08 Déc

Les associés du maire de Gaillac (Tarn) déboutés de leur poursuite en diffamation contre un article de presse

Le tribunal a relaxé La Dépêche du Midi, son directeur de la publication et le journaliste auteur de l’article.

Le tribunal d’Albi (Photo : E. Cayre / MaxPPP)

Mardi 3 décembre, le journal La Dépêche du Midi, son directeur de la publication Jean-Nicolas Baylet et le journaliste Patrick Guerrier comparaissaient devant le tribunal correctionnel d’Albi après la plainte en diffamation déposée en décembre 2017 par les deux associés du maire de Gaillac, Patrice Gausserand, au sein de la société « le comptoir des bastides ».

Pierre-Yves Olivier et sa femme chinoise, Jing Liu épouse Olivier, pointaient du doigt un article de la DDM datant du 16 septembre 2017 et intitulé « Chine : les relations du maire de Gaillac posent question » (cliquez ici pour en prendre connaissance).

Un article anti-chinois pour la partie civile…

Tous les deux s’estimaient avoir été salis par cet article laissant planer le doute, selon eux, sur leur probité et sur le fait qu’ils auraient profité du mandat du maire de Gaillac pour leurs affaires.

« Ils ont été victimes d’un véritable plan média contre Patrice Gausserand mené par l’opposition municipale » a assuré Me Laurent Decaunes lors de sa plaidoirie soulignant par ailleurs l’utilisation de façon « répétée et excessive » dans ce papier du nom de ses clients mais aussi la nationalité de Madame Olivier. Une façon de laisser sous-entendre une position raciste et anti-chinoise du journaliste rédacteur de l’article.

Intérêts privés et publics

Ce dernier s’est contenté d’expliquer à la barre que son intention n’avait jamais été de cibler le couple d’investisseurs mais de poser des questions sur les pratiques d’un élu, en l’occurrence Patrice Gausserand, mélangeant ses intérêts privés avec son mandat public, soulignant que l’élu n’a jamais évoqué devant le conseil municipal ses nouvelles activités.

Patrice Guerrier a par ailleurs rappelé que son travail de journaliste ne semblait pas dénoué de sens puisque Patrice Gausserand et Pierre-Yves Olivier comparaîtront le 17 décembre prochain devant le tribunal d’Albi pour corruption et prise illégale d’intérêt dans le rachat de la Bodega à Gaillac.

Le tribunal a décidé de relaxer le quotidien et ses représentants.

Pas de compte-rendu

Une petite victoire pour le journal et sa rédaction tarnaise dont n’auront pas connaissance leurs lecteurs. Un journaliste de la rédaction était dans la salle afin de publier un compte-rendu.

Depuis l’audience, rien n’a pourtant été publié. Un lien avec la 3e édition du festival des lanternes à Gaillac dont La Dépêche du Midi est partenaire et s’occupe de la régie publicitaire ?

26 Nov

« C’est moi c’est l’Italien » : le journaliste politique Patrick Noviello monte sur scène pour un one man show

Journaliste et rédacteur en chef adjoint à France 3 Occitanie, Patrick Noviello endosse un nouveau rôle : seul en scène, il évoque, avec humour, ses origines italiennes.

Patrick Noviello (Photo : R. Femia)

Dans la lumière (à la télé et sur le web sur France 3 Occitanie), on le connaît comme présentateur de l’émission hebdomadaire Dimanche en Politique, chroniqueur politique dans les journaux télés et sur le blog du même nom.

Dans l’ombre, professionnellement, il orchestre les journaux télé de la chaîne en tant que rédacteur en chef adjoint. Passé par Télé Toulouse et la rédaction nationale de France 3, enseignant en journalisme à l’Ecole de Journalisme de Toulouse (EJT), Patrick Noviello a désormais une nouvelle corde à un arc déjà bien fourni : le voilà qui monte sur scène pour interpréter le spectacle qu’il a lui même écrit.

J’ai toujours voulu faire ça. Depuis le club de théâtre du collège, je me suis toujours dit qu’un jour je ferai de la scène. C’est évidemment très différent du métier de journaliste que je continue d’exercer. Il n’y a pas de lien entre les deux, si ce n’est la transmission d’infos. Dans ce spectacle, on rit, on est ému, mais on apprend aussi des choses, sur l’histoire contemporaine de l’Italie, sur la politique, sur l’immigration »

Le metteur en scène et producteur, Rocco Femia, bien connu à Toulouse pour diriger la revue Radici (« Racines » en italien) à laquelle Patrick Noviello collabore, parle à propos de ce spectacle d’une « conférence théâtralisée ».

Mais n’imaginez pas un Patrick Noviello tristounet assis derrière un bureau sombre, lisant un texte soporifique sur fond de diapositives délavées ! Libéré des contraintes du journalisme, il a écrit un vrai one man show, usant de l’humour cinglant et toujours très efficace que ses collègues de travail et ses amis lui connaissent.

« C’est moi c’est l’Italien » (astucieusement sous-titré « de Reggiani à Salvini ») est un spectacle, vivant, qui vous embarque dans l’histoire de l’immigration et de la politique italienne à travers l’exemple de la famille de l’auteur-interprète.

Ce que j’ai voulu c’est restituer un vécu personnel, familial, toujours replacé dans le contexte historique de l’Italie. Mais c’est un spectacle grand public, qui tourne autour de citations, de films et de chansons populaires, que tout le monde connaît. Ce n’est pas réservé à ceux qui ont des origines italiennes. »

Accompagné par le pianiste Giovanni Canzanella, Patrick Noviello réalisera sa première sur scène ce samedi 30 novembre au Centre culturel Lalande à Toulouse. D’autres dates sont prévues.

Toutefois, le journaliste a une autre scène qui l’attend dans les mois qui viennent : celle des élections municipales, où il sera à la manœuvre des débats et des soirées électorales sur France 3 Occitanie.

Un autre monde. Quoique…

FV (@fabvalery)

 

15 Nov

Toulouse : le journaliste Guillaume Bernard, interpellé pendant une manif de Gilets jaunes, a été relaxé par la justice

Jugé pour rébellion ce vendredi, après avoir passé 27 heures en garde à vue le 12 octobre, le jeune journaliste de 26 ans a été relaxé des faits qui lui été reprochés.

Le journaliste Guillaume Bernard devant le palais de Justice (Photo : FV / FTV

Il est ressorti du palais de justice de Toulouse plus détendu que lorsqu’il y était rentré un peu plus tôt.

Guillaume Bernard, journaliste indépendant travaillant pour « Rapports de force », Ecomnews et Sans Transitions, a été blanchi par le tribunal de Toulouse, qui intervenait en formation de juge unique, des faits de rébellion qui lui étaient reprochés.

Je suis vraiment soulagé. C’est une période très dure à vivre qui s’achève. Merci à ceux qui m’ont soutenu. La profession de journaliste est attaquée, il faut se serrer les coudes (Guillaume Bernard)

27 heures de garde à vue

Le 12 octobre dernier, il avait été interpellé à Toulouse et avait passé 27 heures en garde à vue. Au départ, les enquêteurs lui reprochaient des jets de projectiles. Mais au fil de la garde à vue, il est apparu qu’il y avait eu sans doute erreur sur la personne.

Ce sont donc uniquement des faits de rébellion qui avaient été retenus contre lui, une faible « résistance » au moment de l’interpellation, « pour éviter de tomber » a-t-il expliqué au juge, un « réflexe par un acte de rébellion » a précisé son avocate Maître Claire Dujardin.

« On savait que Guillaume Bernard était journaliste mais on l’a maintenu en garde à vue, on a prolongé sa garde à vue alors qu’on savait qu’il n’était pas l’auteur des jets de projectiles » s’est insurgée son avocate.

De nombreux soutiens

Guillaume Bernard était soutenu par des nombreux confrères journalistes, des organisations syndicales, l’Association des Journalistes de Toulouse, le club de la presse d’Occitanie ou encore la Ligue des Droits de l’Homme.

Tout le monde s’est réjoui de sa relaxe. Le ministère public avait estimé que les faits de rébellion étaient constitué et avait réclamé un stage de citoyenneté à son encontre.

Ce procès a été l’occasion de revenir sur la difficulté pour les journalistes de travailler lors des exercices de maintien de l’ordre.

« Nous sommes face à un Etat de plus en plus répressif et il est de plus en plus difficile d’informer, a déclaré Dominique Pradalié, secrétaire générale du Syndicat national des journalistes (SNJ), qui avait fait le déplacement à Toulouse à cette occasion. La violence policière et judiciaire contre les journalistes est là pour les empêcher de témoigner, d’informer. Guillaume Bernard en est un nouvel exemple, un exemple de trop ».

Voilà donc le jeune journaliste toulousain (diplômé de l’école de journalisme de Sciences Po Paris) débarrassé de tout soupçon et accusations.

Des conséquences pour les petites rédactions

Mais ce procès était aussi l’occasion d’expliquer que ces procédures ne sont pas sans conséquences notamment pour les médias indépendants.

« Il y a un aspect moral, sur la liberté d’informer. Mais il y a des conséquences matérielles aussi pour des petits médias indépendants comme le notre, explique Stéphane Ortéga, de « Rapports de Force » l’un des employeurs de Guillaume Bernard. Quand Guillaume est en garde à vue, il ne peut pas écrire les articles qu’il devait faire. Quand nous allons le soutenir, nous ne sont pas en train de faire nos reportages. Et puis il y a tout le suivi judiciaire, qui nous prend du temps et des moyens, et pendant ce temps-là, nous n’informons pas ».

A Toulouse, depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, il y a un an, plusieurs journalistes ont été blessés, empêchés de travailler, repoussés par les forces de l’ordre ou des manifestants. Guillaume lui avait été arrêté, placé en garde à vue pendant plus d’une journée.

A chaque fois, la liberté d’informer et donc l’accès à l’information des citoyens reculent un peu plus.

FV @fabvalery

13 Oct

Un journaliste en garde à vue à Toulouse, interpellé pendant la manif des Gilets jaunes

Le journaliste indépendant a été interpellé samedi 12 octobre à Toulouse et se voit reprocher des faits qu’il conteste. Il doit être libéré dans la soirée et sera convoqué ultérieurement devant la justice.

Les rapports ont été à nouveau tendus entre la presse et les forces de l’ordre samedi 12 octobre à Toulouse. Le photoreporter qui apparaît sur cette photo n’est pas le journaliste qui a été placé en garde à vue (Photo : GUILLAUME HORCAJUELO/ MAXPPP)

Selon nos informations, la garde à vue de Guillaume Bernard qui a été prolongée ce dimanche après-midi doit être levée dans la soirée, alors que le journaliste indépendant exerçant à Toulouse, a été interpellé par les forces de l’ordre samedi en milieu d’après-midi et vient de passer plus de 24 heures en garde à vue.

Il conteste les faits qui lui sont reprochés

Selon le parquet de Toulouse, le journaliste se voyait reprocher des jets de projectiles en direction des forces de l’ordre, lors du 48ème rassemblement des Gilets jaunes à Toulouse, une manifestation nationale qui a vite dégénéré samedi après-midi.

Il lui est également reproché de s’être rebellé au moment de son interpellation. Le jeune homme conteste les faits qui lui sont reprochés.

Un proche, contacté par nos soins, explique que le jeune journaliste de 25 ans est « pacifique » et qu’il est « impossible qu’il ait fait ce qu’on lui reproche ». Un témoin sur place indique d’ailleurs que son interpellation s’est faite en douceur. Sur une vidéo postée par le média qui l’emploie, Rapports de force, on le voit, menotté, se laisser conduire par les policiers sans résister :

Les proches expliquent qu’il a pu être confondu avec un participant à la manifestation. Sans contact depuis 24 heures avec le journaliste, la famille n’a pas de détails sur les raisons de son interpellation.

Garde à vue levée et convocation devant la justice

Alors qu’un rassemblement avait lieu dimanche en fin d’après-midi devant l’hôtel de police de Toulouse, à l’appel notamment de ses proches, pour demander sa libération immédiate, le parquet nous a indiqué que la garde à vue de Guillaume Bernard devrait être levée dans la soirée de dimanche.

Il sera poursuivi pour rébellion et convoqué ultérieurement devant la justice.

En revanche, le procureur de la République nous a indiqué que les poursuites pour jets de projectiles étaient abandonnées.

Pigiste pour plusieurs médias

Le journaliste exerce à Toulouse pour le site national Rapports de Force, spécialisé dans les mouvements sociaux, ainsi que pour le journal militant toulousain « A rebrousse poil », pour le site EcomNews, spécialisé dans l’actualité économique dans la moitié sud de la France et enfin pour le magazine Sans Transition.

Il fait partie des 26 personnes interpellées à Toulouse samedi (source : préfecture de la Haute-Garonne) dont 25 avaient été placées en garde à vue.

Les GAV de journalistes sont rares. Celle de Gaspard Glanz (Taranis News) à Paris en avril dernier lors d’une manif de Gilets jaunes avait suscité un débat sur le métier de journaliste : faut-il être forcément détenteur de la carte de presse ? Peut-on être journaliste et engagé ?

Toujours est-il que l’exercice du métier de journaliste est toujours difficile sur les manifestations, après 48 samedis de mobilisation. Ce samedi 12 octobre plusieurs journalistes et photographes se sont encore fait confisquer leur matériel de protection (casque, masque anti-gaz, etc) par les forces de l’ordre. D’autres ont été bousculés ou empêchés de travailler sur la voie publique.

FV @fabvalery

07 Oct

Allo @Place_Beauvau c’est pour un signalement : David Dufresne à Toulouse pour un débat sur les violences policières

Le journaliste, auteur de « Dernière sommation », est attendu le 23 octobre pour un débat dans la ville rose.

David Dufresne (Photo : France Info)

Pas de doute que son intervention à Toulouse suscitera beaucoup d’intérêt. Dans une ville où les manifestations de Gilets jaunes n’ont pas cessé depuis près d’un an, où plusieurs journalistes ont été blessés lors des manifestations, où des interventions musclées des forces de l’ordre sont régulièrement dénoncées, David Dufresne va trouver son public.

Une compilation méthodique

Le journaliste indépendant (ex-Libé, Médiapart et iTélé) et documentariste est devenu, depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, un ardant compilateur des violences policières, particulièrement sur Twitter avec sa marque de fabrique « Allo @Place_Beauvau, c’est pour un signalement », qui interpelle le compte officiel du Ministère de l’Intérieur.

Un premier roman inspiré de son travail de journaliste

Ce recensement et la lumière portée ainsi sur le travail des forces de l’ordre, a conduit le journaliste, auteur de plusieurs documentaires d’enquêtes fouillées et de plusieurs livres références, de publier un premier roman, « Dernière sommation » (éditions Grasset), très inspiré de la situation en France depuis un an.

C’est à l’invitation du café-associatif L’Itinéraire Bis à Toulouse que David Dufresne viendra débattre le mercredi 23 octobre à 20h30. Lanceur de balles de défense (LBD), nasses, usage des lacrymogènes, blessures irréversibles… Les sujets de discussion ne manquent pas.

FV (@fabvalery)

PS : le titre de ce post de blog est un emprunt « clin d’oeil » à la mécanique lancée sur Twitter par David Dufresne. Rien d’autre.

02 Oct

Toulouse : à « Presse en scène », les journalistes travaillent… sur une scène de théâtre !

L’événement, le 8 octobre au Théâtre du Pavé, a l’ambition de faire monter des journalistes sur scène pour « écrire » en direct un journal sur le thème de l’égalité hommes-femmes.

Copyright : Théâtre du Pavé

On peut écrire un journal, l’imprimer sur du papier ou le publier sur internet. On peut aussi, et c’est ce que propose « Presse en scène », l’écrire en direct sur la scène d’un théâtre. Sans qu’il soit publié autrement que dans la tête des membres du public.

A l’initiative de la fondation Oïkos, cet événement va pousser quelques journalistes à monter sur la scène du théâtre du Pavé et à se produire, non pas en étant un acteur qui joue le rôle d’un journaliste, mais journaliste qui travaille face au public.

Le thème retenu pour cette première c’est l’égalité hommes-femmes.

Pour encadrer ces courageux journalistes prêts à affronter le public en direct, il y aura des « experts », spécialistes du sujet, mais également des comédiens, des vrais, ceux qui sont régulièrement sur scène pour raconter la vie des autres non pas seulement avec des mots mais aussi avec leur voix, leur chair, leurs membres, leur corps entier.

Expérience sans doute étrange, qui a en tout cas le mérite de casser les codes et mettre les journalistes directement face à leur public.

« Presse en scène »

Mardi 8 octobre 2019 à 20 heures

Théâtre du Pavé à Toulouse

Inscription sur le site internet dédié (cliquer ici)

30 Août

Un média militant toulousain a-t-il été censuré par Facebook ?

C’est ce qu’affirme le CAMé (collectif auto média énervé) qui a vu, ainsi que d’autres groupes de la gauche radicale en France, son audience chuter sur Facebook après le G7 à Biarritz.

Copyright : J. Saget / AFP

Y a-t-il eu un concours de circonstances et de coïncidences pour qu’au moins 4 pages facebook de groupes de la gauche radicale en France soit « déréférencées » et voient leurs audiences brutalement chuter fin août ou bien sont-elles victimes d’une vaste opération de censure visant à faire disparaître leurs publications dans les nimbes du réseau social ?

Facebook ne répondra pas précisément sur le sujet, comme il n’a pas répondu à nos confrères de Médiapart qui ont révélé cette affaire le 29 août (cliquer ici, lien payant), se bornant à dire que seuls les administrateurs des pages auront droit, dans un délai inconnu, à une explication.

Parmi les pages concernées, celle du CAMé, le collectif auto média étudiants de Toulouse devenu récemment le collectif auto média énervé.

Dans un post, publié le 29 août… sur sa page facebook, le collectif explique que la chute de son audience sur facebook a débuté après le traitement du contre-sommet du G7.

Selon le collectif, c’est le partage d’un article concernant la découverte d’une policière « infiltrée » dans les mouvements contestataires au G7 qui aurait déclenché la censure.

A la suite de ce post, on a vu clairement que nos publications ne touchaient plus grand monde, explique Léon, membre du Camé. On se demande si Facebook n’a pas utilisé la nouvelle loi sur les fake news pour désindexer notre page et celles d’autres collectifs, alors que les infos que nous publions sont militantes, engagées mais toujours vérifiées.

La page du groupe toulousain compte 4 600 fans. Le collectif s’est constitué au moment du mouvement contre la loi travail en 2016 et couvre les mouvements sociaux, étudiants, environnementaux et sociétaux en général… ainsi que leur « répression » par les forces de l’ordre.

On s’est dit en 2016 qu’il fallait qu’on se réapproprie l’info. Nous étions au coeur de la lutte. Et ce que nous voyions alors dans les grands médias ne nous semblait pas pertinent (Léon)

Ensuite, le CAMé a fait son apparition sur les réseaux sociaux. « Contrairement à d’autres mouvement radicaux, explique Léon, nous avons décidé d’être présents sur Facebook, Twitter, Instagram, d’investir les réseaux sociaux justement parce que nous avions fait le constat que les médias radicaux, militants, y étaient absents ».

Alors que le groupe « Lille insurgée », lui aussi pénalisé sur facebook cette semaine, semblait retrouver son niveau d’audience normal ce vendredi, le groupe toulousain a posté une nouvelle publication. Un test. « Elle ne remonte toujours pas dans les fils des abonnés de la page », explique Léon.

Et ce vendredi, l’administrateur de la page du collectif toulousain attendait toujours des explications de Facebook France.

FV @fabvalery

08 Juil

Le correspondant de BFM TV à Toulouse Jean-Wilfrid Forquès « joker » à la présentation des éditions de la chaîne info

Après 10 ans comme correspondant de BFM TV et RMC à Toulouse, le journaliste va œuvrer comme présentateur cet été.

Jean-Wilfried Forquès

Depuis 10 ans, Jean-Wilfrid Forquès est le visage de BFM TV et la voix de RMC à Toulouse et dans la région : attentats de Toulouse, Montauban et Trèbes, inondations dans l’Aude, soirées électorales, reportages sur tous les sujets…

Une belle opportunité

A compter du 20 juillet, le Toulousain va présenter les éditions de la chaîne info à Paris. Il a été choisi comme « joker » présentateur. Il va dans un premier temps co-présenter la tranche 10h-14h avec Florence Duprat puis tiendra l’antenne, fin août, de 14 heures à 17 heures avec Sandra Gandoin

Quand on a l’opportunité de faire de la présentation sur la chaîne pour laquelle on travaille, il faut le tenter. A 54 ans, après 20 ans de Sud Radio et 10 ans de BFM sur le terrain, j’ai de l’expérience, cela doit servir. La difficulté et la nouveauté pour moi ce sera de s’adapter à l’immédiateté de l’info quand on fait du direct pendant plusieurs heures, d’acquérir les bons réflexes (Jean-Wilfrid Forquès)

Cette nouvelle expérience coïncide aussi avec l’arrivée de Marc-Olivier Fogiel à la tête de la chaîne. Jean-Wilfrid Forquès correspond à la fois à un visage connu des téléspectateurs de la chaîne et à une nouveauté en plateau, même si le journaliste a aussi présenté des éditions il y a quelques années à Télé Toulouse (TLT).

Après le traumatisme de novembre…

L’occasion aussi de se renouveler pour le journaliste de terrain qui avoue que les choses « ne sont plus les mêmes » depuis fin novembre 2018. Ce jour-là, poursuivi par des Gilets jaunes dans les rues de Toulouse, qui l’avaient identifié et insulté parce que journaliste à BFM, il n’avait échappé au lynchage que grâce à la réactivité de ses deux gardes du corps et à un commerçant qui l’avaient recueilli dans sa boutique (cliquer ici).

Le journaliste toulousain, qui a couvert de nombreux conflits pour Sud Radio (Kosovo, Irak, Afghanistan, etc), vit toujours avec ces images dans la tête : « Jamais je n’aurais pensé vivre cela à 800 mètres de chez moi ! ». A ce sujet, le parquet de Toulouse a d’ailleurs classé l’affaire, les enquêteurs ne parvenant pas à identifier les meneurs.

Sur les plateaux de BFM, Jean-Wilfrid Forquès va grossir les rangs des journalistes-présentateurs toulousains de la chaîne, aux cotés de Rachid M’Barki. 

FV @fabvalery

 

28 Juin

« Chouf Tolosa », le nouveau média de Toulouse, par les quartiers et pour les quartiers

Emanation d’une formation au journalisme pour les jeunes des « cités » initiée par le Tactikollectif, Chouf Tolosa est en ligne pour proposer un autre regard sur les quartiers populaires.

Le quartier du Mirail à Toulouse (Photo : R. Gabalda / AFP)

Un média des quartiers, par les quartiers, pour les quartiers. Près de 15 ans après le Bondy Blog, voici Chouf Tolosa. Un nouveau média qui vient de voir le jour à Toulouse (cliquer ici).

Sortir du « récit violent et anxiogène »

D’emblée, dans sa présentation, ce nouveau site internet annonce la couleur, écorchant au passage les « médias dominants » et leur regard sur les quartiers populaires :

Le constat de départ est que l’image des quartiers véhiculée par la presse dominante est encore aujourd’hui trop souvent la même : faite de clichés, de faits divers sensationnalistes et stigmatisants, véhiculant un récit violent et anxiogène, en décalage avec les réalités vécues par beaucoup d’habitantes et habitants. Face à ces regards biaisés, Chouf Tolosa entend redonner la parole à celles et ceux qui vivent dans les quartiers.

Bref, l’idée est de proposer de l’info sur les quartiers populaires de Toulouse à rebours des faits divers habituels voire des poncifs de la presse traditionnelle.

Né de l’atelier journalisme du Tactikollectif

Ce qui est à l’origine de ce nouveau site, c’est l’initiative lancée en 2017 par Tactikollectif et dont nous avions d’ailleurs parlé sur ce blog (cliquer ici) : un atelier de journalisme pour des jeunes issus de « banlieue » comme on dit généralement, des quartiers populaires de Toulouse pour être plus précis (qui bien que souvent situés en périphérie de la ville sont tout de même sur le territoire de la commune et non en « banlieue » comme cela peut être le cas en région parisienne).

Ces apprentis en journalisme, issus donc des quartiers toulousains, ont travaillé avec le journaliste indépendant Emmanuel Riondé (Médiapart, Médiacités) et, ensemble, ils ont fait le constat qu’il fallait passer à l’étape suivante : créer un journal en ligne, publier, faire des interviews, organiser des débats, aller à la rencontre des habitants, modifier l’image que l’on peut avoir des quartiers populaires…

Le pluralisme dans les quartiers aussi

On a souvent souligné sur ce blog l’importance du pluralisme de la presse dans la vie d’une démocratie et, plus localement, dans celle d’une région ou d’une ville.

Bienvenue donc à Chouf Tolosa (qui tire son nom du mot arabe « chouf », qui signifie regarde, voit ! et le nom de Toulouse en Occitan) dans le petit monde pas toujours tranquille des médias toulousains.

Souhaitons longue vie à ce nouveau média et surtout de réaliser son objectif d’offrir une information sur les quartiers populaires, différente, gratuite, libre et indépendante.

FV (@fabvalery)

26 Juin

En dix ans, 13 % de journalistes locaux en moins en Occitanie

Médiacités publie une enquête sur l’état de presse quotidienne régionale et locale en France où il apparaît une chute des effectifs. L’Occitanie est particulièrement concernée, notamment les départements de l’ex-Languedoc-Roussillon.

Le siège de Midi Libre à Saint-Jean-de-Védas près de Montpellier (Photo : MICHAEL ESDOURRUBAILH/ MaxPPP)

On dit d’une démocratie qu’elle est en bonne santé quand sa presse est diverse, pluraliste et vivace. La notre doit être un peu malade.

Dans une longue enquête fouillée publiée ce mardi 26 juin, le site d’investigation locale Médiacités (cliquez ici) fait l’état des lieux de la presse quotidienne en France. Et ce n’est pas brillant.

Médiacités a recensé notamment la baisse du nombre de cartes de presse entre 2009 et 2018 département par département. En moyenne, le nombre de journalistes locaux a baissé de 12,5 % en France en une dizaine d’année.

Cette baisse est encore plus sensible en Occitanie, d’après les chiffres recueillis par Médiacités : 13,12 % de baisse en moyenne dans les 13 départements de la région avec des records notamment dans les départements de l’ex-région Languedoc-Roussillon comme l’Hérault, l’Aude, les PO, etc, qui atteignent plus de 16 % de baisse du nombre de journalistes.

Le rachat des journaux du Midi (Midi Libre, L’Indépendant, etc) par La Dépêche du Midi, la fermeture d’agences, le recentrage de La Marseillaise qui a quitté certains départements, la crise générale de la presse écrite face au numérique sont autant de raisons à cette forte baisse.

L’enquête de Médiacités comprend également une carte interactive (cliquez ici) des fermetures d’agences locales ou départementales partout en France.

FV @fabvalery