05 Avr

Taubira ne défendra pas de nouveau texte

© AFP

Nouvel épisode dans la série : « la ratification de la Charte Européenne aura-t-elle lieue ? ». Cette semaine, une agence de presse basque a délivré une information selon laquelle la ministre de la Justice Christiane Taubira défendrait le mois prochain à l’Assemblée Nationale un nouveau texte qui s’intitulerait : « la République peut ratifier la charte des langues régionales ». L’information, reprise également par une partie de la presse occitane, s’appuie essentiellement sur un communiqué de la députée PS des Pyrénées-Atlantiques Colette Capdevielle du 3 avril. Elle estime que l’avis négatif du Conseil d’Etat, empêchant cette fameuse ratification est « juridiquement contestable » et annonce donc que la Ministre de la Justice présentera un nouveau texte « devant les assemblées parlementaires en mai, appelant un vote des 3/5è par le Congrès en juillet ou en septembre prochains ». Une annonce qui a donc fait renaître un peu d’espoir du coté des défenseurs des langues régionales, largement échaudés pour ne par dire déçus, par le renoncement gouvernemental à s’engager dans la voie de la révision constitutionnelle, préalable à la ratification de la Charte. Mais ce peu d’espoir risque bien de se transformer en grand désespoir. Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des lois à l’Assemblée Nationale, député très investi dans ce dossier des langues régionales est formel : « La Garde des Sceaux n’a – hélas – aucunement le projet de porter un tel texte ». L’annonce de sa collègue Colette Capdevielle semble être une mauvaise interprétation de propos que Jean-Jacques Urvoas a tenu dans ce dossier, définitivement complexe.

Clamenç Alet

21 Mar

La douche froide

François Hollande - Photo : Fred Dufour AFP

Si le mois de mars est annoncé par tous les observateurs comme le mois plus difficile à vivre pour le gouvernement et le Président de la République, il en est tout autant concernant le monde occitan et plus largement les défenseurs des langues régionales en France. A qui la faute?  A ce gouvernement et son Président François Hollande qui semble avoir tout bonnement oublié sa 56ème promesse de campagne : celle où il annonçait qu’il « ferait ratifier la Charte européenne des Langues Régionales et Minoritaires ». Une position claire, forte, qui avait d’un coup d’un seul, permis de récupérer les voix des électeurs pro langues régionales. La campagne électorale avait été claire, pour une fois, entre les candidats sur la question. Nicolas Sarkozy s’était largement démarqué de son adversaire en affirmant que « quand on aime la France, on ne propose pas de ratifier la charte des langues régionales et minoritaires ».

Mais l’espoir suscité par Hollande auprès des Occitans tout autant que des Bretons vient de voler en éclat. Le 13 mars dernier, le Conseil des Ministres s’est notamment réuni pour discuter de la prochaine réforme constitutionnelle. Au menu des festivités, un certains nombre de dossiers dont celui de la fameuse Charte qui n’arrivera au final, jamais sur la table du Conseil. L’executif a renoncé à s’engager dans une modification de la Constitution, préalable à la ratification. Una brava recuolada comme on dit en oc, un large pas en arrière qui permet au gouvernement d’aller se cacher derrière d’avis négatif du Conseil d’Etat pour augmenter son choix. Ce retour à la case départ intervient au moment même où un « comité consultatif national sur les langues régionales et la pluralité linguistique interne » a été crée par la Ministre de la culture, Aurélie Filippetti et dont le rôle est de préparer la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Ce comité réuni 10 membres, dont le conseiller régional occitan David Grosclaude et s’est tenu pour la première fois le… 6 mars dernier, soit 7 jours avant sa mort programmée. Ce mois de mars est décidément long et compliqué.

Clément Alet

04 Déc

Viure al País spécial Chant Pyrénéen dimanche 9 décembre

Pour cette dernière émission thématique de l’année, nous vous proposons un « Viure al País » entièrement consacré au chant polyphonique Pyrénéen. Cette tradition orale, expression populaire d’une culture, d’une langue.

C’est au Théâtre des Nouveautés de Tarbes, en compagnie d’un groupe de chanteuses polyphonique « Las Daunas de Còr« , que nous avons posé notre plateau. Las Daunas nous accompagneront tout au long de cette émission, dont voici le programme :

CANTA :  « Canta se Gausas » De  Denis Salles et Didier Bonnet

Cela se passe deux fois par an, tour à tour en Bigorre et en Béarn : « Canta se gausas » est une soirée de chant lors de laquelle les participants sont tirés au sort pour former des trios inédits. L’objectif est de bousculer les habitudes et de faire vivre cette tradition pyrénéenne qu’est le chant polyphonique. Nous découvrons l’une des éditions de cette soirée, à Bedous, dans le cadre magnifique de la vallée d’Aspe…

CANTA  : « De Canta, Hèra ! » De Benaset Roux et Denis Hémardinquer

Depuis 4 ou 5 ans, le chant polyphonique pyrénéen connaît un véritable renouveau, notamment chez les jeunes. La tradition a été maintenue grâce à des manifestations comme l’Hesteyade d’Ibos (Bigorre) ou le festival de Siros (Béarn). Désormais, la canta a investi les conservatoires à rayonnement régional où les cours connaissent un engouement. La transmission passe aussi par les familles. La canta est devenue un élément naturel, de convivialité et de partage. On peut l’entendre sur les marchés, à l’occasion d’événements, ou bien sûr lors des cantèras organisées très régulièrement dans les bars bigourdans ou béarnais. C’est la vitrine du chant polyphonique, le lieu par excellence de transmission de cet art populaire. Porteuse d’esthétique, de culture et de lien social, souvent vibrante et émouvante, la polyphonie regroupe les générations, attire les novices et retient les spécialistes autour d’une création collective constamment renouvelée.

CONVIDATS : Jean-Jacques Casteret et le groupe « Las daunas de Còr »

Parmi les invités de cette émission thématique spéciale, nous retrouverons également Jean-Jacques Casteret, ethnomusicologue, spécialiste du chant polyphonique pyrénéen en compagnie de « Las daunas de Còr ».

de mancar pas ce Viure al País spécial ce dimanche 9 décembre à 11h25 !

19 Nov

L’Europe, la France et les langues régionales

C’est en quelque sorte… l’arlésienne pour les défenseurs des langues et cultures régionales.

Voici donc que la fameuse « Charte Européenne des langues régionales ou minoritaires » apparue dès 1992 refait surface en France.

A la question posée par le sénateur socialiste Courteau auprès de la ministre de la Culture concernant sa position et ses intentions sur cette charte, la réponse parue le 15 novembre dernier au JO du Sénat est claire : « La France mettra en œuvre le processus de ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, conformément à l’engagement du président de la République. Ce travail sera fait de manière transversale et coopérative, et visera, en liaison étroite avec les parlementaires et l’ensemble des élus, à assurer un plein développement aux langues de France. »

Si l’on en croit cette affirmation, la Charte, signée le 7 mai 1999, serait donc sur le chemin de la ratification, ce qui rendrait enfin applicable tout ou partie de ses 98 dispositions. Si l’intention est bien là, on peut toutefois se poser la question de sa réelle mise en œuvre.

En 1999, c’est le Conseil Constitutionnel qui avait empêché la France de ratifier ce texte Européen parce qu’il l’estimait contraire à l’Article 2 de la Constitution qui stipule que « Le français est la langue de la République ». Depuis, les langues régionales ont fait leur entrée cette fameuse constitution, avec le nouvel article 75-1  voté en 2008, qui précise bien qu’elles appartiennent au « patrimoine de la France ». C’est cette même année que le Conseil économique et social des Nations Unies a « suggéré » et « recommandé » à la France d’« envisager » la ratification de la Charte.

Tout cela suffira-t-il pour lever les derniers obstacles ? Le congrès est-il enfin prêt et disposé à s’engager dans une telle ratification ? De nouvelles questions qui pourront peut-être alimenter les conversations des Eurodéputés membres de l’intergroupe sur les langues régionales. Pour la première fois, ce jeudi, l’occitan sera au centre de la session des parlementaires à Strasbourg.

Clément Alet

l’ensemble de la question et de la réponse parue au JO du 15 novembre 2012 :

http://minu.me/7i2x

Euròpa, França e las lengas regionalas

N’es una mena d’arlatenca pels aparaires de las lengas e culturas regionalas. Aquí doncas que tòrna venir en França la famosa « Carta Europenca de las lengas regionalas o minoritarias », nascuda en 1992.

A la question pausada pel senator socialista Courteau al prèp de la Ministra de la Cultura per connéisser sa pausicion e sas intencions sus aquèla Carta, la responsa pareguda lo 15 de novembre al JO del Senat es clara : « La França se va atalar al processús de ratificacion de la Carta europenca de las lengas regionalas o minoritarias, conformament a l’engatjament del president de la Republica. Aquel trabalh se farà d’un biais transversal e cooperatiu e visarà, en ligason estrecha ambe los parlamentaris e l’ensemble dels elegits, a assegurar un desvelopament plen a las lengas de França ».

Se l’òm crèi a n’aquèla afirmacion, la Carta, signada lo 7 de mai de 1999 seriá doncas sul camin de la ratificacion, aital rendriá applicable tot o tròçes de sas 98 dispausicions. Se l’intencion es plan aquí, l’òm pòt çaquelà se pausar la question de la vertadièra mèsa en òbra. En 1999, n’es lo Conselh Constitucional qu’aviá empachat la França de ratificar aquel tèxt europenc perçòque pensava qu’anava a la revèrs de l’Article 2 de la Constitucion que dís que « lo françés es la lenga de la Republica ». Desempuèi aquèl temps, las lengas regionalas dintrèron dins la famosa Constitucion, ambe lo novèl Article 75-1 votat en 2008, e que precisa plan que fan partida del « patrimòni de la França ». N’es justament a n’aquèla annada 2008 que lo Conselh economíc e social de las Nacions Unidas « prepausèt » e « recomandèt » a la França de « considerar » la ratificacion de la Carta.

N’i aurà pron ambe tot aquò per far tombar las darrièras cledas ? Lo Congrès françés seriá de biais per s’encaminar dins una tala ratificacion ? De questions novèlas que faran conversa dels Eurodeputats, membre de l’intergrope sus las lengas regionalas. Pel primièr còp, aqueste dijous 22 de novembre, l’occitan serà al mièg de la cession dels parlamentaris a Estrasborg.

Clamenç Alet

15 Nov

Joanda à la Grande Battle

Sélectionnés parmi des milliers de candidats sur internet, le chanteur occitan Joanda et ses musiciens ont participé, mardi soir en direct à l’émission la Grande Battle de France 2, le concours qui revisite les œuvres de musique classique.
Le Biterrois et son groupe ont interprété le Libiamo de Verdi avec des instruments traditionnels. Une prestation en occitan, une grande première à une heure de grande écoute sur une chaîne nationale.
Après son passage en direct, Joanda était soulagé : « Cela passe très vite. Le public était à fond, on s’est très bien sentis. » Nicolas Desvenain, le joueur de craba, qui arborait fièrement un drapeau occitan sur son instrument, était tout simplement « heureux d’avoir pu représenter l’Occitanie » et d’avoir fait découvrir au grand public les instruments traditionnels: « On a joué sereinement, avec cœur. On pensait à toutes les personnes qui ont voté pour nous. »
S’il n’a pas gagné – le concours a été remporté par les Picards de Zic Zazou – Joanda était pourtant satisfait : « Le principal, c’est que la langue et la culture occitanes soient passées à la télévision, en prime-time. C’est cela notre victoire. »

Un reportage dans les coulisses de cette soirée est à découvrir samedi 17 novembre dans l’édition occitane de France 3 Midi Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

Seleccionats demest de milierats de canditats sus internet, lo cantaire occitan Joanda e sos musicians participèron, dimars al ser, en dirècte, a l’emission la Grande Battle de França 2, lo concors que torna visitar las òbras de musica classica.

Lo Beserienc e son grop interpretèron lo Libiamo de Verdi amb d’instruments tradicionals. Una prestacion per màger part en occitan, una primièra bèla a una ora de granda escota sus una cadena nacionala.

Aprèp son passatge en dirècte, Joanda èra solatjat : « Aquò passa fòrça lèu. Lo public èra a fons. Nos sèm sentits plan. » Nicolas Desvenain, lo jogaire de craba, qu’arborava una bandièra occitana sus son instrument, èra tot simplament « content d’aver pogut representar Occitània » e d’aver fach descobrir los instruments tradicionals. « Avèm jogat serenament, amb còr. Pensàvem a totas las personas qu’an votat per nosautres. »
Se ganhèt pas – los primièrs foguèron los Picards de Zic Zazou – Joanda èra satisfach pr’aquò : « Lo principal, es que la lenga e la cultura occitanas siàgan passadas a la television, en prime-time. Es aquò nòstra capitada. »

Un reportatge dins las colissas d’aquela serada es a descobrir dissabte 17 de novembre dins l’edicion occitana de France 3 Miègjorn-Pirenèus e Lengadòc-Rosselhon.

Sirine Tijani

08 Nov

Claude Sicre chante Obama

C’est une sorte de… « come back ». On ne l’avait pas entendu chanter depuis quelques lunes, le Claude Sicre. Il aura donc fallu qu’une élection américaine passe par là pour le refaire chanter, mais pas en occitan cette fois. Et non, ce n’est pas de Mitt Romney dont Claude Sicre s’est inspiré mais bien de Barack. Une chanson Obamesque tout en anglais, petit clin d’œil amusant et décalé.
Clamenç Alet

Aquí una mena de « Come Back » coma se dis. L’aviam pas ausit cantar dempuèi qualquas lunas, lo Claudi Sicre. Calguèt esperar qu’una eleccion americana passèssa per aquí per lo tornar far cantar, mas pas en occitan aqueste còp. E non! N’es pas lo Mitt Romney qu’inspirèt lo Claudi Sicre, mas puslèu lo Barack, Una cançon Obamesca, tot en inglés, còp d’uèlh risolièr e descabestrat.

Clément Alet

01 Nov

L’offensive occitane de Toulouse Mag

Tremblez braves gens… les Occitans passent à l’offensive!

C’est Toulouse Mag qui l’affirme sur sa une, dans son numéro de novembre. Un morre de jovenòta tout sourire, aux couleurs de l’Occitanie adoucit ce titre ambitieux. Le mensuel consacre une nouvelle fois son dossier central de 12 pages à ce que l’on appelle : les Occitans.

L’enquête menée par nos confrères Jean Couderc et Sébastien Vaissière est construite en quatre parties autour de la politique, l’économie, l’éducation et la culture.

Leur postulat de départ est clair concernant les Occitans : « Ils ont surtout réussi à faire taire (quasiment) toutes formes de contestation. »

Toute la partie politique du dossier revient d’abord sur l’évolution récente de l’occitanisme politique toulousain, depuis la croix occitane, emblème du Conseil Régional, jusqu’à l’ouverture de l’Ostal d’Occitania en 2006. Un caminament politique décrit, analysé et alimenté par les témoignages de Jean-François Laffont (homme clé de ce dossier qui pourrait presque passer pour le chef de la tribu occitane), mais également Guilhem Latrubesse, Alain Alcouffe, Marçal Girbau, ou encore Gérard Onesta. Le contexte politique est bien cerné et les encadrés sont plutôt pertinents. A la question de gauche ou de droite ? La réponse apportée par les journalistes a le mérite d’être assez juste : « Pragmatiques, les Occitanistes semblent enclins à se vendre au plus offrant pourvu que leurs revendications soient prises en compte ».

L’enquête met presque d’accord l’élu UMP Sacha Briand et l’élu du Parti de Gauche Jean-Christophe Sellin autour d’une chose : leur méfiance vis-à-vis des Occitans. Le conseiller régional de droite est clair : « derrière l’apparence culturelle qui leur permet de récolter des subventions, on voit bien la réalité du discours politique qui s’appuie sur une vision anti-étatique. » L’élu de gauche, par ailleurs directeur du Conservatoire Occitan, enfonce le clou : « je ne suis pas sûr que le fait de valoriser des situations particulières aille dans le bon sens ». Que ces élus de la République jacobine une et indivisible soient rassurés, Jean-François Laffont, le chef des Occitans est clair : « nous n’avons jamais été sécessionnistes, ni souhaité créer un Etat. Nous sommes des fédéralistes convaincus ». Petite perle politique parfaitement mise en exergue par l’enquête : « l’épisode de la salle du Sénéchal ». Nous sommes à quelques semaines des élections municipales de 2008 et tous les candidats à l’élection ont répondu présent à l’invitation de Convergencia Occitana, afin de connaître leur position par rapport à l’occitan. Tous, sauf un : Jean-Luc Moudenc. Jean-François Laffont, revient sur cet épisode : « en envoyant Marie Déqué, il est évident qu’il a perdu des voix de jours-là ». Voilà qui est dit. Nos confrères rapportent également les propos d’un « avocat occitaniste » qui a également assisté à cette soirée : « Quand on voit qu’il a échoué à 600 voix près, on peut effectivement penser que Moudenc a perdu les élections de 2008 en ne venant pas salle du Sénéchal ».

Les occitans auraient donc un poids dans une élection locale, à défaut d’en avoir sur le plan économique. Cette partie de l’enquête est très instructive et l’on retiendra surtout la « gêne » ou le « désintérêt » de la CCI qui « ne souhaite pas s’exprimer  sur le sujet » : « Interrogée sur l’existence de décideurs favorables à la cause, la CCI botte en touche, arguant de l’absence d’éléments tangibles ». La réalité est là, l’occitan est quasi inexistant économiquement. Nos confrères semblent avoir lu et relu l’annuaire du label « Oc per l’occitan », et notent « qu’à l’exception de quelques avocats de l’hypermarché Auchan de Périgueux, les adhérents sont artisans ou agriculteurs ». Alors pour convaincre les milieux économiques de l’intérêt occitan, il ne reste plus qu’à faire partie du cercle de « la mesadièra ». « Chaque premier vendredi du mois, ils se retrouvent dans une salle de restaurant de la place Wilson » nous apprennent nos confrères. « Avocats, écrivains, artistes, chefs d’entreprise », l’un de ses membres témoigne sous couvert d’anonymat : « il ne s’agit pas d’un cercle d’influence mais d’un cercle de réflexion ouvert où des idées circulent, s’élaborent ».

La troisième partie dédiée à l’enseignement revient d’abord sur l’engouement des filières occitanes dès le plus jeune âge. Il y a deux fois plus d’élèves en section bilingues qu’en 2006. Mais ce qui retient l’attention concerne justement les (presque) trop bons résultats de ces élèves. Ils se distinguent, leur niveau est au-dessus des élèves monolingues ce qui finirait par inquiéter l’Education Nationale engagée dans « la lutte contre l’élitisme et les inégalités ». Nos confrères posent la question d’un « élitisme déguisé » à travers l’enseignement en classes bilingues.

La dernière partie de cette enquête donne la parole à Alem Surre-Garcia. « Personnage influent et charismatique ». L’interview est plutôt riche et éclairante sur un monde occitan qui cherche encore comment se positionner entre le local et l’international. A ce titre, une page entière est réservée aux relations que tentent d’établir les Occitans avec leurs voisins Catalans. Le titre de cette page 21 est très clair : « Rêve occitan, réalités catalanes ». L’article repose surtout sur l’analyse de Jerôme Ferret, maître de conférences en sociologie à Toulouse. Sans illusion il donne sa vision sur l’avenir de cette langue : « La tendance historique est clairement défavorable aux langues régionales en France. Je connais bien la Catalogne, et je sais tous les éléments sociologiques, historiques et politiques qui sont nécessaires à l’ajout d’une langue officielle supplémentaire ».

 

Una lèi per l’occitan. C’était pourtant une des revendications majeures des 30.000 occitans qui ont défilés dans les rues de Toulouse le 31 mars dernier, à la veille des échéances électorales. L’enquête ne revient pas sur cette mobilisation historique pour les Occitans qui s’est pourtant déroulée à Toulouse. Mais que cela ne vous empêche pas de lire ce dossier, plutôt bien mestrejat.

Clamenç Alet

31 Oct

Le Larousse occitan

L’occitan entre chez Larousse pour une insolite publication : un dictionnaire de l’occitan et des Occitans. 120 pages en format poche et un point de vue forcément « subjectif » sur la langue. Co-auteur avec Jacques Bruyère, Line Fromental avoue qu’elle s’est « régalée » à écrire ce petit opus « même si la tâche n’a pas forcément été facile car il a fallu trier et choisir ». Loin d’être un dictionnaire exhaustif comme on a l’habitude d’en voir chez Larousse, l’idée est plutôt d’être « léger dans le ton, significatif et ludique ». Après six mois de travail acharné, les deux auteurs proposent au grand public de « découvrir et d’apprendre l’occitan en s’amusant » à travers huit petits chapitres. Les quatre premiers tout en occitan :  « au bonheur des mots, florilège d’expressions, proverbes insolites, le français méridional en quelques notions »  s’arrêtent sur les mots, leur sens et la façon dont ils résonnent dans la tête de nombreux locuteurs passifs ou lecteurs curieux d’en savoir plus sur cet occitan qu’ils ont toujours entendu autour d’eux. Les quatre suivants : « ça s’est passé en…, ils ont fait l’Occitanie, 100% occitan, le saviez-vous ? », donnent plus généralement un cadre à la langue, son histoire, sa réalité.

« Ce dictionnaire est destiné à un large public, qu’il s’agisse des touristes qui voudraient comprendre l’occitan lorsqu’ils viennent par ici, ou qu’il s’agisse de tous les gens du Midi qui sont attachés a cette langue et sa culture » précise Line Fromental.

En diffusion nationale depuis le 25 septembre dernier et tiré à 10.000 exemplaires, le dictionnaire semble trouver sa place et chose inespérée pour Line : « les enfants l’adorent… »

Le petit dictionnaire insolite de l’occitan et des Occitans vient de paraître dans la même collection que le petit dictionnaire alsacien, breton et Ch’ti.

Clamenç Alet

19 Juin

EUROPEADA 2012

Après la Viva world cup (l’équivalent de la Coupe du Monde) l’équipe occitane de football participe actuellement à l’Europeada (championnat d’Europe). La compétition se déroule en Allemagne (ex-Allemagne de l’Est) avec 5 groupes de 4 équipes. L’occitanie se retrouve dans le groupe E et compte déjà 2 victoires. Une première dimanche dernier contre les Gallois 5 à 2 avant de remporter leur second match lundi contre les Cimbres (Germanophones du nord de l’Italie). Une victoire sans appel et prometteuse : 5-0 (Pierre Bru 12′ 38’sp 74′ , Boris Massaré, Michael Rodriguez).

Ce mardi, ils disputeront leur troisième rencontre contre une autre équipe invaincue : les danois d’Allemagne. L’enjeu : la première place du groupe synonyme de qualification pour les 1/4 de finale. Et pourquoi pas faire mieux qu’en 2008 où elle avait été éliminée en 1/4 de finales.

Petit rappel : l’équipe d’Occitanie vient de terminer 5ème de la Viva World Cup 2012 qui s’est déroulée au Kurdistan. (Photos AOF)

politica

Partit Occitan

Le Partit Occitan présentait 14 candidats aux législatives. Pas un seul n’a franchi le cap du premier tour. Mais les résultats sont plutôt honorables pour Gustave Alirol en Haute-Loire, David Grosclaude dans les Pyrénées-Atlantiques, Lidwine Kempf dans l’Aude ou Jacques Pince en Ariège. Une progession en terme de voix de l’ordre de 30% par rapport aux législatives de 2007, mais un recul si l’on se réfère aux dernières cantonales.

Régions et Peuples Solidaires

Le Partit Occitan fait partie de la fédération Régions et Peuples Solidaires qui comptait elle 4 candidats au second tour. Et pour la première fois, un député autonomiste de R&PS fera son entrée à l’Assemblée Nationale. Il s’agit de Paul Molac de l’Union Démocratique Bretonne élu dans le Morbihan.

 

 

Un deputat europenc novèl

Autre conséquence de ces législatives, l’élection de Kader Arif a entraîné sa démission du Parlement Européen. Il conduisait la liste PS aux élections européennes de 2009. Eric Andrieu était le premier non-élu sur cette liste. Il devient donc officiellement député européen.Voilà un défenseur et locuteur occitan qui accède à de hautes fonctions. Il va démissionner de son mandat de maire de Villerouge-Termenès (Aude) mais pas de celui de conseiller régional.