24 Juil

La bactérie tueuse d’oliviers Xylella Fastidiosa fait peur en Corse

Présente dans des arbustes d’ornement à Propriano en Corse, la bactérie tueuse d’oliviers, et potentiellement de vignes, a été détectée et maîtrisée cette semaine. Mais jusqu’à quand ? Elle a ravagé des milliers d’oliviers dans la région des Pouilles au sud de l’Italie, elle avait aussi été repérée à Rungis, et la voici en Corse… La vigilance de tous est requise car elle pourrait être dévastatrice pour bon nombre d’arbres fruitiers mais aussi pour la vigne. Il faut à tout prix éviter le scénario cauchemar tant en Corse que sur le continent !

Les plants incriminés déracinés et brûlés ©

Les plants incriminés déracinés et brûlés © Photo Stéphane Reggiani – Corse Net Infos

Les autorités ont annoncé la mise en place d’un plan d’urgence pour tenter de stopper sa progression. Ce n’est pourtant pas le premier cas signalé en France puisque début avril un plant de caféier en provenance d’Amérique centrale (région du globe aussi infestée), a atterri sur le marché international de Rungis, dans le Val-de-Marne. Les autorités avaient alors joué la transparence et averti le 15 avril les médias.

Depuis, les autorités sanitaires françaises sont sur les dents comme l’avait confié à Côté Châteaux François Hervieu chef de service de l’alimentation Draaf Aquitaine « Le dispositif est en train de se déployer, le service est placé en alerte. Nous prenons très au sérieux cette affaire »

De ce fait, en Corse, dans le cadre de ce dispositif de prévention,  la Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles (Fredon) de Corse a effectué un prélèvement le 20 juillet à Propriano, dans une zone artisanale à 70 km d’Ajaccio, un prélèvement qui s’est finalement révélé positif. 

Le préfet de Corse, Christophe Mirmand, a confié au Monde : « nous nous retrouvons confrontés à ce que nous craignions depuis le début, même si nous ne sommes pas dans la situation des Pouilles, et nous devons mener l’enquête le plus vite possible ». Mais sans attendre les résultats, M. Mirmand a ordonné « l’arrachage des plantes concernées, la désinsectisation de la zone et une enquête épidémiologique ».

Par ailleurs, le préfet a convoqué en urgence un conseil régional d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (Cropsav), pour faire le point sur la situation et prendre d’autres mesures.

La récolte des olives dans une exploitation de Feliceto (Haute-Corse), le 8 avril 2015 © Pascal Pochard-Casabianca AFP

L’inquiétude est somme toute de mise car la bactérie a été retrouvée dans des polygales plantées depuis 2010, selon les premiers éléments d’enquête et les déclarations du directeur du centre commercial.Ce qui signifierait que soit ces plantes portaient la bactérie depuis son importation et son implantation, soit elles l’ont contractée avec des cicadelles, des insectes vecteurs.

Les services de la Fredon, renforcés en Corse doivent vérifier si ces insectes vecteurs seraient présents à proximité du lieu où se trouvaient les plantes contaminées.

« S’il s’avère que nous sommes confrontés à un foyer d’infection et non à un cas unique isolé, nous préviendrons bien sûr les autorités européennes, selon le préfet Christophe Mirmand. Et nous appliquerons le plan de lutte, soit un arrachage des plantes cent mètres autour du lieu infecté, et nous mettrons en place une surveillance accrue dans un rayon de dix kilomètres autour. »

Des hommes abattent des oliviers infectés par la bactérie « Xyllela fastidiosa », à Brindisi (Italie), le 13 avril 2015 © Agf editorial -Sipa

Pour Patrick Bartoli, oléiculteur en Corse: « Si le foyer n’est pas restreint, ça va être une catastrophe, un massacre pour la Corse, aussi bien économiquement qu’écologiquement. L’île est couverte de chênes, d’oliviers sauvages, de myrte, d’agrumes. C’est toute une économie qui risque d’être touchée par la bactérie. » « Les pouvoirs publics n’ont rien fait », ajoute-il. « S’ils avaient de suite mis en place des mesures de quarantaine, en surveillant toutes les importations de plantes, on n’en serait pas là. Cela montre qu’ils s’en foutent un peu de la Corse. » Le collectif Xylella Fastidiosa réclamait« l’arrêt complet de l’importation de végétaux dans l’île », pour éviter toute contamination.

« En plus des oliviers, cette bactérie peut toucher les chênes, les amandiers, les vignes. Elle peut infecter jusqu’à 200 espèces ! Si elle pénétrait dans la région, elle pourrait décimer des forêts entières. La situation deviendrait incontrôlable, comme c’est le cas en Italie », avait prévenu Fabienne Maestracci, oléicultrice en Corse et membre du syndicat Oliu di Corsica, selon des propos rapportés par Le Figaro.

C’est en 2013, que a bactérie Xylella Fastidiosa s’est définitivement installée dans les Pouilles, au sud de l’Italie. 10 % des 11 millions d’oliviers de cette région  infectés, alors que ces oliviers fournissent 12 % de la production mondiale d’huile d’olive. Cette bactérie s’attaque également aux vignes, aux agrumes, aux lauriers roses ou encore aux chênes.

«Il semble cependant que la souche européenne ne soit nuisible qu’aux oliviers», a déclaré pour l’heureThierry Candresse, directeur de recherche et pathologiste des plantes à l’Inra de Bordeaux.

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Vigilance autour de la bactérie xylella fastidiosa: « les services de l’Etat sont en alerte »

Alerte à la bactérie tueuse…la xylella fastidiosa

Avec le Monde , le Figaro , FranceTVInfo et Corse Net Infos.

23 Juil

A Pomerol, la vigne commence à souffrir du manque d’eau… stress hydrique à l’horizon

Pas de panique mais le constat est là. Les jeunes plants de vignes souffrent légérement du manque de précipitations. Plus d’un mois sans une véritable averse. A Pomerol, sur certaines parcelles, les jeunes vignes accusent le coup.

Quelques feuilles jaunies,  et des © JPS

Quelques feuilles jaunies, et « des petits rameaux qui commencent à aoûter »… © JPS

Un mois sans eau, il n’y a guère que le numéro de la « boucherie Sanzot » pour en rire ! La sécheresse commence à toucher l’ensemble de la France, 60 départements ont pris des mesures de restriction d’eau. A Pomerol, ça tombe bien, l’eau on ne l’a pas vue depuis plus d’un mois. La Gironde est le département le plus sec de France…

Sophie Aribaud et Nathalie Despagne au chevet de la vigne © JPS

Sophie Aribaud et Nathalie Despagne au chevet de la vigne © JPS

Nathalie Despagne, propriétaire du château la Rose Figeac, 4 ha et demi en bio à Pomerol, constate ce manque de ressource en eau depuis 1 mois: « ça se manifeste par des feuilles qui sèchent, qui se recroquevillent, nous avons rogné pour éviter une évapo-transpiration de manière à ce qu’on réserve un maximum d’eau car la plante est en pleine croissance, et c’est vrai qu’on voit déjà les petits rameaux qui commencent à aoûter…alors que normalement c’est en août. »

Cité Arditi et Pomerol 130

Accompagnée de sa conseillère viticole, Sophie Aribaud, de l’URABLT (union régionale agricole Branne Libourne Targon), dresse le même diagnostic: « la vigne est en stress hydrique au moins depuis 15 jours, ça fait 1 mois qu’on n’a pas eu d’eau. Sur ce secteur de Pomerol, on est sur des sables profonds, avec un tout ptit peu d’argile, mais qui ne permet pas une bonne rétention de l’eau au niveau du sol. »

Nathalie Despagne devant son château la Rose Figeac en appellation Pomerol © Jean-Pierre Stahl

Nathalie Despagne devant son château la Rose Figeac en appellation Pomerol © Jean-Pierre Stahl

Et Nathalie Despagne d’ajouter: « On voit que la plupart des grappes sont stoppées, pas comme un arrêt sur images mais la maturité risque un peu d’être compromise. Pour moi, c’est pire que 2003. C’est vrai que c’est un peu inquiétant. On a une jolie vendange, mais la graine ne grossit plus, elle a besoin d’eau, c’est vrai que ça nous échappe, c’est une balance, un équilibre ».

Pomerol,  l'un des plus prestigieux vignobles de Bordeaux © JPS

Pomerol, l’un des plus prestigieux vignobles de Bordeaux © JPS

Les 5 mm de précipitations tombés sur son domaine, 12 mm un peu plus loin à Pomerol, n’ont rien changé à la donne, alors que certains autres vignobles ont pu bénéficier de 20 à 30 mm de pluie dans la nuit de mardi à mercredi.

Romain Rivière, le propriétaire du Château La Croix Taillefer © JPS

Romain Rivière, le propriétaire du Château La Croix Taillefer © JPS

A Pomerol, un peu plus loin, au château La Croix Taillefer, 5,5 ha en bio, Romain Rivière relativise: « on a un vignoble relativement sain. On a su traiter de bonne heure avant la fleur, mi-avril, on est ainsi passé à côté de la vague black rot. On a eu juste une grosse pluie avant Vinexpo ».

Des baies en partie grillées par le soleil, côté ouest © JPS

Des baies en partie grillées par le soleil, côté ouest © JPS

« Quant à la chaleur, elle est arrivée plus tôt qu’en 2003, donc ça peut avoir pour effet d’avoir des baies plus petites. Je préfère moi laisser plus de hauteur à la vigne pour qu’elle gère son stress « ; dans son vignoble, le soleil a aussi laissé sa trace… certaines grappes ont attrapé des coups de soleil, certaines baies sont grillées côté ouest.

Cité Arditi et Pomerol 148

« Après, ça nous laisse présager 1 bon potentiel mais « c’est août qui fait le mou » comme disaient les anciens…donc il faut attendre, avant de se prononcer. On ne peut qu’espérer que ça va nous donner un bon millésime comme 2005, 2009 ou… 2003 qui était un bon millésime pour nous ici à Pomerol, » conclue Romain Rivière.

Croisons les doigts pour qu’août soit clément pour Pomerol… Un nouveau millésime en 5 de garde serait bienvenu et confirmerait cette belle série pour l’appellation.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Pascal Lécuyer:

21 Juil

A Chenôve en Côte d’Or, le feu a repris de plus belle, obligeant les habitants à être évacués

 Les sapeurs pompiers, ainsi que la police, pensaient le feu maîtrisé en ce début de matinée à Chenôve en Côte d’Or. Mais l’incendie a repris sur le plateau de Chenôve, obligeant les forces de l’ordre et les pompiers à faire évacuer les riverains des habitations les plus exposées. On parle de nouveaux départs de feu et la piste criminelle n’est pas exclue.

Photo d'un habitant ©

Photo impressionnante de la reprise du feu par un habitant © Thomas Rouet

Alors que ce matin, il ne restait plus qu’une quinzaine de pompiers pour surveiller des fumerolles. Plus de 20 ha avaient été touchés par les flammes, avec un vent de nord-ouest en direction des vignes et en bordure de la Route des Grands Crus.

Mais là, ce sont d’autres départs de feu qui ont été enregistrés en milieu d’après midi vers 15h30, 16 h. Ceux-ci d’une intensité très violentes comme hier se rapprochaient dangereusement des habitations. Les riverains ont été évacués, certains parlent d’une quinzaine d’habitations. La salle des fête a été ouverte pour les accueillir.  Selon le Bien Public, la piste criminelle est « très sérieusement envisagée ». Le commandant des sapeurs pompiers précise qu’il faut éviter le tourisme dans la zone actuellement

Dans le journal de 19 heures sur France 3 Bourgogne, le commandant Olivier Roy (SDIS 21) a répondu aux questions de Théo Souman

 Ce soir le feu n’était pas encore maîtrisé,  à 20 heures, le nuage de fumée qui s’en dégageait était encore visible dans toute l’agglomération dijonnaise. Les pompiers sont toujours mobilisés pour une nouvelle nuit d’efforts et de surveillance. En deux jours, deux pompiers ont été blessés, l’un par les flammes hier, l’autre victime d’un coup de chaleur ce mardi.

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Les pompiers de Côte d’Or ont veillé toute la nuit sur les braises du plateau de Chenôve © Théo Souman de France  Bourgogne

Les pompiers ont réussi finalement à en venir à bout. Au petit matin du mercredi 22 juillet, avec aussi l’arrivée de la pluie, ceux-ci ont pu dresser le bilan : 100 hectares ont été détruits.

Voici une vidéo et les photos impressionnantes de la reprise de l’incendie ce mardi 21 juillet, prises par Thomas Rouet, un riverain du plateau de Chenôve. 

Avec mes confrères de France 3 Bourgogne et le Bien Public.

20 Juil

Un violent incendie s’est déclaré à Chenôve en Côte d’Or, proche du vignoble bourguignon

80 sapeurs-pompiers et une vingtaine d’engins venus de toute la Côte-d’Or ont été déployés pour venir à bout du violent incendie de Chenôve, impressionnant pour les habitations environnantes. Un incendie proche des prestigieux vignobles bourguignons. 

L'incendie ne menaçait aucune habitation, mais les flammes etaient proches du vignoble et des maisons. © Thomas Rouet

L’incendie ne menaçait aucune habitation, mais les flammes etaient proches du vignoble et des maisons. © Thomas Rouet

L’incendie a débuté à 16h30 dans les bois, sur le plateau de Chenôve, à la frontière avec la commune de Marsannay. Des flammes de plus de 10 mètres étaient alors visibles de très loin, au plus fort de l’incendie. Une cinquantaine de pompiers venus de Dijon, Gevrey, Sombernon, Nuits-Saint-Georges, étaient aussitôt mobilisés pour attaquer les flammes, soutenus par une quinzaine de véhicules.

L’incendie spectaculaire sur le plateau de Chenôve, au sud de Dijon © Eric Betsch

CaptureA 18 heures, aucune évacuation n’était envisagée, le vent d’ouest étant plutôt favorable. A 18h30, l’incendie était en passe d’être maîtrisé par les pompiers. Le feu s’étendait sur 2,5 kilomètres carrés, mais il n’y avait pas de risque humain. La raison de cet incendie demeurait à cette heure inconnue. Au total, au moins une vingtaine d’hectares de pinède ont brûlé.

A 20 heures, l’incendie était considéré comme circonscrit.  80 sapeurs-pompiers et une vingtaine d’engins venus de toute la Côte-d’Or continuaient d’opérer sur place.  La surveillance de l’incendie et le noyage devraient se poursuivre tard dans la nuit.

Avec France 3 Bourgogne.

Les images de Damien Rabeisen (images aériennes : Agence B-Wonder) :

30 Juin

Des peines de prison ferme pour les casseurs de châteaux

Les deux principaux protagonistes ont été reconnu coupables de vol en bande organisée en fin de semaine dernière. Ils écopent de 4 ans de prison ferme. Les autres peines des 13 autres personnes qui comparaissaient s’échelonnent entre 3 ans ferme et 6 mois avec sursis et des peines d’amendes.

L'opération Cassevin lme 10 février 2014 ©

L’opération « Cassevin » avec ses interpellations et saisies, le 10 février 2014 © Patrice Héraud

Les faits s’étaient passés entre juin 2013 (au départ un vol au château d’Yquem) et février 2014 où les gendarmes déclenchaient les interpellations dans le cadre de l’opération « cassevin » et interpellaient une vingtaine de personnes.

En 8 mois, quelques 3771 bouteilles avaient été dérobées au cours de 18 cambriolages et revendues notamment sur le site le bon coin, avec des acheteurs peu scrupuleux qui achetaient des grands crus à des prix cassés.

Un enseignant très érudit avait ainsi acheté des Pétrus qu’il avait par la suite revendu…plus cher bien sûr. L’ensemble des protagonistes habitaient en Gironde, à Biarritz et en région parisienne.

Parmi les belles étiquettes ainsi subtilisées: des châteaux Ausone, Pavie, Margaux, Lafite Rothschild, Valandraud, Palmer, Yquem, Lascombes, Smith Haut Lafitte, Leoville Las Cases, rien que des petits ! Le montant du préjudice était estimé à près d’un million d’euros. Le bénéfice évalué pour les voleurs avoisine les 350 000 euros.

Qui a dit déjà : « bien mal acquis…ne profite jamais » ? Et quand bien même les bons vins profitent du vieillissement !

22 Juin

Les casseurs de châteaux devant le tribunal correctionnel de Bordeaux

L’opération « Cassevin » avait abouti à démanteler un réseau de casseurs de grands châteaux de Bordeaux, ainsi que leur revendeurs. 17 personnes comparaîssent devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour répondre de leurs actes. Le préjudice était de 1 million d’euros pour plus de 3700 bouteilles dérobées.

Coup de filet des gendarmes en février 2014 - Photos Patrice Héraud

Coup de filet des gendarmes en février 2014 – Photo Patrice Héraud

C’était le 10 février 2014, l’opération Cassevin (nom de la cellule d’enquête) était déclenchée…300 gendarmes intervenaient simultanément dans plusieurs départements du Sud-Ouest et en région parisienne.Une vingtaine de personnes étaient interpellées pour vols en bande organisée et recel de très grands crus bordelais pour un peu plus d’1 million d’euros de préjudice.

Ces interpellations étaient le résultat de plusieurs mois d’enquête par le groupement de gendarmerie de la Gironde et la section de recherches de Bordeaux.

Parmi les châteaux, Yquem avait été victime dans la nuit du 9 au 10 juin 2013. 380 demi-bouteilles du millésime 2010 avaient été dérobées pour un préjudice de 100 000 euros. « Depuis, on a revu la sécurité, ça nous a permis de mettre des moyens plus appropriés » nous-avait–t-on dit à l’époque. Il y avait aussi Haut-Bailly, Palmer, ou encore la Winery qui avait payé le plus lourd tribu avec 320 000 euros de vins dérobés, selon Philippe Raoux l’ancien propriétaire.

Le mode opératoire était quasiment le même: ils opéraient de nuit avec un véhicule volé auquel ils mettaient systématiquement le feu et prenaient la précaution d’effacer leurs traces avec des produits détergents, style eau de javel. Les faits se sont produits à intervalles réguliers de juin 2013 à février 2014, environ tous les 15 jours.

Les cambrioleurs ne repartaient pas avec forcément de grosses quantités mais plutôt des vins ciblés et de grande qualité: ils agissaient sur commande. Plus de 3700 bouteilles ont ainsi été subtilisées.

Ce procès pour vol en bande organisée et recel est prévu pour durer 4 jours devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.

Vous pouvez relire l’article de l’époque: Coup de filet des gendarmes: 20 personnes interpellées, elles écumaient les grands châteaux

15 Mai

L’Alsace et Dambach-la-Ville durement touchées par des orages de grêle

Le vignoble alsacien a été sévèrement touché par de violents orages de grêle mercredi soir, notamment à Dambach-la-Ville. Des ravages localisés. Des grelons gros comme des balles de golf. 80 à 100% de pertes par endroits, le millésime 2015 est compromis et les conséquences pourraient se faire encore sentir l’année prochaine avec des bois meurtris.

Capture d'écran du journal et photo des © Dernières Nouvelles d'Alsace

Capture d’écran du journal et photo des © Dernières Nouvelles d’Alsace – F. Delhomme

A Dambach-la-Ville dans le Bas-Rhin, presque toute la production de grands crus a été impactée, 95 à 100% des grands crus perdus et un vignoble haché.

60 ha ont sévèrement été touchés à Dambach et encore davantage alentour alors que le vignoble poussait rapidement car « les températures estivales s’étaient installée dans le vignoble » en Alsace, précisait le 13 mai Philippe Durst, Philippe DURST responsable export chez Dopff au Moulin à Riquewihr.

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En l’espace de 5 à 10 minutes, tout a été très vite, le vignoble a été complétement haché par les grêlons.

Une soixantaine d’ha de vignes ont été touchés sur le ban de Dambach, dont 40 ha dans le grand cru local du Frankstein » Didier Pettermann, vigneron à Dambach et premier vice-président de l’Association des Viticulteurs d’Alsace (AVA), interviewé par les DNA

Et d’ajouter que ces orages de grêle auront des conséquences lourdes pour la viticulture:

Les gros dégats, ce n’est pas que pour cette année mais aussi pour l’année prochaine », Didier Petterman sur BFMTV

« une perte sèche de récolte sur les parcelles grêlées, l’absence de bois de taille, ce qui entraînera un manque à gagner pour les prochaines récoltes qui pourraient être réduites de moitié », continue Didier Petterman auprès des DNA.

Les dégâts à Dambach seraient estimés entre 7 et 9 millions d’euros de pertes: ce sont 350.000 bouteilles qui ne seront pas commercialisées sur trois ans. Il faudra plusieurs années pour que le vignoble meurtri se remette de ce douloureux épisode, pour pouvoir espérer une récolte digne de ces grands vins d’Alsace . Solidarité avec nos amis vignerons alsaciens.

Les températures estivales s’étaient installées dans le vignoble © Philippe Durst

Regardez le reportage de Caroline Kellner, P. Dezempte et L. Guigues de France 3 Alsace. (Intervenants: Didier Pettermann, vigneron – Olivier Carl, vigneron) 

27 Avr

Plainte contre X pour homicide involontaire: la fille d’un viticulteur bordelais décédé dénonce le danger mortel des pesticides

Les pesticides sur le banc des accusés…Valérie Murat, la fille d’un viticulteur bordelais décédé en décembre 2012 d’un cancer bronchopulmonaire, veut que la justice reconnaisse la responsabilité des organismes commercialisant ces pesticides ainsi que celle de l’Etat qui les a homologués. 

Valérie Murat © MaxPPP

Valérie Murat © MaxPPP

Invitée du journal de 8h ce matin, Valérie Murat, le fille de James-Bernard Murat viticulteur girondin décédé d’un cancer, dépose plainte contre X cet après-midi pour homicide involontaire devant le Tribunal de Grande Instance de Paris. Son père protégeait sa vigne une fois par an en aspergeant de l’arsénite de sodium, cancérogène suspecté. Le père de Valérie Murat est mort en décembre 2012, à 70 ans, d’un cancer bronchopulmonaire.

« Le certificat médical a écrit noir sur blanc que la pathologie est en lien à l’exposition de 1958 à 2000 à l’arsonite de sodium.

Je veux connaître tous les responsables et remonter le fil de toutes les responsabilités.

 Pour moi, les premiers responsables ce sont les firmes. Ce sont les firmes qui ont mis ce produit là sur le marché, et après il y a les services de l’Etat aussi, qui ont évalué, homologué et re-homologué pour certains.

Ce sont 3 produits à bas d’arsonite du sodium. Leur retrait n’a été effectif en France qu’en 2001 seulement., alors que la Grande-Bretagne l’a interdit à partir de 1961? Les Pays-Bas l’ont interdit en 85 et les Etats-Unis en 88.

Pourquoi avoir laissé ce produit-là sur le marché jusqu’en 2001 ? »

Bien sûr que je le fais en mémoire de mon père parce que je ne peux pas accepter qu’il soit mort pour rien ! On ne peut pas continuer à nier ce problème à ce moment-là et entretenir l’omerta ! Valérie Murat

Les paysans ont été dupés, floués, et on en a fait des bons petits soldats de la chimie…On leur a fait remplacer toute la science qu’il y avait dans l’agriculture, on les en a détourné complètement pour leur proposer de la chimie à la place. Alors c’est sûr, ça marche ! Mais regardez, on commence à compter les cercueils ! »

Il y a 10 jours, la Cour d’Appel de Bordeaux a demandé une expertise médicale dans une affaire similaire: l’affaire Bibeyran. Sa soeur, Marie-Lise, se bat depuis 4 ans pour que soit reconnue comme maladie professionnelle le cancer du foie et des voies biliaires de son frère décédé à seulement 47 ans. Durant 25 ans, il avait répandu des pesticides pour le traitement par de vignes dans le Médoc.

Propos de Valérie Murat recueillis par Stéphane Place d’Europe 1

Rappel des affaires Murat et Bibeyran par Lyly Le Pivert et Marie Fontecave.

 

14 Avr

Vigilance autour de la bactérie xylella fastidiosa: « les services de l’Etat sont en alerte »

En Aquitaine et à Bordeaux, la menace que fait peser la bactérie « xylella fastidiosa » sur le vignoble est prise au sérieux. Celle-ci est arrivée en France, elle vient de faire son apparition au marché de Rungis: un plant de caféier infecté a été saisi, vient d’annoncer le Ministère de l’Agriculture. La maladie est surtout très présente dans la région des Pouilles, à l’extrême sud de l’Italie. Alors que les Corses sont depuis plusieurs semaines déjà effrayés par une éventuelle contagion avec la zone infectée en Italie du Sud pour leurs oliviers et autres plantations, la vigilance de tous est requise partout.

Denis Thiéry, directeur de recherches à l'Inra Bordeaux © JPS

Denis Thiéry, directeur de recherches à l’Inra Bordeaux © Jean-Pierre Stahl

Pas d’affolement, ce n’est pas l’hystérie, ni la psychose qui doit l’emporter mais bel et bien une information de tous pour être en mesure de détecter rapidement les symptômes.

L’actualité vient une fois de plus de nous rattraper avec dernier événement en date: l’interception à temps d’un plant de caféier infecté en provenance d’Amérique Centrale. C’est le Ministère de l’Agriculture qui l’a annoncé ce mercredi 15 avril. Ces plants ont été saisis à Rungis chez un revendeur du premier marché de gros européen. « Ils ont été introduits dans l’Union européenne via les Pays-Bas » et proviendraient « d’Amérique centrale ». (Lire le Monde.fr)

A l’Inra Bordeaux Aquitaine, situé à Villenave d’Ornon, on est conscient du danger potentiel: « l’enjeu est important, il faut une information très rapide des acteurs de la filière: les symptômes sont un dessèchement, un jaunissement des feuilles, des feuilles qui tombent et le pied qui peut mourir; il peut y avoir des cas de rétablissement… » précise Julien Chuche, du laboratoire Save « Santé et Agro écologie du Vignoble ». L’Inra travaille sur les insectes vecteurs des bactérioses en laboratoire, mais tient à préciser d’emblée qu’il n’est pas habilité à travailler dessus pour le moment car ce sont des maladies de quarantaine. Il faudrait une dérogation.

Denis Thiéry, directeur de recherches à l’Inra, précise face à cette bactérie: « Oui c’est quelque chose d’inquiétant, mais non nous ne sommes pas envahis en France actuellement. Pour l’instant elle est en Italie, depuis quelques années. On ne la trouve pas encore en vignoble en Europe. Elle est inquiétante parce qu’on la retrouve sous un autre vocable: maladie de Pierce en Californie… »

 

Et d’ajouter: « Ce qui se passe en Italie, c’est qu’un certain nombre de cultures sont maintenant attaquées par cette maladie: les cultures d’oliviers en particulier, sous le feu des projecteurs, il y a de très gros dégâts sur les oliviers, on a trouvé aussi des dégâts sur les amandiers mais cela est plus anecdotique. Le risque est aussi lié au fait qu’en Italie, les cultures d’olives sont très souvent contigues avec les cultures de vigne, donc l’inquiétude est majeure d’un passage de cette bactérie des plantation d’olives au vignoble, mais pour l’instant il n’y a pas de cas avéré encore.. Mais on est sous surveillance et inquiétude majeure car ça provoque de très gros dégâts et ça pourrait être catastrophique si ça passait à la viticulture. »

Joint par téléphone, François Hervieu, chef du service alimentation à la direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt confirme que, suite à l’Arrêté Ministériel du 3 avril interdisant l’importation en France de végétaux sensibles à Xyllela fastidiosa et provenant de zones touchées par la bactérie:

Le dispositif est en train de se déployer, le service est placé en alerte. Nous prenons très au sérieux cette affaire », François Hervieu chef de service de l’alimentation Draaf Aquitaine

D’emblée l’arrêté ministériel demandait   « chacun doit prendre une part active à la prévention, une communication spécifique à destination des acteurs concernés (professionnels des filières végétales, collectivités) et du grand public sera mise en oeuvre pour accompagner la surveillance renforcée.

François Hervieu précise: « nous sommes en train d’écrire un courrier à l’ensemble des professionnels du secteur viticole ainsi qu’aux pépiniéristes de l’ensemble des secteurs. Nous appelons à la coopération et à la vigilance de tous, pour nous signaler tout végétal qui présenterait ces symptômes pour intervenir d’urgence. » Aujourd’hui le Draf est sur le pont mais aussi la Fredon (Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles. Et de préciser tout signalement doit être fait à la Draf ou à la Fredon.

Au Marché d’Intérêt National de Brienne, Arnaud Desage, grossiste en végétaux et créateur de jardins, se veut rassurant. Ses beaux oliviers centenaires viennent d’Espagne, toutefois, il a certaines plantes importées d’Italie: « mon importateur est à Pistoï, à 1000 km de la région des Pouilles, et tout est contrôlé là-bas, il y a quand même de gros moyens qui sont mis en place: toute la région a été isolée (un cordon sanitaire a été établi sur 20 km de large dans la région des Pouilles), les plantes ont été détruites, c’est testé régulièrement, toutes les semaines. Apparemment le problème est quand même écarté. » Il nous montre le courrier de son fournisseur italien en gage de garantie qui stipule « notre région la Toscane est reconnue indemne de xylella fastidiosa et l’interdiction concerne les végétaux sensibles à cette bactérie seulement s’ils sont originaires ou en provenance des zones infectées. »

Bernard Farges le président du Civb © JPS

Bernard Farges le président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux © JPS

Bernard Farges, Président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux commente les mesures gouvernementales prises: « le ministère de l’Agriculture a pris des dispositions eu égard à ce qui se passe en Italie, Stéphane Le Foll a manisfesté son inquiétude début auprès de la Commission Européenne pour que des mesures soient prises pour faire face à cette nouvelle problèmatique sanitaire, circonscrite pour l’instant en Italie. Il y a des protocoles qui sont en place. L’Italie a activé ce protocole-là sans doute un peu lentement. Et aujourd’hui la France a pris des mesures d’interdiction à l’importation d’un certain nombre de produits. »

« Pour ce qui est de la commercialisation des filières organisées et tout-à-fait légales de commercialisation de plants d’oliviers et de plants de vigne, tout cela a été organisé assez vite. Evidemment, on peut être assez inquiets sur les flux de touristes qui pourraient ramener de jeunes plants d’olivier (en souvenir), là c’est une problématique qu’on n’arrive pas bien à identifier. Il y a des mesures d’alerte auprès de ces consommateurs touristes. Après les frontières ne sont pas étanches, nous le savons, donc il y a une vraie vigilance en France pour bien observer ce qu’il peut se passer dans nos vignobles et dans les vergers pour nos collègues arboriculteurs. »

« Nous professionnels, nous avons les circuits d’information internes hedomadaires, donc ces informations ont été passées. Mais ces symptômes on en peut les voir que quand la vigne pousse, donc dans quelques semaines. Aujourd’hui et l’an passé en 2014, il n’y a pas de présence avérée sur le sol français de cette maladie, donc il ne faut pas s’alerter, il faut être extrêmement vigilant, nous sommes en lien direct avec les services régionaux du ministère de l’agriculture, aujourd’hui nous sommes vigilants mais il n’y pas lieu s’inquiéter outre mesure ».

Delphine Bouges, pépinièriste de plants de vignes à Camiran © JPS

Delphine Bouges, pépinièriste de plants de vignes à Camiran © JPS

Les pépinières viticoles sont aussi informées. Ces 50 pépinières que comptent la Gironde ont été et sont toujours en pointe dans la lutte contre le phyloxéra qui avait ravagé tout le vignoble à la fin du XIXe siècle. Depuis, elles réalisent pour les viticulteurs des pieds hybrides en faisant des greffons qui résistent au phyloxéra

Ainsi à Camiran, dans les pépinières Bouges, on réalise 800 000 pieds greffés à l’année. Dans cette pépinière crée par son arrière grand-père, Delphine Bougès nous reçoit pour nous montrer ce travail minutieux où des poiçoinage omega sont réalisés pour adapter ces greffons, ces cépages sur des portegreffes, propres à résister au phyloxéra.

Cependant, ce type de plant ne résiste pas à la bactérie. Les chercheurs en Italie n’ont trouvé aucune parade pour l’heure. Delphine Bougès précise: « cette bactérie est transportée par un vecteur, un petit papillon qui pique d’autres plantes et c’est comme cela que la maladie est transmise ». La seule manière d’héradiquer cette bactérie serait de s’attaquer au vecteur de transmission et bien sûr d’avoir un cordon sanitaire efficace.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Didier Bonnet

07 Avr

Alerte à la bactérie tueuse…la xylella fastidiosa

C’est une épidémie dans le talon de l’Italie, la bactérie xylella fastidiosa a ravagé des milliers d’hectares d’oliviers. Le région est déclarée sinistrée. Un cordon sanitaire a été établi pour éviter une propagation au reste du pays et à l’Europe. Réactions  du monde viticole à Bordeaux qui prend cette alerte au sérieux.

La bactérie «Xylella fastidiosa», qui assèche les oliviers, des ravages dans le Salento, berceau de plantations centenaires.  © Tribune de Genève photo: EPPO

La bactérie «Xylella fastidiosa», qui assèche les oliviers, des ravages dans le Salento, berceau de plantations centenaires. © Tribune de Genève photo: EPPO

Joint par téléphone ce matin, Xavier Planty, le président des Sauternes, par ailleurs défenseur du bio, se dit « très très inquiet ». « Le problème est simple, on l’a eu sur l’arbre fruitier le poirier avec le feu bactérien », il l’a complétement décimé…Quant à traiter avec des antibiotiques, il est hors de question de balancer des antibiotiques dans la nature. »

« J’espère que l’Inra s’est penché sur la question. C’est un peu le même sentiment pour ce nouveau parsite que l’on a eu pour la drosophila suzukii, cette bestiolke capable de percer la peau des raisins. Ca peut remettreplein de choses en cause. Est-ce qu’on est à la veille d’une crise comme le phylloxéra ou le mildiou ? »

« La lutte contre le phylloxéra ou l’oidium avait été un foutoir monstre. Sur le mildiou, le traitement avait été trouvé très vite avec la bouillie bordelaise. Sur l’oidium, ça a mis du temps à trouver. »

Xavier Planty,  président des Sauternes. © Jean-Pierre Stahl

Xavier Planty, président des Sauternes. © Jean-Pierre Stahl

Pour l’Inra que nous avons contacté, on reconnaît qu’il y a un vrai risque sur d’autres espèces arboricoles que l’olivier. Une veille presse et les chercheurs de deux laboratoires planchent sur la question avec notamment le laboratoire Santé et Agroécologie du Vignoble. Denis Thiéry, absent de Bordeaux pour des raison personnelles, nous recontactera prochainement: « il a un projet de recherche dans lequel est intégré cette maladie comme d’autres qui peuvent ravager la vigne ».

Le Président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux, Bernard Farges reconnaît que « même si on peut être inquiet », les « Italiens ont plutôt réagi tranquillement. On a eu une présentation par France Agrimer du plan d’action national. « Le ministre de l’agriculture a annoncé ce week-end son plan d’action « , qui dispose: « Un arrêté a été signé ce jour (le 3 avril) et sera publié demain afin d’interdire l’importation en France de végétaux sensibles à Xyllela fastidiosa et provenant de zones touchées par la bactérie. Cette interdiction concerne les échanges intra-européens depuis la région des Pouilles et les importations issues des zones infectées des pays tiers concernés. Elle sera assortie du renforcement du plan de contrôle et de surveillance sur l’ensemble du territoire national ».

« Toutefois, il faut être prudent, être vigilent quant à l’alerte que l’on diffuse ! Pour tout ce qui est filère d’importation, on peut les contrôler, maIs c’est plus compliqué quand des particuliers reviennent avec de jeunes oliviers, on peut là s’inquiéter. »

Bernard Farges à gauche, le président du CIVB © JPS

Bernard Farges à gauche, le président du CIVB © JPS

Et de préciser: « en Italie, il ont fait un sas de décontamination pour arracher le vignoble et éviter que la maladie ne se propage. » « Chaque semaine en France les viticulteurs remplissent le BSEV le bulletin de santé du végétal ». Il est envoyé chaque semaine aux viticulteurs où on a toute une appréciation de l’épidémiologie. Mais il n’y a pas de foyer répertorié en France. »

Pour Arnaud Desage, pépiniériste au Marché d’Intérêt National de Bordeaux, importateur d’oliviers et autres plantes méditéranéennes: « si cette bactérie est sur les oliviers, elle sera sur d’autres plantes forcément. Avec la mondialisation, il y a des plantes sur lesquelles on ne pourra pas voir. Il y a beaucoup de bactéries, d’insectes ces derniers temps. Au Japon, ils ont pris des mesures plus sévères en karcherisant les plantes importées. Moi mes oliviers viennent essentiellemnt d’Easpagne mais j’ai des lauriers qui viennent d’Italie. Je vais me renseigner pour savoir comment ça évolue là-bas…Je vous rappelle… »

Dans les Pouilles en Italie, où Xylella fastidiosa est apparue pour la première fois en 2013, la situation est catastrophique. Selon le commissaire européen à la Santé, Vytenis Andriukaitis, 10% des 11 millions d’oliviers de la province de Lecce sont touchés par cette bactérie.  La solution est l’arrachage et la destruction des arbres malades. Il n’y a pas de remède pour l’heure; l’Italie a mis en place une zone de confinement de 241.000 hectares dans les Pouilles. 

On voit le problème de la xylella fastidiosa ne fait que commencer. Il faut que les Italiens prennent des mesures draconniennes tant pour la survie de leurs espèces dans le reste de la péninsule que pour l’ensemble de l’Europe. Il ne s’agit pas de donner des leçons à qui que ce soit, mais d’avoir  des pouvoirs publics à la hauteur des enjeux.

Le site du Ministère de l’Agriculture précise: « La bactérie Xylella Fastidiosa peut affecter plus de 200 espèces végétales appartenant à 50 familles botaniques différentes. Cet organisme nuisible aux végétaux est connu outre Atlantique comme agent de la maladie de Pierce, qui a fortement touché les vignobles californiens dans les années 1990, et est également responsable d’une maladie ayant fortement impacté les agrumes au Brésil à la fin des années 1980. Cette bactérie est transmise et dispersée par des insectes vecteurs. Elle est absente du territoire français. Après sa découverte pour la première fois en Europe, sur le territoire italien, fin 2013, la Commission européenne a adopté au cours de l’année 2014 des mesures européennes pour empêcher d’autres introductions ainsi que la propagation de la bactérie dans l’Union européenne. »

On a vu comment le problème du frelon asiatique dans un passé récent avait été traité en France où il a été importé dans des poteries chinoises en 2004 via le port de Bordeaux et dans le Lot-et-Garonne. Depuis tout le Sud-Ouest a été infesté, et même bien au delà, on en répertorie partout en France,  parfois dans le Nord de l’Europe et au Portugal récemment. Un préfet de la région Aquitaine avait pris comme arrêté de limiter l’intervention des sapeurs pompiers pour la destruction des nids car trop chères (ils en faisaient plus de 700, ce fut réduit à moins de 30 en 2008), en restreignant leurs opérations à des dangers immédiats pour l’homme. Seuls les associations étaient en pointe dans ce combat comme AAAFA33 et les apiculteurs qui ont vu leurs ruches décimées… (sans parler des personnes allergiques qui sont décédées, à la suite de piqûres de frelons asiatiques).

Le parallèle n’est pas osé, il s’agit juste de prendre les bonnes décisions, drastiques s’il le faut, plutôt qu’attendre. Ces mesures doivent être prises en Italie et en France au niveau cordon sanitaire et interdiction des importations. Il s’agit d’informer sans vent de panique mais de prendre conscience de ce risque majeur, comme ce fut le cas pour le phylloxéra.