14 Jan

A Toulouse, les rares exemplaires de Charlie Hebdo sont partis en quelques minutes

« C’est une grosse déception, me confie ce détaillant de presse de la place du Salin à Toulouse. Avec 3 millions d’exemplaires imprimés, je m’attendais à en avoir 30 ou 40 à vendre. J’en ai eu 11 ! ». Même tonalité chez cet autre vendeur place Esquirol : « J’ai eu 5 exemplaires, dit-il. J’ai ouvert et ils étaient déjà vendus ».

Partout dans la ville, les Toulousains se succèdent : ils entrent chez les distributeurs de presse, posent tous la même question (« Vous avez Charlie ? ») et ressortent déçus, la plupart du temps sans avoir acheté un autre titre de presse.

Il faut dire qu’entre la pénurie (12.000 exemplaires auraient été affectés à toute la Haute-Garonne) et la véritable ruée vers Charlie Hebdo, il était impossible de se procurer un exemplaire à Toulouse dès 7 heures du matin.

D’ailleurs, les afficionados avaient prévu le coup. Il y avait très tôt ce mercredi matin des files d’attente devant les détaillants, comme ici place des Carmes, pour avoir une chance de se procurer la « came ». Certains ont patienté depuis 4h30 le matin.

Copyright Ch. Neidhardt / France 3

Copyright Ch. Neidhardt / France 3

Dans l’une des plus grandes maisons de la presse de France, rue du Poids de l’Huile, le décompte illustre bien la situation (qui est d’ailleurs la même partout en France) : 1000 exemplaires commandés, 102 attribués, 75 reçus ce mercredi, et seulement 14 mis en vente (et partis en quelques minutes) au grand public, les 50 autres ayant été « réservés ».

Solidarité avec la rédaction de Charlie pour certains, fidélité à un journal pas comme les autres pour d’autres, découverte d’un média « irresponsable » pour les uns ou fétichisme pour conserver un numéro forcément collector pour les autres, chacun avait sa raison pour tenter de trouver le Graal.

EN VIDEO / le reportage de France 3 Midi-Pyrénées (Christophe Neidhardt et Xavier Marchand) : 

Charlie doit être réimprimer et le journal pourrait être distribué dans les kiosques pendant plusieurs semaines. Alors si vous n’avez pas votre Charlie aujourd’hui, revenez demain !

FV

PS : pour ceux qui ont réussi à acheter un Charlie (et les autres aussi), un rassemblement de solidarité « Je brandis mon Charlie » est organisé ce mercredi 14 janvier à 18 heures place du Capitole.