07 Mai

Mort de Kennedy, assassinat d’Oswald, guerre du Vietnam : l’Aveyronnais François Pelou, journaliste à l’AFP, est mort

Reporter de guerre, bourlingueur et grand professionnel, il avait envoyé depuis Dallas la dépêche de l’AFP annonçant l’assassinat de JF Kennedy et avait même assisté deux jours plus tard au meurtre du suspect Lee Harvey Oswald. Hommage à un grand nom du journalisme.

François Pelou à son retour en France en 1970 après avoir été arrêté par le régime au Brésil (Photo : AFP)

François Pelou était né à Saint-Izaire, dans le sud-aveyron. Il aurait aimé être agriculteur, comme une partie de sa famille, mais après les études secondaires à Villefranche-de-Rouergue puis Rodez, le voilà étudiant puis diplômé de la prestigieuse école de commerce ESSEC.

C’est un peu par hasard qu’il prend un petit boulot à l’Agence France Presse (AFP), pour trier les dépêches la nuit. Là, il voit les infos qui parviennent du monde entier. C’est le déclic.

Ce sera la guerre de Corée, où il sera d’ailleurs blessé, puis les Etats-Unis, au bureau de New-York, où il deviendra reporter sportif, couvrant plusieurs olympiades.

Le premier journaliste à confirmer la mort de Kennedy

Le 22 novembre 1963, quand on tire sur le président John Fitzgerald Kennedy à Dallas, François Pelou est à New-York. Il saute dans le premier avion pour le Texas.

Sur place, toutes les rumeurs circulent sur l’état de santé du Président des Etats-Unis. On dit que le manque de chance est une faute professionnelle pour les journalistes. La petite histoire raconte que François Pelou, au hasard de ses rencontres dans le commissariat où le suspect Lee Harvey Oswald a été arrêté, tombe sur un membre de la sécurité du Président.

Le policier lui confie que Kennedy est mort sous ses yeux, le crâne explosé par une balle.François Pelou se précipite sur une cabine téléphonique et l’AFP annonce la mort du Président.

Ruby le bouscule pour assassiner Oswald

Dans la foulée, François Pelou est parmi les journalistes qui assistent au transfert de Lee Harvey Oswald au commissariat de Dallas. Soudain, un homme le bouscule et tire sur le suspect.

Il assiste en direct à l’assassinat d’Oswald, d’une balle en plein coeur, tirée par Jack Ruby. Il sera d’ailleurs plus tard entendu par la commission Warren, qui tente de faire la lumière sur l’affaire.

Ruby était à côté de moi et m’a bousculé pour aller tuer Oswald qui arrivait juste en face de moi (…) Oswald a été le premier à voir arriver son assassin. C’est pour ça que j’ai toujours cru qu’ils se connaissaient » racontera-t-il plus tard.

François Pelou prendra ensuite la direction du bureau de l’AFP à Saïgon, au Vietnam. C’est là qu’il rencontre la journaliste et écrivaine italienne Oriana Fallaci, avec laquelle il partagera une grande histoire d’amour. 

Puis ce sera le Brésil, avec une interpellation rocambolesque, l’Espagne (en 1965, il est encore le premier à annoncer la mort de Franco), Bruxelles et une retraite bien méritée dans l’Aveyron natal.

François Pelou s’est éteint à 94 ans à Conques (Aveyron) où il vivait. Une vie bien remplie. Un destin hors norme.

FV (@fabvalery)