14 Juin

Candidate à la succession de TLT à Toulouse, TVPI veut une télé métropolitaine tournée vers les jeunes

Après TV Sud, nous continuons notre revue des candidats à la reprise de la fréquence de télé locale à Toulouse (le CSA qui a lancé l’appel d’offres attend les candidatures jusqu’au 13 juillet prochain). Parmi ces candidats, TVPI, la télé locale de Bayonne et du Pays Basque. Elle emploie actuellement une dizaine de salariés avec un modèle économique plutôt rare : des recettes uniquement privées, issues d’annonceurs locaux, et aucun contrat d’objectifs et de moyens (COM) avec les collectivités, ni d’argent public dans son capital.

Michel Lamarque, le patron de TVPI, revient pour le blog « Médias d’ici » sur son intérêt pour la fréquence TNT toulousaine.

Michel Lamarque, président de TVPI.

Michel Lamarque, président de TVPI.

Pourquoi vous intéressez-vous à Toulouse ?

Michel Lamarque : Tout entrepreneur a envie de se développer. Toulouse est une belle opportunité pour le sud-ouest. Et puis l’histoire est finalement assez ancienne. Lorsque TLT a commencé vraiment à « tousser » il y a plus d’un an, nous avons proposé un projet de reprise. Ce projet n’a pas été retenu et c’est bien dommage car cela aurait permis de ne pas interrompre la diffusion et de sauver des emplois. Donc, lorsque le CSA a lancé récemment l’appel d’offres pour réattribuer la fréquence, il était normal que nous soyons candidats.

Le vrai patron d’une chaîne locale ce doit être le téléspectateur ».

Pour y mener quel projet ?

Nous sommes en 2016. On ne peut pas monter un projet de télé locale comme dans les années 80, quand il n’y avait que 4 ou 5 chaînes de télé. On a grosso modo une trentaine de chaînes gratuites sur la TNT aujourd’hui. Or, le vrai patron d’une chaîne locale ce doit être le téléspectateur. Et à Toulouse, le téléspectateur est particulier.

A Toulouse, nous mettrons l’accent sur la jeunesse »

Il y a les Toulousains mais surtout de très nombreux jeunes, notamment des étudiants venus d’un peu partout. Toulouse est une ville dynamique qui attire beaucoup de jeunes. C’est là-dessus que nous essaierons de mettre l’accent, mais je ne peux pas vous en dire plus car nous réservons nos informations à la procédure mise en place par le CSA. Il faut une chaîne qui plaise au téléspectateur, qui lui parle de chez lui. Tant qu’à être locale, il faut que cette chaîne parle de local et tant qu’à utiliser une fréquence publique, il faut aussi qu’elle rende service à l’intérêt général. Il faut parler sport, culture, actualité mais la jeunesse, c’est important !

Quant au modèle économique, ce sera une chaîne 100 % privée ?

La situation à Toulouse est un peu différente de celle de Bayonne, vu la taille de la ville. Il faut donc une chaîne à tiroirs : ce que l’annonceur local veut et peut payer, il faut être prêt à l’accueillir, et ce qu’éventuellement les collectivités locales veulent financer et bien il ne faut pas s’en passer.

Si la puissance publique a envie de financer il faut qu’elle soit accueillie mais si elle n’a pas envie il ne faut pas qu’on l’y oblige ».

Mais il faut à tout prix que la chaîne puisse vivre honnêtement, en liberté, dans la durée, avec un modèle économique solide. Il ne faut pas dépenser trop d’argent et en même temps être ouvert à tout : si la puissance publique a envie de financer, il faut qu’elle soit accueillie mais si elle n’a pas envie il ne faut pas qu’on l’y oblige.

Vous avez déjà des discussions avec la mairie de Toulouse, la Région ?

On commence à prendre des contacts. Mais qui décide ? C’est le CSA. Il peut être sensible aux enjeux locaux mais son principal critère c’est l’intérêt des téléspectateurs. Ce serait ridicule qu’un candidat se présente avec la mairie dans sa musette et un autre avec la Région ou le département. Quelle que soit la collectivité et quelle que soit la chaîne, chacune doit être capable de travailler avec l’autre, si besoin et si envie. Nous n’avons pas signé de pré-contrat d’objectifs et de moyens avec quiconque. 

Vous employez 10 personnes à Bayonne. Quels pourraient être les effectifs à Toulouse ?

Pour 400 à 500 000 habitants au Pays Basque, nous sommes 10 personnes. A Toulouse, le CSA parle d’1,2 million d’habitants desservis, on ne va pas multiplier par trois mais un effectif de 15 à 20 personnes me paraît nécessaire. Ce ne sont encore que des estimations qui seront affinées quand notre business plan sera terminé. 

Le coeur de notre projet c’est le téléspectateur dans sa proximité »

Ce qui vous distingue du projet de TV Sud, qui souhaite faire de Toulouse un maillon d’un réseau régional de chaînes locales, c’est votre souhait de monter une chaîne purement locale, métropolitaine ?

Je le redis : le patron c’est le téléspectateur. Le local, la proximité ça l’intéresse. A Toulouse, on est sur une diffusion en zone urbaine donc on est dans ce cas sur un échelon métropolitain, pas régional. Cela n’empêche bien évidemment pas de diffuser certains émissions régionales, en accord avec d’autres diffuseurs. Mais le coeur de notre projet c’est le téléspectateur dans sa proximité, son intérêt et si on peut aussi faire passer des messages d’intérêt général autour de cette grande région qui se construit, ce sera avec plaisir. 

Propos recueillis par Fabrice Valéry (@fabvalery)