26 Fév

Le journaliste toulousain Pascal Pallas, poursuivi en diffamation, est finalement relaxé

Soulagement pour Pascal Pallas, le rédacteur de chef de la Voix du Midi à Toulouse : le tribunal correctionnel a prononcé ce jeudi sa relaxe dans l’affaire de diffamation qui opposait le Front National aux époux Portheault et dans laquelle il avait été mis en examen et renvoyé devant la justice pour complicité.

Pascal Pallas (photo : Laurent Dubois)

Pascal Pallas (photo : Laurent Dubois)

Dans le même temps, Nadia et Thierry Portheault, poursuivis pour diffamation ont été également relaxés. Le Front National a même été condamné pour procédure abusive à verser 1000 euros à chacune des parties mises en cause et à prendre en charge leurs frais de justice.

L’affaire remonte à fin 2013 lorsque le journaliste toulousain réalise et publie l’interview des époux qui expliquent qu’ils quittent le Front National lassés des remarques racistes venant des cadres du FN 31, Nadia Portheault étant d’origine maghrébine.

Les époux Portheault

Les époux Portheault

Depuis cette affaire, ils ont publié un livre, « Revenus du Front », et Nadia est également candidate aux élections départementales (22 et 29 mars prochains) sous les couleurs de « Debout la France ».

A l’époque, donc, le Front National porte plainte pour diffamation et l’affaire est confiée à un juge d’instruction toulousain. C’est lui qui décide de convoquer puis de mettre en examen le journaliste auteur de l’article. Le parquet décide ensuite de le renvoyer en correctionnelle : un journaliste jugé pour avoir simplement fait son travail !

Cette décision avait soulevé un tollé dans la profession de journaliste : les poursuites d’un journaliste-auteur d’un article sont rares, le directeur de la publication d’un titre étant le seul représentant du média sur le plan juridique. Surtout, ces poursuites entravaient la liberté de travailler des journalistes et donc la liberté d’informer le public : comment informer librement en effet sur telle ou telle affaire, en faisant simplement et correctement son métier, quant on est sous la menace de poursuites qui vont vous conduire devant un tribunal ?

A l’audience, le 19 janvier, le procureur n’avait d’ailleurs requis aucune peine contre les prévenus. Ce jour, les juges ont suivi ces indications.

S’achève ici une affaire qui aura mobilisé les moyens de la justice, alors qu’aucun délit de presse n’était constitué. Si le parquet renonce à faire appel, c’est la fin d’un feuilleton qui n’aurait jamais dû commencer.

FV