24 Nov

Gilets jaunes : l’équipe de BFM TV échappe à une tentative de lynchage à Toulouse

Des manifestants ont dérapé ce samedi vers 16 heures place du Capitole. Les correspondants de BFM TV ont échappé à une tentative de lynchage. D’autres journalistes ont été conspués. A Béziers, des journalistes de Midi Libre ont été molestés.

C’est une marche de plus dans l’escalade anti-médias de certains manifestants du mouvement des « gilets jaunes ».

Ce samedi, l’équipe des journalistes correspondants de BFM TV à Toulouse a échappé à une véritable tentative de lynchage.

« BFM collabo »

Vers 16 heures, alors qu’un millier de manifestants se trouvaient place du Capitole, environ 200 personnes s’en sont pris verbalement à des équipes de télévision, particulièrement aux deux journalistes de BFM TV, Jean-Wilfried Forquès et Maxime Sounillac.

Le micro du correspondant ne portait pas les couleurs de la chaîne info. Les journalistes étaient aussi accompagnés de deux agents de sécurité mais cela n’a pas empêché un petit groupe de tenter de s’en prendre physiquement aux journalistes.

« BFM collabo », « dégage » se sont mis à crier les manifestants comme on le voit sur cette vidéo, publiée sur la page facebook des Gilets jaunes à Toulouse :

Il faut noter que plusieurs policiers présents alors à cet endroit ne sont pas intervenus pour protéger les journalistes.

Pris en chasse par des manifestants

« Ce qui s’est passé ensuite était une véritable tentative de lynchage » racontent plusieurs témoins.

La tension est montée brisquement d’un cran et les agents de sécurité sont intervenus pour faire sortir les deux journalistes de la place du Capitole. C’est alors, dans une rue adjacente, qu’une cinquantaine de manifestants ont « coursé » le correspondant de la chaîne à Toulouse. Un sprint pour sauver sa peau.

Le journaliste, séparé de son caméraman, a trouvé refuge dans une boutique dont la gérante a fermé les grilles. Il a ensuite fallu attendre pendant de longues minutes l’intervention des CRS qui ont chargé pour dégager les accès à la boutique et permettre au journaliste d’être évacué.

Le caméraman et le correspondant n’ont pas été blessés. « Jamais je n’ai senti autant de haine contre les journalistes » a témoigné Jean-Wilfried Forquès auprès de France 3. Journaliste aguerri, ayant couvert plusieurs conflits dans le monde quand il travaillait pour Sud Radio, il est le correspondant à Toulouse de BFM TV et RMC depuis dix ans.

A la suite de ce nouvel incident grave, des messages hostiles à la presse fleurissent sur facebook comme celui-ci :

BFM TV s’est fait dégager de la place du capitole «Toulouse» par le peuple 
#BFMTVCOLABO

Après cet incident grave, les journalistes et la direction de BFM ont porté plainte.

Une plainte de l’équipe de CNews

Les journalistes correspondants de CNews (groupe Canal +) à Toulouse ont eux aussi essuyé des quolibets, des insultes et des jets de projectiles de la part de manifestants. Ils sont allés déposer plainte au commissariat de Toulouse.

Après une semaine de manifestations, les épisodes de ce type se multiplient, notamment en Occitanie.

Des incidents à Béziers, à Agde…

A Béziers, samedi, des journalistes de Midi Libre ont également été insultés, molestés et même frappés pour certains.

« Malgré l’intervention du chef d’agence, qui a tenté de dialoguer avec ces manifestants reprochant « aux médias d’être vendus à Macron », explique la société des journalistes de Midi Libre (SOJOMIL) dans un communiqué, l’un de nos confrères a reçu des coups, de nombreuses insultes ont été proférées, et la poignée de la porte a été cassée lorsque certains ont essayé d’entrer en force dans les locaux. 

La SOJOMIL rappelle que les journalistes de Midi Libre travaillent en toute indépendance pour informer au quotidien leurs lecteurs du mouvement des gilets jaunes, depuis le départ, comme ils le font dans tous les domaines de l’actualité locale, régionale et nationale. A ce titre, toute pression verbale ou agression physique envers les journalistes de Midi Libre est inacceptable et sera systématiquement signalée aux autorités ».

D’autres journalistes, d’autres médias ont été aussi pris à parti par exemple à Agde dans des conditions extrêmement difficiles.

Stop !

On aura beau répéter, comme nous le faisons régulièrement sur ce blog, que s’en prendre physiquement aux journalistes est à la fois intolérable et contre-productif pour les manifestants, cela ne semble pas servir à grand chose.

On se contentera donc, modestement, d’apporter notre soutien à nos confrères de BFM TV à Toulouse et de Midi Libre à Béziers ainsi qu’à tous les journalistes qui tentent de faire leur travail sur un terrain qui devient de plus en plus hostile.

FV (@fabvalery)