17 Mai

Montpellier : polémique autour d’une conférence des identitaires de la Ligue du Midi au Club de la presse d’Occitanie

Une conférence de presse du groupe identitaire « Ligue du Midi » était prévue ce vendredi matin dans les locaux du club de la presse. Elle a finalement été annulée. On vous explique pourquoi et comment.

Richard Roudier (au centre) leader de la Ligue du Midi, photographié à Montpellier en 2015 (Photo : J-M. Mart/MaxPPP)

Tout est allé très vite. En début de matinée ce vendredi 17 mai, des journalistes se sont étonnés sur les réseaux sociaux qu’une conférence de presse de la Ligue du Midi, groupuscule identitaire régional (avec également une représentante du groupe musical d’extrême-droite Les Brigandes) soit prévue au Club de la Presse d’Occitanie, dans ses locaux montpelliérains, dans le quartier d’Antigone, à 10h30 le jour-même.

Finalement, la conférence de presse a été annulée à la dernière minute. D’après nos informations, depuis la veille, jeudi, des journalistes membres de l’association du Club de la presse avait remonté à la direction leur étonnement concernant l’accueil de ce groupuscule.

« Rumeurs », annulation et communiqués

Dans un premier post sur Facebook, le Club de la presse a fait vendredi matin état de « rumeurs » concernant cette conférence de presse.

Un événement qui figurait pourtant bien à l’agenda du club de la presse, avant d’en être supprimé, comme on le voit sur cette capture d’écran, effectuée par France 3 Occitanie :

Une heure plus tard, le club de la presse d’Occitanie a publié un second post sur facebook, expliquant que la conférence avait été annulée en raison du comportement « inacceptable » des membres de la Ligue du Midi envers certains journalistes :

Groupe identitaire régional, la Ligue du Midi milite notamment contre l’arrivée des migrants, parfois avec des méthodes violentes.

Condamnation pour des actes violents

En 2017, Olivier Roudier, militant et fils du leader de la Ligue du Midi, Richard Roudier, a été condamné à un mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Montpellier pour le saccage des locaux de l’association Réseau Accueil Insertion Hérault, qui aide les mineurs isolés, pour le compte du conseil départemental, comme le raconte cet article de France 3 Occitanie (cliquez ici).

Un autre fils de Richard Roudier a été aussi mis en cause dans l’évacuation musclée de la fac de droit de Montpellier en mars 2018.

Ce vendredi, la Ligue du Midi tenait une conférence de presse sur « les nouvelles dispositions législatives restreignant les libertés publiques » selon ses propres termes, concernant la commission d’enquête parlementaire sur la lutte contre les groupuscules d’extrême-droite présidé par la député Insoumise de l’Hérault Muriel Ressiguier (cliquez ici).

« Un dysfonctionnement interne »

Contactée par le blog « Médias d’ici », Céline Cammarata, la présidente du Club de la Presse, a reconnu « un dysfonctionnement interne ». « Nous sommes une association, avec des élus membres du conseil d’administration mais qui ont aussi un métier, un employeur et puis aussi des salariés ».

Mardi, nos salariés ont été contactés par la Ligue du Midi et ont appliqué la règle que nous avions fixé, à savoir que tout parti politique qui n’est pas interdit, qui est légal, peut être accueilli dans nos locaux pour tenir ses conférences de presse. Ils ont donc accepté que la Ligue du Midi vienne ce vendredi. Nous défendons la liberté de la presse et pas seulement quand ça nous arrange, sinon c’est le début de la censure (Céline Cammarata).

Mais entre-temps, des journalistes ont fait savoir au Club de la Presse qu’ils avait été malmenés par des membres de la Ligue du Midi.

J’ai donc pris la décision de demander aux salariés de fermer le club ce vendredi matin et de quitter les lieux pour ne pas subir de violences. Nous avons annulé cette conférence de presse, malgré les engagements qui avaient été pris. En toute transparence, nous avons eu un dysfonctionnement interne.

Le Club de la presse a été la cible de protestation, des deux côtés d’ailleurs : certains reprochant à l’association d’avoir voulu offrir une tribune à la Ligue du Midi ; le groupuscule dénonçant lui une censure après l’annulation.

Nous allons donc revoir notre position sur l’accueil de certains partis politiques ou mouvements. Mais je veux dire que jamais nous n’avons eu l’idée d’offrir une vitrine, une tribune ou une caution à la Ligue du Midi. Nous sommes seulement dans le dialogue : permettre aux journalistes de poser leur question. Mais quand certains sont malmenés ou agressés, nous prenons avant-tout leur défense. (Céline Cammarata)

Un journaliste agressé vendredi matin

Les membres de la Ligue du Midi ont donc finalement tenu leur conférence de presse dans un bar proche du Clud de la presse.

C’est là, selon nos informations, qu’un journaliste présent a été bousculé et agressé par un membre du groupuscule. Il a eu sa chemise déchirée, ses cartes arrachées mais ne souffre pas de blessure.

FV (@fabvalery)