28 Août

Que faut-il retenir de la gesticulation médiatique autour du remaniement ? [Ah les journalistes !]

Je ne sais pas vous, mais moi  je me suis finalement assez amusé mardi à regarder/lire/écouter certains de mes confrères très bien informés faire/défaire/refaire le gouvernement pendant toute la journée avant de se contredire à la proclamation de sa composition en fin de journée.

Alors oui, c’est vrai, ce n’est pas très sympa de se moquer de ses petits camarades, surtout quand on sait que dans le domaine politique la limite est parfois très étroite entre info et intox.

D’autant que sur les radios ou télés d’infos en continu, la journée a été… longue !

Ne nous moquons pas, donc !

En revanche, et c’est ici ce qui m’intéresse, cela amène à se poser quelques questions sur la manière d’appréhender ce type d’informations.

Des journalistes politiques n’ont cessé de « balancer » sur les ondes et les réseaux sociaux, untel à tel poste, puis un autre au même, puis le même ailleurs. Au-delà du microcosme médiatico-politique, ces supputations (plus qu’informations) peuvent, sans doute, intéresser (un peu) le grand public.

Mais, car il y a toujours un mais, faut-il vraiment les qualifier d’informations avec ce que cela suppose : vérification, recoupement, confirmation ?

Certains se sont beaucoup moqué du journaliste politique d’itélé, Mickaël Darmon, dont j’apprécie pourtant les analyses, qui s’est livré (on le paye pour cela) à un véritable mitraillage d’infos et de contre-infos durant toute la journée de mardi. Des twittos ont même créé « l’échelle de Darmon qui irait de 0 (rumeur) à 10 (totalement faux) ». Les méchants !

Ce tweet de la chaîne info de Canal + a été la risée des internautes, après l’annonce du gouvernement, car parmi les 4 « pressentis »… aucun n’est devenu ministre :

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Tout a donc été dit, et même le contraire :

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Tout le problème réside en fait dans le vocabulaire : en la matière, on a le droit en tant que journaliste de parler de « rumeur » (« son nom circule« ), de « possibilité » (« il ou elle serait très intéressé« ) mais pas, à mon sens, « d’informations » (avec la mention classique « info itélé ou BFM ou X ou Y ») tant que le secrétaire général de l’Elysée n’est pas venu sur le perron les livrer, ces fameuses informations !

Ce n’est pas ici la fête à itélé et à son journaliste Mickaël Darmon. Je ne souhaite que mettre le doigt là où ça fait mal : des pratiques professionnelles qui ne grandissent pas… la profession !

Un journal spécialisé dans le sport annonce régulièrement dès le mois de janvier les transferts de presque tous les joueurs de toutes les équipes dans toutes les autres. A la fin de la foire, « quand on compte les bouses », le même journal est tout fier de montrer qu’il a été le premier à révéler à ses lecteurs le transfert de l’année !

On est alors bien loin de la politique me direz-vous. Mais aussi assez loin de l’info !

FV