08 Juin

« Je choisis Occitanie »

Pour le nom de la région LRMP, OCCITANIE c’est le choix de l’explorateur Jean-Louis Etienne, du cinéaste André Téchiné, du chef cuisinier Sébastien Bras, de l’entraîneur Claude Onesta… Entr’autres. Mais c’est aussi et surtout un choix populaire, citoyen, exprimé dans les différents sondages, ou au cours de discussions privées de Monsieur ou Madame Tout le Monde. Un choix du cœur qui n’a pas été conduit dans toutes les artères des occitanistes, divisés sur la question. Pour illustrer cet engouement, un collectif s’est créé sur Facebook au début de la consultation. « Je choisis Occitanie » a connu un sucés sans précédent, bien au-delà du cercle occitaniste.

 

« Je choisis Occitanie »

Début mai, à quelques jours du début de la consultation, plusieurs personnes décident de créer un collectif sur Facebook : on y retrouve Jean-François Laffont et Bertran de La Farge de Convergéncia Occitana , Fabien Ginoux et Guillaume Gau-Corbière de la Joventut Mondina. L’idée : partager leur conviction que le bon choix, c’est Occitanie. Très rapidement, le réseau prend. La première publication est partagée 5000 fois. 

Guillaume Gau-Corbière du collectif "Je choisis Occitanie"

Guillaume Gau-Corbière du collectif « Je choisis Occitanie »

« Nous avons été très surpris par l’engouement et la réactivité. Il y a eu beaucoup de commentaires, on a fait des affiches qui circulent partout ». Plutôt content  Guillaume Gau-Corbière qui partage les publications et anime le site avec Fabien Ginoux. Le site se veut aussi pédagogique, en renvoyant sur le site de la région pour voter. Cet étudiant en master de Sciences Politiques à Paris, Tarnais d’origine confesse que ce succès n’est pas dû aux occitanistes : « On ne touche pas les convaincus ». Plus de 370 000 vues en tout. 6244 personnes ont liké en 3 semaines d’existence, un vrai phénomène. Des likes qui viennent essentiellement de Toulouse et l’ex-Midi-Pyrénées, un peu de Carcassonne et de Narbonne. L’ex Languedoc-Roussillon un peu en sommeil au départ est en train de se rattraper. 

Ce succès rappelle celui de la pétition lancée par l’Ariégeois Romain Quilès pour dire « OUI à l’Occitanie ». Pas occitaniste lui non plus mais qui fait signer presque 15 000 personnes. Beaucoup plus que celles lancées par des occitanistes. Le premier colloque organisé par Convergéncia et País Nòstre en avril 2015 avait lui aussi vu plus de non occitanistes dans la salle que de grandes figures du monde occitan.

« Occitanie » sans le majorité des occitanistes ?

Comme nous l’évoquions, les Occitans se sont divisés sur ce choix d’Occitanie pour le nom de la région et ils ne se sont pas emparés du débat. Peu de pédagogie sur ce qu’est l’Occitanie, son histoire, son présent, très de peu de manifestations mises en place pour débattre. Les Occitans ont été comme sonnés, noyés par cette vague populaire qui a porté son nom au firmament des sondages. On ne peut pas vraiment dire qu’ils se soient organisés pour exercer une quelconque pression. Ou alors, ce fut une action discrète, très discrète ! L’Institut d’Etudes Occitanes s’est divisé sur la question, la confédération Convergéncia occitana n’a pas su ou pu rallier toutes ses associations derrière le nom « Occitanie ». Faute d’unanimité et d’action collective il faut s’en remettre à des initiatives personnelles.

13254538_10208520018930935_5996699993175368952_nLe travail fait par l’historien Georges Labouysse sur ce sujet est très intéressant, notamment sur les appellations successives (Occitania dès le XIIIème siècle) de l’espace occitan. Plus personnel et tout aussi éclairant, voici la réflexion et l’argumentaire de Patric Sauzet, professeur à l’université Jean Jaurès de Toulouse et vice président du Congrès Permanent de la Lenga Occitana, l’académie occitane. Il explique pourquoi il a finalement opté personnellement pour Occitanie.

Alors que rien ne devait filtrer des tendances sur la consultation en cours, certaines fuites (info ou intox?) laissent entendre que l’Occitanie serait en tête. Occitans ou pas, il faut continuer à voter  pour que cette consultation pèse et soit décisive. Pour reprendre une formule célèbre, « La démocratie s’use si on ne s’en sert pas! » Jusqu’à vendredi minuit (par internet) et vendredi soir par vote papier (le cachet de la poste faisant foi) tout est encore possible. Une chose est sûre : si l’Occitanie emporte les suffrages, ce ne sera pas la victoire des Occitans mais un choix clairement exprimé par les simples citoyens de Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon. Et il faudra veiller que cette démocratie ne soit pas confisquée.

Lo Benaset

Pour VOTER :

https://lenomdemaregion.fr/

07 Juin

Des Passejades œcuméniques

Tous les jeudis de mai à septembre, le rituel est immuable : se retrouver pour une Passejada (promenade en occitan) en mode rural pour découvrir des paysages, en mode urbain pour la culture. Elles sont organisées par le diocèse de Montpellier et ouvertes à tous : croyants, non-croyants, randonneurs, ceux qui en veulent ou ne peuvent marcher…  Jeudi dernier c’était dans la garrigue castelnaulaise et du côté de Pézenas.

8H30, les plus vaillants sont déjà là, sac à dos, bâtons de marche, mais pas de gobelets jetables …Prêts à prendre le chemin, et pas spécialement de croix. Voilà deux que ces promenades sont revenues à l’ordre du jour, dans les 10 secteurs diocésains de Montpellier. Beaucoup viennent, sans être pratiquant ou croyant, simplement pour échanger, se vider la tête et se remplir les yeux. Et ce jour-là, la lumière basse sur la garrigue, les pins et les vignes de Castelnau-de-Guers valait le détour. Il n’y a rien de spécialement occitan, sauf le nom. Mais notre présence a réveillé la langue. Premier moment de la journée : un circuit en boucle, sans grandes difficultés, afin de permettre à ceux qui le souhaitent de se joindre au groupe de retour vers midi. Sous nos yeux, des couches de grès rougies par l’oxyde de fer, 4 statues disséminées le long des vignes et des paysages magnifiques.

Reportage Edicion Occitana B. Roux E. Coorevits P. Dick M. Lehoux MP Fournier


Pastorale du tourisme par france3midipyrenees

Le parcours est toujours organisé par une personnalité locale. C’est Bernard Christol qui s’en est chargé et il connaît la garrigue comme le fond de sa poche. Le groupe d’une trentaine de marcheurs chemine et s’arrête en fonction des intérêts de chacun : botanique, paysages, flore, faune… A midi, c’est le deuxième moment avec le repas sorti de la musette autour de la chapelle Saint-Nicolas, après l’angélus. Quelques ablutions plus tard au Picpoul de Pinet ou à l’eau, dernier rendez-vous à Pézenas pour un cycle culturel. D’autres personnes se sont jointes au groupe du matin, les oreilles bien attentives aux récits passionnés du guide Denis Nepivoda de l’office du tourisme. pas franchement d’origine occitane, il prend un plaisir certain à citer des étymologies occitanes, presque prêt à parler occitan si on le poussait un peu. Déambulation donc dans les rues de Pézenas ponctuée par les mots de Denis et dernière visite pour la collégiale Saint Jean, sans doute une des rares à avoir la devise républicaine Liberté Egalité Fraternité sur sa façade. A l’intérieur, se trouve également la salle du trésor aménagée au premier étage.

De l’orfèvrerie, ostensoirs, jacquaires, l’occasion pour nous d’évoquer un autre aspect de cette Pastorale Tourisme et Loisirs : se battre pour ré ouvrir et faire connaître le Camin Roumieu (romieu = pèlerin en occitan), chemin de plaine usité autrefois par les pèlerins qui lui préfèrent aujourd’hui une voie plus montagneuse. Voilà plusieurs années qu’ils se battent pour le réhabiliter.

Prochaine Passejade jeudi 9 juin du côté du pic Saint-Loup, aux portes des Cévennes. Pas de doute, les paysages et la convivialité seront au rendez-vous et certainement que l’occitan qui jalonne de nombreux lieux de la région resurgira ici et là, au-delà du simple mot de Passejade.

Lo Benaset

06 Juin

Réforme des collèges : ceux qui se battent pour les langues régionales

Le décret et l’arrêté relatifs à l’organisation des enseignements au collège ont été publiés auJournal officiel du 20 mai 2015. Une réforme applicable à la rentrée 2016 qui a vu se mobiliser les défenseurs des langues régionales et le gouvernement revenir en arrière sur certains points. Il y a eu des recours devant le Conseil d’Etat et des actions auprès du ministère de l’Education-Nationale. Où en sommes-nous ?

Le Conseil d’Etat s’est prononcé le 1er juin 2016

Plusieurs recours venants de plusieurs associations ou personnes privées ont été déposés devant le Conseil d’Etat. Ils demandaient l’annulation de cette réforme pour les langues régionales et les langues anciennes. Le premier juin dernier, ce juge administratif suprême s’est prononcé sur ces actions. Il a suivi les conclusions du rapporteur public.  Dans un communiqué, le collectif Los mespresats -au nom duquel avait agi le professeur d’occitan Martial Peyrouny- pense que tout n’est pas négatif dans cette décision. Le Conseil d’Etat confirme que les conventions Etat-Région continuent d’exister et de fixer certaines choses. Dans les académies où elles existent (notamment celles de Toulouse et Bordeaux parmi les plus favorables), ces conventions devraient éviter une rentrée catastrophique pour l’enseignement des langues régionales en septembre 2016. pour les autres…

Photo : Facebook de Martial Peyrouny

Photo : Cécile Hautefeuille Facebook de Martial Peyrouny

Par ailleurs, le même Conseil d’Etat annule (pour un motif de procédure) une partie du décret sur la durée minimum des pauses méridiennes au collège et sur la durée maximale d’enseignement quotidien en sixième. Cette disposition bloquait les enseignements optionnels comme l’occitan en classe de 6ème au prétexte qu’il ne peut pas y avoir plus de 6H d’enseignements quotidiens.

Pour le reste, les recours sont rejetés. Il est vrai que certaines demandes des requérants n’avaient plus lieu d’être car le gouvernement avait assoupli ses positions sur l’enseignement des langues régionales par des arrêtés et des circulaires (dont la dernière en avril 2016). Mais comme le précise le communiqué de Los Mespresats : cela ne règle pas encore certains problèmes. Notamment des disparités de traitement et de moyens entre les langues régionales.

Le 1er juin 2016, la FELCO était aussi au Ministère de l’Education

Philippe Martel Yan Lespoux Marie-Jeanne Verny au Ministère. Photo : site FELCO

Philippe Martel Yan Lespoux Marie-Jeanne Verny au Ministère. Photo : site FELCO

La Federacion dels Ensenhaires de Lenga e de Cultura d’Òc a pour sa part mené un travail de fond de manière empirique sur le terrain. Différents constats et autres études approfondies des textes qu’elle a ensuite été discuter au cabinet de Najat Vallaud-Belkacem. L’interlocuteur c’est Olivier Noblecourt, directeur adjoint du cabinet. Les réunions se sont répétées et un certain climat d’écoute doublé d’un soucis de faire avancer certaines choses semblent prévaloir. La dernière rencontre s’est faite aussi le 1er juin, jour de décision du Conseil d’Etat. Dans son compte rendu d’audience, la FELCO pointe la suppression de l’occitan dans certains établissements et la diminution globale des heures, avec des disparités entre les académies, entre les départements d’une même académie et parfois même entre les établissements d’une même académie et d’un même département ! L’absence de Conseil Académique sur les Langues Régionales à Limoges, Clermont-Ferrand et Grenoble rend très difficile l’enseignement de l’occitan dans ces académies. Ces mêmes académies qui n’ont pas signé de convention avec l’état sur l’enseignement des langues régionales… La diminution du nombre de postes au CAPES occitan (de 15 par an début 2000 à 4-5-6 désormais) a eu aussi des conséquences néfastes.

Olivier Noblecourt a tout de même annoncé plusieurs choses :

  1. Une nouvelle circulaire est à l’étude pour encadrer les langues régionales
  2. Le Ministère propose un rendez-vous de travail avec l’Office Public pour la Langue Occitane et la FELCO après le 4 juillet

La FELCO compte maintenir ces rendez-vous réguliers avec le Ministère pour tenter de régler certaines situations ici et là.

Lo Benaset

« Ò Solex Mio », quand le soleil a rendez-vous avec un vélo

Tous les grands ténors se sont essayés à « O sole mio » célèbre chanson napolitaine qui a fait le tour du monde. Mais personne n’avait encore tenté une version en occitan. C’est fait avec Christian Almerge qui se contentera lui de faire le tour « del monde de Carcassona » en Solex. « O solex mio », une parodie un tantinet burlesque à la sauce Test.

Christian Almerge en plein tournage

Christian Almerge en plein tournage

Les noms de Giovanni Capurro et Eduardo Di Capua ne vous disent sans doute rien. Pas plus que ceux de Maurice Goudard et Marcel Mennesson… Et Christian Almerge, lo coneissètz ? Oui bien sûr « I love Cagaròl » à faire brunir Joan Jett, « Massey-Fergusson » sans les cuissardes de BB, ou encore très récemment « Macarel » façon circus pour la manif occitane d’octobre dernier à Montpellier. Oui c’est lui ! Et les autres?

Les 2 premiers sont Napolitains et ont écrit et composé « O sole mio », chanté par les plus grands ténors : Dalida, Rachid Taha, Jeanne Added… Les 2 suivants sont Français et ont créé l’entreprise Solex et le célèbre VéloSolex. Notre prof de Sciences Eco et Sociales (oui c’est toujours Christian Almerge) les a réunis pour recycler une idée vieille de 20 ans apparue au moment du premier album du groupe TEST en 1993. La chanson est présente sur le dernier album qui vient de sortir : « De Shubert à Philae », tout un voyage.

 

 

Pour le tournage du clip, ils ne sont pas allés très loin : à Roquetaillade dans l’Aude, Solex oblige. Et notre prof n’a pas fait dans l’économie : images à tout va, figurants, clins d’œil musicaux à Los Machucambos et Queen… Talhat dins lo Ròc !

Image du clip

Image du clip

On y retrouve « Papy Solex », alias Jacky Vanderslande, grand spécialiste du Solex d’origine belge et quelques habitants pour les chœurs. « O solex mio », l’idée a dormi plus de 20 ans (d’où les toiles d’araignée dans le clip!) jusqu’à ce que Christian Almerge tombe sur un article de presse mentionnant une concentration de Solex à Roquetaillade pour les 70 ans de l’invention. Les images et le montage sont signés Jean-Paul Laffite, grand passionné lui aussi du vélomoteur.


La chanson rayonne désormais un peu partout grâce Papy Solex qui l’a envoyé dans différents pays du monde entier. Christian Almerge sera mercredi prochain 15 juin en concert au restaurant associatif LA TOPINA a l’Ostal d’Occitània de Tolosa a comptar de 6 oras e miècha.

Lo Benaset

04 Juin

Nom région LRMP : quelques jours pour se mobiliser, des décennies pour durer !

Vendredi 10 juin à minuit, la consultation citoyenne sera close. Il sera trop tard pour peser sur le nom de la région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées. Aucune région n’est allée aussi loin dans le processus de nomination. Alors que les français déplorent le manque de démocratie, ils sont tout à peine 150 000 à s’être exprimé à ce jour. Alors même que l’Occitanie sembla avoir la faveur, les occitanistes se sont très peu emparés du débat. Pourtant les données sont simples : seule une participation massive pourra influencer voire même infléchir le vote des conseillers régionaux le 24 juin et le choix du gouvernement avant le 1er octobre.

« Les Occitans ont peur du peuble »

Les mots sont de Claude Sicre, prononcés lors du débat sur le nom de la région samedi dernier dans le cadre du Forum des Langues. Il fustige ainsi le manque d’initiative des occitans en général pour s’emparer du débat sur le nom.

L’Occitanie en tête, les Occitans pas tous derrière

A l’heure actuelle, rien ne filtre sur des résultats potentiels. Et ce n’est pas Fabrice Verdier, le député du Gard et conseiller régional en charge du dossier, qui dira quoi que ce soit sur le classement provisoire. La consultation mise en place par la région est sérieuse, contrôlée, balisée et donc pas vraiment contestable.

La loi du 16 janvier 2015 sur la fusion des régions prévoit un changement de dénomination. Rapidement, la Presse Quotidienne Régionale s’en empare et chacun y va de son sondage. Un peu à la surprise générale -et on ne peut pas taxer la PQR d’être occitaniste!- le nom « Occitanie » affublé de différents acronymes est le premier choix de ceux qui ont bien voulu répondre aux sondages. De quoi dérouter mais également diviser les occitanistes. Le 4 avril 2015, les 2 associations Convergéncia Occitane et País Nòstre organisent un colloque sur la fusion régionale. Dans la salle, beaucoup de monde et une forte majorité pas vraiment identifiée comme occitaniste… C’est le premier acte. Les suivants seront rares.

unnamed       IEO Autocollant Occitania-BR FTVc

 

Péniblement et de manière confuse, l’Institut d’Etudes Occitanes sort de sa réserve. A la campagne d’affichage  « Notre région, c’est l’Occitanie » de Convergéncia Occitana et País Nòstre, ils répondent par « L’Occitanie, c’est 4 régions ». Une évidence me direz-vous mais qui sous-entend que l’IEO ne laissera pas une seule région utiliser ce nom. La position s’assouplie un peu et finalement, l’IEO n’interdit pas son utilisation, à condition que le terme ne soit pas seul. Beaucoup d’occitanistes pensent qu’il est inconcevable qu’une seule région s’approprie ce nom alors que 3 autres sont concernées. Trop exclusif et évinçant ? Mais qu’ont fait ces régions pour l’obtenir ? « Occitanie » pour la seule région LRMP veut-il dire que les autres régions ne sont plus occitanes ni ses habitants (es) ? On n’a jamais vu les gens du Midi ou des Pyrénées venir se plaindre auprès de Midi-Pyrénées ! Ni la Bretagne vouloir rassembler tous les Bretons.

Les sondages passent et, à quelques exceptions près, le débat se fait plus en interne chez les Occitans, qu’en externe avec le peuple comme dirait Sicre. Alors que par exemple les entreprises et le monde du tourisme ont organisé ce type de rencontre et de débat. Et l’Occitanie est souvent arrivée en tête, tout au moins en deuxième position…

« Gascogne Toulousaine » sur le terrain

« Gascogne Toulousaine » compte une vingtaine de membres; c’est une émanation locale du mouvement social et politique Bastir !. Depuis trois semaines, ils écument les marchés locaux en expliquant et distribuant des tracts. « On a commencé à L’isle-Jourdain, puis Gimont, Fleurance, Mirande, Auch, Léguevin… Nous avons été surpris par l’accueil. Beaucoup nous ont dit qu’ils avaient voté pour Occitanie. Pour les autres, nous essayons de les sensibiliser à cette opportunité que représente le fait de pouvoir donner un nom à sa région. «  Jean-Luc Davezac comme ses collègues est aussi étonné de voir que le monde occitan ne s’est pas vraiment mobilisé. « Notre choix, c’est Occitanie en 1 et Occitanie-Pays Catalan en 2 car notre présidente est catalane. » Cet après midi, ils seront à partir de 16H et jusqu’à 18H autour de la place du Capitole de Toulouse. A Condom et Lectoure la semaine prochaine, peut-être à Blagnac et Colomiers.

Participation massive = résultat qui engage

Il est trop tard pour refaire le monde. Au-delà du débat occitano-occitaniste, la question est simple : y aura-t-il suffisamment de participants à la consultation pour que son résultat soit irrévocable ? Car c’est bien une consultation et non un vote. Quel que soit ce qui ressortira le vendredi 10 juin à minuit, le résultat n’engage pas complètement l’Assemblée Régionale, et encore moins le Conseil d’Etat qui devra valider ou pas ce choix. Difficile d’estimer le seuil qui ferait de cette consultation un plébiscite incontournable. Sans doute plus de 400 000 participants… Cette semaine, les proviseurs de lycées ont été invités à mener différentes actions dans leurs établissements; car la consultation commence à partir de 15 ans révolus. Un potentiel de 200 à 300 000 votes en plus. Mais le cap ne sera pas atteint. A ce jour, on dépasse à peine les 2% de participation (presque 150 000 participants) et la déception peut se lire sur le visage de ceux qui ont œuvré pour avoir une consultation large, sérieuse et qui fasse référence.

 

On sent bien aussi que cette première consultation démocratique à l’échelle de la nouvelle région pourrait en appeler d’autres sur des sujets sans doute moins symboliques mais tout aussi concernant. Il est donc très important, pour le nom et pour le reste, que chacun se sente mobilisé et agisse.

Pour voter :

https://lenomdemaregion.fr/

suivez le guide : https://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/le-blog-de-viure-al-pais-france3/2016/05/14/cossi-votar-pel-nom-de-la-region.html

Lo Benaset

03 Juin

Le Petit Nicolas parle désormais l’occitan gascon et l’occitan provençal !

Lo Petit Nicolau en gascon  

Lo Pichon Micolau en provençau 

Ils sont sortis hier 2 juin en librairie, en occitan gascon et en occitan provençal, c’est « Le Petit Nicolas » en éditions bilingues par IMAV Editions.

couverture petit nicolas

La collection Langues de France par les éditions IMAV L’oeuvre de Goscinny et Sempé sera peut-être la première à réaliser un Tour de Gaule au complet. Après le corse, le breton, le picard, le vosgien, les créoles de Guyane, de Martinique, de La Réunion et de Guadeloupe, mais également le yiddish et l’arabe maghrébin de France, voici le Petit Nicolas et ses copains qui se mettent à parler gascon ! Cette nouvelle traduction s’inscrit dans le cadre d’une ambitieuse collection visant à promouvoir la diversité linguistique de la France.

C’est le premier de la série « Le Petit Nicolas en Langue d’oc » qui comportera 7 variantes. Il existe déjà en provençal, traduit par Michel Alessio. Viendront ensuite : languedocien, limousin, auvergnat, vivaro-alpin et niçois.

La traduction de cette première version gasconne a été effectuée par Serge Mauhourat dont voici une petite biographie :
Serge Mauhourat est né en 1960 à Tarbes. Il démarre sa carrière comme instituteur. Ses amis Pierre Salles et Henri Cazaux, lui ouvriront de nouveaux horizons, ceux de la langue d’oc de Gascogne et du conte. Il se lance alors dans l’écriture d’albums en langue d’oc : Lo Minjachepics (Le mange-soucis) e La nueit que’s minja lo dia (La nuit dévore le jour). Puis dans la réécriture du Còth arroi (Le rouge-gorge), du Mainat de nèu (L’enfant de neige), ce dernier avec Domenja Decomps. Avec ses collègues du Centre d’animation pédagogique en occitan le CAP’OC, il participe à de nombreux albums comme La bèstia de 7 caps, De qui ei ?, Poriqueta, Ça-i, Lo rei petit
Il est aussi conteur pour le collectif Ca-i, chanteur et bohaire (joueur de cornemuse gasconne) avec Los Pagalhos.

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Quant à l’œuvre Le Petit Nicolas et ses auteurs René Goscinny, pour l’écriture et Jean-Jacques Sempé, pour les dessins ; nul besoin de vous les présenter. Mais cette édition bilingue du Petit Nicolas est l’occasion de découvrir ou redécouvrir les aventures du célèbre petit écolier…

Outre l’histoire, ce livre comporte dans les deux langues : les biographies des différents protagonistes, un petit topo sur la langue occitane et ses particularités gasconnes, un lexique … un formidable outil pédagogique à lire à l’école ou en famille !

Par Vicenta Sánchez
PHOTOS ET DESSINS LIBRES DE DROITS© IMAV éditions / Goscinny – Sempé

02 Juin

Bòria Magra – episòdi 8

Cette semaine, nous vous proposons l’avant-dernier épisode de notre feuilleton agricole : une fois par mois depuis septembre, nous nous rendons à la Bòria Magra dans le Tarn, pour partager le quotidien de Daniel Coutarel et Blandine Bouisset, agriculteurs biologiques à Montredon-Labessonnié.

Un métier, une passion, qu’ils aiment partager avec le plus grand nombre. Membres de la « Fédération Nationale Accueil Paysan », ils ouvrent les portes de leur ferme dès qu’ils le peuvent pour faire connaître leur façon de vivre et de faire de l’agriculture biologique.


Bòria Magra episòdi 8 par france3midipyrenees

Reportage de Sirine Tijani, Denis Hemardinquer, Pierre Barguisseau. Montage de Charlotte Willocq

01 Juin

Le Conseil d’État rejette le recours occitan contre la réforme du collège

Le Conseil d’Etat a rendu sa décision aujourd’hui sur les différents recours contre la réforme du collège. L’action entreprise par Martial Peyrouny déposé en juin 2015 n’a donc pas permis de retirer cette réforme qui touche aussi les langues régionales.

 

Le 11 mai dernier, l’espoir était encore de mise. Comme nous l’avions publié, les conclusions du rapporteur public semblaient donner raison au professeur d’occitan. Hélas, quelques heures plus tard, retournement de situation, les conclusions déboutent ceux qui voulaient obtenir l’annulation de la réforme.

Le Conseil d’Etat ne considère donc pas que cette réforme va à l’encontre du code de l’éducation, ni qu’elle remet en cause les conventions signées entre l’Etat et certaines régions.

« Nous avons perdu parce que nous avons gagné », disait Martial Peyrouny en mai dernier. Car en effet, certaines dispositions attaquées en 2015 avaient été depuis modifiées par le gouvernement.

Les défenseurs des langues régionales contre la réforme des collèges ont donc perdu une bataille juridique, mais la mobilisation n’est pas finie pour autant.

Lo Benaset

Martial Peyrouny ambe son recors

Martial Peyrouny ambe son recors