12 Déc

A France Bleu Occitanie, un personnel « plutôt inquiet »

Journalistes, animateurs et personnels administratifs de la radio France Bleu ex-Toulouse rebaptisée Occitanie ce mardi s’inquiètent de l’absence de moyens face à ce projet de régionalisation.

Photo :  Radio France

Photo : Radio France

« Le personnel est plutôt inquiet ». Après le point de vue du directeur de la station Pierre Galibert lundi, le blog « Médias d’ici » a demandé son sentiment à une représentante du personnel, en l’occurence Magalie Lacombe, journaliste à France Bleu Occitanie et représentante SNJ (syndicat national des journalistes). Et elle ne cache pas l’inquiétude du personnel. 

Il faut dire que depuis le mois de février et l‘attribution des nouvelles fréquences dans les départements de l’ex-région Midi-Pyrénées, le personnel n’a eu des infos sur la transformation de la radio qu’au compte-gouttes.

2 reporters par jour pour huit départements

« La régionalisation de la radio est un projet qui est dans les cartons depuis longtemps, explique Magalie Lacombe. Il est même inscrit dans le COM (Contrat d’objectifs et de moyens) entre la tutelle et Radio France. Il s’agit de mailler le territoire de l’ex-région Midi-Pyrénées, de combler une zone blanche. Le problème c’est que ça arrive aujourd’hui dans un contexte très différent, avec la question des moyens alloués au service public audiovisuel ».

« On est conscients de la situation économique, continue la représentante du personnel, mais on est devenu la radio la plus vaste du réseau France Bleu et la moins dotée ! »

Le personnel réclame donc des moyens pour travailler dans de bonnes conditions. Actuellement, les 7 journalistes de la rédaction se répartissent sur toutes les fonctions : matinales, présentation des journaux, sport, week-end, etc. Seuls deux journalistes par jour sont programmés en reportage. C’était déjà un peu juste pour couvrir la métropole toulousaine. Demain (à échéance de l’été 2018), ce sera impossible de suivre l’actualité de huit départements.

« On risque de multiplier les interviews par téléphone, le desk et les reportages à distance, s’inquiète Magalie Lacombe. Vérifier l’info à distance c’est possible, mais le vrai reportage, il doit se faire sur le terrain ».

Une seule voiture de reportage

Le personnel attend donc des moyens humains supplémentaires, chez les journalistes, mais aussi les animateurs qui vont devoir assurer l’antenne depuis Toulouse sans relais locaux dans les autres départements. Sur ce sujet, le directeur de la radio, Pierre Galibert, nous répondait lundi que « ce dossier est entre les mains des ressources humaines du siège ». 

Mais il y a aussi la question des moyens techniques ou opérationnels. Ainsi, France Bleu ne compte… qu’une seule voiture de reportage. Pour couvrir des actualités à Pamiers, Auch ou Albi, ça va devenir compliqué !

« Il est indispensable de trouver des moyens pour travailler, conclut Magalie Lacombe. Le personnel, dont la moitié a participé au lancement de France Bleu Toulouse il y a 7 ans, sait que ce nouveau défi peut être stimulant. On aime ce que l’on fait. Il n’y a donc pas d’opposition franche. Mais c’est quand même inquiétant et même frustrant de savoir que l’on pourrait, en trouvant des ressources, faire notre travail convenablement ».

FV (@fabvalery)

11 Déc

Pourquoi la radio France Bleu Toulouse devient France Bleu Occitanie

Mardi 12 décembre, France Bleu Toulouse change de nom et étend progressivement sa couverture aux départements de l’ex-région Midi-Pyrénées.

(Photo : Christophe ABRAMOWTZ)

(Photo : Christophe ABRAMOWTZ)

Il faut tout changer : le logo, les jingles mais aussi (surtout) la ligne éditoriale. France Bleu Toulouse, l’une des dernières nées des radios locales de Radio France, va devenir une radio régionale.

Le projet était dans les cartons depuis plusieurs mois, notamment après l’attribution à Radio France de fréquences dans plusieurs départements de la région par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), comme nous vous l’avions indiqué sur ce blog à l’époque.

Le feu vert a été donné par la publication dans le Journal officiel de la délibération du CSA dimanche 10 décembre et salué par le directeur de France Bleu Toulouse, Pierre Galibert, qui a annoncé ce changement de nom sur les réseaux sociaux.

France Bleu Toulouse (oh pardon, Occitanie !) va donc en fait étendre sa couverture très progressivement. Cette semaine des émetteurs seront ouverts dans le sud de la Haute-Garonne, puis l’Ariège et le Gers. Il faudra ensuite travailler sur les autres départements concernés : Tarn, Tarn-et-Garonne, Aveyron, etc.

“Cette semaine nous ouvrons à Saint-Gaudens, puis Pamiers et Auch, précise Pierre Galibert. Le reste de l’extension sera terminée on l’espère au premier semestre 2018”.

Défi non-négligeable : France Bleu va émettre dans des départements ruraux où les auditeurs sont habitués à un paysage radiophonique sans antenne du service public. Cette absence historique a permis le développement de réseaux locaux privés comme 100 % Radio ou Radio Totem, qui ont un public fidèle. Pour ne pas faire de mécontents, le CSA vient d’ailleurs d’accorder à 100% Radio la fréquence 90.5 MHz à Toulouse, jusqu’alors utilisée à… France Bleu Toulouse (qui va donc déménager de fréquence en plus de son changement de nom).

Côté organisation, France-Bleu ne pourra pas couvrir l’actualité dans une vaste région avec les seuls huit journalistes (dont un rédacteur en chef) qu’elle compte actuellement sur l’agglomération toulousaine. En comparaison, France Bleu Provence compte 12 journalistes, France Bleu Nord 11 (pour deux départements à couvrir).

Mais la tendance n’est pas, ces temps-ci, aux embauches dans le service public audiovisuel ! Il faudra donc trouver des solutions pour installer des journalistes dans certains départements : en début d’année, la solution envisagée par Mathieu Gallet, le président de Radio France, était… la fermeture du bureau de France Inter et France Info à Toulouse ! Ainsi, cela libèrerait des postes, disponibles pour venir renforcer les équipes de France Bleu. Radio France envisageait notamment des ouvertures de postes à Montauban, Castres et Pamiers ! “Sur le sujet du déploiement de postes dans les départements, répond Pierre Galibert, le dossier est entre les mains des ressources humaines du siège”.

France Bleu Toulouse se pare donc mardi de son nouveau nom, Occitanie, alors qu’elle ne couvrira que la partie ouest de la région, correspondant à l’ancienne Midi-Pyrénées : France Bleu Hérault à Montpellier, France Bleu Gard à Nîmes et France Bleu Perpignan ne sont pas concernées par cette “régionalisation”.

Certains à Radio France voient cette transformation d’un mauvais oeil, la culture maison étant davantage la radio locale voire départementale. Pour certains personnels, cette régionalisation est un premier pas vers un rapprochement avec France 3. Il faut dire qu’Emmanuel Macron et le gouvernement ne cachent pas leur souhait de voir davantage de synergies entre les entreprises de l’audiovisuel public.

FV (@fabvalery)

07 Déc

100 % et Radio FG obtiennent des fréquences à Toulouse

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a distribué ce jeudi des fréquences disponibles dans la région toulousaine. La fréquence techno Radio FG et la radio d’origine tarnaise 100 % obtiennent chacune une fréquence à Toulouse.

Copyright : Radio 100 %

Copyright : Radio 100 %

Le CSA a distribué ce jeudi 7 novembre les fréquences radios disponibles dans les départements du ressort de Toulouse (ex-Midi-Pyrénées). Sur le bassin toulousain, plusieurs fréquences étaient disponibles.

Radio FG, une station nationale basée sur la musique électronique et techno, occupera la fréquence 101,4 MHz, ancienne fréquence de Sud Radio, l’ex-radio du grand sud qui a quitté Toulouse l’été dernier pour la région parisienne et qui émettra désormais sur le 101,8 MHz à Toulouse. Radio FG est née dans les années 80 à Paris comme radio communautaire gay. Elle s’est ensuite développée en France autour de la musique techno.

L’autre grande gagnante de cette redistribution est la radio régionale 100 % qui obtient le 90,5 MHz sur Toulouse. Le réseau régional émet déjà sur la quasi-totalité de la région Occitanie, plus le Lot-et-Garonne. Toutefois, la radio n’avait pas de fréquence sur l’agglomération toulousaine. C’est désormais chose faite et la radio privée sera en concurrence directe avec Toulouse FM ou la radio publique France Bleu Toulouse… La bande FM est déjà chargée sur Toulouse. D’ailleurs, 100 % récupère à Toulouse la fréquence qui était jusqu’à présent occupée par… France Bleu Toulouse !

Le CSA a attribué également des fréquences dans les autres départements. La liste est consultable sur ce lien du CSA.

FV (@fabvalery)