17 Sep

Faut-il publier le plus vite possible, quitte à écrire une connerie ?

Je ne sais pas vous, mais moi je trouve que poser la question (encore une fois) c’est apporter la réponse !

Depuis la création des agences de presse il y a… pfff longtemps, publier rapidement une info, « être les premiers », fait partie, aussi, du boulot des journalistes. La chasse au scoop. On en pense ce que l’on veut, ce n’est pas, à mon sens, forcément négatif, de « sortir une info », ça peut même, parfois, servir la démocratie. Suivez mon regard.

Avec l’avènement de la presse sur internet, la rapidité de publication, pour cause de référencement sur Google et jonglage avec d’autres algorythmes, est devenue un sport national dans les médias (qui sont désormais tous sur le web).

Pire, sur les smartphones les centaines d’applis liées à l’info rivalisent de vitesse pour être les premières à publier les fameuses « alerte info ». Vous savez, ces très très très très courts messages qui s’affichent sur la page d’accueil de votre smartphone dès qu’une info jugée importante tombe sur l’AFP.

La vitesse de publication de ces alertes ferait, nous dit-on, augmenter la crédibilité du média. A vérifier.

Seulement voilà, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation.

Le 13 août dernier, Le Parisien a publié une (mauvaise) alerte info qui est au fail ce que le Don Pérignon est à la Blanquette de Limoux :

Capture d'écran @elisebarthet (Twitter)

Une bonne bourde donc, car ce n’est pas aux combattants de l’Etat islamique en Irak que la France va livrer des armes, mais…à leurs adversaires !

Sarcasme dans les rédactions, moqueries : Le Parisien, ce jour-là, n’en sort pas grandi.

Pour autant, cela pose la question de la vitesse de publication d’une info. Sans jouer les rabats-joie, toutes les rédactions devraient s’organiser pour qu’aucune info ne soit publiée sur le site, sur les applis, sans avoir au préalable été relue par deux ou plusieurs journalistes.

C’est déjà le cas dans bon nombre de rédactions, mais « l’industrialisation » (plus d’articles en moins de temps par moins de journalistes) que représente le numérique dans les rédactions françaises pousse à plus de publications sans relecture.

Or, qu’on le veuille ou non, le temps de relecture doit faire partie du temps de travail des journalistes.

FV