10 Déc

Toulouse : un photographe touché par un tir de flashball pendant la manif des Gilets Jaunes

Tien Tran, photographe indépendant, a été touché à la cuisse samedi. Il indique qu’il n’a vraisemblablement pas été visé par la police mais victime d’un « tir perdu ».

Photo : Tien Tran

Un photographe toulousain indépendant, Tien Tran, a été touché par un tir de flashball samedi 8 décembre pendant la manifestation des Gilets Jaunes à Toulouse.

« C’était en début d’après-midi, raconte-t-il, à l’angle du boulevard Lascrosses et de l’avenue du Maréchal Leclerc. La manifestation a commencé à dégénérer avec des petits groupes qui lançaient des projectiles sur les forces de l’ordre. Il y avait beaucoup de tirs de flashball pour repousser les manifestants ».

Les forces de l’ordre balançaient du gaz lacrymogène, des GLI F4 et flashballs sur une foule extrêmement clairsemées. Les tirs au flashball étaient clairement hasardeux. J’étais au niveau des manifestants les plus violents qui balançaient des pierres sur les forces de l’ordre, à couvert derrière un arbre, entre le boulevard et le mur du trottoir, à une trentaine de mètre de la police. J’ai entendu une GLI F4 (NDLR : grenade de désencerclement) détoner à un ou deux mètres de ma position, dans mon dos et immédiatement une douleur très intense dans la cuisse droite, derrière. J’ai hurlé de douleur et me suis extrait en boitant. En me retournant, j’ai vu la BAC qui chargeait le long du trottoir et que je n’ai probablement pas vu dans mon dos, car j’étais tourné vers le boulevard. J’ai été sonné pendant une dizaine de minutes et ai repris mes esprits à l’arrière du cortège. J’ai dans un premier temps pensé que c’était un éclat de GLI F4 que j’avais pris à cause de la détonation. C’est en rentrant chez moi le soir que vu la nature de l’impact, je pense qu’il s’agissait d’une flashball qui m’a touché quasi simultanément avec la grenade GLI F4. Je porte un casque avec marqué PRESSE en gros devant et derrière et au moment de la détonation et de l’impact, j’étais en position accroupie contre un arbre, pour me protéger des tirs de flashball et de GLI F4 donc pas vraiment menaçant, voire pas du tout en fait.

Mais le photographe précise : « Je pense que je n’ai pas été visé volontairement. C’est sans doute un tir perdu. je suis conscient qu’il peut y avoir des « erreurs » d’appréciation, que ça soit de la part de la police ou de manifestants (pas mal de cailloux sont passés pas loin aussi) mais il y a des conditions légales d’utilisation des flashballs et les tirs de samedi n’en faisaient pas partie. C’est la seule raison pour laquelle je souhaite témoigner. Je ne pense pas personnellement avoir fait l’objet d’une violence policière mais je pense être la victime collatérale d’une utilisation illégitime des flashballs« .

Tien Tran a publié sur les réseaux sociaux des photos de l’hématome sur sa jambe :

A Paris, plusieurs journalistes et photographes ont été visés délibérément par les forces de l’ordre samedi 8 décembre. Contrôlés, certains ont même vu leur matériel de protection, lunettes et masques à gaz, confisqués par la police.

A Toulouse, cela n’a pas été le cas, malgré les violents incidents. Mais les journalistes qui couvrent ces manifestations et leurs suites avec notamment les dégradations exercent leur métier dans des conditions vraiment très difficiles.

FV (@fabvalery)