30 Sep

A La Dépêche du Midi, un syndicat déplore une rédaction « à l’agonie »

La section de La Dépêche du Midi du Syndicat National des Journalistes (SNJ) indique qu’après de nombreux départs non-remplacés le nombre de journalistes au quotidien régional est passé sous la barre des 150 pour alimenter les 18 éditions contre 230 au début des années 2000.

Les locaux de La Dépêche du Midi à Toulouse

Les locaux de La Dépêche du Midi à Toulouse (Photo : MaxPPP)

Le SNJ a fait les comptes. Selon le syndicat, pour la première fois, La Dépêche du Midi est passée en 2016 à 148 journalistes en contrat à durée indéterminée (CDI) à la faveur des nombreux départs non-remplacés. Tout poste confondus, La Dépêche aurait perdu 42 équivalents temps plein en 2015, « la baisse des effectifs se (concentrant) essentiellement sur la rédaction » selon le cabinet Secafi cité par le SNJ.

Lors de l’opération de rachat des Journaux du Midi (Midi Libre, l’Indépendant, etc), la direction du groupe avait annoncé la suppression de 346 emplois. 

La rédaction compte 19 journalistes en moins au bilan social 2015 et selon le SNJ « la direction a projeté une purge quasi identique pour 2016. En trois trimestres, à La Dépêche, une douzaine de départs de journalistes non-remplacés est déjà actée… Et d’autres sont programmés en fin d’année ».

Le syndicat compare ses chiffres avec les effectifs du début des années 2000, après les recrutements liés au passage aux 35 heures, quand la rédaction comptait 230 cartes de presse titulaires. Le syndicat s’inquiète aujourd’hui de l’augmentation des CDD et des précaires (15 CDD en moyenne et en permanence en 2012 contre 22 en 2015) et de l’usage des stagiaires.

Tous les services sont en état de surchauffe et, à la limite de l’explosion, en danger sanitaire » (SNJ)

« Partout, écrit le syndicat, ces manques d’effectifs engendrent des difficultés de fonctionnement, des impossibilités de faire son travail, des impossibilités de mener à bien des tâches de plus en plus nombreuses et du stress. Des faits-divers aux informations générales, tous les services sont en état de surchauffe et, à la limite de l’explosion, en danger sanitaire ».

Le SNJ se demande comment, dans ces conditions, « continuer à développer le multimédia de manière cohérente, sans organisation concertée et sur la seule base du volontariat ? ». « La Dépêche fait maintenant du surplace quand aux abonnés web payants » ajoute le syndicat qui demande dans la foulée l’apport de « sang neuf » et « la régularisation des précaires »

Nous avons à plusieurs reprises sollicité la direction de la rédaction de La Dépêche du Midi pour lui demander de réagir à ces informations mais n’avons pas à ce jour obtenu de réponse.

Fabrice Valéry (@fabvalery)