24 Mai

Un cocktail molotov vise l’agence de La Dépêche du Midi à Tarbes

L’engin incendiaire n’a fait que des dégâts matériels. Mais une personne se trouvait encore dans les locaux mercredi soir au moment où le cocktail molotov a été allumé.

Les dégâts devant les locaux (Photo : DR)

Une enquête est ouverte à Tarbes après qu’un cocktail molotov (sans doute de l’essence dans une bouteille en plastique selon les premières constatations) a visé les locaux de l’agence de La Dépêche du Midi qui abrite aussi les bureaux de La Nouvelle République des Pyrénées, avenue Bertrand Barère.

Vers 23h45, une personne qui travaillait encore sur place a entendu du bruit. Mais c’est un couple qui passait par là qui a donné l’alerte et appelé les pompiers. L’incendie a été rapidement maîtrisé mais a tout de même endommagé la vitrine en devanture. Il n’y a pas eu de blessé.

Les policiers ont effectué des relevés sur place. Ils ont notamment découvert un énigmatique graffiti : « Delta ». L’enquête va tenter de retrouver le ou les personnes à l’origine de cet acte criminel. Selon une source policière, l’engin incendiaire n’aurait pas été lancé, mais déposé contre la porte avant d’être allumé : c’est ensuite que la bouteille a explosé sous l’effet de la chaleur.

Le personnel et les journalistes qui travaillent sur place sont choqués et s’interrogent sur l’origine de cette agression. C’est la première fois que les locaux des deux journaux sont visés de manière aussi violente.

FV (@fabvalery)

22 Mai

Toulouse : la justice prononce la liquidation du magazine « Politic Région »

La société éditrice SPG Editions a été liquidée par le tribunal de commerce de Toulouse.

© Politic Région/ Facebook

L’aventure Politic Région n’aura pas fait long feu. Lancé en mai 2016, la version papier du journal qui voulait « mettre en valeur la politique », n’avait connu que trois numéros. Après 6 mois d’existence, l’équipe avait voulu donner « un nouveau souffle » en privilégiant les publications sur le site web. Mais nous avions révélé ici que l’arrêt du print était aussi en corrélation avec les procédures lancées par plusieurs journalistes pigistes qui n’avaient pas été payés.

Petit à petit, les articles sur la version numérique se sont faits de plus en plus rares. Puis inexistants. Et ces dernières semaines, la justice a mis fin à l’aventure.

Le 17 avril dernier, le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation judiciaire de la société éditrice, SPG Editions, un acronyme des noms des trois promoteurs du projet, le journaliste Thomas Simonian (ex-rédacteur en chef de l’ancienne formule du Journal Toulousain), l’homme d’affaires spécialisé dans l’immobilier Armand Partouche et l’ancien journaliste (ex-rédacteur en chef à La Dépêche du Midi) devenu communiquant, Jean-Christophe Giesbert.

Les comptes de réseaux sociaux du journal étaient encore actifs ce 22 mai mais le site internet de Politic Région n’existe plus en revanche.

Au départ, les trois associés entendaient « vendre » à la fois un journal papier, un site internet et un centre de formation pour les élus locaux. Un « facebook » de l’élu local avait même été annoncé. Et le modèle devait être exporté hors des frontières de la région Occitanie. La société SPG avait aussi l’intention de répondre à des appels d’offres de marchés publics, notamment de la Région Occitanie, pour la livraison de contenus éditoriaux clés en main. Un mélange des genres qui avaient surpris, même parmi les journalistes pigistes qui avaient cru au départ à l’arrivée d’un nouveau média sur Toulouse et sa région.

Mais rapidement, la société s’est retrouvée face à des échéances financières (charges d’impression, salaires et piges à verser, etc) insurmontables, et à des abonnements et des ventes qui ne rentraient pas. Il a fallu d’abord renoncer au print avant de laisser l’entreprise péricliter.

Ces dernières semaines, selon nos informations, des pigistes, toujours en procédure contre le journal pour salaires impayés, ont vu revenir leur courrier de relance sur le mode « n’habite plus à l’adresse indiquée ». C’est désormais auprès du liquidateur qu’ils devront s’adresser.

FV (@fabvalery)

14 Mai

Mediacités a bouclé son augmentation de capital et levé 430 000 euros

Le site d’investigation locale, implanté à Lille, Toulouse, Lyon et Nantes annonce avoir bouclé sa levée de fonds et réorganisé son capital pour assurer sa croissance.

 

L’équipe de Médiacités lors du lancement à Lille.

Le journalisme est aussi une bataille financière. Le nerf de la guerre pour assurer l’indépendance d’un média. Ainsi, le journal en ligne Mediacités, implanté dans 4 villes françaises (Lille, Toulouse, Lyon et Nantes) a bouclé son augmentation de capital, a annoncé le site d’investigation dans un communiqué. L’objectif initial était de lever 350 000 euros. Finalement, cet objectif est dépassé avec 430 000 euros récoltés. Déjà en mars, l’opération était bien engagée. Cela s’est confirmé.

Cette levée de fonds modifie le capital du journal en ligne de la manière suivante :

  • 65 % pour les 8 associés-fondateurs (ex-journalistes à L’Express et L’Expansion)
  • 31 % pour les nouveaux actionnaires dont 2 entreprises de presse indépendantes (le site Médiapart et Indigo Publications, qui publie notamment des lettres professionnelles comme la Lettre A ou PressNews)
  • 4 % pour la société des amis de Mediacités, constituée de 55 personnes.

Médiacités précise qu‘aucun des nouveaux actionnaires ne détient plus de 5,2 % du capital. Les fondateurs restent donc maîtres du destin de leur projet.

Le site totalise depuis son ouverture à Lille puis Toulouse il y a un an, 2 millions de pages vues, 814 000 visiteurs uniques, 10 500 abonnés « découverte 24 h gratuites » et 1 700 abonnements payants.

Cette levée de capital va permettre le développement du site qui travaille uniquement sur de l’investigation dans les grandes villes : l’objectif demeure d’être présent dans 10 villes dans les 3 ans. Il va lui permettre également de renforcer sa politique de marketing pour attirer plus d’abonnés. A sa création, Mediacités visait 3000 abonnés dans chaque ville en 2 ans. On est encore loin du compte mais la notoriété du site progresse notamment avec la parution d’enquêtes exclusives comme les #CHULeaks à Toulouse, les #FootballLeaks à Lille ou les révélations sur le train de vie du directeur de l’Opéra de Lyon.

FV (@fabvalery)

A Toulouse, des journalistes vont s’unir contre la rétention de documents publics

C’est une initiative de l’association des journalistes de Toulouse (AJT) : regrouper les procédures pour obtenir des institutions les documents publics dont ils ont besoin pour leurs enquêtes ou reportages. Avec le soutien d’avocats bénévoles.

MaxPPP

Combien de journalistes bataillent chaque jour pour obtenir d’une mairie ou d’un conseil départemental, ici un arrêté, là une délibération ? Il s’agit pourtant de documents publics. L’administration, même de bonne foi, n’a pas toujours la même notion du temps qu’un journaliste en bouclage. Surtout quand les élus et leurs collaborateurs font tout ce qu’il faut pour que le document ne soit pas communiqué. Car souvent, le temps pris pour transmettre un document public est « stratégique » : on fait patienter le journaliste, on se dit qu’il finira par passer à autre chose, voire par oublier…

Prenons un exemple : un journaliste souhaite obtenir une délibération d’une institution locale ou territoriale. Le service de presse concerné lui indique d’abord qu’il contacte les services de l’administration. Quelques jours passent. Après une relance, le journaliste apprend que « l’on ne retrouve pas le document, mais que l’on continue les recherches ». Nouveau temps perdu. Plusieurs mails restent sans réponse. Puis, la personne qui valide l’envoi du document est réunion, en congés, le poste est vacant, l’électricité a été coupée, on a une fuite d’eau, le courrier s’est perdu, etc, etc. Bref, sans jamais dire « non », la rétention de document se transforme en obstruction !

Et pendant ce temps, l’article ne se publie pas et le lecteur ne peut avoir connaissance des informations à ce sujet.

L’association des journalistes de Toulouse et de sa région (AJT) lance donc une initiative pour appeler les journalistes à s’unir contre cette forme de rétention de documents publics. L’idée est double :

  • d’abord diffuser, par l’intermédiaire du site internet et des comptes sociaux de l’AJT, un article, à la demande du journaliste et de sa rédaction, expliquant l’obstruction d’une collectivité à produire un document public. Ainsi, la rétention de ce document sera rendue publique.
  • d’autre part, s’associer avec des avocats qui apporteront une expertise juridique sur la valeur du document et la démarche du journaliste. Trois avocats toulousains ont déjà apporté leur soutien, bénévole, à cette initiative : Maîtres Stanley Claisse, Pascal Nakache, et Christophe Lèguevaques.

L’AJT précise qu’il ne s’agit pas dans cette opération de se substituer à la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) que tout citoyen peut saisir mais dont les procédures sont longues et les avis uniquement consultatifs.

FV (@fabvalery)