03 Juil

Ecran noir pour TLT à Toulouse

Sans surprise, le tribunal de commerce de Toulouse a mis fin ce vendredi 3 juillet à 27 ans d’histoire de la télévision locale hertzienne toulousaine en prononçant la liquidation judiciaire de TLT, Télé Toulouse. Mais selon nos informations, des investisseurs sont déjà sur les rangs pour récupérer auprès du Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA) la fréquence TNT ainsi libérée. En revanche, le Capitole dément fermement vouloir monter une télé locale sur internet.

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« Au revoir et merci »

L’histoire de TLT s’achève donc après des mois de péripéties et une vingtaine de salariés se retrouvent ce vendredi sur le carreau. TLT était la plus ancienne chaîne locale en France. Accablée par ses dettes et maintenue en vie depuis des mois, avec un plan de continuation drastique, la chaîne créée quand Dominique Baudis était maire s’éteint alors que la ville de Toulouse (via la société CTV), dirigée par Jean-Luc Moudenc qui se place en héritier de Baudis, en était devenue le principal actionnaire.

EN VIDEO / le reportage de Pascale Lagorce et Christian Bestard :

Depuis quelques temps, l’espoir de sauver TLT et de trouver un repreneur solide pour faire de la télévision avait disparu. Tôt ce vendredi, la page Facebook officielle de la chaîne affichait d’ailleurs, avant même la décision du tribunal, un laconique « au revoir et merci ».

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Une longue agonie

Depuis des semaines, les voitures de reportages avaient été retirées par le loueur, dont les factures n’étaient pas honorées. En début de cette semaine, même le décor du plateau télé était en cours de démontage :

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Ecran noir ce vendredi à minuit

Pour leur dernier jour de travail, les salariés ont d’abord trouvé porte close ce vendredi matin. Finalement, ils ont pu accéder aux locaux dans la matinée, à l’arrivée du Pdg Emmanuel Schwartzenberg, dans une ambiance tendue. Ils avaient décidé de ne pas se rendre au tribunal de commerce. Un dernier déjeuner tous ensemble et puis un simple coup de fil au greffe du tribunal de commerce pour confirmer une décision que tout le monde connaît déjà. TLT passera à l’écran noir ce vendredi à minuit.

Le Capitole dément tout projet de web tv municipale

Une source proche du Capitole affirmait ce vendredi qu’un nouveau projet souhaité par la ville et la métropole (via CTV) avec un investisseur pour faire de la télé sur le web pourrait être dévoilé rapidement. Mais la mairie de Toulouse a démenti avoir tout projet dans ce domaine.

Des repreneurs pour la fréquence libérée

En revanche, il faut s’attendre à une rude bataille pour récupérer la fréquence TNT libérée par TLT. D’après nos informations, plusieurs groupes audiovisuels seraient déjà sur les rangs. Pour éviter une nouvelle catastrophe industrielle, le CSA, qui devrait réaliser l’appel d’offres en septembre, pourrait privilégier un groupe à l’assise financière solide : en gros, une chaîne nationale avec un mini-décrochage local quotidien. Réponse, sans doute avant la fin de 2015.

Jean-Luc Moudenc « prend acte »

La liquidation de TLT a suscité de nombreuses réactions. Des salariés ou anciens salariés ont dénoncé le « gâchis » et accusent les municipalités successives (un premier plan social avait eu lieu en 2009) d’avoir abandonner TLT. Surtout, les salariés licenciés ce soir en veulent beaucoup à Jean-Luc Moudenc et lui reprochent de ne pas avoir tenu ses engagements. Dans un communiqué publié par la ville de Toulouse, Jean-Luc Moudenc ne leur a pas répondu mais réfute avoir abandonné la chaîne locale :

Je prends acte de la décision attendue du Tribunal de Commerce de Toulouse sur TLT. La Ville de Toulouse puis Toulouse Métropole ont toujours soutenu plus que quiconque, depuis de nombreuses années, cette chaîne si caractéristique de Toulouse. Jusqu’au bout, nous nous sommes efforcés de trouver des solutions de redressement des comptes de la chaîne, mais les financements de la Ville de Toulouse, de sa Métropole ainsi que de la Région, ne suffisaient pas pour la désendetter. Elle était, depuis quelques mois maintenant, à bout de souffle financièrement. Je demande que le personnel bénéficie des meilleures conditions de départ possibles ».

FV