04 Jan

Retard de salaires, arrêt du print : sale temps pour « Politic Région »

Le magazine politique régional créé en mai dernier par trois associés toulousains a cessé sa parution après seulement trois numéros. La direction indique vouloir lancer une nouvelle formule. Des pigistes, qui n’ont pas été payés, ont mis en demeure leur employeur.

© Politic Région/ Facebook

© Politic Région/ Facebook

Après seulement 6 mois d’existence, « Politic Région » est dans une phase difficile. Le magazine lancé en mai 2016 par trois associés, l’homme d’affaires Armand Partouche, le journaliste (ex-Journal Toulousain) Thomas Simonian et le communiquant (ex-directeur de la rédaction de La Dépêche du Midi) Jean-Christophe Giesbert, a brusquement disparu des kiosques après seulement trois numéros, en mai, juillet et septembre. Le numéro 4 qui devait sortir en novembre ne verra pas le jour. Seul le site internet est toujours en fonction.

Un projet multiforme

En mai dernier, l’équipe présentait ce nouveau concept d’infos politiques en grandes pompes à Toulouse. Un magazine sur papier glacé et un site internet alimentés notamment par des pigistes mais aussi des « chroniqueurs » recrutés pour leur appartenance à des partis politiques.

Surtout, « Politic Région » avait pour vocation de toucher le personnel politique, les élus de la région Occitanie, à travers des articles mais aussi des offres de services payantes : formation, coaching, média-training, écriture d’articles clés en main, etc. Un « facebook des élus » avait même été annoncé ainsi que la volonté de développer le concept au-delà des frontières de l’Occitanie.

L’objectif affiché était de « remettre en valeur la politique », quitte à rendre poreuses les frontières entre l’éditorial, la communication et le business.

Un contentieux avec des journalistes

Mais la situation a vite dégénérée. Plusieurs pigistes n’ont pas été payés pour leurs travaux, articles ou photos. Après des négociations infructueuses avec la direction, ils ont déposé fin décembre une mise en demeure pour exiger le paiement des salaires dûs. Pour l’un de ces pigistes, la situation s’explique parce que « les actionnaires n’ont apporté que du capital mais pas le cash nécessaire pour faire tourner la boutique ».

« On paiera tout le monde »

Armand Partouche, le principal actionnaire, conteste que l’entreprise soit en difficulté financière. « On paiera tout le monde » affirme-t-il à France 3 Midi-Pyrénées, indiquant que ces sommes ne représentent que « quelques centaines d’euros« . Il précise que les sommes dûes seront toutes rapidement versées et confirme que la version print est bien « suspendue » en attendant des décisions sur une nouvelle périodicité.

« Le projet ne reposait pas sur la version print du magazine, explique-t-il, mais sur la plateforme internet qui continue de fonctionner. Je n’étais personnellement pas favorable à une version imprimée du magazine au départ mais on m’avait convaincu du contraire. Malheureusement, les élus que nous avions contacté, pour des raisons budgétaires, n’ont pas pu tenir leur promesse, en terme d’abonnements et d’achats d’espaces publicitaires. C’est pour cela que nous avons arrêté le print, mais nous avons encore plein de projets ». 

Un recentrage vers des activités de communication ?

L’équipe est en attente du résultat d’un appel d’offres lancé par le conseil régional d’Occitanie auquel « Politic Région » a candidaté. Il s’agit de livrer des infos et des articles prêts à être diffusés. « C’est un marché très important pour nous, explique Armand Partouche. Nous allons constituer un maillage de 13 journalistes dans les 13 départements de la Région pour assurer un suivi et une remontée des infos au service communication de la Région qui en disposera ensuite comme bon lui semble. Cela nous permettra aussi d’assurer la couverture de l’actualité politique au plus près des départements de notre région, grâce à ce maillage ». 

Un projet toujours aux limites de la communication et du journalisme. L’essence-même de « Politic Région » qui ne renonce pas non plus à d’autres projets, dans l’événementiel ou le conseil aux élus. « Il n’y a pas de danger économique pour l’entreprise qui ne manque pas de projets » réaffirme Armand Partouche.

FV (@fabvalery)