21 Jan

Tarn : les journalistes s’insurgent contre les conditions d’accès à la « ZAD » de Sivens

Les conditions de travail des journalistes sur le site de Sivens ne sont pas simples depuis des mois. J’ai déjà décrit sur ce blog dans l’article « Sivens, un barrage contre les journalistes« , le traitement réservé à certains reporters. Les choses, semaines après semaines, ne vont pas en s’améliorant.

Lundi 19 janvier, après l’annonce des conclusions des experts mandatés par Ségolène Royal prônant l’abandon du projet initial et la construction d’un barrage plus petit, les occupants de la Zone à défendre (ZAD) ont improvisé une conférence de presse… dans des conditions assez incroyables : contrôle d’identité des journalistes présents, contrôle des cartes de presse, déclaration à visage masqué (voir ci-dessous le tweet de Sylvain Duchampt, journaliste à l’édition locale Tarn de France 3), refus de répondre aux questions, et, accessoirement, un coup de couteau dans le pneu de la voiture d’un journaliste !

Au lendemain de cet exercice journalistique très particulier, plusieurs journalistes s’insurgent dans une lettre ouverte : « J’ai eu mal à ma liberté d’expression et à ma liberté tout court, écrit un reporter de radioCoincé dans cette zone de non droit, menacé verbalement par des enc…agoulés, c’est clairement intolérable. Ces individus, organisés en milice, ont pris mon nom (que j’ai naïvement donné) Je suis aussi énervé car j’ai donné mon identité à une personne que je serai incapable de reconnaître. Ils ont franchement exercé des pressions sur nous, en organisant nos déplacements et en nous interdisant de faire librement notre métier ».

Pour une journaliste de presse écrire, « nous devons tous (NDLR : les journalistes) être solidaires pour boycotter ceux qui essaient de prendre la presse «en otage» par un système d’intimidation ».

La question qui se pose ne concerne donc pas le fond du dossier Sivens. Mais la forme que prend auprès de la presse l’occupation du site par les zadistes.

Être journaliste en France en 2015, répétons-le car cela semble nécessaire, c’est pouvoir travailler partout, poser librement des questions, pour informer en toute transparence les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs.

Partout, y compris à Sivens, qui, sauf erreur de ma part, n’est pas encore officiellement une zone de non-droit, hors des lois de la République !

FV