaux sociaux pour les journalistes travaillant sur le numérique foisonnent déjà.

Pourquoi avons-nous pris l’habitude de ne rien dire, de courber le dos et de continuer à faire notre boulot méticuleusement, pourquoi on préfère en rire que de se révolter ? (témoignage sur la page facebook)

Le début d’une prise de conscience des journalistes ? L’envie de se dire que, si on ne doit répondre à la violence par la violence, au moins ne faut-il pas laisser passer ces actes belliqueux et expliquer, encore et toujours, que la liberté d’informer est un gage de démocratie. L’expliquer même à ceux qui fustigent, condamnent et conspuent. La presse les protègent, eux aussi. A leur corps défendant.

FV (@fabvalery)

19 Nov

Les gilets sont jaunes, la colère est noire et les journalistes en voient de toutes les couleurs

Avec le mouvement des gilets jaunes c’est un nouvel épisode de dénigrement, voire de haine, qui s’est développé contre les médias et les journalistes.

Photo : Nicolas Tucat / AFP

Quand tu te fais aboyer dessus par 200 personnes autour de toi, cracher dessus, te faire traiter de « menteur », de « vendu », de « macroniste », mes nerfs ont failli lâcher mais certains étaient heureusement quand même ouverts au dialogue. Certains, mais trop peu. Les gars, nous aussi on est en galère parfois, sachez le. Je ne suis qu’une simple pigiste en région qui essaie de faire son taf du mieux qu’elle peut pour pouvoir payer mon loyer et manger à la fin du mois comme tout le monde »

Ce témoignage d’une journaliste, verbalement agressée sur un barrage monté par les gilets jaunes ce week-end en dit long sur ce qu’ont vécu ceux qui, par leur métier, devaient rendre compte du mouvement de protestation depuis samedi 17 novembre. 

« Bâtards de journalistes »

Insultes, menaces, agressions physiques… Sur les comptes des réseaux sociaux des médias ou sur le terrain, de nombreux confrères ont vécu des épisodes douloureux. Comme cette consoeur qui travaille dans la région des Hauts-de-France :

Samedi, un homme a failli me frapper sur un barrage et sur un autre blocage, un manifestant a hurlé à une dame qui me servait un café : « Vous êtes trop gentille avec ces bâtards de journalistes ».

Un journaliste de BFM TV a également été agressé lors d’un passage en direct sur la chaîne d’info en continu. Alors qu’il s’exprimait, il a vu un manifestant foncer sur lui et lui écraser un oeuf sur la tête. Rien de grave sur le plan physique mais une grosse frayeur pour le journaliste.

Enfin, pour terminer cette longue liste il y a les accusations d’être « des vendus », des malhonnêtes dans le traitement de l’info. « Collabo » s’est entendu dire un caméraman.

Une grosse infox

Au premier rang de ce procès en « collaboration », cette « infox » (fake news en bon français) concernant le journal de France 3 Aquitaine de la mi-journée du 17 septembre. Sur les réseaux sociaux, la chaîne a été accusée d’avoir coupé la parole à sa journaliste en direct d’un blocage sur le pont d’Aquitaine à Bordeaux, au moment où elle évoquait l’attitude des policiers. En clair : France 3 aurait coupé volontairement la journaliste pour l’empêcher de parler des « menaces » des forces de l’ordre.

Il s’agissait en fait de la fin du journal télévisé et la présentatrice n’avait plus le temps de laisser sa consoeur parler. Mais pour une partie des internautes, il s’agit d’une censure. La vidéo a été vue plusieurs millions de fois en quelques heures :

Pas un réflexe corporatiste, juste un bien pour la démocratie

S’en prendre aux journalistes, ce n’est jamais bon pour la démocratie. Alors bien-sûr, on peut comprendre la colère des manifestants, leur ras-le-bol. Il faut aussi reconnaître que la majorité des gilets jaunes n’a pas d’animosité envers les journalistes. Mais quelques exceptions salissent le mouvement.

Les journalistes acceptent d’être critiqués sur leur travail, de débattre de la ligne éditoriale de leur médias respectifs.

Mais si on est pas d’accord avec un organe de presse, la solution la plus simple c’est de ne pas regarder cette chaîne de télé, de ne pas écouter cette radio, de ne pas lire les articles de ce site internet, de ne pas acheter ce journal ou ce magazine… Jamais de s’en prendre verbalement ou physiquement aux journalistes.

Défendre l’intégrité physique et morale des journalistes, ce n’est pas un réflexe corporatiste. C’est une question de démocratie.

La colère d’un peuple ne doit pas s’exprimer par des coups portés aux journalistes. Quand les régimes autoritaires prennent le pouvoir dans un pays, on muselle la presse, on emprisonne les journalistes, on les juge devant des tribunaux d’exceptions… Croyez-vous alors que le peuple de ces pays jouit d’une plus grande liberté ?

Un journaliste pigiste peut gagner moins que le SMIC

Que les « gilets jaunes » ne se trompent pas. Les journalistes ont aussi des familles, payent des impôts, achètent de l’essence pour amener leurs enfants à l’école ou à leurs activités, et voient, eux aussi, leur niveau de vie changer. De plus, de nombreux journalistes sont pigistes, c’est à dire qu’ils ne sont pas salariés à temps plein d’une entreprise. C’est vrai notamment en début de carrière.

Dans ce cas, leurs revenus sont liés au nombre de piges réalisées dans le mois. Moins que le SMIC pour certains. Dans des barrages, des journalistes qui ont subi les foudres des « gilets jaunes » gagnaient peut-être moins que les manifestants.

Des agents de sécurité pour protéger les journalistes

Pour terminer, sans donner de leçon à personne, il faut réfléchir, tous, journalistes ou pas, à ce témoignage d’une correspondante de la chaîne d’infos LCI (groupe TF1), qui raconte avoir été soulagée que sa rédaction lui envoie des agents de sécurité…

Insultés, menacés et agressés… Journée contrastée aussi pour les journalistes qui subissent trop fréquemment insultes et intimidations. Merci à ma rédaction d’avoir dépêché sur place des agents de sécurité sans qui nous n’aurions sûrement pas pu finir la journée. 

Quand on en est arrivés là…

FV (@fabvalery)

17 Oct

VIDEO – Quand Mélenchon se moque de l’accent toulousain d’une journaliste

Le député France Insoumise et ancien député européen du sud-ouest a singé ce mercredi l’accent de la journaliste politique de France 3 Véronique Gaurel, originaire de Toulouse.

(Photo : Vincent Isore / MaxPPP)

A travers Véronique Gaurel, c’est tous les Français qui s’expriment, comme on dit, « avec un accent » qui se sont sentis visés.

Interrogé par les journalistes à l’Assemblée nationale, au lendemain des perquisitions qui ont visées la France Insoumise et son propre domicile, Jean-Luc Mélenchon s’est moqué de l’accent de la journaliste politique de France 3, originaire de Toulouse, l’imitant devant les caméras et micros pour tenter de ne pas répondre à la question qui lui était posée.

Il a alors ajouté cette phrase, vexante pour la journaliste :

Quelqu’un a-t-il une question formulée en Français ?

Evidemment, la scène a été filmée :

Le natif de Tanger et ancien élu de la région parisienne a sans doute été surpris qu’à Paris, au coeur du pouvoir législatif, une journaliste puisse lui poser une question avec un accent qui sentait bon la province.

A LIRE AUSSI : « Se moquer de l’accent du Midi, pour un élu c’est déplacé »

Jean-Luc Mélenchon a sans doute oublié que cette province à l’accent chantant, le sud de la France, lui a offert ses deux derniers mandats électoraux : actuellement député des Bouches-du-Rhône à Marseille et précédemment député européen du sud-ouest.

Dont Toulouse, d’où est originaire notre consoeur. Là où les voix chantent le soleil et on l’on dit chocolatine.

La présidente PS de la région Occitanie, Carole Delga a réagi en conseillant à Jean-Luc Mélenchon de « se détendre », notamment en écoutant la chanson de Zebda « L’accent tué » :

Réaction également de Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse :

Jeudi matin, l’un des bras droits de Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard, lui aussi toulousain, a qualifié de « polémique à deux balles » les réactions indignées autour de cette moquerie :

Pour lui ce n’était pas l’accent de la journaliste qui était en cause mais le contenu de sa question.

FV (@fabvalery)