15 Jan

Vers un rapprochement entre Sud Radio et la chaîne russe RT France ?

Le patron de Sud Radio souhaite un rapprochement et annonce des discussions prochaines entre la radio et la version française de la chaîne russe.

(Photo : AFP)

Dans le petit monde des médias en France, la « nouvelle » Sud Radio, ex-radio du Grand Sud installée à Toulouse, désormais parisienne, fait entendre une petit musique bien différente, notamment par la voix de son patron, Didier Maïsto, président de Sud Radio et de Fiducial Médias, la maison-mère.

Médiamétrie (qui mesure l’audience des médias audiovisuels, télés et radios) et le Conseil supérieur de l’audiovisuel, sont régulièrement les cibles de Didier Maïsto qui n’hésite pas à cultiver sa « parole libre », comme quand sur le plateau chaîne en ligne de l’extrême-droite TV Libertés, il avait comparé le futur Président de la République Emmanuel Macron à Mussolini.

Une parole « libre » qui transpire déjà sur l’antenne de Sud Radio dont la ligne éditoriale a depuis longtemps changé et dont le slogan « Parlons vrai » laisse entendre que les autres médias ne diraient pas la vérité !

Et malgré des audiences toujours faibles, Sud Radio a trouvé dans le mouvement des Gilets jaunes un sorte d’écho aux propos anti-système de certains de ses chroniqueurs. 

Sud Radio se rêve-t-elle en radio des « gilets jaunes », comme les émanations françaises des médias russes RT pour la télé et Sputnik pour le web, le sont devenus ?

Didier Maïsto en rêve-t-il lui-même à voix haute ?

Beaucoup me demandent ce que je pense de RT France. D’abord je confesse mon ignorance : je ne connaissais cette chaîne que de nom il y a encore un mois. Comme tout le monde en revanche, je savais de quoi on l’accusait : « chaîne de Poutine », « pourvoyeuse de fake news », « complotiste », etc. Il se trouve que j’ai été invité à son « premier anniversaire » il y a quelques jours (…) : j’ai été « scié » par la liberté de ton qui a régné tout au long de la cérémonie

Sur Facebook, il raconte sa discussion avec la présentatrice de RT Stéphanie de Muru :

« Ça dit quelque chose de très grave sur le fonctionnement des médias français et plus largement sur l’état de notre démocratie. Ce que vous vivez à RT, ce mépris institutionnel, ces insultes permanentes des bo-bos du système, nous le vivons de la même façon à Sud. Mais on s’en fout, puisque les Français sont au rendez-vous »

Avant de poursuivre :

Du coup, parce que quand même hein, je préfère toujours me forger mon propre avis (on ne se refait pas, ou si peu), je suis allé voir le travail de RT sur les Gilets jaunes. Bien m’en a pris ! J’ai trouvé ce travail honnête, proche du terrain, sans a priori idéologique, contrairement à tout ce que racontent les medias mainstream.
Pendant que les journalistes de BFM se mettent en grève parce qu’ils ont été un peu secoués par quelques excités chez les Gilets jaunes, ceux de RT et de Sud Radio travaillent et recueillent les félicitations et les encouragements des dits Gilets jaunes. No comment.
Et voilà le patron de Sud Radio ouvrir la porte à un rapprochement entre les deux médias :
Va-t-on faire des choses ensemble ? Pourquoi pas ? Je verrai bientôt Xenia Fedorova, la patronne de RT France. Le slogan de RT : OSEZ QUESTIONNER. Celui de SUD RADIO : PARLONS VRAI. Un bon début pour échanger non ?
Didier Maïsto nous a confirmé ses propos. On imagine le patron de Sud Radio pas mécontent, voire plutôt ravi, de faire savoir son intention de travailler avec RT ce qui ne manquera pas de faire réagir.
On ne sait pas encore ce que donnera, à terme, le mouvement des Gilets jaunes et s’il parviendra à transformer la société française et le monde politique. Il aura peut-être un effet médiatique inattendu : le rapprochement entre une ancienne radio historique du PAF et une chaîne émergente russe particulièrement contestée. A suivre.
FV (@fabvalery)

12 Jan

Décès du journaliste Jean-Manuel Escarnot, correspondant de Libé à Toulouse et auteur de plusieurs livres-enquêtes

Le journaliste est décédé vendredi des suites d’une grave maladie.

Jean-Manuel Escanot (Photo : Ulrich Lebeuf)

Sa silhouette va manquer dans le petit monde de la presse toulousaine. Jean-Manuel Escarnot est décédé vendredi 11 janvier emporté par la maladie, a-t-on appris auprès de ses proches.

Il était le correspondant du journal Libération à Toulouse et dans la région. Il avait encore publié des articles il y a quelques semaines pour le journal.

Le journaliste avait aussi publié plusieurs ouvrages, notamment au terme d’enquête sur les milieux djihadistes. En 2017, avec « Djihad, c’est arrivé près de chez vous », aux éditions Robert Laffont, il avait enquêté notamment sur les filières toulousaines (Merah, Essid, Clain, etc) et apportait de nouveaux éclairages et des témoignages inédits, notamment en matière de renseignement.

A sa famille, à ses amis proches, nous présentons nos condoléances.

FV (@fabvalery)

 

05 Jan

Non, cette photo prise à Toulouse n’a pas été maquillée par l’AFP

DESINFOX – Sur Twitter, de nombreux messages ont été échangés au sujet de l’inscription sur la « batte de baseball » du manifestant. Mais cette photo de l’AFP prise à Toulouse le 8 décembre dernier n’a pas été retouchée.

A Toulouse, le 8 décembre dernier (Photo : R. Gabalda / AFP)

Depuis novembre, le mouvement des Gilets jaunes cultive une défiance envers la presse. Mais parfois, les accusations portées tombent à l’eau.

C’est le cas pour cette photo d’un manifestant en gilet jaune, prise à Toulouse le 8 décembre dernier et diffusée à ses clients par le service photo de l’Agence France Presse (AFP).

On y voit un manifestant de profil, le visage partiellement caché sous un foulard, portant sur l’épaule une sorte de batte de baseball avec cette inscription :

Approche Macron, j’ai un truc à te dire

La photo est disponible pour les médias abonnés sur la plateforme photo depuis le 8 décembre. Elle a d’ailleurs été utilisée par plusieurs médias clients de l’AFP, dont France 3 Occitanie, pour illustrer des articles.

Mais en ce début janvier 2019, sur Twitter, plusieurs internautes ont découvert cette image : pour eux, pas de doute, c’est une photo maquillée : impossible que le manifestant puisse posséder une vraie batte de baseball avec cette inscription imprimée. Le texte aurait donc été, selon eux, ajouter après, sur l’image. Le photographe et l’agence sont donc mis en cause.

 

Certains y ont vu un autre exemple de photo maquillée, suite notamment à l’erreur commise par la rédaction nationale de France 3 en décembre qui avait la mention « dégage » d’une photo portant « Macron dégage » illustrant le plateau du JT. La direction de l’info de France Télévisions avait reconnu et regretté cette erreur humaine.

Mais dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, certaines précisions s’imposent.

D’abord, il ne s’agit pas d’une batte de baseball mais d’un objet y ressemblant : en carton, sans doute.

Contacté par nos soins, le photoreporter de l’AFP, Rémy Gabalda, confirme qu’il a livré la photo ainsi prise à l’agence et qu’elle n’a pas été maquillée. Photographe professionnel de renom, il avoue ne pas maîtriser les outils qui auraient permis de rajouter le texte.

D’autant qu’il ne l’a pas fait : le texte figurait bien sur la fameuse « batte de baseball ».

Pour le prouver, nous avons pu consulter nous-même d’autres clichés pris sous un autre angle, où l’on voit également très bien l’inscription sur la « batte ». D’autres photographes travaillant indépendamment ou pour d’autres agences ont d’ailleurs pris le même cliché ce jour-là à Toulouse sous un autre angle également :

 

Ni le photographe, ni personne à l’AFP n’est intervenu pour ajouter ce texte ou en modifier le contenu. Ces accusations sont donc totalement injustifiées.

Cela méritait d’être précisé.

FV (@fabvalery)