04 Mar

« Victimes d’un imbloglio », les salariés de TLT expriment leur inquiétude

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A 48 heures du rendez-vous crucial de la société TLT devant le tribunal de commerce de Toulouse, les salariés ont exprimé ce mercredi leur inquiétude face à la situation, un véritable « imbroglio » qui pourrait causer la disparition de la plus ancienne chaîne de télé locale de France et provoquer leur licenciement.

Dans un communiqué (que nous reproduisons ci-dessous), ils renvoient dos à dos le PDG Emmanuel Schwarzenberg et la mairie de Toulouse, co-responsables selon eux de la situation actuelle de la chaîne, dont nous avons déjà parlé ici : Emmanuel Schwartzenberg leur assure que la responsabilité incombe à Toulouse-Métropole qui n’a pas renouvelé le Contrat d’Objectifs et de Moyens  (COM) qui s’est achevé en décembre. Les élus au Capitole reprochent eux au Pdg de ne pas avoir fait le nécessaire pour faire progresser les recettes publicitaires, mais selon les salariés ce sont les actionnaires (dont majoritairement la ville de Toulouse) qui refusent d’embaucher un commercial !

Pris entre le marteau et l’enclume, les salariés de TLT redoutent le pire : la fin de TLT. Dans ce cas, « la fréquence et le matériel financés en grande partie depuis 27 ans avec de l’argent public tomberont dans l’escarcelle d’un repreneur ». Et les salariés resteront sur le carreau.

FV

Voici l’intégralité du communiqué :

COMMUNIQUE DES SALARIÉS DE TÉLÉ TOULOUSE :

Les salariés prennent acte que leur PDG Emmanuel Schwarzenberg a écrit que le risque d’envoi en liquidation judiciaire de Télé Toulouse ce 6 mars, était du au fait que Jean Luc Moudenc, maire  de Toulouse et Président de la Communauté d’Agglomération n’avait pas renouvelé à temps le Contrat d’objectifs et de Moyens (COM du Grand Toulouse) qui s’achevait fin décembre; ainsi qu’une subvention culturelle ce qui impacte défavorablement notre trésorerie pour l’audience.

La municipalité, quant à elle, pointe le fait que les recettes publicitaires de TLT n’ont pas évolué depuis près d’un an. Les salariés actent que leur PDG affirme, lui, qu’il n’ a aucun commercial dédié à TLT car les actionnaires (dont la Mairie actionnaire majoritaire à 60% par CTV) refusent cette embauche . 
 
Les salariés, eux, sont les victimes de cet imbroglio et relèvent que, pour la deuxième fois en moins de 4 mois, TLT est envoyée par devant le tribunal de commerce pour une liquidation, en raison d’un retard allégué par le PDG dans le versement des subventions publiques et qui ne sont pas compensées par des recettes publicitaires, quasiment inexistantes depuis 2 ans.

Si TLT est liquidée à court ou moyen terme : sont menacés 30 emplois directs (cdi, pigistes et intermittents) et 100 emplois indirects (producteurs de documentaires). Les fournisseurs régionaux ne seront pas payés , la fréquence et le matériel financés en grande partie depuis 27 ans avec de l’argent public tomberont dans l’escarcelle d’un repreneur. TLT est la première télévision locale créée en France en 1988 par Dominique Baudis.

Fait à Toulouse le 4 mars 2015.