27 Nov

Journalistes agressés en Occitanie : des condamnations unanimes

Après l’agression de plusieurs journalistes samedi 24 novembre pendant la manifestation des gilets jaunes, les médias régionaux et locaux, les élus, ont condamné cette violence.

Le moins que le puisse dire c’est que le monde de la presse et des médias est secoué. Et ce n’est pas une réaction corporatiste : voir qu’en 2018 en France, pays des droits de l’homme, on puisse s’en prendre physiquement à des journalistes et tenter de les lyncher en pleine ville pendant une manifestation pose question sur l’état de notre démocratie.

Une minorité

Répétons encore une fois que l’attitude de certains manifestants « gilets jaunes », hors de contrôle samedi face aux équipes de BFM TV et C News à Toulouse, de France 3 à Agde, de Midi Libre à Béziers, les menaces sur les réseaux sociaux à l’encontre de notre confrère Laurent Dubois après un article de France 3 sur le passé politique d’un leader du mouvement des Gilets Jaunes, ne doivent pas entacher la totalité de ceux qui ont choisi de se faire entendre dans la rue et sur les routes contre la vie chère et notamment les taxes sur les carburants.

C’est bien une minorité qui s’en est pris aux journalistes. Mais cette minorité existe et son attitude ne doit pas être ignorée.

Une question de démocratie

Parmi les nombreuses réactions à noter celle du Club de la Presse d’Occitanie qui a exprimé sa colère et sa solidarité envers les journalistes agressés (lire ici) ou encore celle de l’Association des Journalistes de Toulouse et sa région (AJT-r) rappelant quelques notions essentielles :

On peut être en désaccord avec la manière dont les rassemblements sont relatés ; plus généralement, on peut déplorer la concentration de la presse française dans les mains de quelques financiers. Mais cela n’excuse et ne justifie en rien des comportements violents envers les journalistes ou qui que ce soit. Ces méthodes rappellent singulièrement celles des dictatures ailleurs dans le monde. Sans la liberté de la presse, pas de liberté de penser, de s’exprimer et d’agir. Ici, la liberté de la presse signifie pouvoir faire son travail sans aucune pression ni menaces de la part de manifestants, policiers, politiques, gouvernants ou autres. Les journalistes et les médias représentent souvent un des derniers remparts de la démocratie, fortement contestée actuellement comme non représentative et inefficace. Mais partout où la démocratie a laissé la place à des régimes autoritaires, les libertés publiques et individuelles – dont la liberté de la presse – ont disparu et les atteintes aux droits humains élémentaires les ont remplacées, y compris en Europe (Edito de Sylviane Beaudois pour l’AJT-r)

Boycott et solidarité

Par mesure de rétorsion à ses agressions, plusieurs médias ont choisi d’opérer dès dimanche un « boycott » de 24 heures sur le mouvement des Gilets Jaunes.

A Toulouse et dans la région, certains médias n’ont pas choisi cette option, préférant soutenir, affirmer leur solidarité. C’est le cas d’Actu Toulouse qui a expliqué sa position dans un article (lire ici) ou encore de France 3 Midi-Pyrénées, dont le rédacteur en chef, Léo Lemberton, a expliqué la position en plateau dans le 19/20 dimanche, après la diffusion d’un reportage sur les violences qu’ont subi les journalistes la veille :

Enfin, des élus ont aussi apporté leur soutien aux journalistes agressés, comme le maire LR de Toulouse, Jean-Luc Moudenc :

Ils menacent un journaliste de le retrouver à son domicile

Au total, 5 journalistes de C News et BFM TV ont porté plainte à Toulouse après les événements de samedi, pour violences aggravées, menaces de mort, et tentative d’agression en réunion.

Dimanche matin, un journaliste de C News est même retourné au commissariat de Toulouse pour déposer une seconde plainte après une tentative d’intimidation : sur les réseaux sociaux des personnes du mouvement des « gilets jaunes » avaient proclamé connaître son adresse personnelle !

FV (@fabvalery)