11 Déc

Pourquoi la radio France Bleu Toulouse devient France Bleu Occitanie

Mardi 12 décembre, France Bleu Toulouse change de nom et étend progressivement sa couverture aux départements de l’ex-région Midi-Pyrénées.

(Photo : Christophe ABRAMOWTZ)

(Photo : Christophe ABRAMOWTZ)

Il faut tout changer : le logo, les jingles mais aussi (surtout) la ligne éditoriale. France Bleu Toulouse, l’une des dernières nées des radios locales de Radio France, va devenir une radio régionale.

Le projet était dans les cartons depuis plusieurs mois, notamment après l’attribution à Radio France de fréquences dans plusieurs départements de la région par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), comme nous vous l’avions indiqué sur ce blog à l’époque.

Le feu vert a été donné par la publication dans le Journal officiel de la délibération du CSA dimanche 10 décembre et salué par le directeur de France Bleu Toulouse, Pierre Galibert, qui a annoncé ce changement de nom sur les réseaux sociaux.

France Bleu Toulouse (oh pardon, Occitanie !) va donc en fait étendre sa couverture très progressivement. Cette semaine des émetteurs seront ouverts dans le sud de la Haute-Garonne, puis l’Ariège et le Gers. Il faudra ensuite travailler sur les autres départements concernés : Tarn, Tarn-et-Garonne, Aveyron, etc.

“Cette semaine nous ouvrons à Saint-Gaudens, puis Pamiers et Auch, précise Pierre Galibert. Le reste de l’extension sera terminée on l’espère au premier semestre 2018”.

Défi non-négligeable : France Bleu va émettre dans des départements ruraux où les auditeurs sont habitués à un paysage radiophonique sans antenne du service public. Cette absence historique a permis le développement de réseaux locaux privés comme 100 % Radio ou Radio Totem, qui ont un public fidèle. Pour ne pas faire de mécontents, le CSA vient d’ailleurs d’accorder à 100% Radio la fréquence 90.5 MHz à Toulouse, jusqu’alors utilisée à… France Bleu Toulouse (qui va donc déménager de fréquence en plus de son changement de nom).

Côté organisation, France-Bleu ne pourra pas couvrir l’actualité dans une vaste région avec les seuls huit journalistes (dont un rédacteur en chef) qu’elle compte actuellement sur l’agglomération toulousaine. En comparaison, France Bleu Provence compte 12 journalistes, France Bleu Nord 11 (pour deux départements à couvrir).

Mais la tendance n’est pas, ces temps-ci, aux embauches dans le service public audiovisuel ! Il faudra donc trouver des solutions pour installer des journalistes dans certains départements : en début d’année, la solution envisagée par Mathieu Gallet, le président de Radio France, était… la fermeture du bureau de France Inter et France Info à Toulouse ! Ainsi, cela libèrerait des postes, disponibles pour venir renforcer les équipes de France Bleu. Radio France envisageait notamment des ouvertures de postes à Montauban, Castres et Pamiers ! “Sur le sujet du déploiement de postes dans les départements, répond Pierre Galibert, le dossier est entre les mains des ressources humaines du siège”.

France Bleu Toulouse se pare donc mardi de son nouveau nom, Occitanie, alors qu’elle ne couvrira que la partie ouest de la région, correspondant à l’ancienne Midi-Pyrénées : France Bleu Hérault à Montpellier, France Bleu Gard à Nîmes et France Bleu Perpignan ne sont pas concernées par cette “régionalisation”.

Certains à Radio France voient cette transformation d’un mauvais oeil, la culture maison étant davantage la radio locale voire départementale. Pour certains personnels, cette régionalisation est un premier pas vers un rapprochement avec France 3. Il faut dire qu’Emmanuel Macron et le gouvernement ne cachent pas leur souhait de voir davantage de synergies entre les entreprises de l’audiovisuel public.

FV (@fabvalery)