17 Mai

Montpellier : polémique autour d’une conférence des identitaires de la Ligue du Midi au Club de la presse d’Occitanie

Une conférence de presse du groupe identitaire « Ligue du Midi » était prévue ce vendredi matin dans les locaux du club de la presse. Elle a finalement été annulée. On vous explique pourquoi et comment.

Richard Roudier (au centre) leader de la Ligue du Midi, photographié à Montpellier en 2015 (Photo : J-M. Mart/MaxPPP)

Tout est allé très vite. En début de matinée ce vendredi 17 mai, des journalistes se sont étonnés sur les réseaux sociaux qu’une conférence de presse de la Ligue du Midi, groupuscule identitaire régional (avec également une représentante du groupe musical d’extrême-droite Les Brigandes) soit prévue au Club de la Presse d’Occitanie, dans ses locaux montpelliérains, dans le quartier d’Antigone, à 10h30 le jour-même.

Finalement, la conférence de presse a été annulée à la dernière minute. D’après nos informations, depuis la veille, jeudi, des journalistes membres de l’association du Club de la presse avait remonté à la direction leur étonnement concernant l’accueil de ce groupuscule.

« Rumeurs », annulation et communiqués

Dans un premier post sur Facebook, le Club de la presse a fait vendredi matin état de « rumeurs » concernant cette conférence de presse.

Un événement qui figurait pourtant bien à l’agenda du club de la presse, avant d’en être supprimé, comme on le voit sur cette capture d’écran, effectuée par France 3 Occitanie :

Une heure plus tard, le club de la presse d’Occitanie a publié un second post sur facebook, expliquant que la conférence avait été annulée en raison du comportement « inacceptable » des membres de la Ligue du Midi envers certains journalistes :

Groupe identitaire régional, la Ligue du Midi milite notamment contre l’arrivée des migrants, parfois avec des méthodes violentes.

Condamnation pour des actes violents

En 2017, Olivier Roudier, militant et fils du leader de la Ligue du Midi, Richard Roudier, a été condamné à un mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Montpellier pour le saccage des locaux de l’association Réseau Accueil Insertion Hérault, qui aide les mineurs isolés, pour le compte du conseil départemental, comme le raconte cet article de France 3 Occitanie (cliquez ici).

Un autre fils de Richard Roudier a été aussi mis en cause dans l’évacuation musclée de la fac de droit de Montpellier en mars 2018.

Ce vendredi, la Ligue du Midi tenait une conférence de presse sur « les nouvelles dispositions législatives restreignant les libertés publiques » selon ses propres termes, concernant la commission d’enquête parlementaire sur la lutte contre les groupuscules d’extrême-droite présidé par la député Insoumise de l’Hérault Muriel Ressiguier (cliquez ici).

« Un dysfonctionnement interne »

Contactée par le blog « Médias d’ici », Céline Cammarata, la présidente du Club de la Presse, a reconnu « un dysfonctionnement interne ». « Nous sommes une association, avec des élus membres du conseil d’administration mais qui ont aussi un métier, un employeur et puis aussi des salariés ».

Mardi, nos salariés ont été contactés par la Ligue du Midi et ont appliqué la règle que nous avions fixé, à savoir que tout parti politique qui n’est pas interdit, qui est légal, peut être accueilli dans nos locaux pour tenir ses conférences de presse. Ils ont donc accepté que la Ligue du Midi vienne ce vendredi. Nous défendons la liberté de la presse et pas seulement quand ça nous arrange, sinon c’est le début de la censure (Céline Cammarata).

Mais entre-temps, des journalistes ont fait savoir au Club de la Presse qu’ils avait été malmenés par des membres de la Ligue du Midi.

J’ai donc pris la décision de demander aux salariés de fermer le club ce vendredi matin et de quitter les lieux pour ne pas subir de violences. Nous avons annulé cette conférence de presse, malgré les engagements qui avaient été pris. En toute transparence, nous avons eu un dysfonctionnement interne.

Le Club de la presse a été la cible de protestation, des deux côtés d’ailleurs : certains reprochant à l’association d’avoir voulu offrir une tribune à la Ligue du Midi ; le groupuscule dénonçant lui une censure après l’annulation.

Nous allons donc revoir notre position sur l’accueil de certains partis politiques ou mouvements. Mais je veux dire que jamais nous n’avons eu l’idée d’offrir une vitrine, une tribune ou une caution à la Ligue du Midi. Nous sommes seulement dans le dialogue : permettre aux journalistes de poser leur question. Mais quand certains sont malmenés ou agressés, nous prenons avant-tout leur défense. (Céline Cammarata)

Un journaliste agressé vendredi matin

Les membres de la Ligue du Midi ont donc finalement tenu leur conférence de presse dans un bar proche du Clud de la presse.

C’est là, selon nos informations, qu’un journaliste présent a été bousculé et agressé par un membre du groupuscule. Il a eu sa chemise déchirée, ses cartes arrachées mais ne souffre pas de blessure.

FV (@fabvalery)

07 Mai

Mort de Kennedy, assassinat d’Oswald, guerre du Vietnam : l’Aveyronnais François Pelou, journaliste à l’AFP, est mort

Reporter de guerre, bourlingueur et grand professionnel, il avait envoyé depuis Dallas la dépêche de l’AFP annonçant l’assassinat de JF Kennedy et avait même assisté deux jours plus tard au meurtre du suspect Lee Harvey Oswald. Hommage à un grand nom du journalisme.

François Pelou à son retour en France en 1970 après avoir été arrêté par le régime au Brésil (Photo : AFP)

François Pelou était né à Saint-Izaire, dans le sud-aveyron. Il aurait aimé être agriculteur, comme une partie de sa famille, mais après les études secondaires à Villefranche-de-Rouergue puis Rodez, le voilà étudiant puis diplômé de la prestigieuse école de commerce ESSEC.

C’est un peu par hasard qu’il prend un petit boulot à l’Agence France Presse (AFP), pour trier les dépêches la nuit. Là, il voit les infos qui parviennent du monde entier. C’est le déclic.

Ce sera la guerre de Corée, où il sera d’ailleurs blessé, puis les Etats-Unis, au bureau de New-York, où il deviendra reporter sportif, couvrant plusieurs olympiades.

Le premier journaliste à confirmer la mort de Kennedy

Le 22 novembre 1963, quand on tire sur le président John Fitzgerald Kennedy à Dallas, François Pelou est à New-York. Il saute dans le premier avion pour le Texas.

Sur place, toutes les rumeurs circulent sur l’état de santé du Président des Etats-Unis. On dit que le manque de chance est une faute professionnelle pour les journalistes. La petite histoire raconte que François Pelou, au hasard de ses rencontres dans le commissariat où le suspect Lee Harvey Oswald a été arrêté, tombe sur un membre de la sécurité du Président.

Le policier lui confie que Kennedy est mort sous ses yeux, le crâne explosé par une balle.François Pelou se précipite sur une cabine téléphonique et l’AFP annonce la mort du Président.

Ruby le bouscule pour assassiner Oswald

Dans la foulée, François Pelou est parmi les journalistes qui assistent au transfert de Lee Harvey Oswald au commissariat de Dallas. Soudain, un homme le bouscule et tire sur le suspect.

Il assiste en direct à l’assassinat d’Oswald, d’une balle en plein coeur, tirée par Jack Ruby. Il sera d’ailleurs plus tard entendu par la commission Warren, qui tente de faire la lumière sur l’affaire.

Ruby était à côté de moi et m’a bousculé pour aller tuer Oswald qui arrivait juste en face de moi (…) Oswald a été le premier à voir arriver son assassin. C’est pour ça que j’ai toujours cru qu’ils se connaissaient » racontera-t-il plus tard.

François Pelou prendra ensuite la direction du bureau de l’AFP à Saïgon, au Vietnam. C’est là qu’il rencontre la journaliste et écrivaine italienne Oriana Fallaci, avec laquelle il partagera une grande histoire d’amour. 

Puis ce sera le Brésil, avec une interpellation rocambolesque, l’Espagne (en 1965, il est encore le premier à annoncer la mort de Franco), Bruxelles et une retraite bien méritée dans l’Aveyron natal.

François Pelou s’est éteint à 94 ans à Conques (Aveyron) où il vivait. Une vie bien remplie. Un destin hors norme.

FV (@fabvalery)

 

20 Avr

Toulouse : deux journalistes blessés, touchés par des projectiles de la police

Lors du 23ème samedi de manifestation des Gilets jaunes, deux journalistes ont été blessés. Explications.

Le journaliste Kévin Figuier a été touché au mollet (Photo : K. Figuier)

A chaque samedi son cortège d’incidents concernant la presse. Quand ce ne sont pas des coups de matraques essuyés par des journalistes ou photographes, comme le 13 avril lors de l’acte « national » des Gilets jaunes à Toulouse (cliquer ici) ou de menaces venant de certains manifestants, il s’agit de blessures subies par les journalistes dans des conditions très contestables.

Deux journalistes ont ainsi été blessés ce 20 avril à Toulouse. Le photo-reporter Kevin Figuier, qui tient notamment le blog Toulouse Hors-Champ, a été touché par une grenade de désencerclement qui, selon lui, avait été tirée en cloche alors que ces projectiles des forces de l’ordre sont censées être lancés au sol.

Le journaliste a été contraint de mettre fin à sa couverture de la manif : il a été touché au mollet (photo ci-dessus) avec une plaie et plus légèrement au dos.

Interrogé par nos soins, Kevin Figuier estime que ses blessures auraient pu être graves s’il n’avait eu le réflexe de se tourner en voyant la grenade en l’air.

Ce samedi soir, il envisageait de faire un signalement auprès de l’inspection générale de la police nationale (IGPN).

Un autre journaliste a été touché ce samedi. Il s’agit du photographe indépendant Frédéric Scheiber, qui travaillait pour le site d’info locale Actu Toulouse, notamment pour y réaliser des directs vidéos sur facebook pendant la manifestation.

Lui a été également touché par une grenade de désencerclement au genou. Ce samedi soir, le photographe « boitille » selon l’éditeur du site Actu Toulouse, Pascal Pallas.

 

Le journaliste a ensuite été délibérément visé par des gaz lacrymogènes.

Encore un samedi noir pour la presse à Toulouse.

FV (@fabvalery)

15 Avr

Coups de matraques, insultes, exfiltration : sale samedi pour les journalistes à Toulouse

Le 22ème samedi de mobilisation des Gilets jaunes, dans Toulouse « capitale » nationale du mouvement ce 13 avril, a de nouveau donné lieu à des incidents avec la presse.

C’est une vidéo, tournée par une manifestante Gilet jaune, qui a fait beaucoup de bruit ce samedi : on y voit deux personnes filmant et photographiant, subir les foudres des forces de l’ordre et particulièrement des coups de matraque notamment sur la tête.

La scène se déroule rue Merly. Les policiers de la BAC qui interviennent sur une interpellation repoussent violemment deux personnes, un homme et une femme, les poussent au sol et leur assènent des coups de matraque, sur la tête notamment, faisant voler le casque de la femme.

Un jeune Toulousain, une Néerlandaise

Il a été question dans pas mal de commentaires et quelques articles de presse de deux journalistes britanniques : il s’agit en fait d’une femme anglophone qui commente en vidéo live les manifestations depuis plusieurs semaines à Toulouse. Elle se déplace sur une trottinette (que l’on voit saisie par un policier dans la vidéo) et porte la mention « live streaming » sur son casque. Elle est néerlandaise.

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10 Avr

Une histoire de famille(s) à l’origine d’un clash entre Jean-Luc Mélenchon et La Dépêche du Midi

Le leader de La France Insoumise s’en est violemment pris ce mercredi au journal toulousain après un article sur la présence de ses proches sur la liste LFI aux élections européennes.

Jean-Luc Mélenchon (Photo : Sylvain Thomas AFP)

Jean-Luc Mélenchon a produit mercredi 10 avril un tweet dans lequel il s’en prend à La Dépêche du Midi, coupable, à ses yeux d’avoir « dénigrer » la liste de la France Insoumise aux élections européennes au prétexte qu’y figure des proches du leader de LFI, dont son ex-compagne, ou encore la mère de Manon Aubry, la tête de liste.

A famille, famille et demie !

Une histoire de famille qui ne plaît pas du tout à Jean-Luc Mélenchon qui rappelle dans son tweet que, selon lui, La Dépêche, dirigée par la famille Baylet, n’a pas de leçon à donner en matière de « regroupement familial ».

 

Au passage, Jean-Luc Mélenchon oublie quelques membres de la famille Baylet qui figurent dans la gouvernance du journal et du groupe auquel il appartient. Il omet également de signaler que Marie-France Marchand-Baylet est l’ex-épouse de Jean-Michel Baylet (et compagne de Laurent Fabius).

Ce qui a provoqué le courroux de Jean-Luc Mélenchon, c’est un article publié mercredi 9 avril sur le site internet du journal, signé par le nouveau rédacteur en chef Lionel Laparade et titré : « Qui sont les proches et les parents de Mélenchon sur la liste France Insoumise aux Européennes ? » (cliquez ici).

On y lit notamment que l’ex-compagne de Jean-Luc Mélenchon est numéro 13 sur la liste, qui compte aussi son gendre, son garde du corps, son chauffeur et, donc, la mère de la tête de liste Manon Aubry.

Des infos déjà présentes dans la presse

Cet article regroupe en fait des informations circulant depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux ou même reprises dans la presse quelques jours plus tôt, comme lorsque Libération s’interrogeait sur la place du gendre de Jean-Luc Mélenchon sur la liste, dès le 2 avril (cliquez ici). 

Manon Aubry avait d’ailleurs affirmé début avril que les personnes proches d’elle ou de Jean-Luc Mélenchon sont « de vrais militants, engagés depuis longtemps. Ils ont fait leurs preuves sur le terrain »

Mais comme l’article de La Dépêche du Midi a été repris par quelques titres et radios nationales ce mercredi, le leader de LFI a fait feu avec le plus efficace des missiles virtuels : le tweet. Sur le mode : à famille, famille et demi.

Effet Streisand

Mais dans les commentaires, les Twittos sont nombreux à rappeler à Jean-Luc Mélenchon qu’il y a une petite différence entre une famille qui possède et gère un journal ou un groupe de presse, dont une entreprise privée, et une autre qui brigue des mandats électoraux.

D’autres internautes découvrent cette situation à la faveur de ce tweet. A vouloir fustiger un journal, Jean-Luc Mélenchon a attiré la lumière sur la situation de certains membres de la liste LFI. On appelle cela « l’effet Streisand ».

FV (@fabvalery)

04 Avr

Photojournalistes, ils couvrent le mouvement des Gilets jaunes pour l’actualité et le documentent pour l’histoire

DOSSIER – C’est un paradoxe en ces temps de vidéos omniprésentes, de « live » sur les réseaux sociaux et de smartphones entre toutes les mains : d’une certaine manière, le mouvement des Gilets jaunes « réhabilite » le métier de reporter-photographe. A Toulouse, l’une des villes où le mouvement est le plus important, j’ai choisi d’interroger plusieurs photo-reporters sur la perception de leur travail dans ce moment crucial.

Toulouse, le 8 décembre 2018 (Photo : R. Gabalda / AFP)

L’image ci-dessus choisie pour illustrer cet article peut, à première vue, paraître outrancièrement spectaculaire. Mais elle bien plus que cela. Elle raconte un moment très particulier : le 8 décembre 2018 à Toulouse, la manifestation des Gilets jaunes dégénère dans le quartier Saint-Cyprien. La photo est signée Rémy Gabalda pour l’AFP. 

Ce qu’elle dit d’abord c’est la violence de ce moment-là. Les flammes occupent les deux tiers de l’image et ces quatre jeunes hommes au premier plan semblent vouloir en découdre. Ils couvrent leurs visages pour rester anonymes tout autant que pour se protéger des gaz lacrymogènes.

Voilà pour une première lecture. Mais ce que cette image raconte également c’est l’absence : ce jour-là, les forces de l’ordre se tiennent à distance, n’interviennent que tardivement, laissent opérer les casseurs. Les forces de l’ordre sont absentes de l’image, uniquement représentées par ces restes de gaz lacrymogènes, au premier plan, en bas de l’image.

Cette photo raconte aussi comment, au-même moment, devant cette barricade enflammée, des milliers de manifestants pacifiques observent ceux qui cassent et incendient. Regardez bien dans le coin gauche supérieur de l’image : ils sont là ces Gilets jaunes spectateurs. Leurs visages à eux sont découverts. Certains semblent même dans un état de sidération.

Cette seule image arrêtée raconte plusieurs heures de manifestation violente dans les rues de Toulouse. Elle raconte ce jour-là et uniquement celui-là. Les autres samedis seront différents. Continuer la lecture

03 Avr

Toulouse : 10 mois de prison avec sursis requis contre un Gilet jaune qui avait agressé un journaliste de CNews

L’homme sera fixé sur son sort le 10 mai prochain.

Un manifestant Gilet jaune de 27 ans a été jugé ce mercredi matin devant le tribunal correctionnel pour l’agression du correspondant à Toulouse de la chaîne d’info CNews (Groupe Canal +) le 24 novembre dernier.

Le jeune homme avait notamment porté des coups de pied au journaliste Jean-Luc Thomas qui avait porté plainte.

Le parquet a requis 10 mois d’emprisonnement avec sursis, une obligation de soins, une interdiction de manifester pendant un an et une interdiction d’approcher le journaliste. Jean-Luc Thomas et son employeur CNews s’étaient constitués parties civiles.

Le jugement sera rendu le 10 mai prochain.

Ce jour-là, plusieurs dizaines de manifestants s’en étaient pris à plusieurs journalistes, notamment des correspondants à Toulouse des chaînes CNews et BFM TV. Des journalistes de BFM TV avait été coursés dans la rue et menacés d’être lynchés. La scène avait été partiellement filmée.

Le correspondant de CNews, Jean-Luc Thomas, avait essuyé insultes, crachat et coups.

A la suite de sa plainte, les enquêteurs avaient identifié l’un de ses agresseurs. Le jeune homme, placé sous curatelle, avait reconnu les faits en affirmant ne pas avoir pris la mesure de ce qu’il faisait.

FV (@fabvalery)

Son compte Twitter suspendu, le PDG de Sud Radio Didier Maïsto dénonce « une censure »

Alors qu’il couvre depuis plusieurs semaines le mouvement des Gilets jaunes, le président de Sud Radio a vu son compte signalé à Twitter et le réseau social a décidé ce mercredi de le suspendre définitivement.

Didier Maïsto (Photo : Sud Radio)

Tout est allé très vite. Lundi matin, le compte Twitter de Didier Maïsto, pdg de Sud Radio (groupe Fiducial Médias), avait été suspendu provisoirement par le réseau social américain. Dans la foulée, il déposait une réclamation pour contester cette suspension.

Ce mercredi matin, Twitter lui a signifié sa suspension définitive pour avoir enfreint les règles. Une notification que Didier Maïsto a publié sur le réseau social, avec le nouveau compte qu’il s’est empressé d’ouvrir (MISE A JOUR du 04/04 : depuis lui aussi suspendu, lire en bas).

Interrogé par le blog Médias d’Ici pour France 3, Didier Maïsto avance une explication :

« J’ai été signalé massivement par des comptes pro-Macron ouverts récemment et de manière anonyme. Ils ont profité d’une conversation à propos de Jérôme Rodriguez, qui perdu un oeil pendant une manifestation. Un twittos se moquait de lui. Je lui ai dit « si je venais vous crever un oeil, vous trouveriez ça marrant ? ». Dans la foulée, alors qu’en fait je demandais de la décence, j’ai été signalé à Twitter ». 

Le texte exact de ce tweet est en fait le suivant :

Une tournure dont Twitter France estime qu’elle enfreint ses règles.

« Un prétexte »

Mais pour le PDG de la radio, ex-toulousaine désormais installée à Paris, cette suspension de son compte serait en fait « un prétexte« .

C’est clairement une censure politique. Je me suis aperçu plus tard que quelqu’un avait ajouté le compte Twitter d’Emmanuel Macron à la conversation. Je ne dis pas que c’est lui qui m’a signalé mais comme il était dans la conversation, Twitter a agi très vite. C’est de la censure politique.

Depuis quelques semaines, le PDG de la radio est devenu sur les réseaux sociaux un porte-voix des Gilets jaunes. Sur ses live sur Facebook ou à travers ses tweets, il dénonce tour à tour les violences policières, les chiffres des manifestations minimisés par le ministère de l’Intérieur, etc.

« Dans mon rôle de patron d’une radio »

Didier Maïsto reconnaît que de la part d’un patron de radio, « ça peut troubler ». On imagine en effet mal Laurence Bloch, la patronne de France Inter ou Laurent Guimier, celui d’Europe 1, prendre autant position et aller dans les manifs, portable en main en « live » au milieu des gaz lacrymogènes.

Je reconnais que ça peut troubler. Mais je suis dans mon rôle. Je dénonce ce qui doit l’être mais je dis aussi quand les choses sont faites correctement, y compris du côté des forces de l’ordre. Je laisse la place au débat, tout comme sur l’antenne de ma radio. Certes c’est une partition un peu difficile mais je mes en accord mes convictions profondes, humaines, morales avec mon activité professionnelle » (Didier Maïsto)

Alors Didier Maïsto se voit-il comme un « porte-voix » des Gilets jaunes qu’on aurait tenté de faire taire ?

Oui je suis sensible à ce mouvement. Mais je cherche toujours à mettre en perspective. Je suis honnête. Parmi les Gilets jaunes, il y a des cons et des antisémites mais pas plus que dans la société française dans son ensemble. Il y a surtout des gens qui souffrent et qui veulent se battre pour leur pouvoir d’achat, pour plus de démocratie… (Didier Maïsto).

« Furieux » contre cette censure, ce « scandale », Didier Maïsto ne renonce pas à poursuivre cette « partition difficile ».

FV (@fabvalery)

MISE A JOUR : après parution de cet article, le nouveau compte Twitter de Didier Maïsto, qui comptait plus de 6000 followers en moins de 48 heures, a lui aussi été suspendu par Twitter France, mercredi 4 dans la soirée. 

Mais finalement Didier Maïsto a récupéré l’usage de son compte initial, vendredi 6 avril, Twitter France ayant décidé de lever la suspension. 

23 Mar

VIDEO – Toulouse : jeté au sol, un photographe reçoit un coup de pied d’un policier lors de la manif des Gilets jaunes

Lors de l’acte XIX des Gilets jaunes à Toulouse, un photographe a reçu un coup de pied d’un policier alors qu’il avait été projeté au sol.

Projeté au sol, le journaliste a ensuite été frappé au pied (Photo : F. Valéry / France 3)

C’était certainement le moment le plus tendu de ce nouveau samedi de manifestation des Gilets jaunes à Toulouse.

Alors que les forces de l’ordre avaient repoussé les manifestants hors du centre ville, des affrontements se sont déroulés sur les quais du Canal du Midi.

Plusieurs interpellations mouvementées ont alors eu lieu et un manifestant a été blessé à la tête par un projectile, pris en charge par les street-medics puis les pompiers.

Et puis, lors de l’une des ces interpellations, un photographe, qui ne gênait pas les forces de l’ordre et qui était identifié, notamment grâce à son casque portant la mention « presse », a été projeté au sol par un policier et avant qu’il ne puisse se relever a reçu un coup de pied dans le dos, comme on le voit sur cette vidéo :

 

Le journaliste, sonné, a pu reprendre son travail quelques minutes plus tard. Il ne souffrait d’aucune blessure grave mais ressentait tout de même une douleur dans le dos.

Ce samedi, un autre journaliste a été légèrement blessé à la jambe par un éclat de grenade de désencerclement.

FV (@fabvalery)

13 Mar

Nicolas Stival, le journaliste toulousain qui a cartonné à « Questions pour un champion »

Le candidat toulousain qui a enchaîné trois victoires dans l’émission de France 3 présentée par Samuel Etienne est aussi (et surtout) journaliste pour 20 Minutes à Toulouse.

Samuel Etienne et Nicolas Stival sur le plateau de l’émission

On a plutôt l’habitude le voir dans les tribunes de presse du Stadium ou du Stade Ernest Wallon pour suivre les matchs du TFC ou du Stade Toulousain, même s’il couvre toute l’actualité toulousaine.  Mais c’est à la télé, sur France 3, à 18h10, que Nicolas a cartonné : il a enchaîné les victoires dans l’émission « Questions pour un champion ».

Lundi 11 mars, Nicolas Stival a chuté après tout de même trois victoires consécutives. Une double mauvaise réponse (« cucurbitacée » et « corail » quand il fallait répondre « coquillage ») dans l’épreuve finale et Isabelle lui ravit le titre. Les émissions sont à voir en replay sur le site de France 3. 

Ses aventures ont aussi été commentées en « live » (lors de la diffusion des émissions, qui sont enregistrées) sur le site internet du média pour qui il travaille, 20 Minutes. Un compte-rendu très drôle, à retrouver sur le site du journal.

Sur cette expérience, cette envie d’en découdre sur un plateau télé et cette passion pour les jeux, on a posé quelques questions à notre confrère.

Qu’est-ce qui t’a motivé à participer à ce jeu télé ?

J’ai toujours bien aimé les jeux de culture générale, et « Questions pour un champion » en est l’emblème. A la fin des années 1990, j’avais déjà participé à « 100% Questions » sur France 5 (je crois qu’on disait La Cinquième à l’époque). Sur un coup de tête, je me suis inscrit aux sélections de QPUC en mars 2018 sur Internet. Je les ai passées en octobre à Montauban et j’ai été appelé assez rapidement (j’ai enregistré les émissions mi-janvier).

Alors que depuis des années, je ne pouvais quasiment plus regarder QPUC (je suis toujours au boulot à cette heure-là), je me suis préparé en visionnant intensément des replays, histoire de ne pas débarquer en terre inconnue.

Et alors, vu de l’intérieur, c’était comment ?

Une très, très belle expérience. De l’habilleuse au chauffeur de salle, tout le monde est aux petits soins pour les candidats. Et Samuel Etienne est vraiment aussi sympa qu’il en a l’air. Je flippais pas mal, parce que lors des derniers QPUC que j’avais regardés avant l’enregistrement, je n’avais pas répondu à beaucoup de questions depuis mon canapé.

Je craignais aussi que mes lacunes en botanique et en gastronomie soient rédhibitoires.

J’ai commencé l’aventure lors de la troisième émission enregistrée dans la journée, et on m’a installé à la même place que les candidats des deux émissions précédentes éliminés dès le « neuf points gagnants ». Je ne suis pas forcément superstitieux, mais quand même… Finalement, ça s’est très bien « goupillé » car j’ai répondu aux deux premières questions à 3 points, et je me suis qualifié assez vite pour le 4 à la suite. Ça m’a décrispé pour la suite.

Tu as des anecdotes sur ces journées de tournage ?

Sur les deux premières émissions, j’ai vraiment choisi mes thèmes du 4 à la suite par défaut : « A l’envers, à l’endroit » puis la filmographie de Will Smith. J’ai vraiment galéré sur ce dernier thème, puisque j’ai été incapable de retrouver le nom de Tommy Lee Jones alors que sa tête s’était imprimée dans mon cerveau, que je cale sur « Wild Wild West », et que je réponds « Hitch » sur le gong.

Ensuite, je me qualifie un peu par miracle au jeu décisif pour le face-à-face. Je me suis fait bien chambrer pour ma réponse rapide sur le faisan lors du premier ou deuxième face-à-face (je ne m’en souviens pas), alors que Samuel Etienne n’avait donné que quelques indices. Franchement, c’est un gros coup de bol.

D’ailleurs, c’est sans doute le moment le plus plaisant du jeu : lorsque pendant le face-à-face, tu parviens à répondre alors que la jauge est toujours à 4 points. C’est un peu grisant. Ça l’est beaucoup moins quand tu en es « victime », surtout deux fois d’affilée comme lors de la quatrième émission. J’ai pris un 8-0 d’entrée par Isabelle et je ne m’en suis pas relevé… Pour la réponse « cucurbitacée », j’ai répondu ça car j’ai appuyé par réflexe avant que la main ne passe. Comme je ne voulais pas laisser un blanc, j’ai sorti la première chose qui m’est passée par la tête.

 

Qu’est-ce que tu retiens de tout cela ?
Franchement, énormément de positif. Même si en revoyant les émissions, j’ai surtout remarqué mes tics et ma manière parfois bizarre d’applaudir…
Fidèles aux idées décalées dont ils ont le secret, mes collègues des sports de 20 Minutes, à Paris, ont fait un live écrit de mes prestations à partir de la deuxième émission. Même ma belle-mère était morte de rire en les lisant.
Sinon, j’ai eu énormément de soutien de ma famille et de mes amis qui ont suivi le jeu et le commentaient « en direct » sur Facebook ou WhatsApp. Des gens que je n’avais pas vus depuis longtemps m’ont aussi envoyé des messages sympas et ça m’a beaucoup touché. Plus globalement, je conseille à tous ceux qui hésitent encore de se lancer dans l’aventure QPUC.
On n’y fait pas forcément fortune (sauf lorsqu’on est un phénomène comme Hakim, qui vient de remporter 150.000 euros à Questions pour un Super Champion) mais on en garde d’excellents souvenirs, avec un goût de « revenez-y ».
Est-ce que le fait d’être journaliste t’a aidé ?
J’aurais tendance à dire « oui ».
Dans notre travail, on se doit d’être en éveil sur l’ensemble de l’actualité.
C’est grâce à cela par exemple que j’ai pu gagner un face-à-face avec une question sur le Prix Goncourt des lycéens avec comme seul indice David Diop, le dernier lauréat, même si je n’ai pas lu son livre.
J’ai aussi une prédilection pour le sport dans mon travail, ce qui m’a bien aidé pour le jeu.
Bon, en revanche, j’avais cité « Histoire », l’une de mes passions, parmi mes points forts au moment de la présentation, et je n’ai pas particulièrement brillé dans ce domaine.
Propos recueillis par FV (@fabvalery)