31 Mai

« Politic Région », le nouveau média régional qui veut mettre en valeur la politique

Le numéro 1 de Politic Région (photo : F. Valéry/ France 3)

Le numéro 1 de Politic Région (photo : F. Valéry/ France 3)

Le décor est planté. Un salon d’un hôtel de luxe du centre de Toulouse, à deux pas du Capitole. Trois associés y présentent un nouveau média régional sur papier glacé en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées : Politic Région. Une revue mensuelle de 80 pages (en kiosques le 3 juin) et un site internet qui s’adressent principalement aux hommes et femmes politiques de la région et leur offrent même une large tribune car, l’objectif est clair, « valoriser la politique, lui rendre sa noblesse, car il n’y a pas que les affaires en politique et offrir aux citoyens un regard optimiste sur la politique«  expliquent les fondateurs.

« La politique est noble »

Politic Région ne sera donc pas le Canard Enchaîné ou le Satiricon (pour prendre une ancienne référence éditoriale toulousaine), de la presse politique en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénnées et ne se place pas non plus sur le même créneau que le blog politique de France 3 Midi-Pyrénées, devenu référence en la matière.

Ses concepteurs veulent s’adresser aux élus en mettant en avant « la noblesse de la politique : ces milliers d’élus locaux dévoués qui travaillent pendant des heures sans recherche de retour et dans l’ingratitude« . Promis, tous les partis politiques auront ainsi « droit à la parole » de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. « On tiendra un tableau Excel pour assurer une parfaite égalité », plaisantent les trois associés.

Trois associés : entrepreneur, journaliste et communicant

De qui parle-t-on ? L’idée est venue de Thomas Simonian, ex-rédacteur en chef du Journal Toulousain du temps de Mike Layani (tombé ensuite dans l’affaire dite de la « crevette brésilienne ») puis à la tête du journal dans sa nouvelle formule en Scop avant de le quitter il y a quelques mois.

Il a pris contact avec Armand Partouche, qui a créé différents entreprises et a présidé la radio locale Kol Aviv. Emballé par le projet, il a dit banco.

Jean-Christophe Giesbert, l’ancien directeur de la rédaction de La Dépêche du Midi et fondateur en 2009 d’une agence de communication institutionnelle les a rejoints comme associé « minoritaire ».

Les trois associés lors de la présentation de Politic Région.

Les trois associés lors de la présentation de Politic Région (Photo : F. Valéry / France 3)

A la frontière entre journalisme et communication

« On a reçu un accueil incroyable de la part des élus », s’exclame Jean-Christophe Giesbert. Il faut dire que la couleur annoncée avait toutes les chances de les enthousiasmer : valoriser leur travail et leur donner la parole ! Mais les associés l’assurent : l’indépendance éditoriale de Politic Région sera totale. « Pas de soumission, à quiconque« , martèle Armand Partouche.

Pourtant, le créneau sur lequel ce nouveau média régional se place est à la frontière entre journalisme et communication politique : d’un côté donner la parole à des élus, leur offrir même la possibilité d’écrire des tribunes ou éditoriaux dans le magazine ou sur le site internet et valoriser leur travail et de l’autre faire de ces mêmes élus des clients, annonceurs, abonnés au site ou au journal, membres du futur « réseau social » d’échange d’expériences entre élus ou même « stagiaires » du futur centre de formation que les associés veulent créer. Politic Région veut aussi organiser des événements autour de la politique. Mais se défend de vouloir mélanger les genres. Une gymnastique compliquée.

D’autant que l’un des actionnaires, Jean-Christophe Giesbert (qui écrit aussi des éditos dans le mensuel) est en affaire, par l’intermédiaire de sa société de communication, avec de nombreuses collectivités, comme le Conseil régional, Toulouse Métropole (jusqu’en 2014), Auch, Cahors, le Conseil départemental du Tarn, etc.  Et donc avec les élus qui les dirigent !

Un modèle économique à « dupliquer »

Les trois associés ne lèvent pas le voile sur leur modèle économique, ni sur l’investissement de départ « assez lourd ». A peine sait-on qu’une douzaine de « partenaires » font partie du projet. L’objectif pour ce nouveau média est de développer les abonnements. 4000 exemplaires du numéro 1 ont été envoyés à tous les maires de la grande région. Le grand public n’est finalement pas tellement concerné.

Côté annonceurs, la régie publicitaire vise ouvertement « les collectivités et les entreprises qui répondent aux appels d’offres des collectivités ». 

Et si l’expérience fonctionne en Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, l’équipe veut rapidement « dupliquer » le modèle dans d’autres régions, notamment la nouvelle grande Aquitaine.

FV (@fabvalery)