25 Fév

A Toulouse, une soirée de soutien au journal L’Humanité

Alors que le journal est en grande difficulté financière, une soirée de soutien est organisée à Toulouse mercredi 27 février, dans la ville où son fondateur, Jean Jaurès, a été conseiller municipal et adjoint au maire.

Photo : MaxPPP

Après Paris, Toulouse est la deuxième ville à accueillir un mouvement de soutien au journal L’Humanité. Elle se déroule ce mercredi 27 février de 18 heures à minuit, au Forum de la Renaissance dans le quartier Basso-Cambo.

Son fondateur Jean Jaurès a été élu de Toulouse

Toulouse a un lien particulier avec le journal car son fondateur, Jean Jaurès, a été plusieurs années élu au conseil municipal de la ville (entre deux mandats de député du Tarn) où il s’occupait notamment des questions d’éducation.

Il s’agira d’une soirée à la fois de débats mais aussi festive : de nombreuses personnalités de gauche ont répondu favorablement à cet appel dont Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie, Georges Méric, président PS de la Haute-Garonne, Pierre Cohen, ancien maire (ex-PS, désormais à Génération-s) de Toulouse et beaucoup d’élus régionaux ou locaux (Claude Raynal, Régis Godec, Nadia Pellefigue, Christian Picquet, Serge Regourd, Myriam Martin, Pierre Lacaze, etc) ou des personnalités comme Salah Amokrane, ex-leader des Motivés et proche de Benoît Hamon… Le patron de la fédé départementale du PS, Sébastien Vincini y apportera aussi, en tant que secrétaire national, le soutien des militants et dirigeants socialistes.

Des artistes ont également apporté leur soutien comme le groupe toulousain Les Grandes Bouches ou le cinéaste Robert Guédiguian, président de la cinémathèque de Toulouse.

Soutiens aussi dans le Tarn

Dans le département voisin du Tarn, là où Jaurès a été député, le soutien s’organise aussi avec notamment des collectes pour aider le personnel du journal. 

En redressement judiciaire

Le journal est en grande difficulté financière. En cessation de paiement, il a été placé en redressement judiciaire le 7 février dernier avec une période d’observation de 6 mois. Un nouveau rendez-vous est prévu devant le tribunal de commerce de Bobigny le 27 mars.

Proche du Parti Communiste, le journal créé en 1904 souffre de l’effondrement de ses ventes. Malgré les fortes aides du ministère de la culture, versées chaque année à L’Huma, son modèle économique est d’une très grande fragilité.

Sa survie passe par la mobilisation de ceux qui sont attachés au pluralisme de la presse en France mais aussi à une réorganisation interne.

FV (@fabvalery)

 

21 Fév

Une formation au « secourisme tactique » en cas d’attentat proposée notamment aux journalistes

C’est unique en France : la Croix Rouge vient de mettre en place à Toulouse et Montauban, une formation aux premiers gestes de secours en cas d’attentat. Parmi le public visé, les journalistes, bien souvent parmi les premiers sur place mais insuffisamment formés aux gestes qui sauvent.

Lors des attentats de Paris en novembre 2015 (Photo : K. Tribouillard / AFP)

« C’est un peu du secourisme de guerre, avec du matériel militaire » explique Thierry Fréchaud, responsable de la filière santé au travail de l’Institut régional de formation de la Croix Rouge en Occitanie. 

Tout est parti de l’obligation faite désormais aux établissements de santé de former son personnel aux intrusions et à la menace terroriste. Avec l’appui d’anciens policiers et de militaires des forces spécialistes, l’institut de formation de la Croix Rouge en Occitanie a mis sur pied une formation théorique sur 2 jours avec des spécialistes du risque terroriste y compris des phénomènes de radicalisation.

Réagir face au risque terroriste

Une troisième journée a été conçue, plus pratique, en application des règles de secourisme tactique. C’est cette journée pratique qui est ouverte à ceux qui se sentent concernés par le risque attentat, notamment les journalistes. 

Au programme : évaluer les risques, se protéger, se mettre à l’abri mais aussi connaître les notions de lésions (par balles, par armes blanches, par explosifs ou armes chimiques), examiner rapidement la victime, prendre en charge les hémorragies, les troubles respiratoires ou même une victime blastée par le souffle d’une explosion, etc.

Les journalistes en première ligne

Les journalistes font partie de ceux qui sont les premiers sur les lieux d’un attentat, ou bien sont visés eux-mêmes, comme la rédaction de Charlie Hebdo en janvier 2015. « Nous leur proposons de savoir se prendre en charge eux-mêmes en cas de blessure ou bien d’aider les autres » explique Thierry Fréchaud.

Cette formation n’est pas uniquement liée au contexte terroriste mais aussi aux violences en général, par exemple celles liées aux manifestations des Gilets jaunes, actuellement en France, qui ont souvent donné lieu à des blessures du côté de la presse.

Une formation bientôt généralisée en France ?

Cette formation (payante) dispensée sur inscription, sur les sites de Toulouse et Montauban, est un projet, unique en France, mené par l’Institut régional de formation Occitanie de la Croix-Rouge.

Après des premières expériences menées en ce début 2019, cette formation pourrait rapidement être étendue nationalement par la Croix Rouge.

FV (@fabvalery)

10 Fév

Des journalistes visés par les policiers à Toulouse, un photographe blessé par une grenade

Samedi 9 février, alors qu’ils étaient isolés de la manifestation des Gilets jaunes et identifiables, trois photo-reporters ont été la cible d’un jet de grenade de désencerclement par un policier. L’un d’eux a été blessé. Ils ont effectués un signalement à l’IGPN.

Le photographe après avoir été blessé (Photo : U. Lebeuf)

« On a été clairement, délibérément visés » explique Ulrich Lebeuf, photographe de Libération à Toulouse. Vers 16h40 samedi, alors que la tension monte Place du Capitole, entre Gilets jaunes et forces de l’ordre, trois photographes se tiennent à l’écart des manifestants « en position de sécurité », accroupis contre le mur près du McDo.

Parfaitement identifiables et isolés des manifestants

« Il n’y a alors aucun manifestant autour de nous, les premiers sont à une vingtaine de mètres ». Surtout, les trois journalistes, avec leurs appareils photos professionnels, un casque marqué « presse » et leur brassard de presse sont fortement identifiables.

Pourtant, un policier lance une grenade de désencerclement dans leur direction. Dans la vidéo ci-dessous, publiée par le site Actu Toulouse, on entend (à partir de 0’30 ») le cliquetis de la goupille et on voit l’explosion, à proximité des journalistes, loin de tout manifestant.

La suite, Valentin Belleville, jeune étudiant en journalisme et photographe indépendant rattaché à l’agence Hans Lucas, la raconte :

J’entends une très forte détonation et une vive douleur me saisit, ma main agrippe machinalement l’arrière de ma cuisse. Je hurle de peur et de douleur comme rarement je l’ai fais. J’entends les flashball siffler autour de moi, je saute à cloche pied pour me mettre en sécurité. Je m’effondre quand j’y suis. Plusieurs personnes viennent s’occuper de moi, des streets medics me soignent. Plus de peur que de mal pour cette fois.

Le photographe, accroupi, a vu la grenade lui exploser dans les pieds. Il a été blessé à la fesse et à la cuisse.

Un signalement à l’IGPN

Les journalistes visés ont immédiatement fait un signalement à l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), qui peut être saisie en ligne. Ils espèrent maintenant que l’enquête déterminera que le policier les a délibérément visés.

« La place du Capitole est l’endroit de Toulouse qui est le plus filmé, explique Ulrich Lebeuf. Il y a des caméras de surveillance partout. Les images montreront que nous avons été visés ».

Et le photo-reporter de conclure : « Je suis journaliste professionnel. Je mesure les risques que je prends et je sais me mettre en sécurité si besoin. Mais je ne peux pas lutter contre le fait d’être pris pour cibles par les forces de l’ordre ! ».

Dimanche matin, Valentin Belleville indiquait également son intention de porter plainte.

FV (@fabvalery)

09 Fév

Gilets jaunes : un manifestant jugé pour l’agression d’un journaliste à Toulouse

Un homme d’une trentaine d’années a été placé sous contrôle judiciaire avant sa comparution pour avoir agressé le correspondant de CNews à Toulouse le 24 novembre.

Un trentenaire sera prochainement jugé à Toulouse pour l’agression d’un journaliste de CNews, le 24 septembre dernier, place du Capitole, rapporte la radio 100 %.

L’homme a été placé en garde à vue le 6 février et présenté à un magistrat. Il avait déjà été identifié et placé en garde à vue mais une expertise psychiatrique avait été commandée. Elle a montré qu’il était responsable de ses actes.

Le 24 novembre dernier, lors de l’acte 2 des Gilets Jaunes, place du Capitole, plusieurs journalistes avaient été menacés, frappés et injuriés parmi lesquels les correspondants des chaînes infos BFM TV et CNews.

Malgré la présence de gardes du corps, les journalistes avaient dû fuir, poursuivis par un groupe de manifestants. Une véritable tentative de lynchage selon des témoins.

Plusieurs plaintes avaient alors été déposées.

FV (@fabvalery)

02 Fév

Le journaliste proche de Dieudonné, Vincent Lapierre, « expulsé » de la manif des Gilets jaunes à Toulouse et légèrement blessé

Le journaliste autoproclamé « indépendant », chouchou de certains leaders des Gilets jaunes, ancien collaborateur d’Alain Soral et proche de Dieudonné, n’était pas le bienvenu ce samedi 2 février à Toulouse.

Vincent Lapierre (à gauche avec le bonnet) à Toulouse avant l’incident qui l’a contraint à quitter la manif. (Photo : S. Duchampt / France 3)

Toutes les manifestations de Gilets jaunes en France ne se ressemblent pas. Le journaliste « indépendant » Vincent Lapierre en a fait la douloureuse expérience de samedi.

Présent à Toulouse ce 2 février, il a été légèrement blessé, selon ses propres déclarations au visage, ainsi que son caméraman, après avoir été « expulsé » de la manif toulousaine par ce que lui-même a nommé les « black blocs », que d’autres nommeront extrême-gauche ou antifas (pour anti-fascistes).

Le paradoxe c’est que Vincent Lapierre est le journaliste « chouchou » de certains gilets jaunes, notamment Eric Drouet. Mais d’une ville à l’autre les manifestations peuvent avoir des compositions très différentes : à Toulouse, notamment en tête de cortège, on voit (et on entend) beaucoup plus l’extrême-gauche chaque samedi que dans d’autres villes de France.

Certains visages liés à l’extrême-droite n’y sont donc pas les bienvenus.

Ancien collaborateur d’Alain Soral pour son site internet « Egalité et réconciliation », avec lequel il serait désormais brouillé, Vincent Lapierre est aussi proche de l’humoriste Dieudonné. Lire à ce sujet, le long portrait précis que L’Express lui a consacré fin décembre 2018 (cliquez ici).

L’humoriste lui a notamment remis à plusieurs reprises une « Quenelle d’Or » du journalisme, comme en 2017, « pour son travail en plein essor ».

FV (@fabvalery)